L'infertilité est un problème de santé publique majeur qui touche environ un couple sur quatre en France. On estime que dans 30 à 40 % des cas, des anomalies de la fertilité du partenaire masculin sont en cause. L'infertilité masculine se définit comme l'incapacité pour un couple, ayant des rapports sexuels réguliers non protégés pendant 12 à 24 mois, de concevoir un enfant. Il est important de souligner que l'infertilité masculine n'est pas synonyme d'impuissance sexuelle.
Comprendre l'infertilité masculine
L'infertilité masculine est généralement liée à une anomalie dans la production de spermatozoïdes par les testicules ou de leur mobilité dans les voies génitales masculines ou féminines. Ces anomalies peuvent être quantitatives (nombre insuffisant de spermatozoïdes) ou qualitatives (mauvaise qualité ou absence totale de spermatozoïdes).
Les anomalies spermatiques
Les anomalies spermatiques sont en règle générale responsables de l’infertilité masculine. Elles correspondent à des anomalies qui touchent le nombre, la mobilité, la motilité et la forme des spermatozoïdes. Les principales anomalies spermatiques sont les suivantes :
- Azoospermie : absence totale de spermatozoïdes dans le sperme. Elle peut être due à un défaut de production par les testicules (azoospermie sécrétoire ou non obstructive) ou à un blocage des canaux permettant l’extériorisation des spermatozoïdes (azoospermie excrétoire ou obstructive). Dans ce dernier cas, les canaux de transport sont bouchés et les spermatozoïdes ne peuvent pas remonter jusqu’aux vésicules séminales.
- Oligospermie : concentration insuffisante de spermatozoïdes dans le sperme (moins de 15 millions par millilitre).
- Asthénospermie : défaut de mobilité des spermatozoïdes. Il y a normalement au moins 40 % de spermatozoïdes mobiles dans le sperme. En dessous de ce seuil, on parle d’asthénospermie. Il peut également y avoir des anomalies des mouvements des spermatozoïdes (vitesse, trajectoire) et dans ce cas on parle de dyskinésie flagellaire. Quand aucun spermatozoïde n’est mobile il s’agit d’une akinétospermie.
- Tératospermie : présence d’un taux anormalement élevé de spermatozoïdes anormaux. Selon les classifications employées, le pourcentage minimal de spermatozoïdes normaux dans un sperme normal varie entre 15 et 50 %.
- Nécrospermie : elle est caractérisée par un pourcentage élevé de spermatozoïdes morts (> 50 %).
Autres causes d'infertilité masculine
Outre les anomalies spermatiques, d'autres facteurs peuvent être à l'origine de l'infertilité masculine :
- Varicocèle : il s’agit de l’une des causes principales de l’infertilité masculine. Elle correspond à une dilatation variqueuse d’une veine au niveau du cordon spermatique. Cette dilatation anormale des veines du cordon spermatique peut augmenter la température testiculaire et altérer la production de spermatozoïdes.
- Cryptorchidie : cette anomalie correspond à la non-descente d’un ou des deux testicules dans le scrotum pendant l’enfance. Même si l’enfant a été opéré jeune, cette affection peut causer une infertilité à l’âge adulte, au même titre que les infections génitales contractées plus tardivement.
- Hypogonadisme : on parle généralement d’hypogonadisme qui est défini par un défaut de testostérone associé à une diminution de la production des spermatozoïdes.
- Troubles de l'éjaculation : dans certains cas, le sperme peut être éjaculé non pas vers l’extérieur mais vers la vessie, c’est l’éjaculation rétrograde. Il s'agit d'une anomalie qui aboutit à l'émission du sperme dans la vessie au lieu d'une émission par la verge. Cette anomalie est généralement observée après une opération de la prostate.
- Facteurs environnementaux : outre les causes organiques, hormonales et spermatiques, les causes environnementales peuvent également être à l’origine de l’infertilité chez l’homme. Depuis quelques dizaines d’années, la concentration moyenne de spermatozoïdes dans le sperme diminue régulièrement en France et en Europe. Les causes de ce phénomène ne sont pas clairement identifiées. Certains chercheurs suspectent le rôle de la concentration croissante, dans les eaux potables, des hormones féminines issues des urines des femmes qui prennent la pilule. L’environnement au sens large, aussi appelé « exposome », inclut notamment les pollutions de tous ordres (pollution de l’air, métaux lourds, solvants, polluants organiques persistants, pesticides), les perturbateurs endocriniens, mais aussi le mode de vie : une mauvaise alimentation et un surpoids ou à l’inverse une maigreur excessive chez les femmes, la consommation de tabac ou de drogues… Tous ces éléments extérieurs jouent un rôle néfaste important sur l’infertilité masculine et féminine, directement ou indirectement.
- Facteurs liés au mode de vie : les facteurs qui exposent les testicules à une température trop élevée (jacuzzis et bains chauds trop fréquents, saunas et hammams, temps passé à conduire trop important, etc.) peuvent altérer la production de spermatozoïdes. La production de spermatozoïdes exige une température des testicules inférieure à celle du corps (c’est pour cette raison qu’ils sont à l’extérieur). L’obésité, le tabac et l’alcool sont également des facteurs délétères. L’hypofertilité peut aussi être induite par la consommation de produits toxiques comme la drogue (cannabis), le tabac ou l’alcool.
- Anomalies génétiques : certaines anomalies génétiques peuvent affecter la production ou la qualité des spermatozoïdes. Une anomalie génétique peut être détectée à l’occasion des explorations effectuées pour l’infertilité. Parmi elles, la plus fréquente est le syndrome de Klinefelter (un chromosome X au moins supplémentaire) ou encore des mutations du gène SRY, du gène de la mucoviscidose, des micro délétions du chromosome Y. Ce syndrome s’accompagne d’un défaut de production de testostérone, de troubles du sperme et d’anomalies hormonales.
- Maladies chroniques et traitements médicaux : toutes les maladies chroniques et métaboliques sont susceptibles de compromettre la fertilité. Enfin, l’infertilité féminine et masculine peut être causée par certains cancers et traitements anti-cancéreux, comme la chimiothérapie. Les médicaments (antidépresseurs, antihistaminiques, IPP = inhibiteurs de la pompe à protons, bêta-bloquants, médicaments pour faire baisser le cholestérol, anti-cancéreux, la chimio et la radiothérapie altèrent la fertilité et une préservation des gamètes avant les traitements peut être proposée).
- Infections : Bien que la plupart des enfants soient vaccinés, les oreillons sont dangereux pour la fertilité masculine. S’ajoutent les interventions chirurgicales dans la zone génitale (cure de hernie, torsion d’un testicule…).
- Stress chronique : le stress devenu quotidien, récurrent impacte directement la qualité des spermatozoïdes, ovocytes, entraine des carences, une possible insulino-résistance et déséquilibre de nos surrénales, impacte notre digestion et notre sommeil. Ces dernières causes peuvent entrainer une inflammation chronique du corps, un stress oxydatif, des anomalies génétiques et épigénétiques à l’origine de l’hypofertilité.
Diagnostic de l'infertilité masculine
Ce qu’est après 12 à 24 mois de rapports sexuels réguliers non protégés et en cas d’absence de grossesse que les examens pour identifier les causes de l’infertilité sont justifiées. L’infertilité d’un couple nécessite une étude des deux personnes.
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L'importance de l'entrevue avec le spécialiste
L’entrevue avec le spécialiste est une partie fondamentale de l’étude, puisque, à partir de cette dernière, il sera possible d’orienter de manière certaine les examens concrets qui nous apporteront une information utile. L’interlocuteur privilégié reste votre médecin traitant, votre gynécologue ou une sage-femme. Un entretien approfondi avec vous et votre partenaire, si vous êtes en couple, vise à identifier d’éventuelles causes simples et explicables d’infertilité. Le médecin pourra ensuite proposer une première série d’explorations pour l’homme et la femme : courbes de température, test d’ovulation. Selon la situation, il pourra prescrire des traitements pour stimuler l’ovulation de la femme ou vous adresser rapidement à un centre pluridisciplinaire d’Assistance Médicale à la Procréation (AMP).
Examens et explorations
Le spermogramme est l’examen indispensable. L’exploration urologique est également importante chez les hommes ayant des problèmes de sperme ou fonctionnels. Il ne faut jamais entamer un traitement de stérilité en se basant uniquement sur le spermogramme et sans réaliser une étude complète de l’homme. Nous avons créé une étude complète pour les patients atteints du Facteur Masculin Sévère. Elle comprend les principaux examens qui nous révèleront l’origine de la stérilité chez l’homme. Il faut également souligner notre étude génétique exclusive basée sur le séquençage massif de 426 gènes impliqués dans la synthèse et la maturation des spermatozoïdes pour découvrir l’existence ou non d’altérations.
L’analyse de la durée et de la régularité des cycles menstruels de la femme permet à votre médecin d’évaluer la qualité de l’ovulation. La prise de sang : permet de mesurer les taux hormonaux. Votre médecin indiquera le jour du cycle où elle doit être réalisée. L’échographie pelvienne : est pratiquée habituellement par voie vaginale, vessie vide. C’est un examen indolore et sans risque particulier. L’analyse des trompes : pour choisir la technique d’AMP la plus adaptée (insémination ou fécondation in vitro), il faut savoir si les trompes sont bien perméables. En effet, les trompes sont le lieu de la fécondation naturelle.
Le spermogramme est généralement prescrit dès le début du bilan. Le recueil de sperme est réalisé par masturbation au laboratoire pour éviter l’altération des spermatozoïdes pendant le transport. Au préalable, deux à cinq jours d’abstinence sont recommandés. Il doit être réalisé à distance d’épisodes de fièvre ou de prises de médicaments pouvant interférer avec la fabrication de spermatozoïdes. Si des anomalies sont détectées sur un premier spermogramme, un deuxième est demandé deux à trois mois après le premier test pour confirmer ou non les anomalies observées. La spermoculture permet de rechercher une éventuelle infection du sperme. Elle peut être répétée avant les tentatives d’assistance médicale à la procréation. Un test de migration et de survie des spermatozoïdes complète systématiquement le spermogramme avant le déclenchement de l’assistance médicale à la procréation. Le bilan de fertilité est essentiel : il sera analysé par une équipe pluridisciplinaire.
Solutions et accompagnement
Lorsqu’un diagnostic d’infertilité est posé, un traitement est proposé afin d’aider à la procréation. Les progrès dans le domaine PMA sont majeurs, depuis le premier bébé éprouvette en France en 1982 jusqu’aux avancées médicales de nos jours. La FIV est une technique qui permet la rencontre des gamètes en laboratoire.
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Si des causes toxiques potentielles ou métaboliques ont été mises en évidence comme la consommation de tabac ou de drogues douces, la surcharge pondérale, il est possible d’agir pour améliorer la qualité du sperme. Cela passe par le sevrage et la diététique. Les dysfonctionnements hormonaux peuvent également bénéficier d’un traitement médical hormonal. Si la problématique est génétique, il est parfois possible d’envisager une prise en charge thérapeutique. Enfin, lorsque l’infertilité n’est pas médicalement expliquée, l’urologue propose des cures à base de vitamines ou d’antioxydants susceptibles d’améliorer la qualité du liquide séminal.
Concernant les couples hétérosexuels, il peut arriver que le bilan ne révèle aucune cause évidente d’infertilité compte tenu des connaissances actuelles. On parle d’infertilité inexpliquée. Dans cette proposition, le médecin intègre des éléments relatifs à l’âge et la durée de l’infertilité. Il peut arriver qu’il n’y ait pas de proposition thérapeutique évidente, ou qu’elle ne vous convienne pas. Dans ce cas, votre médecin examine avec vous les solutions alternatives.
L’objectif n’est pas de vous culpabiliser mais de vous orienter vers des habitudes qui vont jouer en votre faveur, rééquilibrer progressivement et globalement le corps, les bonnes sécrétions hormonales.
Conseils pour améliorer la fertilité masculine
- Alimentation équilibrée : Une alimentation équilibrée hypotoxique et reminéralisante. Riche notamment en oméga 3 et antioxydants en fibres et en minéraux/vitamines qui améliorent la qualité du sperme : nombre de spermatozoïdes, motilité et morphologie mais aussi pour soutenir le bon fonctionnement thyroïdien / équilibre cardiovasculaire / limiter l’inflammation de bas grade et le stress oxydatif. Limiter les graisses polyinsaturées, les oméga 6 dont le rapport avec les omégas 3 dans nos pays occidentaux est très déséquilibré. Les oméga 3 agissent comme des anti oxydants protégeant les spermatozoïdes : consommons des petits poissons gras (qui concentrent moins les métaux lourds que les gros) comme maquereaux et sardines régulièrement par exemple. Ne pas exagérer la consommation d’aliments pro-inflammatoires, pourvoyeurs d’œstrogènes et graisses poly-insaturés (même si les études sur ce sujet sont contradictoires - Livre « demain tous infertiles »), ainsi que la quantité de caféine quotidienne (café mais aussi maté, chocolat, thé, boisson à base de cola, guarana) et celle de sucre (soda, jus de fruits, produits transformés et raffinés). On privilégiera tout d’abord un soutien par l’alimentation : variée, équilibrée et de qualité avant de se tourner vers une supplémentation sous forme de compléments alimentaires ! Pour qu’ils soient vraiment efficaces, il faut qu’ils soient bien choisis, bien associés (certains ne sont pas à prendre en même temps les uns avec les autres), justement dosés, bien formulés (sans additifs douteux notamment) et surtout bien assimilés. Rien ne sert de se supplémenter, si votre système digestif n’assimile pas correctement !
- Réduction de la consommation d'alcool, de tabac et de drogues : L’alcool détériore la qualité du sperme dès 5 verres consommés par semaine. Il est intéressant de noter qu’il faut environ 3 mois pour retrouver un sperme de qualité (après arrêt du tabac, une soirée arrosée…). Le nombre de cigarettes fumées par jour est proportionnel aux altérations observées sur le spermogramme !
- Limitation de l'exposition aux perturbateurs endocriniens :
- Limitation de l'exposition à la chaleur : pas d’ordinateur ou téléphone portable directement sur les genoux en journée. Port de sous-vêtements amples et non collants. La chaleur augmente le stress oxydatif fragilisant la membrane des spermatozoïdes, leur ADN, la production d’énergie par les mitochondries qu’ils contiennent et donc leur motilité ainsi que leur survie. Les études montrent qu’une augmentation de 1°C est associée à une baisse de 14% de la production des spermatozoïdes (livre « demain tous infertiles »).
- Gestion du stress :
Plantes et compléments alimentaires
- Romarin : Le romarin, rosmarinus officinalis (aujourd’hui salvia rosmarinus) : un draineur doux du foie et un tonique soit sous forme de jeunes pousses en gemmothérapie ou de tisanes à prendre le matin. Il va permettre de redonner un coup de boost aux organismes fatigués et de drainer doucement les excès de toxines et toxiques.
- Grande ortie : La grande ortie ou ortie piquante (urtica dioica ou urtica urens) LA plante de soutien micronutritionnel par sa richesse en vitamines, minéraux et acides aminés essentiels au corps, à une bonne santé des phanères (ongles et cheveux) et des tissus. Elle est aussi légèrement diurétique et aidera à éliminer sans fatiguer le corps comme elle reminéralise en même temps. C’est une alliée idéale pour renourrir le corps si on se sent fatigué(e) physiquement, épuisé(e) homme comme femme. C’est une tonique générale de l’homme et la femme : tonique utérine chez la femme et elle permet une production de spermatozoïdes de qualité chez l’homme (notamment chez le fumeur, étude Jalili et al. 2014). La racine pourrait aussi être utile pour certains hommes car elle bloque la conversion de testostérone en DHT et en œstrogènes (utilisée souvent dans l’accompagnement de l’adénome de la prostate).
- Autres plantes : D’autres plantes plus exotiques sont souvent citées dans les livres et publications sur les réseaux, mais il n’y a souvent pas ou peu d’études sur l’homme. On privilégiera toujours celles dont l’usage est traditionnel et sûr de longue date avec de premières études sur le sujet. Parmi ces plantes, on pourra citer les plantes adaptogènes commee les rhizomes de Shatavari (asparagus racemosus) ou asperge à grappes , les racines d’astragale (Astragalus Membranaceus) ou le fruit du tribulus ou croix de Malte (tribulus terrestris). Mais aussi la racine de Maca ou ginseng péruvien (Lepidium meyenii) qui est une grande tonique physique et sexuelle.
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