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Spondylarthrite et Accouchement : Risques, Précautions et Gestion

La spondylarthrite est un rhumatisme inflammatoire chronique qui touche principalement la colonne vertébrale et les articulations sacro-iliaques. Cette maladie peut entraîner des douleurs dans le bas du dos et les fesses, souvent plus intenses la nuit et accompagnées d'une raideur matinale. Bien que la spondylarthrite puisse poser des défis uniques pour les femmes qui souhaitent avoir des enfants, une planification minutieuse et une prise en charge médicale adaptée permettent de mener à bien une grossesse et un accouchement dans les meilleures conditions.

Impact de la Spondylarthrite sur la Fertilité et la Grossesse

Fertilité et Conception

Les études montrent que la spondylarthrite n’a pas d’effet direct sur la fertilité. Ainsi, être atteinte de ce rhumatisme inflammatoire n’empêche pas, en général, de mener une grossesse normalement. Cependant, chez les femmes atteintes de polyarthrite rhumatoïde, un allongement du délai de conception peut être observé. Il est important de rappeler que la fertilité féminine commence à diminuer dès 30 ans, et cette baisse s'accentue après 35 ans et surtout après 40 ans. Chez les hommes, la fertilité diminue également avec l'âge, mais de façon moins marquée que chez la femme.

Influence de la Grossesse sur la Maladie

L'évolution de la spondylarthrite pendant la grossesse peut varier. Différents cas de figure peuvent être observés en ce qui concerne l’influence de la grossesse sur la maladie : une amélioration de la maladie, l’apparition d’une nouvelle poussée ou encore aucune modification. Certains rhumatismes inflammatoires comme la polyarthrite rhumatoïde et la spondylarthrite ankylosante n’ont pas d’influence négative sur la grossesse et ils n’entraînent pas plus de complications ni de malformations que ce qui est observé dans la population générale.

En cas de spondylarthrite ankylosante, il ne semble pas y avoir d’impact majeur de la grossesse sur la maladie. Toutefois, la maladie reste active pendant la grossesse chez environ 30 à 50 % des cas. Les manifestations les plus fréquentes sont rachidiennes, avec des douleurs chez 80 % des malades. En fait, les douleurs rachidiennes sont autant la conséquence de l’activité de la maladie que celle des contraintes mécaniques exercées sur le rachis par la grossesse elle-même. Les manifestations extrarachidiennes, en particulier les arthrites et les uvéites, semblent s’améliorer au cours de la grossesse.

Risque de Transmission de la Maladie

La possibilité pour une patiente atteinte de spondylarthrite ankylosante d’avoir des enfants atteints est très variable. Cela dépend de la transmission du gène HLA B27 qui est retrouvé dans de nombreux cas de spondylarthrite ankylosante. Les rhumatismes inflammatoires chroniques étant des maladies dues à de multiples facteurs, le risque que l’enfant développe la même affection que vous est très faible. Il existe certes un terrain génétique propice au développement des rhumatismes inflammatoires, mais aussi des facteurs d’environnement et de déclenchement qui jouent un rôle important.

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Impact de la Prise de Poids

La prise de poids liée à la grossesse peut avoir des répercutions sur la douleur, en l’augmentant notamment au niveau de la colonne vertébrale.

Gestion du Traitement et Précautions Médicales

Planification de la Grossesse et Ajustement du Traitement

Si vous voulez avoir un enfant, il vous faut consulter votre rhumatologue ou votre médecin traitant avant de lancer les essais bébé, car la majorité des traitements pour la spondylarthrite sont incompatibles avec la grossesse. Quand on est atteint d’un rhumatisme inflammatoire, il est très important de signaler un désir de grossesse aux professionnels de santé, notamment au rhumatologue, et bien évidemment à son médecin généraliste, car la grossesse doit être programmée. Globalement, pour la bonne poursuite de la grossesse, l’important est que la maladie soit stabilisée avant la conception.

Le traitement de la spondylarthrite ankylosante doit être réévalué s’il existe une volonté de procréation. Certains médicaments, comme les corticoïdes, peuvent être prescrits sans risque chez la femme enceinte. Mais ce n’est pas le cas des anti-inflammatoires non stéroïdiens qui ne doivent pas être poursuivis après le début du 6e mois de grossesse et, certains d’entre eux (dont les coxibs), sont même contre-indiqués dès le désir de conception. Par exemple, les anti-inflammatoires non-stéroïdiens sont contre-indiqués pour les femmes enceintes, en particulier au troisième trimestre.

Le méthotrexate, pour sa part, doit être impérativement arrêté au moins 1 mois avant la conception chez la femme et 3 mois chez l’homme, car on sait que ce médicament peut provoquer des malformations chez le fœtus. En revanche, les biomédicaments dirigés contre le TNF-alpha peuvent, si nécessaire, être poursuivis au moment de la conception et pendant la grossesse. Avant toute mise en place de ces traitements, un test de grossesse doit être réalisé si la patiente est en âge de procréer et n’utilise pas de contraceptif efficace.

Si le rhumatisme est très actif, il peut être conseillé d’attendre que la maladie soit stabilisée par le traitement avant d’envisager une conception. D’où l’importance d’utiliser une méthode de contraception efficace jusqu’au moment où une grossesse peut être envisagée.

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Suivi Médical Pendant la Grossesse

La spondylarthrite ne modifie en rien le déroulement de la grossesse. Néanmoins, certains de ses traitements sont contre-indiqués chez les femmes enceintes, mais aussi chez les femmes qui ont décidé d’avoir un enfant. Ils doivent être suspendus dès la décision de concevoir.

Au cours de la grossesse, les exercices physiques et de rééducation sont primordiaux.

Précautions Après l'Accouchement

Oui. Il peut y avoir une poussée de rhumatisme inflammatoire après l’accouchement surtout en ce qui concerne la polyarthrite rhumatoïde (PR). Ce risque de « rebond évolutif » de la PR après l’accouchement doit être pris en charge le plus tôt possible. D’où l’importance d’être suivi au plus prés pendant cette période par son rhumatologue. Dans certains cas, celui-ci pourra même décider de vous prescrire à nouveau votre traitement de fond juste avant l’accouchement.

La reprise d’une activité de la maladie après l’accouchement est observée chez une patiente sur deux. Les poussées de la maladie au cours du post-partum surviennent le plus souvent dans les 12 semaines suivant l’accouchement et concernent les manifestations axiales, mais également les arthrites périphériques et les manifestations extra-articulaires, en particulier les uvéites. Les poussées seront d’autant plus fréquentes que la maladie était active au moment de la conception.

Enfin, il faut savoir que l’inflammation provoque un état de fatigue qui peut venir s’ajouter à celui du post-partum, il peut alors être utile, dans certains cas, de recourir à des aides sociales afin de permettre une prise en charge de certaines tâches ménagères.

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Allaitement

Certains médicaments passent dans le lait maternel et sont donc contre-indiqués en cas d’allaitement. Cette question est à aborder avec votre médecin.

Accouchement et Spondylarthrite

Si la spondylarthrite n’est pas trop évoluée, elle ne posera pas de problème au moment de l’accouchement. L’ankylosement sacro-iliaques réduit l’écartement des os-iliaques, mais c’est souvent surmontable.

Témoignage

“Je m'appelle Estelle, j'ai 32 ans.Je viens de partout et de nulle part ! Je suis assistante sociale et j’exerce à l'Aide Sociale à l'Enfance. En 2019, des douleurs au dos et au sacro-iliaques sont apparues et sont devenues de plus en plus fortes. Je me réveillais la nuit, douloureuse et paralysée. Le matin ? Impossible de me lever, seule. Je devais être aidée, le temps que je puisse reprendre pleinement possession de mon corps. Mon mari devait me laver, m'habiller, me soutenir, m'assister. Je n'avais que 28 ans (…) Rester dans une position, sans bouger, était un enfer de même qu'être trop en mouvement. J'avais l'impression de perdre la tête (…) Enième rendez-vous avec un nouveau médecin. Une femme, ma libératrice. Elle a pris le temps de m'écouter, de m'examiner. Elle m'a prescrit une IRM (seul moyen d'observer les inflammations) et m'a orientée vers une rhumatologue. “La maternité, il valait mieux l’envisager maintenant, avant que mon corps ne soit trop vieux… trop vieux… (…) Spondylarthrite ankylosante, quel mot barbare. Une maladie auto immune, pas de chance pour moi. Pas de traitement pour la soigner mais un traitement pour soulager et ralentir la propagation du mal. Il s'agit d'une inflammation des articulations, dans leur globalité, qui crée alors l'ankylose du corps. Cela explique les "paralysies" et raideurs que j’avais.

Pendant plusieurs semaines, j'ai refusé l'idée d'avoir un enfant pour qu’il ne souffre pas de mon mal. Pourquoi prendre le risque de faire un enfant en sachant que j’ai des risques de lui transmettre ma maladie ? Comment puis-je lui imposer ça ? J'ai pu en discuter avec ma rhumatologue qui m'a rassurée. Mon mari n'étant pas atteint de cette pathologie, il y avait peu de chance que notre enfant la contracte. Rassurés, nous avons décidé de nous lancer dans l'aventure de la parentalité, sans pression, en se disant que grossesse et spondylarthrite ankylosante, c’était possible.

Je savais que cumuler grossesse et spondylarthrite ankylosante allait être dur, mais je ne pensais pas que cela le serait autant. J'ai dû arrêter mon traitement au début du second trimestre afin que notre bébé ne naisse pas immunodéprimé. Si cela avait été le cas, Agathe aurait dû rester, quasi en huis clos, les six premiers mois de sa vie. Je ne pouvais pas lui faire vivre ça ! Malheureusement, l'arrêt du traitement a signé une véritable descente aux enfers pour moi. Le premier trimestre avait été difficile mais le deuxième et troisième ont été encore pires !

D’ailleurs ma vision de mon corps a changé. Alors que je le voyais comme un ennemi, le fait qu'il ait porté Agathe pendant plusieurs mois m'a aidée à l'accepter, un peu plus.

Je voudrais dire à toutes ces mamans ou futures mamans qui vivent la même chose qu'elles sont beaucoup plus fortes qu'elles ne peuvent le penser. Qu'elles ne se résument pas à leur maladie. Que ce sont des guerrières et que ce n'est pas grave de tomber, de baisser les bras. L'important est de se relever et si cela devient trop difficile, seule, il ne faut pas hésiter à se tourner vers les personnes, professionnels ou proches. S’écouter et passer le relais lorsqu’on est moins bien. “Le handicap peut venir compliquer le quotidien mais il existe plein de petites victoires sur la maladie.

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