Les synéchies utérines, également appelées syndrome d’Asherman, sont des adhérences fibreuses qui se forment à l'intérieur de l'utérus, entraînant l’accolement des parois utérines. Normalement, l’utérus est une cavité creuse tapissée d’une muqueuse qui empêche les parois de s’accoler. Ces adhérences peuvent être partielles ou complètes et se situer à différents endroits de l’utérus.
Qu'est-ce que la synéchie utérine ?
La synéchie utérine est une condition caractérisée par l'adhérence des parois de l'utérus. L'utérus est un organe de l'appareil reproducteur féminin composé d'un corps utérin, d'un isthme et d'un canal cervical. La synéchie utérine se manifeste par une adhésion fibreuse partielle ou complète des parois utérines, pouvant se produire à n'importe quel niveau de l'utérus. Les synéchies peuvent être classées en différents grades selon leur étendue et leur sévérité. Par exemple, le grade 4 correspond à des adhésions résistantes et étendues, entraînant un agglutinement des parois utérines.
Causes et facteurs de risque
Le plus souvent, les synéchies sont une conséquence d’une fausse couche (spontanée ou provoquée), qu’il y ait eu ou non un curetage. Il ne s’agit pas toujours de la conséquence directe de ce curetage, mais plus probablement de l’altération de la muqueuse provoquée par la grossesse ou la rétention de débris de celle-ci. Les synéchies sont des complications de certains actes, notamment des gestes endoscopiques intra-utérins. Des synéchies pourraient également être liées à une rétention trophoblastique via un processus inflammatoire.
Les synéchies utérines sont principalement générées par des gestes endo-utérins traumatiques tels que les révisions utérines, les curetages et les césariennes. Elles peuvent également survenir après une interruption spontanée de grossesse, une IVG (interruption volontaire de grossesse) ou une IMG (interruption médicale de grossesse).
Julia, une patiente ayant vécu cette condition, souligne l'importance d'une hystéroscopie de contrôle après un curetage en cas d'absence de règles, afin de vérifier le développement potentiel d'adhérences utérines.
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Symptômes
Les symptômes des synéchies sont très variables en fonction de l’étendue, de la localisation des synéchies et de la sévérité des adhérences. Les symptômes qui doivent alerter sont les suivants :
- L’aménorrhée (disparition des règles)
- L’oligoménorrhée (diminution du flux des règles)
- L’infertilité
- Des fausses couches à répétition
En effet, les synéchies peuvent être à l’origine d’un défaut d’implantation de l’embryon, notamment quand elles touchent le fond utérin. Elles peuvent également agir en amont de la fécondation en altérant la migration des spermatozoïdes, en altérant la vascularisation de l’endomètre ou en réduisant la taille et la capacité d’expansion de l’utérus.
Diagnostic
Le diagnostic principal des synéchies utérines se réalise à travers l’hystéroscopie, qui permet une analyse visuelle directe, l'établissement de la localisation et du degré de gravité des adhérences, et facilite leur classification. Pour l’examen d’imagerie, il s’agit d’une hystéroscopie diagnostique. Le principe est d’introduire un optique monté sur une caméra, appelé hystéroscope, dans le vagin afin d’atteindre l’utérus et d’aller observer l’intérieur de la cavité utérine.
Si la synéchie est complexe, un examen radiologique complémentaire peut être nécessaire, il s’agit de l’hystérographie. Cet examen consiste à faire une radiographie de la cavité utérine après y avoir introduit un produit opacifiant et ainsi montrer une image indirecte de la synéchie. L’hystérosonographie ou l’échographie pelvienne tridimensionnelle permettent également d’évaluer la vacuité de la cavité utérine et des trompes.
Ces différentes techniques sont également des outils nécessaires au suivi qui est capital pour éviter les récidives des synéchies.
Traitement
Les synéchies sont traitées au mieux par voie hystéroscopique : on introduit un hystéroscope opérateur (comme pour toute hystéroscopie opératoire. L’hystéroscopie diagnostique permet de confirmer le diagnostic, mais elle a également un intérêt curatif. Au cours de l’examen, la distension de l’utérus par le sérum physiologique et l’effondrement mécanique par l’extrémité de l’hystéroscope peuvent suffire à lever les synéchies récentes et superficielles.
Si l’hystéroscopie diagnostique n’a pas suffi à lever la synéchie, l’intérêt d’une intervention se discute notamment en fonction d’un désir de grossesse. Dans ce cas, le gold standard est l’hystéroscopie opératoire sous contrôle échographique.
La prévention des récidives est essentielle, avec une hystéroscopie diagnostique de contrôle six semaines post opératoire pour lever les accolements superficiels. Un autre artifice éventuel pour éviter les récidives est l'utilisation de gel hyaluronique.
Dans le cas des synéchies légères, elles sont facilement éliminées par l’effet combiné de la distension liquide et de l’hystéroscope. Dans le cas des synéchies modérées, il est nécessaire d’utiliser des ciseaux ou des mini-électrodes bipolaires. Dans le cas des synéchies utérines complexes, la présence d’un chirurgien gynécologue expert est nécessaire, car ses dernières sont associées à un taux plus élevé de complications, ainsi qu’à un risque élevé d’échec et de récidive. Comme il s’agit d’une pathologie complexe, on a généralement besoin de plus d’une hystéroscopie de diagnostic ou thérapeutique pour normaliser la cavité utérine.
Synéchies et fertilité
Les synéchies affectent considérablement les chances de grossesses et la possibilité de mener une grossesse à un terme raisonnable. En effet, selon les quelques études disponibles sur le sujet, seulement 66,6% des patientes atteintes de synéchies pourront concevoir si elles sont âgées d’au plus 35 ans, au-delà de cet âge, les chances de tomber enceinte chutent à 23,5%. L’âge n’est bien entendu pas le seul facteur d’influence de la survenue d’une grossesse, le degré de sévérité des synéchies et l’épaisseur de l’endomètre sont également clés.
Julia témoigne de son parcours PMA (Procréation Médicalement Assistée) après avoir subi plusieurs opérations pour lever les synéchies. Elle souligne les difficultés de coordination entre les services hospitaliers et l'impact psychologique des interventions répétées. Malgré cela, elle a finalement réussi à avoir un enfant après plusieurs tentatives de FIV (fécondation in vitro).
Importance d'un deuxième avis et des spécialistes
L’intérêt de demander un deuxième avis dans le cas d'une synéchie utérine est d’être bien renseigné sur les enjeux qui se cachent derrière cette pathologie et d’accéder à la prise en charge la plus adaptée. En premier lieu, il sera possible de préciser le diagnostic de synéchie utérine et son grade, tout en expliquant le mécanisme de la pathologie. Il faut également noter que la principale raison de traiter les synéchies est l’infertilité.
Pour un deuxième avis, vous pouvez consulter un gynécologue-obstétricien qui a l’habitude de traiter des synéchies. Un gynécologue-obstétricien est un spécialiste de l’appareil génital féminin, ainsi que des grossesses et des accouchements. S’il est spécialiste des synéchies, il pourra dans un premier temps vous renseigner sur l’intervention pour traiter la synéchie utérine, puis dans un deuxième temps, il pourra vous aider à appréhender une grossesse s’il y a un désir d’enfants. Pour cela, il faut être prise en charge par un spécialiste VRAIMENT compétent dans ce domaine très spécifique.
Pack de traitement intégral
Notre objectif est la correction de ces adhérences sans que cela ne représente un stress économique complémentaire ; nous proposons donc la possibilité d’un « Pack de traitement intégral » dans lequel sont inclues toutes les hystéroscopies pouvant être nécessaires, avec sédation anesthésique, ainsi que l’usage du gel anti-adhérence qui réduit le risque de récidive.
Prévention et sensibilisation
Un des grands objectifs du collectif BAMP est de prévenir et agir pour réduire l’infertilité. Les causes de l’infertilité sont nombreuses et certaines d’entre elles, comme les synéchies, peuvent être évitées ou traitées. Au-delà des gynécologues, nous souhaitons également sensibiliser les sages-femmes. De leur côté, les femmes doivent être en mesure de savoir quand suspecter ou s’inquiéter du développement de synéchies et surtout à qui s’adresser.
Julia insiste sur l'importance de veiller au retour des règles après une aspiration ou un curetage et de consulter rapidement en cas d'absence de règles. Un diagnostic et un traitement précoces peuvent minimiser l'impact des synéchies sur le corps et la fertilité.
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