La fécondation in vitro (FIV) est une technique de procréation médicalement assistée (PMA) qui offre une solution aux couples confrontés à des problèmes d'infertilité. En Belgique, la FIV est une pratique courante et encadrée par une législation spécifique. Cet article explore en détail les taux de réussite de la FIV en Belgique, les facteurs qui les influencent, le cadre légal et les aspects éthiques liés à cette procédure.
La FIV en Belgique : Un Aperçu
La Belgique se distingue par une forte densité de centres de procréation médicalement assistée (18 centres de FIV), ainsi qu'une expertise reconnue dans ce domaine. C'est en Belgique qu'a eu lieu la première naissance après congélation de tissus ovariens. Cette densité de centres, combinée à une culture favorable et à une position centrale en Europe, rend la Belgique accessible aux patients de différents pays.
Cadre Légal et Éthique
Le cadre légal belge fixe l'âge limite du replacement embryonnaire à 47 ans accomplis et autorise un maximum de six tentatives de FIV remboursées, jusqu'à l'âge de 42 ans accomplis. La loi belge permet également le recours à un donneur connu, contrairement à la France où le don direct est obligatoirement anonyme.
La loi spécifie également une clause de conscience, laissant à l'équipe soignante la liberté de ne pas s'engager dans des projets jugés inconfortables ou présentant des risques pour l'enfant à venir. Dans de nombreux centres, toute demande est analysée par un médecin et un psychologue, et les cas posant question sont discutés en équipe.
Particularités Belges en Matière de PMA
- Anonymat du don de sperme : En Belgique, le recours à une banque de sperme implique un anonymat strict. Néanmoins, la loi belge permet le don non anonyme pour autant qu’il s’agisse d’un accord direct entre le donneur et le couple receveur. Le choix du donneur se fait sur la base d’une série de caractéristiques physiques (origine ethnique, couleur des yeux, des cheveux, taille) et biologiques (groupe sanguin et rhésus).
- Cryoconservation : La cryopréservation des embryons surnuméraires est licite pour une période de cinq ans à dater du jour de la congélation. La cryoconservation des gamètes, de ovocytes est autorisée pour une période de 10 ans, éventuellement prolongée en raison de circonstances particulières.
- Gestation pour autrui : En Belgique, si aucune loi n’autorise la gestation pour autrui, aucun texte ne l’interdit. Le centre de procréation médicalement assistée de Saint-Pierre précise sur son site internet que l’on peut avoir recours à une mère porteuse, quand on n’a pas d’utérus, quand on a un utérus non fonctionnel ou qu’on est dans un état de santé incompatible avec une grossesse. La limite d’âge pour la mère intentionnelle (qui ne porte pas l’enfant) est celle de la fécondation in vitro (FIV), à savoir 43 ans.
Taux de Réussite de la FIV : Données et Interprétations
Lorsqu'un couple se lance dans un parcours de PMA, la question du taux de réussite de la FIV est primordiale. Il est important de comprendre comment ces taux sont calculés et quels facteurs les influencent.
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Méthodes de Calcul des Taux de Réussite
En France, c’est l’Agence de Biomédecine qui chaque année, établit les pourcentages de réussite de la FIV. Les centres clinico-biologiques et les laboratoires d’AMP sont en effet tenus de lui transmettre les chiffres et résultats de leur activité. Il existe différents angles sous lesquels analyser la réussite d’une FIV. Selon les centres, le chiffre qui vous est donné peut être le taux de réussite par ponction ou par transfert. Les taux sont plus élevés lorsqu’on s’intéresse au transfert, car on élimine des comptes tous les cycles où les ovaires ponctionnés n’ont pas donné lieu à des embryons qui ont pu être transférés. On obtient ainsi 30 à 35 % de réussite après transfert. Lorsqu’on parle de grossesse, le taux de réussite en FIV ICSI est identique à celui de la FIV « classique ». A chaque cycle de FIV, chaque femme a 25,6 % de chances de tomber enceinte. En revanche, ce pourcentage ne peut être cumulé de cycle en cycle. Bien sûr, ces moyennes nationales diffèrent d’un centre AMP à l’autre.
Facteurs Influençant les Taux de Réussite
Plusieurs facteurs peuvent influencer les taux de réussite de la FIV, notamment :
- L'âge de la femme : L'âge est un facteur déterminant dans la réussite de la FIV. Les chiffres indiquent que la bascule se fait autour de 38 ans. Une étude à grande échelle réalisée en 2022 a montré qu'une grossesse clinique résultant d'une FIV chez les femmes de moins de 30 ans s'est produite dans 69,4 % des cas. Dans certains cas, à l'âge de 40-43 ans, ce chiffre est tombé à 9,4 %.
- La cause de l'infertilité : La cause de l’infertilité (tubaire, masculine, due à l’endométriose…) n’a guère d’impact sur le taux de réussite de FIV ou d’une ICSI.
- Le nombre de cycles de FIV : Le nombre de cycles de FIV requis pour une naissance vivante varie considérablement d'une personne à l'autre. Cependant, ici aussi, le taux de réussite de la FIV dépend de l'âge. Les femmes en âge de procréer avancé ou qui disposent d’une petite quantité d’ovules ont souvent besoin de plus d’un cycle. Il n'y a pas de limite au nombre de ponctions ovocytaires, cependant, après 6 cycles, la productivité de la procédure est fortement réduite.
- L'utilisation d'ovocytes de donneuses : Le taux de réussite de la FIV aux âges reproductifs plus avancés, lors de l’utilisation d’ovocytes de donneurs, il est généralement plus élevé que lors de l’utilisation des vôtres.
Exemples de Taux de Réussite
L’Instituto Bernabeu a publié une mise à jour des statistiques de réussite des différents traitements de procréation assistée réalisés dans ses 9 cliniques, qui dépassent la moyenne espagnole. En ce qui concerne la fécondation in vitro (FIV), l’Instituto Bernabeu a amélioré ses résultats par rapport à 2021, plaçant les chances de succès des transferts cumulés chez les patients de moins de 35 ans à 89,3 %. Dans ce groupe, le taux de réussite dépasse 51 % lors du premier transfert. Dans les traitements avec don d’ovocytes, les chances de succès étaient de 90,7 % pour plus de deux transferts et de 63 % pour le premier. Il est important de noter que ces chiffres sont spécifiques à cet institut et peuvent ne pas être représentatifs de tous les centres de FIV.
Aspects Légaux et Éthiques en Détail
La Belgique possède une législation spécifique en matière de PMA, qui encadre les pratiques et protège les droits des patients et des enfants nés de ces techniques.
Filiation et Don de Gamètes
A compter de l’implantation d’embryons surnuméraires ou de l’insémination de gamètes, les règles de filiation, telles qu’établie par le Code civil belge, jouent en faveur du ou des auteurs du projet parental les ayant reçus.
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Limites d'Âge
Curieusement, aucune limite d’âge chez l’homme n’a été fixée par le législateur et ce malgré d’âpres discussions lors des débats préliminaires au vote de la loi. Tandis que les hommes peuvent devenir pères très tard, l’horloge biologique agit toujours comme un couperet pour les femmes, avec son lot de drames amoureux, de séparations ou de renoncement. En France, ils sont 14 889 à avoir été papas après 50 ans en 2013. Les femmes elles, sont 128 (1)…
Le cadre légal en Belgique fixe l’âge limite du replacement embryonnaire à 47 ans accomplis et autorise un maximum de six tentatives de FIV remboursées, jusqu’à l’âge de 42 ans accomplis.
Congélation d'Ovocytes
Pour reculer l’âge limite de la maternité, beaucoup de pays comme la Belgique ont ainsi ouvert aux femmes la possibilité de congeler leurs ovocytes pour des raisons sociales. Pas la France. Pourtant, la procédure serait plus efficace qu’une fécondation in vitro (FIV). La congélation des ovules permettrait de rétablir un certain équilibre femme-homme d’autant que « le temps où elles peuvent concevoir correspond à celui de leur potentielle ascension professionnelle. Il est toujours très difficile pour les femmes de concilier les deux », déplore Anne Delbaere, chef de clinique de fertilité de l’hôpital Erasme à Bruxelles, qui vient de mettre en place la pratique.
Gestation Pour Autrui (GPA)
Le don d’embryons surnuméraires à titre gratuit est licite. En effet, si aucune loi, en Belgique n’autorise la gestation pour autrui, aucun texte ne l’interdit. Au cours de ces dernières années, plusieurs projets de loi ont été déposés au Sénat, visant soit à interdire cette pratique (Nyssen, 2005) soit à en définir le champ d’application (Vankrunkelsven, 2005) mais ces textes ont été frappés de caducité par la dissolution des Chambres en mai 2007. Nonobstant cette absence de législation spécifique, la gestation pour autrui ne se heurte pas à un « vide juridique ». Un cadre de règles existe, plus ou moins adaptées à cette pratique.
« Les centres qui pratiquent ces traitements ne le font qu’à partir du moment où le comité d’éthique a donné son feu vert, explique Petra De Sutter, chef du service de médecine de la reproduction à l’Hôpital universitaire de Gand. Les couples qui font la demande d’une gestation pour autrui et la mère porteuse passent par un filtre médical et psychologique. A Gand, ce screening dure près de 6 mois. « Et nous ne faisons que des fécondations in vitro. Nous n’utilisons jamais les ovocytes de la mère porteuse, qui n’est donc pas du tout la mère génétique de l’enfant. Le but est aussi d’éviter toute commercialisation. Quand il y a gestation pour autrui en Belgique, l’acte n’est jamais rémunéré et concerne uniquement des belges. « Dans notre centre il y en a 5 à 10 par an, ajoute Petra De Sutter. Vous imaginez bien que quand il faut 6 mois de screening pour qu’on accepte, certains se découragent. De plus, la gestation pour autrui n’est offerte par ces centres qu’aux femmes qui n’ont pas d’utérus, ou alors, depuis 3 ans, à Gand, aux couples homosexuels masculins.
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Aspects Financiers
Selon leur couverture mutuelle française, certaines patientes parviennent à obtenir en France les médicaments nécessaires et à être remboursées (il faut sinon compter un bon 1.000 euros). Sur place, en dehors des frais de déplacement et de logement éventuel, il faut compter 3.000 euros à charge du patient.
Qualité et Contrôle des Centres de PMA
Dès 1999, étaient définis par arrêté royal les critères auxquels ces centres doivent répondre pour obtenir leur agréation tant au niveau des conditions logistiques, des éléments environnementaux, du personnel, de l’expertise médicale ou non médicale que des normes de qualités (A.R. Un Collège de médecins « Médecine de la Reproduction », composé de 8 médecins, nommés par le Ministre de la Santé Publique et le Ministre des Affaires Sociales, est chargé de l’évaluation et du contrôle qualitatif de l’activité de ces centres au travers de l’enregistrement centralisé on line des données concernant l’ensemble des cycles pris en charge par le Centre (A.R. Pour garantir l’efficacité de ce système de contrôle, le financement de l’activité des laboratoires de PMA est directement conditionné à cet enregistrement des données (A.R.
Conseils aux Futurs Parents
En général, tout ce que la future mère peut faire pour augmenter les chances de réussite de la FIV est de suivre strictement toutes les recommandations du médecin traitant et de mener une vie saine. Comme indiqué précédemment, vous devez immédiatement consulter un endocrinologue de la reproduction si, après 12 mois (si la femme a moins de 35 ans) ou 6 mois (si la femme a 35 ans ou plus) d'activité sexuelle sans contraception, aucune grossesse n'a été obtenue. En général, vous devriez demander l'avis d'un spécialiste certifié si vous avez des inquiétudes concernant la reproduction.
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