Le sodium est un minéral essentiel au bon fonctionnement de l’organisme, jouant un rôle clé dans l’équilibre hydrique, la transmission nerveuse et la contraction musculaire. Pendant la grossesse, maintenir un taux de sodium adéquat est crucial tant pour la mère que pour le développement du fœtus. Un manque de sodium, appelé hyponatrémie, ou un excès, hypernatrémie, peuvent entraîner divers symptômes et complications. Cet article explore les causes, les risques et les mesures à prendre pour gérer le taux de sodium pendant la grossesse.
Importance du sodium pendant la grossesse
Le sodium est naturellement présent dans plusieurs aliments, comme le lait, la viande et les crustacés. Pendant la grossesse, les besoins en sodium sont accrus pour soutenir l'augmentation du volume sanguin et assurer le bon développement du fœtus. Il est essentiel de maintenir un équilibre, car une carence ou un excès peut avoir des conséquences néfastes.
Rôle du sodium dans l'organisme
Le sodium est un électrolyte essentiel qui aide à :
- Contrôler la pression artérielle : Le sodium contribue à réguler le volume des fluides corporels, ce qui influence directement la pression artérielle.
- Assurer les fonctions musculaires : Il est nécessaire à la contraction et à la relaxation des muscles.
- Maintenir le système nerveux : Le sodium participe à la transmission des signaux nerveux.
- Régulation de la quantité d'eau dans le corps : Les reins utilisent le sodium pour diminuer la quantité d'eau présente dans l'organisme. Le sodium a la capacité d'attirer l'eau, comme une éponge.
Hyponatrémie : Manque de sodium
L’hyponatrémie correspond à un taux de sodium sanguin inférieur à 135 mmol/L. Un faible taux de sodium peut provoquer des symptômes variés, allant d’une simple fatigue à des complications neurologiques graves.
Symptômes de l'hyponatrémie
- Fatigue et faiblesse musculaire : Une sensation de fatigue inhabituelle, une faiblesse musculaire, des crampes fréquentes après un effort et une baisse d’énergie sans raison apparente peuvent indiquer une carence en sodium.
- Troubles de l’humeur et confusion mentale : Un sodium trop bas peut affecter le cerveau, entraînant une confusion mentale, des difficultés à se concentrer, une irritabilité ou des changements d’humeur soudains, et une désorientation. Dans les cas graves, cela peut aller jusqu’à des hallucinations ou une perte de conscience.
- Nausées et troubles digestifs : L’hyponatrémie peut aussi provoquer des nausées ou des vomissements, une perte d’appétit et des sensations de ballonnements ou de malaise général.
- Maux de tête et vertiges : Un manque de sodium peut causer des maux de tête persistants, accompagnés de vertiges ou d’une sensation d’étourdissement. Ces symptômes sont souvent aggravés par une chute de la tension artérielle.
- Rétention d’eau et gonflements : Le sodium joue un rôle clé dans la régulation des fluides corporels.
Causes de l'hyponatrémie pendant la grossesse
- Hydratation excessive : Boire trop d’eau peut diluer la concentration de sodium dans le sang, créant un déséquilibre. Boire trop d'eau expose le corps à l'hyponatrémie, un déséquilibre qui peut être grave.
- Transpiration excessive : Bien que moins fréquente pendant la grossesse, une transpiration excessive peut entraîner une perte de sodium.
- Certaines maladies :
- Insuffisance rénale : Les reins éliminent trop de sodium.
- Insuffisance cardiaque : L’organisme retient trop d’eau, diluant le sodium.
- Troubles hormonaux : Certaines pathologies, comme l’insuffisance surrénalienne, affectent la régulation du sodium.
- Médicaments diurétiques : La prise de médicaments diurétiques expose également à l'hyponatrémie.
- Grossesse : Les femmes enceintes ont tendance à faire une petite hyponatrémie (qui n'est pas inquiétante) au fur et à mesure que la grossesse progresse : ce phénomène est lié à une rétention d'eau plus importante qui " dilue " le sang, faisant mathématiquement baisser le taux sanguin de sodium.
- Hyper-hydratation ou potomanie : Sur le même mécanisme (c'est-à-dire : une dilution du sang), l'hyponatrémie peut également découler d'une hyper-hydratation (on boit trop durant la journée), voire d'une potomanie (il s'agit d'une pathologie principalement psychiatrique qui se caractérise par un besoin incontrôlable de boire de l'eau constamment).
Diagnostic de l'hyponatrémie
Si les symptômes sont fréquents ou graves, une analyse sanguine peut confirmer une hyponatrémie. Le dosage du taux sanguin de sodium (natrémie) est un examen biologique classique. Il permet d'évaluer plusieurs fonctions à la fois, et notamment l'efficacité du travail des reins. Un taux de sodium " normal " doit être compris entre 135 et 145 millimoles par litre de sang (135-145 mmol / L). En-dessous de ces valeurs, on parle d'hyponatrémie. Lorsque le taux de sodium dans le sang (natrémie) est anormal, c'est-à-dire qu'il y a une hyponatrémie, on peut doser le sodium dans les urines. Ainsi, s'il y a trop peu de sodium dans le sang (hyponatrémie) mais un taux anormalement élevé de sodium dans les urines (hypernatrurie), cela signifie probablement que les reins éliminent trop de Na+.
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Traitement de l'hyponatrémie
- Adapter son alimentation : Certains aliments sont naturellement riches en sodium et peuvent aider à rétablir un bon équilibre :
- Sel de table (sans excès).
- Bouillons et soupes.
- Fromages et produits laitiers.
- Fruits de mer et poissons.
- Ajuster sa consommation d’eau : Éviter de boire en excès (sauf en cas de forte chaleur ou d’activité intense).
- Traitement médical : Un traitement médical peut être nécessaire, notamment en cas de déséquilibre sévère. Le traitement d'une hyponatrémie légère consiste à diminuer la prise de liquide à moins d'1 litre par jour. Si la prise d'un médicament diurétique est en cause, il faudra diminuer la dose ou arrêter le traitement. Dans le cas où l'hyponatrémie est secondaire à une pathologie, celle-ci doit être traitée de façon adaptée. Le traitement d'une hyponatrémie sévère relève d'une urgence : le traitement consiste à augmenter progressivement le taux de sodium dans le sang en utilisant des liquides par voie intraveineuse et parfois un diurétique.
Hypernatrémie : Excès de sodium
Bien que moins courante, l'hypernatrémie (un taux de sodium trop élevé) peut également survenir pendant la grossesse. Un taux de sodium " normal " doit être compris entre 135 et 145 millimoles par litre de sang (135-145 mmol / L). Au-delà de ces valeurs, on parle d'hypernatrémie.
Causes de l'hypernatrémie
Parmi les causes d'hypernatrémie les plus répandues, on peut notamment citer :
- L'hypernatrémie d'apport : on mange trop salé au quotidien (on consomme trop de sel de table, trop de charcuterie, trop de préparations industrielles, trop de fromage, trop de biscuits apéritif, trop de chips…),
- Les œdèmes : une pathologie qui se caractérise par des œdèmes au niveau des jambes (par exemple : une bronchite chronique, une insuffisance veineuse, une cirrhose du foie, une pré-éclampsie pendant la grossesse…) pourra ainsi se traduire par une hypernatrémie,
- L'hypotension artérielle : il s'agit d'une tension artérielle anormalement faible qui s'observe, par exemple, en cas d'insuffisance cardiaque,
- L'hypertension rénale, provoquée par exemple par des lésions au niveau des reins.
Risques liés à l'hypernatrémie pendant la grossesse
La consommation de sel doit être réduite en tout temps, et d’autant plus pendant la grossesse. En excès, le sel peut augmenter la pression artérielle, et par conséquent, entraîner un risque accru de maladies cardiovasculaires. Une alimentation trop salée peut aussi provoquer des céphalées, de la rétention d’eau et augmenter bien sûr la sensation de soif.
Prévention de l'hypernatrémie
- Modérer la consommation de sel : Il faudrait consommer moins de 5 grammes de sel par jour, soit un peu moins qu’une cuillère à café.
- Éviter les aliments transformés : La charcuterie et le fromage doivent être consommés avec modération, en tenant compte des risques de listériose et de toxoplasmose.
- Privilégier les alternatives au sel : On peut remplacer le sel par des plantes aromatiques, telles que les herbes de Provence, le thym, le laurier, le basilic ou le persil. Du côté des huiles, il est conseillé de privilégier celles qui ont un goût plus prononcé, comme l’huile d’olive, l’huile de noix ou l’huile de noisette. Enfin, pour des sauces pleines de pep’s, il est possible d’utiliser du jus de citron et/ou du lait de coco.
Envie de salé pendant la grossesse
L’envie de salé pendant la grossesse n’est pas un mythe et apparaît généralement au premier trimestre de la grossesse. Parfois, celle-ci s’estompe au fil des mois ou dure jusqu’à l’accouchement. Il existe plusieurs hypothèses qui pourraient expliquer l’envie de salé et les fringales de manière générale chez la femme enceinte. Une autre hypothèse serait que le corps de la femme enceinte réclame ce dont il a vraiment besoin. Une envie de fromage pourrait dissimuler un besoin de calcium, par exemple.
Gérer les fringales salées
Selon Audrey Retournay, la femme enceinte peut manger salé en respectant les doses recommandées. En quantités limitées, le sodium n’est pas à diaboliser. Il est même essentiel à l’organisme. Il permet de contrôler la pression artérielle, les fonctions musculaires et le système nerveux. Une alimentation trop faible en sodium peut provoquer des nausées et des vertiges. Selon l’OMS toujours, il est recommandé de choisir un sel iodé.
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Importance d'une alimentation équilibrée
Pour le bénéfice de la mère comme pour celui de son enfant, les vitamines et les minéraux doivent être présents en quantité suffisante dans l'alimentation pendant les périodes de grossesse et d'allaitement, en particulier le calcium et le fer.
Calcium
Même si l’absorption et la rétention du calcium sont favorisées par les hormones de la grossesse, l’apport est souvent insuffisant. Un apport quotidien de 1 200 mg de calcium par jour pendant la grossesse assure la constitution du squelette du fœtus, limite le risque de décalcification des os de la mère, réduit les troubles de la tension artérielle et contribue à l’enrichissement du lait.
Fer
En France, il est fréquent qu'une future mère ait des apports insuffisants en fer avant même le début de sa grossesse. Les besoins en fer s’accroissent fortement pendant la grossesse. Un apport suffisant en fer permet d’assurer le transport de l’oxygène dans le sang de la mère et du fœtus, et permet à ce dernier de se constituer des réserves en fer. Attention, la consommation de plus d'un litre de thé par jour, ainsi que les aliments riches en fibres, peuvent réduire l’absorption du fer par l’intestin. L’absorption du fer est favorisée par la présence de la vitamine C.
Iode
Pendant la grossesse, l’apport de sel doit être modéré mais suffisant, y compris chez les femmes souffrant d’œdèmes (gonflements). Une étude a montré qu’en région parisienne, un tiers des femmes enceintes avait une alimentation trop pauvre en iode et que certaines d’entre elles étaient en état de carence avérée. Selon l’OMS toujours, il est recommandé de choisir un sel iodé.
Croyances alimentaires et sexe du bébé
D’après certaines croyances, le régime alimentaire de la femme enceinte pourrait avoir une incidence sur le sexe du bébé. Une méthode, paru dans l’ouvrage “Avoir un garçon, avoir une fille, la liberté de choisir,” (éd. Leduc), affirme qu’une alimentation riche en sodium et en potassium favoriserait le fait d’avoir un garçon. Les becs sucrés, eux, auraient plus de chance d’avoir une fille. Il est important de noter que ces croyances ne sont pas scientifiquement prouvées et que le sexe du bébé est déterminé par les chromosomes au moment de la conception.
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