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IVG en Espagne : Témoignages et Réalités

La loi Veil du 17 janvier 1975 a dépénalisé l'interruption volontaire de grossesse (IVG) en France. Malgré cela, de nombreuses Françaises se rendent encore à l'étranger pour avorter, souvent parce qu'elles ont dépassé le délai légal en France. Cet article explore les témoignages de femmes ayant eu recours à l'IVG en Espagne, les raisons qui les ont poussées à franchir les frontières, et les réalités de l'accès à l'avortement dans ce pays.

Les Raisons d'un Voyage : Délais et Situations Personnelles

Chaque année, des milliers de femmes résidant en France se rendent à l'étranger pour avorter, principalement en Espagne et aux Pays-Bas. En France, le délai légal pour une IVG est de 16 semaines d'aménorrhée (14 semaines de grossesse). Cependant, dans certains cas, ce délai est dépassé, contraignant les femmes à chercher des alternatives à l'étranger. Aux Pays-Bas, ce délai est de 24 semaines.

Léa, par exemple, a dû se rendre aux Pays-Bas en train pour avorter, car elle s'est rendu compte de sa grossesse trop tard. Elle a fait le trajet seule, prévenant seulement son compagnon, et gardant le secret vis-à-vis de sa famille et de ses amis.

D'autres situations, comme celles d'Anne-Laure et Adèle, témoignent de la complexité des raisons qui poussent à l'IVG. Pour Anne-Laure, il s'agissait d'un accident de pilule, tandis qu'Adèle était victime de violence conjugale. Dans les deux cas, il était inconcevable de poursuivre la grossesse, et le délai légal en France était déjà dépassé.

Témoignages de Femmes Ayant Avorté en Espagne

De nombreux témoignages de femmes ayant subi une IVG en Espagne révèlent une expérience contrastée, marquée par la reconnaissance envers la possibilité d'accéder à l'avortement, mais aussi par des difficultés émotionnelles et pratiques.

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Alexandra, par exemple, a partagé son expérience positive dans une clinique à Barcelone, où elle a constaté qu'il y avait autant de Françaises que d'Espagnoles. Elle a souligné que le personnel parlait presque tous français, et qu'il y avait même une Française dans l'équipe. Elle s'est sentie rassurée de ne pas être jugée, car la clinique était exclusivement dédiée aux IVG. L'intervention a été rapide, et elle a pu repartir après une heure d'observation.

Olivia, quant à elle, a subi une IVG en Espagne à l'âge de 17 ans, car le délai était dépassé en France. Elle se souvient de la clinique comme étant très propre, avec un personnel adorable et attentif. Elle conseille de prendre de quoi lire ou s'occuper pendant l'attente, car l'ambiance peut être pesante. L'anesthésie générale lui a permis de ne rien sentir pendant l'opération, et elle a été touchée par la gentillesse et la prévenance du personnel au réveil.

Marie a dû se rendre en Espagne pour une interruption médicale de grossesse (IMG) après que l'échographie ait révélé une malformation chez son futur bébé. Le délai pour une IVG était dépassé en France, et elle a rencontré des difficultés pour obtenir une IMG dans son pays. Elle a finalement opté pour une clinique en Espagne, où elle a rencontré un psychiatre qui a validé son dossier en quelques minutes. Cependant, elle a été choquée par le tarif élevé de la clinique, et par l'attente dans une salle remplie d'adolescentes françaises.

Célia a dû avorter aux Pays-Bas parce que le délai légal en France était dépassé lorsqu’elle s’est rendu compte qu’elle était enceinte. Elle a souligné que l'avortement n'est pas "choisir la facilité", mais permet seulement de disposer librement de son corps.

Les Réalités de l'Accès à l'IVG en Espagne

L'Espagne est un pays pionnier en matière de droit à l'avortement au sein de l'Union européenne. Les femmes peuvent avorter librement jusqu'à la 14e semaine de grossesse, et jusqu'à 22 semaines en cas de problème de malformation du fœtus. Depuis 2022, les jeunes filles de 16 et 17 ans peuvent avorter sans le consentement de leurs parents.

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Cependant, l'accès à l'IVG en Espagne n'est pas toujours facile, et varie selon les régions. Certaines régions ne possèdent que peu de cliniques accréditées, et dans certains centres de santé publics, les IVG ne sont pas pratiquées en raison de l'objection de conscience des médecins. Dans ces cas, les femmes doivent se tourner vers le privé ou changer de région pour avorter.

Une étude de Newtral a révélé qu'en 2021, dans la Communauté valencienne, à Madrid et à Murcie, une femme sur trois a payé pour un avortement. Heureusement, dans d'autres régions comme les Asturies, l'accès est plus facile, et 92 % des femmes sont prises en charge gratuitement.

N., une Française vivant à Madrid, a dû se rendre dans une clinique privée pour avorter, car elle ne bénéficiait pas de la Sécurité sociale espagnole ni française. Le coût de l'intervention était donc à sa charge, et son assurance santé ne prenait pas en charge ce type de prestation. Elle décrit une prise en charge rapide, mais une ambiance angoissante dans la salle d'attente avant l'intervention.

A., une autre Française vivant à Madrid, a également dû se tourner vers une clinique privée, car elle n'avait pas encore la Sécurité sociale espagnole. Elle a opté pour une clinique différente de N., mais a décrit le même parcours, avec un traitement à la chaîne où l'on est qu'un numéro. Elle souhaitait un avortement par voie médicamenteuse, mais le médecin l'en a dissuadée et lui a conseillé une intervention instrumentale, plus coûteuse.

Ces témoignages soulignent la difficulté d'être prise en charge à l'étranger, et le coût financier que cela peut représenter.

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L'Accompagnement des Françaises de l'Étranger

Conscient des difficultés rencontrées par les Françaises de l'étranger souhaitant avorter, le gouvernement français a mis en place un accompagnement spécifique. Depuis février 2022, les Françaises de l'étranger peuvent suivre le même parcours qu'en France pour une IVG médicamenteuse. Elles peuvent réaliser une téléconsultation avec un médecin ou une sage-femme, qui envoie ensuite une prescription à la pharmacie de leur choix.

Cette procédure est possible si la femme vit en Europe. Si elle est hors zone Euro, elle doit se faire envoyer les médicaments par transporteur, une option prise en charge par la sécurité sociale française si elle est encore affiliée ou si elle a opté pour la CFE. En dehors de la zone euro, des ONG comme Women on Web, Aid Access, Women Help Women peuvent également accompagner les femmes.

Passé le délai des 9 semaines, il n'est pas conseillé d'avorter par le système médicamenteux, et une intervention est nécessaire.

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