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Diagnostic de la rupture prématurée des membranes amniotiques : Tests et prise en charge

La rupture prématurée des membranes amniotiques (RPM) est une situation obstétricale qui se définit par la rupture de la poche des eaux avant le début du travail. Il s’agit d’une situation rare mais qui nécessite d’abord que le diagnostic soit confirmé. Elle se manifeste par la survenue d’un écoulement de liquide amniotique suite à une rupture franche de la poche des eaux ou une simple fissuration, bien avant le terme prévu de l'accouchement. La RPM pose des risques importants pour la mère et le fœtus, notamment l'infection intra-utérine et l'accouchement prématuré. Un diagnostic rapide et précis est donc crucial pour une prise en charge adéquate.

Importance du diagnostic précoce

La rupture des membranes expose la mère et le fœtus à des risques infectieux majeurs et à un déclenchement prématuré du travail, rendant indispensable une détection rapide. Dans 80 % des cas, un écoulement franc de liquide amniotique rend le diagnostic clinique évident. Cependant, dans les cas où le diagnostic clinique est ambigu, des tests biologiques sont nécessaires.

Tests de diagnostic de la RPM

En cas de doute, il existe des tests effectués sous speculum qui permettent la plupart du temps de trancher entre de simples pertes vaginales parfois fluides, et le liquide amniotique. Plusieurs tests sont disponibles pour confirmer le diagnostic de RPM, chacun ayant ses avantages et ses inconvénients. On distingue principalement :

Mesure du pH vaginal

La mesure du pH vaginal est une méthode simple et rapide pour évaluer la présence de liquide amniotique. Le pH vaginal retrouve des valeurs plus élevées (6,5-7,5) en présence de liquide amniotique (sensibilité 73-91 %, spécificité 72-83 %). En effet, le liquide amniotique a un pH plus alcalin que les sécrétions vaginales normales. Cependant, cette méthode peut être influencée par d'autres facteurs, tels que la présence de sang ou de sperme, ce qui peut entraîner des résultats faussement positifs.

Test AMNICATOR

L’Amnicator est un test rapide conçu pour détecter la rupture prématurée des membranes amniotiques chez la femme enceinte. Ce test simple et rapide se base sur l’étude du pH vaginal. En se basant sur la variation du pH vaginal, il offre un diagnostic précis et immédiat, facilitant la décision clinique.

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Principe de fonctionnement : La présence de liquide amniotique dans le vagin fait élever le niveau du pH, et lorsque que le professionnel de santé utilise le test AMNICATOR en présence de ce phénomène, l’outil de test change de couleur en passant du jaune au bleu.

Caractéristiques :

  • Type : Test qualitatif détectant la rupture des membranes par élévation du pH vaginal
  • Indicateur : Jaune de Nitrazine (couleur change du jaune au bleu si présence de liquide amniotique)
  • Temps de résultat : Moins de 30 secondes
  • Conditionnement : Boîte contenant 50 écouvillons stériles à usage unique
  • Dimensions écouvillon : 14,85 cm de long
  • Dispositif médical classe Is - CE 0088
  • Fabricant : Medical Wire & Equipment Co.

Attention : Ce test ne remplace pas un suivi médical complet et doit être utilisé exclusivement par un professionnel de santé.

Tests immunochromatographiques

Les tests d’évaporation, de cristallisation et de coloration des squames fœtales ont été supplantés par la détection de protéines amniotiques. Les tests immunochromatographiques sur bandelette reposant sur la détection de l’insulin-like growth factor-binding protein-1 (IGFBP-1) ou de placental alpha 1-microglobulin (PAMG-1) sont actuellement considérés comme les outils les plus utiles pour le diagnostic de la RPM.

Test Amniodiag 5

Le test de diagnostic de la rupture des membranes fœtales Amniodiag 5 est un test immunochromatographique permettant de dépister la rupture de la membrane fœtale par la mise en évidence de la protéine IGFBP-1. Celle-ci se trouve dans le liquide amniotique de la femme enceinte. Sa présence traduit une fissure de la membrane fœtale, ce qui représente un risque de complication pour la mère et l'enfant. Cet Amniotest Amniodiag 5 se réalise à partir d'un écouvillonnage vaginal.

Principe de fonctionnement :

Toda Amniodiag est un test immunochromatographique sur membrane, utilisant une méthode sandwich de capture. Il combine un anticorps monoclonal conjugué à de l’or colloïdal, et des anticorps monoclonaux fixés à la membrane. Lors de la migration du fluide, l’anticorps monoclonal marqué aux particules d’or colloïdal, se lie à la protéine IGFBP-1 présente dans l’échantillon. Le second anticorps monoclonal spécifique de la protéine IGFBP-1, capture le complexe anticorps-antigène formé au niveau de la bande T, qui se colore alors en mauve : le test est positif.

Lire aussi: Guide complet sur les tests d'ovulation

Procédure :

  1. Placer l'écouvillon dans le flacon en effectuant des rotations pendant 10 secondes. Après extraction des sécrétions vaginales, jeter l'écouvillon selon les normes en vigueur.
  2. Plonger le test dans le flacon, en tapotant légèrement le fond du tube pour amorcer la migration.
  3. Laisser immerger le test pendant 10 minutes.
  4. Lire le résultat à la 10ème minute.

Caractéristiques :

  • Sensibilité : 99%
  • Spécificité : 99,9%
  • Temps d'interprétation : 5 minutes
  • Echantillonnage : sécrétions vaginales

Contenu du kit :

  • 10 tests format strip ou cassette
  • 10 flacons de diluant
  • 10 écouvillons
  • Notice détaillée

IGFBP-1 et PAMG-1

La littérature actuelle ne permet pas de favoriser l’usage de l’un ou l’autre de ces deux marqueurs (IGFBP-1 ou PAMG-1). La possibilité que PAMG-1 soit identique à l’IGFBP-1 est à l’origine d’une polémique qui reste d’actualité. Les bonnes performances diagnostiques (sensibilité, spécificité) et la facilité d’usage font privilégier les tests immunochromatographiques sur bandelette reposant sur la détection de l’insulin-like growth factor-binding protein-1 (IGFBP-1) ou de placental alpha 1-microglobulin (PAMG-1).

Prise en charge après confirmation du diagnostic

Si le diagnostic est confirmé, une hospitalisation de minimum 48h est en général nécessaire pour faire le point sur :

  • La vitalité du bébé (échographies, monitoring selon le terme)
  • Les prélèvements bactériologiques
  • La surveillance de signes d’infection (température, prise de sang)
  • La mise en place d’antibiotiques en attendant les résultats
  • La surveillance des contractions et du col

En effet, la complication à craindre est l’infection intra-utérine qui peut conduire à une fausse couche tardive (avant la viabilité) ou un accouchement prématuré. La prise en charge dépendra de l'âge gestationnel et de la présence ou non de complications.

Lire aussi: Tout savoir sur le test d'évaporation

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