La listériose est une infection d'origine alimentaire causée par la bactérie Listeria monocytogenes. Bien que rare, elle peut entraîner de graves complications, en particulier chez les personnes fragiles, notamment les femmes enceintes, les nouveau-nés, les personnes âgées et les personnes immunodéprimées. Cet article se concentre sur les symptômes de la listériose infantile, les causes de cette infection et les mesures de prévention à prendre.
Qu'est-ce que la listériose ?
La listériose est une maladie infectieuse due à l’ingestion de la bactérie Listeria monocytogenes. Cette bactérie est largement répandue dans l’environnement : on la retrouve dans le sol, l’eau, les végétaux et dans de nombreux réservoirs animaux. La contamination humaine se fait essentiellement par voie alimentaire, après l’ingestion de produits laitiers ou carnés, crus ou peu cuits.
Caractéristiques de Listeria monocytogenes
Listeria monocytogenes est une bactérie de petite taille, à Gram positif, aéro-anaérobie. Elle est très résistante dans le milieu extérieur et sa température optimale de croissance se situe entre 30 et 37°C. Une de ses particularités est sa capacité à se multiplier à basse température (jusqu’à 4°C), ce qui lui permet de survivre et de se développer dans les réfrigérateurs. Elle peut également persister longtemps sur des surfaces ou des instruments souillés.
Causes de la listériose infantile
La listériose infantile survient lorsque le nouveau-né est infecté par Listeria monocytogenes, généralement pendant la grossesse ou l'accouchement.
Transmission de la mère à l'enfant
Chez la femme enceinte, la listériose est une infection qui peut être particulièrement grave. La bactérie peut en effet être transmise au fœtus par le placenta, affecter son développement et entraîner une fausse couche (et son décès, notamment si l’infection survient pendant le premier semestre de grossesse). Si l’infection a lieu entre le 6ème et le 9ème mois de grossesse, la listériose peut être responsable d’un accouchement prématuré. Au moment de l’accouchement, la listériose peut aussi être transmise au nouveau-né et être à l’origine d’une grave infection néonatale.
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Le fœtus peut être contaminé essentiellement par voie sanguine. La première étape de l’infection est la colonisation du placenta, rapidement associée à une chorioamniotite et à une infection sévère de l’enfant in utero.
Contamination alimentaire
La contamination humaine par Listeria est essentiellement alimentaire. La bactérie peut être apportée par les matières premières à l’état brut (lait cru, viande, légumes…) mais elle peut aussi contaminer tous les stades de la chaîne alimentaire en colonisant les sites de fabrication des aliments.
Dans la quasi-totalité des cas, la bactérie est transmise par voie alimentaire, après l’ingestion de produits laitiers ou carnés, crus ou peu cuits : les fromages à pâte molle et au lait cru, le lait cru, les viandes, certaines charcuteries, les poissons fumés, les légumes… La contamination peut aussi avoir lieu lorsque l’on porte ses doigts à la bouche après avoir manipulé un aliment contaminé, ou les ustensiles qui ont permis de le préparer (lorsque l’on utilise le couteau qui a servi à couper une viande crue, par exemple).
Symptômes de la listériose infantile
Les symptômes de la listériose se manifestent 2 à 30 jours après la consommation d’un aliment contaminé (en moyenne 10 à 28 jours après, parfois jusqu’à 70 jours après). Chez le nouveau-né, la listériose peut se traduire par une infection sévère, aggravée par la prématurité, qui peut combiner septicémie, infection pulmonaire, neurologique et cutanée.
Symptômes chez le nouveau-né
Au moment de l’accouchement, la listériose peut être transmise au nouveau-né et être à l’origine d’une grave infection néonatale. Le nouveau-né infecté peut présenter une infection sévère, aggravée par la prématurité, qui peut combiner septicémie, infection pulmonaire, neurologique et cutanée.
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Après Escherichia coli K1 et Streptococcus agalactiae (groupe B), Listeria monocytogenes reste la troisième cause de méningite néonatale.
Diagnostic de la listériose
Si le médecin suspecte une listériose, il recherche la présence de la bactérie Listeria monocytogenes dans l’organisme. Pour cela, il a recours à des analyses microbiologiques : il réalise une hémoculture (prise de sang) ou un prélèvement de liquide céphalo-rachidien (ponction lombaire). Chez la femme enceinte, il peut réaliser un prélèvement vaginal ou un prélèvement de placenta. Il peut aussi analyser le liquide gastrique chez le nouveau-né, ou faire un prélèvement de liquide pleural ou de liquide articulaire.
Au cours de la grossesse, il faut pratiquer des hémocultures (recherche de bactéries dans le sang) chez toute femme enceinte ayant une fièvre inexpliquée (avec recherche de listériose). Au cours de l’accouchement, l’examen bactériologique du placenta et des lochies est particulièrement précieux, pratiquement toujours positif lorsque le recueil a été réalisé dans de bonnes conditions. Les prélèvements chez le nouveau-né : le germe est facilement isolé en culture pure à partir du sang et du liquide céphalo-rachidien.
Complications possibles
Les enfants contaminés sont suivis jusqu’à l’adolescence, et peuvent présenter des séquelles neurologiques et un retard mental. Les résultats d'une étude ont mis en évidence que les enfants nés avec une listériose présentent, à l’âge de 5 ans, des séquelles (troubles cognitifs, problèmes de coordination motrice, déficit visuel ou auditifs) dans deux tiers des cas, principalement imputables à leur prématurité.
Traitement de la listériose infantile
Le traitement d’une listériose sévère passe par l’administration d’antibiotiques, pendant 2 à 3 semaines (le plus souvent, sous hospitalisation). Le traitement antibiotique repose sur l’administration d’amoxicilline, souvent combinée à la gentamicine. Il est d’autant plus efficace qu’il est administré rapidement après diagnostic. Si la femme enceinte est infectée, une naissance anticipée lui est proposée (lorsque cela est possible) ; le traitement antibiotique est ensuite administré le plus vite possible.
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Prévention de la listériose
Pour prévenir l’infection par la bactérie Listeria monocytogenes, il faut éviter de consommer certains aliments. Il est également indispensable de respecter plusieurs mesures d’hygiène au moment pour la préparation et la conservation des aliments.
Recommandations pour les femmes enceintes, les personnes immunodéprimées et les personnes âgées
Il est ainsi recommandé aux femmes enceintes, aux personnes immunodéprimées et aux personnes âgées de :
- Ne pas consommer d’aliments à risque : certains produits laitiers (lait cru, fromages à pâte molle, au lait cru, à croûte fleurie ou lavée, produits laitiers au lait cru, fromage vendu râpé…), les produits de la mer (coquillages crus comme les huîtres, poissons fumés comme le hareng ou le saumon, tarama, surimi…), les graines germées crues et la charcuterie (jambon cuit ou cru, foie gras, pâté, rillettes, produits en gelée…). Éviter les produits de charcuterie cuits ou crus consommés en l’état (jambon cuit ou cru, produits en gelée, foie gras, pâté, rillettes…), les produits de la mer (poissons fumés, tarama, coquillages crus…) et certains produits laitiers (lait cru, fromage à pâte molle à croûte fleurie ou lavée…).
- Bien préparer les aliments : avant de se lancer dans la préparation d’un repas, il faut bien se laver les mains et nettoyer tous les ustensiles nécessaires. Les aliments crus et cuits ne doivent pas être préparés avec les mêmes ustensiles. Les légumes crus et les herbes aromatiques doivent être bien nettoyés, et il est conseillé de privilégier les aliments emballés (et d’éviter les produits à la coupe). Tous les aliments crus d’origine animale doivent être bien cuits (mijotés plutôt que grillés), et la croûte des fromages retirée. Il faut enfin nettoyer les surfaces en contact avec les aliments crus, et se laver les mains après la préparation du repas. Afin d’éviter les contaminations croisées (d’un aliment à l’autre), les aliments crus et cuits doivent être conservés séparément.
- Bien conserver les aliments : il faut d'abord bien respecter les dates limites de consommation indiquées sur les emballages des produits, ainsi que les consignes de température de stockage. Les aliments crus doivent être conservés séparément, et tous les produits protégés par du film alimentaire (ou stockés dans une boite hermétique). La température du réfrigérateur doit être maintenue entre 0 °C et 4 °C.
Mesures d'hygiène générales
La meilleure prévention consiste à éviter la consommation des aliments les plus fréquemment contaminés et à respecter certaines règles lors de la manipulation et la préparation des aliments. Ces recommandations sont liées à la nature même de Listeria monocytogenes, son habitat et sa résistance.
La listériose en France
En France, 300 à 400 cas de listériose sont diagnostiqués chaque année, soit une incidence annuelle de 5 à 6 cas par million d’habitants. En France métropolitaine, 400 à 500 cas de listériose sont déclarés par an. La listériose est une maladie à déclaration obligatoire. Dès qu’ils détectent un cas, le médecin et le laboratoire d’analyses médicales doivent informer les autorités sanitaires. Les médecins et les biologistes qui suspectent ou diagnostiquent des cas de listériose doivent les signaler sans délai et par tout moyen approprié (téléphone, télécopie) au médecin de l’Agence régionale de santé (ARS) de leur lieu d’exercice.
Surveillance et contrôle
Dans l’Union européenne, la surveillance et le contrôle des maladies d’origine alimentaire, ainsi que les exigences en matière d’hygiène des denrées alimentaires et les critères de sécurité des aliments sont réglementés par la législation de l’UE. Conformément à la réglementation européenne, les exploitants du domaine alimentaire sont les principaux responsables de la sécurité des produits remis au consommateur : ils mettent en place des bonnes pratiques d’hygiène et des mesures de maîtrise des risques sanitaires, ils vérifient la conformité de leurs procédés et de leurs produits par des autocontrôles.
L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) est l’agence européenne chargée d’évaluer les risques liés à la présence de Listeria monocytogenes dans la chaîne alimentaire. L’EFSA analyse la prévalence de la bactérie et étudie les facteurs de risque de sa présence dans les denrées alimentaires.
Les producteurs et les distributeurs procèdent à de nombreux contrôles des conditions de production et de commercialisation des aliments qu’ils mettent sur le marché (qualité des matières premières, hygiène des procédés, températures de cuisson et de conservation, durées de vie…) ainsi qu’à la vérification de leur qualité sanitaire (auto-contrôles microbiologiques notamment).
En cas d’alerte, des mesures de retrait ou de rappel de produits sont engagées par les exploitants pour protéger les consommateurs, ainsi que des mesures préventives ou correctives pour éviter que le danger persiste ou se reproduise. Les exploitants doivent tenir les autorités sanitaires informées de ces évènements et des mesures engagées.
Les autorités sanitaires, pour leur part, procèdent aussi à des contrôles des produits (Plans de surveillance et plans de contrôles - PSPC), des établissements (inspections) et supervisent les actions engagées dans le cadre des alertes alimentaires. Les Listeria sont, avec Salmonella, les bactéries pathogènes les plus surveillées dans les aliments et donnent lieu à de très nombreuses alertes alimentaires chaque année.
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