L’histoire de l’alimentation infantile est un témoignage privilégié de l’évolution de la société. Dès le Moyen-Âge, l’habitude est prise de confier son enfant à une nourrice. Les nobles, suivies par la Bourgeoisie et finalement toutes les classes sociales urbaines font allaiter leurs enfants par des nourrices, contre l’avis des médecins de l’époque. À l’origine, cette pratique concerne surtout les milieux aristocratiques et bourgeois. Il s’agit alors des « nourrices sur lieu », qui viennent à Paris s’installer dans les maisons de familles aisées pour allaiter les enfants.
L'allaitement maternel remis en question
L’allaitement est remis en cause par les femmes car cela les épuise et les expose à l’inconvenance, à la réclusion sociale (pour les femmes du monde). Elles y laisseraient leur beauté, leur fraîcheur sans compter les maris frustrés de n’avoir pas de relations intimes pendant la durée de l’allaitement qui peut durer longtemps. Avec la création de l’Assistance Publique au 19e siècle, la mortalité de ces nourrissons, très importante sous l’Ancien régime, baisse de façon significative. Cette profession disparaît au 20e siècle avec l’utilisation grandissante du biberon ainsi qu’avec la création d’autres modes de garde (crèches, assistantes maternelles à domicile…) destinées aux femmes qui travaillent. Toutefois, les donneuses de lait vont persister à l’Assistance Publique. Autre étape importante dans l’histoire de l’alimentation : la création de la première « Consultation de nourrissons ».
Constatant un fort taux de mortalité dans les premiers mois suivant l’accouchement, le Docteur Budin crée en 1892 une consultation à l’hôpital de la Charité. Les jeunes accouchées reviennent ainsi régulièrement et gratuitement à l’hôpital avec leur nourrisson afin qu’il soit pesé et examiné. Elles allaitent leur enfant mais pour celles qui ne le peuvent pas, un lait stérilisé leur est fourni. Il en va de même pour les « Gouttes de lait ». Gaston Variot, docteur des hôpitaux de l’Assistance Publique, crée en 1892 La goutte de lait de Belleville. Cette visite au dispensaire se décompose en trois étapes : la pesée, la consultation et la distribution de lait.
À la fin du 19e siècle, devant la recrudescence de cas de syphilis infantile la solution expérimentée par les hôpitaux est la substitution du lait maternel par du lait animal. En effet, les enfants malades ne peuvent pas être allaités par les nourrices par crainte de contagion. Le Docteur Parrot décide donc de fonder une nourricerie d’ânesses à l’hospice des Enfants-Trouvés, le lait d’ânesse étant celui qui se rapproche le plus de celui de la femme. Le nourrisson est placé directement au pis de l’animal de façon à éviter toute autre contamination. Les résultats sont peu concluants : une ânesse produit moins de 2 litres de lait par jour, lait qui se conserve mal et ne suffit pas à sustenter les nombreux petits patients.
L'essor du biberon et de "l'allaitement à la main"
L’essor du biberon et de « l’allaitement à la main » se produit au 19e siècle et se trouve directement lié à la 1ère révolution industrielle et à l’arrivée des femmes dans le monde du travail. Les quelques 150 biberons de la collection du musée témoignent de l’évolution des formes et des matériaux. Le véritable biberon naît au 17e siècle. À l’origine en étain ou en fer blanc, le biberon en verre n’apparaît qu’au 18e siècle. La tétine est fabriquée à partir d’un simple linge retenu par un lien de coton. L’usage de ce tissu également appelé « drapeau » perdure jusqu’au début du 19e siècle, époque durant laquelle il est remplacé par de véritables tétines. La marque la plus célèbre est Robert. Ce fabricant crée le biberon à soupape et à long tuyau qui permet au bébé de se nourrir seul. Des médecins de l’institution s’attachent à promouvoir la puériculture et l’allaitement. Ils vont jusqu’à créer des biberons qui répondent aux besoins nutritifs des nourrissons : c’est le cas du Docteur Budin et son galactophore, mais aussi du Docteur Variot et son biberon gradué physiologiquement.
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La stérilisation est facilitée par le matériau et la forme des biberons mais aussi par l’utilisation de nouvelles matières pour les tétines. L’invention de la vulcanisation du caoutchouc par Goodyear en 1839 est une révolution dans le domaine. Depuis les années 1980, les tétines en silicone et les biberons en plastique (Bisphénol A) se répandent. Légers et joliment décorés, ils sont aussi potentiellement dangereux car leur composition chimique contient des perturbateurs endocriniens qui peuvent altérer la santé notamment la croissance.
Origines et évolution du biberon
Le biberon, un plaisir buccal chez l'enfant, a une histoire riche et complexe. Le mot "biberon" vient du latin "biber", qui signifie boisson, et de "rostrum", qui signifie bec. Cet objet, vieux de 6 000 ans, avait pour but de sevrer l'enfant de sa mère ou d'aider celles qui ne pouvaient pas allaiter. Les premiers biberons avaient la forme d'un sein en terre cuite, avec un petit bec. On en a retrouvé dans les sépultures de petits enfants, enterrés avec des bijoux et des objets usuels, dont le biberon.
Entre le Moyen Âge et la fin du XVIIIe siècle, le biberon se sophistique, devenant en cuir, en verre ou en métal. Une version particulière utilisait une corne de vache évidée, dont le bout était incrusté d'une tétine en cuir cousu, en bois sculpté, en ivoire attendri pour les plus fortunés, ou en pis de vache parcheminé. Cependant, ces biberons étaient difficiles à nettoyer, le lait y pourrissait, causant des maladies et la mort des enfants.
Au XVIIIe siècle, Jean-Jacques Rousseau, observant la nature, propose aux humains d'imiter les mammifères et de nourrir les enfants à la mamelle. Il suggère également d'utiliser le lait de vache ou de chèvre si le lait maternel est insuffisant. Les premiers biberons, souvent des cornes de vache ou des petits pots à bec, étaient recouverts d'un morceau de tissu, appelé drapeau, pour éviter les blessures.
La tétine devient un objet d'attention à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle. En 1786, Felipo Baldini propose un modèle en verre, un "vaisseau qui tenait lieu de mamelle", permettant aux enfants de sucer le lait sans risque de suffocation. Au début du XIXe siècle, le verre se généralise pour les biberons, notamment pour ses qualités de transparence et d'inaltérabilité. Édouard Robert, inventeur du biberon éponyme, devient le symbole de l'allaitement artificiel pendant près de 50 ans.
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Au début du 19ème, le flacon est presque secondaire. L’attention des fabricants se porte essentiellement sur le système de succion. Le catalogue Dorvaut parle de « Biberons ordinaires avec carafe », le terme biberon s’appliquerait donc ici à la partie tétine. « Le mamelon du biberon est sans contredit la partie la plus importante de l’instrument, parce qu’elle sert de moyen de préhension à l’enfant. Aussi est-ce elle qui a exercé le plus le génie des inventeurs. Le système de succion est donc proposé à partir de diverses matières. Les tétines des biberons de Mme Breton peuvent être en cristal ou en buis. « Le mamelon doit également être nettoyé avec grand soin et toujours dans l’eau fraîche, autrement il s’altère assez promptement. Le trou qui est percé sur le côté du flacon permet l’entrée de l’eau quand on fait chauffer le lait dans un bain marie, et laisse écouler le lait quand on laisse sur soi l’appareil. Ce sont là des inconvénients assez sérieux. Parallèlement, ils commercialisent des biberons en verre de plusieurs tailles. « Autrefois le biberon-Robert se fermait avec un bouchon de liège. Ce bouchon, à la longue, et peut-être plus souvent par manque de propreté finissait par sentir mauvais, et donnait au lait un goût désagréable, au point que l'enfant ne le prenait plus avec plaisir. En présence de ces faits, toujours soucieux de la perfection de son biberon, M. Robert supprima le bouchon de liège et le remplaça, comme vous le savez tous, par un système aussi simple qu'ingénieux, par un bouchon flexible de composition spéciale, ne pouvant nuire en aucune façon au lait,ni à son tour être altéré par celui-ci dans sa décomposition. Le Robert 1873 prend alors le nom de « Biberon Robert flexible » et se pare d’un bouchon fait de corne à trou unique.
Les biberons à travers les âges : matériaux et formes
Dès l’Antiquité, les populations du bassin méditerranéen maîtrisent la transformation et la cuisson de l’argile, pour en obtenir, entre autres, des récipients à eau ou à vin. Ils observent rapidement que, grâce à ces contenants en terre, le liquide reste au frais malgré le climat très chaud et aride.
On le croit né au courant du XIXe siècle, ou un peu avant… Mais il nourrit les bébés depuis la nuit des temps ! Le biberon existe en fait… depuis la Préhistoire. Des archéologues ont fait sortir de terre des porcelaines en céramique datant du Néolithique (soit 5 000 ans avant notre ère). Bien sûr, l'allaitement prédomine à travers toutes les périodes de l'Histoire, et ce, dès les premiers hommes . Néanmoins, le biberon est utilisé lorsque la mère est absente, décédée, trop malade ou lors de périodes précises. Il faut savoir qu’on a longtemps cru que le lait maternel était impur juste après la naissance (le fameux colostrum n'était pas encore reconnu pour ses vertus, bien au contraire!) mais aussi en période de règles ou lorsqu’une femme avait des rapports sexuels. Surtout, le biberon était utilisé au moment du sevrage. Un papyrus égyptien datant du 15e siècle avant Jésus-Christ mentionne déjà la recommandation d’une « boisson faite de lait de vache et de grains de blés bouillis ». Des débats entre historiens existent sur les modèles qui datent de l’Antiquité. C’est vrai qu’ils ressemblent à s’y méprendre à des lampes à huile, avec leur anse et leur petite taille (ils tiennent dans la paume de la main). Mais des analyses biologiques ont révélé des traces d’acides gras saturés dans ces récipients (souvent en terre cuite) qu’on ne trouve que dans le lait humain ou animal… De par leur forme et la présence d’une ouverture sur le haut, on ne sait toujours pas si ces bib' servaient aussi de tire-lait, mais l’hypothèse existe ! Mais il y a encore plus étonnant : au Moyen-Age, et ce sont cette fois les bébés les grands courageux, puisqu’ils buvaient parfois leur lait dans une corne d’animal (de vache ou de chèvre). Le bout de la corne était percé d’un ou de plusieurs petits trous, parfois recouvert d’un chiffon retenu par un fil. Au 16e siècle, le biberon-bouteille avec embout à faible débit apparaît. Mais attention, il est d’abord en faïence, en bois ou en étain.
Jusqu’à la loi de consommation du 17 mars 2014, les indications géographiques protégées (IGP) étaient uniquement réservées aux produits agricoles. La porcelaine de Limoges est un des premiers produits manufacturés français à être protégé par une indication géographique. Seuls les fabricants ou décorateurs certifiés peuvent estampiller leurs porcelaines « Limoges » ou « porcelaine de Limoges » à condition qu’elles soient fabriquées en Haute-Vienne selon un cahier des charges bien précis.
L’allaitement artificiel reste marginal. M. Baldini en Italie, M. Paris grâce à un magistrat du nom de Chamousset. similaires nous sont rapportées au cours des années 1770 à 1780. autres en 1765 et 1770 à Paris sous la conduite de M. artificiel. ayant à peu près la même forme, peut servir au même usage. des éponges fines quon couvrait dun linge très propre. pour la santé de lenfant. sucer le lait peu à peu sans courir le risque dêtre suffoqués. obligation de succion réelle pour lenfant. tétine. vert-de-gris. moyen dune vis. une ouverture circulaire faite à lhémisphère supérieur du globe. de manière plus « naturelle ». allaitement artificiel de masse. léponge. M.
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La demande de biberons grandit à partir de la Renaissance du fait de l’existence des grandes institutions en faveur des Enfants Trouvés. Du temps de François Ier, à l’Hôtel-Dieu de Paris, les religieuses et les servantes durent recourir aux biberons et cornets, faute de mères et de nourrices. Elles utilisaient des biberons d’étain et de verre « encornettés ou enveloppés de quelque petit drapeau ». C’est à cette époque que l’on peut situer les débuts de ces douloure.
En breton, ces biberons se sont appelés pod bronnek, en français pot mamelon ou craule.
Le "biberon Robert" et les avancées du XXe siècle
Mais c’est au 18e siècle que le biberon va vraiment se perfectionner, puisque son usage devient majoritaire. Le salariat des femmes augmente, le métier de nourrice se perd, et l’industrie agro-alimentaire fournit de plus en plus de lait… Vus les chiffres de la mortalité infantile à cette époque, les fabricants tentent tout pour améliorer le confort et l’hygiène de ces biberons. Les modèles se suivent : limandes, bananes, sabots avec des systèmes pour réguler le débit, imiter maladroitement le mamelon. Le verre s’impose progressivement. Jusqu’à l’émergence du fameux biberon à tuyau que l’enfant tète tout seul ! Le "biberon Robert" du nom de son inventeur, était équipé d'un long tuyau en caoutchouc qui permettait aux bébés de se nourrir en toute autonomie, et aux femmes de vaquer à leurs occupations. « Biberon Robert, le meilleur, n épuisant pas les enfants ! » , disait la publicité ! Une fausse bonne idée, car le tuyau s’est avéré un véritable nid bactériologique. Sans compter que les enfants mangeaient beaucoup trop… Le « biberon tueur », comme il a été surnommé, fut finalement interdit en 1910.
Heureusement, les travaux de Louis Pasteur ont tout changé, le lait devient, au début du XXe siècle, un aliment secure (il est pasteurisé et les contrôles à l'étable sont renforcés). On stérilise les biberons qui depuis sont en Pyrex et résistent à la chaleur. Ensuite, apparaissent les goulots larges, les graduations, les petits dessins et après la Seconde guerre mondiale, les bagues à vis pour fixer les tétines en caoutchouc. Puis, dans les années 60, c’est l’arrivée des biberons en plastique, et progressivement de matériaux sans Bisphénol A et des tétines en silicone.
Au début du 19ème, flacon est presque secondaire. L’attention des fabricants se porte essentiellement sur le système de succion. Le catalogue Dorvaut parle de « Biberons ordinaires avec carafe », le terme biberon s’appliquerait donc ici à la partie tétine. « Le mamelon du biberon est sans contredit la partie la plus importante de l’instrument, parce qu’elle sert de moyen de préhension à l’enfant. Aussi est-ce elle qui a exercé le plus le génie des inventeurs. Le système de succion est donc proposé à partir de diverses matières. Les tétines des biberons de Mme Breton peuvent être en cristal ou en buis. « Le mamelon doit également être nettoyé avec grand soin et toujours dans l’eau fraîche, autrement il s’altère assez promptement. Le trou qui est percé sur le côté du flacon permet l’entrée de l’eau quand on fait chauffer le lait dans un bain marie, et laisse écouler le lait quand on laisse sur soi l’appareil. Ce sont là des inconvénients assez sérieux. Parallèlement, ils commercialisent des biberons en verre de plusieurs tailles. « Autrefois le biberon-Robert se fermait avec un bouchon de liège. Ce bouchon, à la longue, et peut-être plus souvent par manque de propreté finissait par sentir mauvais, et donnait au lait un goût désagréable, au point que l'enfant ne le prenait plus avec plaisir. En présence de ces faits, toujours soucieux de la perfection de son biberon, M. Robert supprima le bouchon de liège et le remplaça, comme vous le savez tous, par un système aussi simple qu'ingénieux, par un bouchon flexible de composition spéciale, ne pouvant nuire en aucune façon au lait,ni à son tour être altéré par celui-ci dans sa décomposition. Le Robert 1873 prend alors le nom de « Biberon Robert flexible » et se pare d’un bouchon fait de corne à trou unique. en étain. M. de bois ou de verre. burettes ou de théières. du 17ème. la fin du moyen age. officiellement au sujet avant la deuxième moitié du 18ème siècle, cest ce quindique M. Thouret [4]. aux soins dune nourrice. lallaitement artificiel reste marginal. associé fut étudié. important. M. Baldini en Italie [5], M. M. Paris grâce à un magistrat du nom de Chamousset. similaires nous sont rapportées au cours des années 1770 à 1780. autres en 1765 et 1770 à Paris sous la conduite de M. artificiel. ayant à peu près la même forme, peut servir au même usage. des éponges fines quon couvrait dun linge très propre. pour la santé de lenfant. sucer le lait peu à peu sans courir le risque dêtre suffoqués. obligation de succion réelle pour lenfant. tétine. vert-de-gris. moyen dune vis. une ouverture circulaire faite à lhémisphère supérieur du globe. de manière plus « naturelle ». allaitement artificiel de masse. léponge. M.
Impact du biberon sur le lien parent-enfant
Le plus intéressant au 20e siècle finalement, c’est la conséquence du biberon sur le lien parent-enfant ! En fait, à la fin du 19e, de nombreuses mères n’allaitaient plus, c’étaient les nourrices qui s’en chargeaient, et souvent elles étaient « au loin », c’est-à-dire à la campagne (en opposition aux "nourrices sur lieu" des familles bourgeoises). Le biberon a donc, au moins pour le 20e siècle, rapproché les parents des enfants. Du moins jusqu’aux années 90, quand l’OMS va recommander, études à l'appui, l’allaitement exclusif, au moins les 6 premiers mois de l'enfant. Notamment via le décret de 1998 qui réglemente la distribution gratuite de préparations pour nourrissons dans les maternités, qui était à l'œuvre depuis les années 50.
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