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Soins dentaires et allaitement : Recommandations pour une compatibilité sereine

L'allaitement maternel est un choix précieux pour la santé du nourrisson et de la mère. Cependant, de nombreuses mères s'interrogent sur la compatibilité des soins dentaires avec l'allaitement. La crainte que l'anesthésie locale, les radiographies ou les traitements dentaires puissent affecter le lait maternel et nuire à l'enfant est une préoccupation légitime. Heureusement, les professionnels de santé sont unanimes : il n'est absolument pas nécessaire d'interrompre l'allaitement pour recevoir des soins dentaires, même en cas d'urgence.

Anesthésie locale et allaitement : Une compatibilité prouvée

L'anesthésie locale utilisée lors des soins dentaires est l'une des principales sources d'inquiétude. Cependant, cette crainte n'est pas fondée scientifiquement. Les trois anesthésiques principalement utilisés en dentisterie - l'articaïne, la lidocaïne et la mépivacaïne - ont une faible absorption orale. Même si le bébé allaité en recevait une dose mesurable via le lait maternel, elle passerait difficilement dans son sang. La rapidité d'élimination de ces anesthésiques constitue un autre élément rassurant.

L'articaïne, en particulier, présente des concentrations plasmatiques très faibles. L'association des anesthésistes de Grande Bretagne et d'Irlande recommande aux professionnels de santé de ne pas décourager l'allaitement avant ou après l'anesthésie ou la sédation. Pendant l'allaitement, les anesthésiques locaux sont considérés comme sûrs et ne nécessitent aucune interruption de l'allaitement. Aucun délai d'attente n'est nécessaire après une anesthésie dentaire locale. Les anesthésiques utilisés (lidocaïne, articaïne, mépivacaïne) ont un passage minimal dans le lait maternel et sont rapidement éliminés par l'organisme.

Examens d'imagerie et allaitement : Des risques minimes, voire inexistants

Les examens d'imagerie nécessaires au diagnostic et au suivi des traitements dentaires sont également compatibles avec l'allaitement maternel. Les radiographies dentaires, par exemple, ne présentent aucun risque. Contrairement aux radiographies abdominales ou pelviennes qui peuvent nécessiter des précautions particulières pendant la grossesse, les radiographies dentaires utilisent des doses de rayonnements très faibles et localisées, loin des glandes mammaires. Ces examens n'affectent pas la qualité ou la composition du lait maternel.

L'IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) peut également être réalisée pendant l'allaitement sans aucune restriction. L'allaitement n'est pas une contre-indication à la réalisation d'une injection de produit de contraste en IRM (gadolinium) si elle est justifiée et avec le consentement de la patiente. Les échographies, déjà largement utilisées pendant la grossesse, restent parfaitement sûres pendant l'allaitement. Cette technique d'imagerie non invasive utilise des ultrasons qui ne présentent aucun risque pour la mère ou le bébé allaité.

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Urgences dentaires et allaitement : Ne pas retarder les soins

Les situations d'urgence dentaire, qu'il s'agisse d'infections, de caries douloureuses ou d'interventions chirurgicales, ne doivent jamais être retardées à cause de l'allaitement. Les infections dentaires peuvent être traitées efficacement pendant l'allaitement, grâce à des antibiotiques compatibles avec l'allaitement qui permettent de traiter les infections sans compromettre la sécurité du bébé. Les interventions chirurgicales dentaires, y compris les extractions dentaires complexes ou les traitements endodontiques, peuvent être réalisées sous anesthésie locale sans interrompre l'allaitement. Il n'est pas nécessaire de reporter un traitement endodontique (dévitalisation) pendant l'allaitement. Cette intervention utilise une anesthésie locale compatible avec l'allaitement et peut être réalisée sans risque. La pose d'implants dentaires peut également être réalisée pendant l'allaitement, car cette intervention chirurgicale utilise une anesthésie locale compatible et les matériaux implantaires (titane) sont parfaitement biocompatibles. De même, la pose ou la dépose d'amalgames dentaires peut être réalisée pendant l'allaitement. Bien que ces restaurations contiennent du mercure, les quantités libérées sont minimes et ne justifient pas d'interruption de l'allaitement.

Médicaments et allaitement : Options compatibles

Plusieurs antidouleurs sont compatibles avec l'allaitement. Le paracétamol et l'ibuprofène sont généralement recommandés en première intention. L'anesthésie générale est rarement utilisée en dentisterie, mais elle reste compatible avec l'allaitement.

Prévention et hygiène bucco-dentaire : La clé d'une bouche saine

La prévention reste néanmoins préférable à la guérison. Il est recommandé aux mères allaitantes de maintenir une hygiène bucco-dentaire rigoureuse et de ne pas différer les contrôles dentaires de routine.

L'allaitement : Un facteur protecteur contre les caries ?

Pour mieux comprendre l’histoire des caries dentaires, revenons quelques siècles en arrière. Comprenons comment fonctionne la physiologie d’une dent et des caries. Et si l’allaitement avait au contraire plutôt un effet protecteur ? Commençons par examiner les travaux d’anthropologues qui se sont intéressés aux mâchoires de l’homme de la préhistoire. Sur 1 344 mâchoires examinées d’Américain natifs, 19 lésions de caries ont été observées, ce qui représente un pourcentage de 1,4% de dents cariées. Grâce à ces observations, on peut conclure que les hommes et les femmes qui ont été allaités pendant plus de 92 000 millénaires n’ont jamais eu de carie. Elles sont donc seulement apparues il y a 8 000-10 000 ans. La position des anthropologues est donc très claire : si les caries étaient causées par l’allaitement maternel, cela ferait des décennies que l’évolution aurait été contre cet allaitement. L’histoire des caries dentaires est donc une histoire contemporaine, c’est-à-dire de notre époque, de l’homme d’aujourd’hui.

Cette dentine contient la chambre pulpaire parsemée de petits canaux qui communiquent avec le nerf de la pulpe. La bouche est un milieu humide et chaud dans lequel se trouve tout un équilibre physiologique de bactéries diverses : le microbiote. Lorsque celui-ci est déséquilibré (épigénétique, stress, alimentation transformée, diminution du pH…), certaines bactéries vont prendre le dessus par rapport à d’autres. C’est notamment le cas du streptocoque mutans. En cas de déséquilibre de ce microbiote par exemple, cette bactérie pourra s’y proliférer rapidement. En quelques mois, il peut représenter jusqu’à 75% de la flore buccale. Dès que nous mangeons ou buvons, une fine pellicule de débris alimentaires se met sur la dent pour former la plaque dentaire. C’est sur cette plaque dentaire que les bactéries vont s’accrocher. Ces bactéries vont transformer le sucre en acide. Comme expliqué dans un paragraphe précédent, cette bactérie fait partie du microbiote de la cavité buccale. En cas de déséquilibre, celle-ci prendra donc le dessus sur la flore buccale normale. Cette bactérie se nourrit essentiellement de glucose, fructose et sucrose. Le « strep mutans » aime le sucre, beaucoup de sucre. Tous les laits des mammifères contiennent du lactose composé d’un glucose et d’un galactose. Le lait humain est celui qui en contient le plus. C’est donc de là que vient l’inquiétude de certains professionnels. Or le lactose est digéré par la lactase, enzyme présente dans l’intestin et non dans la bouche. Une étude confirme que le strep mutans ne serait pas capable de transformer le lactose en une source d’énergie aussi facilement que le sucre (sucrose) (Rugg-Gunn et al., Effect of human milk on plaque pH in situ and enamel dissolution in vitro compared with bovine milk, lactose and sucrose.

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Lorsqu’un individu devient porteur de cette bactérie, il le restera toute sa vie. Ces résultats sont en phase avec la physiologie quand on comprend que, durant le sommeil, la salive est produite en moindre quantité. Or lorsque l’enfant est actif (il mange ou boit), il sécrète plus de salive. Une autre étude clinique conclut même que l’allaitement de plus 40 jours au moins peut diminuer l’apparition de caries chez les enfants (Oulis CJ et al., Feeding practices of Greek children with and without nursing caries, Pediatr Dent, 1999. D’autres chercheurs encore ont carrément démontré que l’allaitement prolongé ne conduisait pas à une prévalence plus élevée de carie dentaire chez l’enfant (Weerheijm KL, Prolonged demand breast-feeding and nursing caries, Caries Res, 1998 ;32(1) :46-50). Une étude supplémentaire portant sur des enfants australiens a pu quant à elle prouver que, par contre, l’introduction des aliments de sevrage ou de diversification alimentaire augmentait les caries. Enfin, une dernière étude a conclu que l’information donnée aux parents doit porter en priorité sur la limitation d’apports en sucre ainsi que tout ce qui peut en contenir. Il faut que cette information soit correcte et donnée à toutes les personnes s’occupant de l’enfant, la limitation des apports en sucre étant majeure. À l’inverse, un article paru dans le journal de pédiatrie dentaire montre l’augmentation des caries dentaires chez le bébé nourri au lait artificiel (Pediatr Dent, 1998 ;20(7)5Nov-Dec) :395-403). La plupart de ces laits réduisent en fait significativement le pH dentaire. Ce qui rend propice le développement de ces strep mutans.

Le lait maternel possède en outre une protéine capable de tuer certaines cellules cancéreuses. Cette protéine n’est autre que l’alpha-lactalbumine, la protéine qui aide à produire le lactose. Il est donc impensable que lait maternel puisse provoquer des caries dentaires chez les bébés et les enfants (P. À en croire une autre étude, le strep mutans serait même très sensible à l’action bactéricide de la lactoferrine présente dans le lait maternel. Le lait maternel serait donc dans cet ordre des choses un « antibiotique » naturel contre cette bactérie (Arnold R.

Vous pouvez observer que la tétine du biberon se dépose sur la partie avant de la langue, tandis que le mamelon de la mère rentre loin dans la bouche du bébé. Le jet de lait maternel arrive donc très près de la gorge. Comme nous l’avons mentionné plus haut, la salive, les mouvements de la langue et la respiration par le nez jouent un rôle important dans la protection des caries. Tandis que la respiration buccale très fréquemment rencontrée dans la pathologie des freins restrictifs buccaux diminue le flux salivaire. Savez-vous qu’à l’heure actuelle, plus de 50% des enfants sont concernés par une respiration buccale ? Selon une étude sur un échantillon aléatoire de 370 enfants, 55% d’entre eux respiraient par la bouche (Abreu RR, Rocha RL, Lamounier JA, Prevalence of mouth breathing among children. J Pediatr (Rio J). 2008 Sep-Oct;84(5):467-70). On le sait maintenant : un frein de langue restrictif entraîne une diminution de la mobilité de la langue dans tous les sens. Une bonne vidange de la cavité buccale va donc être altérée. Il y aura bel et bien un « défaut » de nettoyage alimentaire, ce qui représente une aubaine pour la formation de la plaque dentaire. Un frein de lèvre serré et/ou des freins de joue vont également empêcher un nettoyage efficace entre la lèvre, les joues et les gencives. Plus tard à l’âge adulte, le palais ne s’étant pas modulé grâce aux mouvements physiologiques de la langue, il sera trop étroit. Cet adulte aura donc des dents qui se chevauchent… et des caries par difficulté d’accessibilité à l’hygiène de celles-ci. Certes, il n’y encore à ce jour aucune étude qui permette de confirmer ce lien évident entre les caries et les freins restrictifs buccaux.

Aucune étude à ce jour n’a pu démontrer que l’allaitement était un facteur cariogène. Le Dr Erickson l’affirme même depuis 1997 : le lait maternel N’EST PAS CARIOGÈNE (Dr Erickson, 1997, AAPD, Educational Foundation Research Award ; Pamela Erickson, Investigation of the role of human milk in caries development, Pediatric Dentistry, 1999;21(2)(Mar-Apr):86-90). À en croire donc la logique physiologique et les études disponibles, l’allaitement aurait même un effet protecteur.

Face aux demandes injustifiées : Informer et persévérer

Trop de praticiens demandent encore un arrêt temporaire de l'allaitement, voire un arrêt total, avant une anesthésie dentaire. Une telle préconisation ne prend pas en compte le quotidien d'une mère et n'est pas justifiée scientifiquement. Si votre dentiste vous demande d'arrêter l'allaitement, sachez que cette demande n'est pas justifiée médicalement. Vous pouvez informer votre praticien des recommandations actuelles ou demander un second avis.

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Allaitement et soins dentaires : Un duo compatible

L'allaitement maternel et les soins dentaires forment un duo parfaitement compatible qui ne nécessite aucun compromis de la part des mères. Cette compatibilité permet aux mères allaitantes de prendre soin de leur santé bucco-dentaire sans culpabilité ni contrainte temporelle.

Allaiter ET se soigner : Un droit fondamental

De la même façon, on pourrait dire que mieux vaut ne pas être malade si l’on allaite ou si l’on est allaité. En effet, l’absence quasi-totale de formation et d’information en matière d’allaitement de la majorité des professionnels de santé de notre pays fait que, chaque jour, des mères allaitantes et des enfants allaités sont mal diagnostiqués et/ou mal soignés, voire pas soignés du tout. Mal diagnostiqués parce que l’allaitement opère très souvent comme un rideau de fumée qui empêche, évite ou donne une excuse pour ne pas aller voir derrière. C’est le bébé qui ne prend pas de poids, bien sûr parce que le lait de sa mère n’est pas suffisant, alors qu’il a peut-être une infection qui l’empêche de grossir. C’est la femme anormalement fatiguée à qui le médecin dit qu’il suffirait qu’elle arrête d’allaiter, alors qu’elle souffre d’hypothyroïdie ou est gravement anémiée. Etc., etc. Mal soignés parce que les médecins se contentant, en matière de pharmacopée, de regarder dans le Vidal (1), croient presque tous les médicaments incompatibles avec l’allaitement, et refusent donc de les prescrire si la mère n’arrête pas - totalement ou temporairement - l’allaitement. Pas soignés si la mère refuse d’arrêter l’allaitement et préfère ne pas se soigner, au risque de compromettre plus ou moins gravement sa santé.

Les dentistes, comme les autres professionnels de santé, n’ont reçu aucune formation sur l’allaitement. Croyant les soins dentaires incompatibles avec l’allaitement, ils vont trop souvent dire à la femme qu’ils ne peuvent la soigner que si elle arrête temporairement d’allaiter, voire lorsqu’elle aura arrêté complètement. Sans parler des enfants allaités dont le mauvais état dentaire est systématiquement mis sur le compte de l’allaitement, et dont la mère se voit enjoindre de cesser immédiatement cela. Et voilà comment tant d’allaitements sont compromis, voire arrêtés de façon totalement injustifiée, ou comment des femmes renoncent à ces soins, pour elles ou pour leurs enfants, au risque d’une dégradation de la santé dentaire.

Alors, disons-le haut et fort : on peut allaiter ET se soigner ! (1) Alors que les recommandations professionnelles de la Haute Autorité de santé parues en 2006 (Favoriser l’allaitement maternel. Il est à noter (les mères le demandent régulièrement) que les radiographies aux rayons X en elles-mêmes n'ont strictement aucun impact sur la composition du lait maternel, et ne nécessitent aucune suspension de l’allaitement. La Leche League France a pour but d’aider, par un soutien de mère à mère, toutes les femmes souhaitant allaiter, en leur transmettant l’art, le savoir-faire de l’allaitement.

Questions fréquentes

  • Combien de temps attendre après une anesthésie dentaire pour allaiter ? Aucun délai d'attente n'est nécessaire après une anesthésie dentaire locale.
  • Les radiographies dentaires peuvent-elles affecter mon lait maternel ? Non, les radiographies dentaires n'affectent pas la qualité ou la composition du lait maternel.
  • Puis-je prendre des antidouleurs après des soins dentaires en allaitant ? Oui, plusieurs antidouleurs sont compatibles avec l'allaitement. Le paracétamol et l'ibuprofène sont généralement recommandés en première intention.
  • Faut-il reporter un traitement de canal pendant l'allaitement ? Non, il n'est pas nécessaire de reporter un traitement endodontique (dévitalisation) pendant l'allaitement.
  • L'anesthésie générale dentaire est-elle compatible avec l'allaitement ? L'anesthésie générale est rarement utilisée en dentisterie, mais elle reste compatible avec l'allaitement.
  • Peut-on faire poser des implants dentaires pendant l'allaitement ? Oui, la pose d'implants dentaires peut être réalisée pendant l'allaitement.
  • Les amalgames dentaires posent-ils des problèmes pendant l'allaitement ? La pose ou la dépose d'amalgames dentaires peut être réalisée pendant l'allaitement.
  • Mon dentiste me demande d'arrêter l'allaitement, que faire ? Cette demande n'est pas justifiée médicalement. Vous pouvez informer votre praticien des recommandations actuelles ou demander un second avis.

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