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Shyamala Gopalan : Une figure maternelle influente et ses racines

Dans le récit de la vie politique de Kamala Harris, la figure de sa mère, Shyamala Gopalan Harris, occupe une place centrale. La candidate démocrate a fréquemment évoqué le souvenir de sa mère, décédée en 2009, lui dédiant même son discours de remerciement lors de son accession à la vice-présidence des États-Unis en 2020, ainsi que son discours d'investiture par la Convention nationale démocrate (DNC). Elle a déclaré : « Le chemin qui m'a menée ici (…) a été inattendu. Mais les drôles de chemins improbables ne sont pas inconnus dans ma famille. Ma mère, Shyamala Harris, a eu le sien. Elle me manque tous les jours, surtout aujourd'hui. Et je sais qu'elle me regarde et qu'elle sourit. »

Si son père, Donald Harris, a choisi de rester en retrait de la carrière politique de sa fille, c'est surtout à travers les propos de Donald Trump que l'on a entendu parler de lui. Lors d'un débat, le candidat républicain avait accusé Kamala Harris d'être « marxiste » en raison des convictions économiques de son père. Bien que Donald Harris reconnaisse l'influence de Marx sur sa vision de l'économie, le qualifier de « marxiste » est une simplification excessive.

Rencontre à Berkeley et engagement dans les droits civiques

Donald Harris, aujourd'hui retraité de l'université de Stanford, a rencontré Shyamala Gopalan à Berkeley dans les années 1960, en pleine effervescence du mouvement des droits civiques. Tous deux, lui d'origine jamaïcaine et elle d'origine indienne, sont nés en 1938 et ont en commun d'être nés sujets coloniaux du Royaume-Uni.

En 1962, année de l'indépendance de la Jamaïque, Donald Harris arrive à Berkeley grâce à une bourse du gouvernement colonial pour y effectuer un doctorat en sciences économiques. Shyamala, quant à elle, est une étudiante en sciences contrainte de quitter son pays pour poursuivre ses études, l'Inde de l'époque ne proposant pas de diplômes supérieurs aux femmes. Elle s'inscrit donc à un master en endocrinologie à Berkeley, matière dans laquelle elle obtiendra ensuite un doctorat. Elle change de continent pour suivre son rêve : « Elle l'a fait toute seule, a expliqué son frère à la BBC. À la maison, personne n'était au courant. » Elle finit par obtenir la bénédiction de sa famille, mais le voyage la confronte à un véritable choc culturel. Cette femme toujours vêtue d'un sari et de sandales, qui avait été primée dans un concours de chant traditionnel, trouve une oreille attentive à sa condition minoritaire chez l'AAA (Association afro-américaine), une des plus influentes organisations dans les luttes pour les droits civiques.

C'est au cours des assemblées de l'association que les deux étudiants étrangers partagent leur expérience de sujets coloniaux. Harris évoque les relations de pouvoir issues de l'esclavage dans son pays natal, tandis que Gopalan parle de son statut de fille d'un fonctionnaire ayant servi les deux régimes, l'Inde coloniale et l'Inde indépendante. Leur conversation se poursuit et ils tombent amoureux. « Mon père, écrit Kamala Harris dans son autobiographie, a été le premier petit ami de ma mère. » Une relation qu'elle décrira devant la convention démocrate de 2020 comme une image de l'Amérique : « Deux personnes qui se soulèvent pour la justice, dans le mouvement des années 1960. »

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Mariage, divorce et héritage

Le couple se marie rapidement et donne naissance à Kamala en 1964. Sa mère termine alors son doctorat tandis que son père décroche un premier poste d'enseignant dans une université de l'Illinois. Maya, la sœur de Kamala, naît en 1967, peu avant la rupture du couple. Séparés pendant cinq ans, les parents se partagent la garde des filles jusqu'au divorce en 1972, une période évoquée avec nostalgie par Donald Harris dans une lettre ouverte publiée sur le site Jamaica Global. Il raconte comment il fait visiter son île natale à ses deux filles et dépeint la jeune Kamala comme une enfant intrépide et aventureuse, à laquelle il essaie de transmettre ses propres leçons de vie : « Je voulais leur apprendre qu'il n'y a pas de limite à ce que l'on peut faire lorsqu'on travaille dur et qu'on y croit, et qu'il est important de ne pas perdre de vue tous ceux qui ont été laissés de côté par le système d'injustice, par la violence ou les privilèges. » Un héritage sur lequel la vice-présidente revient dans son autobiographie : « Mon père voulait que je sois libre. Il regardait ma mère et disait : “Laisse-la courir, Shyamala”, puis il se tournait vers moi et me disait : “Cours, Kamala, cours aussi vite que tu peux”. Et je m'enfuyais, avec le sentiment de pouvoir faire tout ce que je voulais. »

Donald Harris a souvent regretté que les tribunaux l'aient privé de la garde de ses filles. « Pour la justice californienne, un homme caribéen ne peut pas être un bon père », dénonce-t-il. Après le divorce, les relations entre Donald et Shyamala se tendent, ils ne se parlent pas pendant des années, même si les deux filles vont chez leur père le week-end et les jours fériés, car leur père obtient un poste de titulaire à l'Université de Stanford, et que leur mère poursuit son chemin au sein de l'université de Californie, devenant une spécialiste du cancer du sein.

Donald et Shyamala ne se revirent qu'à peu de reprises. Et Shyamala s'imposa comme une figure tutélaire dans la vie de leurs filles. Pour sa cérémonie de diplôme, Kamala Harris invite ses deux parents, craignant que sa mère refuse de se trouver dans la même pièce que son ex-mari. Mais l'endocrinologue fait une entrée digne d'une star de cinéma, « dans une robe rouge pétante, avec des talons ». La vice-présidente est revenue sur le divorce de ses parents : « Je me dis souvent que s'ils avaient été un peu plus âgés, un peu plus mûrs, écrit-elle dans son autobiographie, ils auraient pu sauver leur couple. Mais ils étaient tellement jeunes. » On peut pourtant voir l'influence de son père dans son choix d'étudier les sciences politiques et l'économie.

L'influence de Shyamala Gopalan sur Kamala Harris

« Ma mère, Shyamala, est arrivée seule aux États-Unis à l'âge de 19 ans. Shyamala n'aura pas vécu assez longtemps pour voir les plus grands triomphes de sa fille : elle est décédée d'un cancer du côlon en février 2009, trois mois après que Kamala a annoncé qu'elle se présentait au poste de procureur général de Californie, premier pas de sa brillante carrière politique. Un parcours exemplaire qui allait la hisser au sommet étape après étape (procureur, sénatrice, vice-présidente, candidate à la présidence), rappelant à chaque fois le souvenir de sa mère. Dans ses discours, Kamala Harris cite souvent sa mère, indienne, en exemple. Kamala Harris est la première femme noire et originaire d'Asie du Sud à viser la présidence américaine.

Née le 20 octobre 1964, l'ancienne procureure générale de Californie est issue d'une famille multiculturelle. Son père, Donald Harris, est jamaïcain. Sa mère, Shyamala Gopalan Harris, est indienne. Dans ses discours et son mémoire paru en 2019, "The Truths we Hold", Kamala Harris donne une place importante à sa figure maternelle. Shyamala Gopalan est arrivée aux États-Unis à 19 ans, avec un diplôme de l'université de Delhi à peine dans la poche. Elle est admise à l'université Berkeley, en Californie, pour suivre un doctorat en nutrition et endocrinologie. Shyamala Gopalan rencontre alors Donald Harris, avec qui elle se marie en 1963. Elle obtient son doctorat à 25 ans, en 1964, année de naissance de sa première fille Kamala. Deux ans plus tard, elle donne naissance à Maya Harris, avocate et activiste des droits civiques. Les deux époux divorcent en 1971. Kamala et Maya vivent avec leur mère, qui a une grande influence dans leur vie. "Elle savait que sa patrie d'adoption nous verrait, Maya et moi, comme des filles noires, et elle était déterminée à faire en sorte que nous devenions des femmes noires sûres d'elles et fières de l'être", écrit la démocrate dans son mémoire. Les deux sœurs ne grandissent toutefois pas éloignées de leur racine indienne. Si leur père fait partie de leur enfance et adolescence, les filles Harris ne le voient que "le week-end" ou les étés, passés à Palo Alto, en Californie, détaille Kamala dans son livre. "Mais c'est ma mère qui a pris en charge notre éducation.

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Donald Harris : un père discret

Contrairement à sa mère, la candidate démocrate parle peu de sa figure paternelle. Lors de son discours d'investiture à la convention nationale démocrate, en août dernier, Kamala Harris n'a évoqué son père que lors de ce souvenir : "Mes premiers souvenirs de nos parents ensemble sont très joyeux. Une maison remplie de rires et de musique : Aretha, Coltrane et Miles. Au parc, ma mère disait : 'Reste près de moi', mais mon père disait, en souriant : 'Cours, Kamala, cours. N'aie pas peur. Ne laisse rien t'arrêter'.

Donald Harris est né en 1938 en Jamaïque. Il a obtenu une licence à l'université de Londres, et s'est ensuite installé aux États-Unis pour passer un doctorat en économie à l'université de Berkeley. Durant sa vie, il tient plusieurs postes d'enseignant : à l'université Northwestern, à Urbana-Champaign, université de l'Illinois, et à Madison, université du Wisconsin. En 1972, il est engagé comme professeur d'économie à Stanford, devenant ainsi le premier chercheur noir à être titularisé au sein de l'école d'économie, rapporte USA Today. Il prend sa retraite en 1998. "Mon père est quelqu'un de bien, mais nous ne sommes pas proches", a déclaré en 2003 Kamala Harris, rapporte Fox News. Donald Harris lui-même se fait discret sur la carrière de sa fille. Il n'a parlé publiquement de Kamala Harris qu'en 2019, après que la femme politique ait déclaré en plaisantant ne pas être opposée à la légalisation de la marijuana car "la moitié de [sa] famille est originaire de Jamaïque". "Mes parents décédés doivent se retourner dans leur tombe", avait réagi Donald Harris. "En mon nom et au nom de ma famille jamaïcaine immédiate, nous souhaitons nous dissocier catégoriquement de cette parodie". Il est revenu plus tard sur sa déclaration, et a annoncé rester à l'écart de "tout le brouhaha politique", détaille The Root.

Hommages et héritage de Shyamala Gopalan

Dans le village de Thulasendrapuram, dans l'Etat du Tamil Nadu (Sud), où est né le grand-père maternel de Kamala Harris, P.V. Les villageoises ont réalisé un rangoli, une oeuvre colorée dessinée sur le sol, écrivant: "Félicitations à Kamala Harris"."C'est une question de fierté pour toute la population féminine", a déclaré à l'AFP Arul Mozhi Sudhakar, une femme au foyer. L'oncle indien de Mme Harris, Balachandran Gopalan, un universitaire, a dit avoir toujours su qu'elle réussirait. "Je suis soulagé, parce que je savais qu'elle allait gagner, et je le lui ai dit hier", a-t-il déclaré à WION TV depuis New Delhi. Vendredi, il avait déclaré à l'AFP que la famille de Mme Harris vivant en Inde se rendrait aux Etats-Unis pour assister à son investiture en janvier."Nous étions en famille lorsqu'elle a prêté serment en tant que sénateur. Et nous serons tous ensemble lors de sa prestation de serment en tant que vice-présidente des États-Unis.

Shyamala Gopalan est une biologiste de nationalité indienne et américaine née le 7 décembre 1938 à Chennai (Madras à l'époque), en Inde. Son père est sténographe et la famille déménage souvent. Sa mère souhaite voir ses enfants devenir médecins, ingénieurs, ou avocats. Après des études en économie domestique, Shyamala s'oriente vers un doctorat d'endocrinologie et nutrition. Côté vie privée, elle rencontre à une réunion de l'Afro-American Association l'étudiant en économie originaire de Jamaïque Donald J. Harris. Le mariage du couple a lieu en 1963, suivi de la naissance de leur fille aînée, Kamala Harris, en 1964. Celle-ci devient vice-présidente des Etats-Unis en 2021. Sa soeur Maya naît en 1967 et devient est avocate et écrivaine.

Kamala Harris a rendu hommage à sa mère, Shyamala Harris, lors de son discours d'investiture à la Convention nationale démocrate, le 22 août. «Elle était dure, courageuse et pionnière dans la lutte pour la santé des femmes. Elle nous a appris à ne jamais nous plaindre de l'injustice, mais à la combattre.» Une mère qui l'a inspirée et l'a poussée à s'engager en politique. Née en Inde, Shyamala Gopalan a quitté son pays à l'âge de 19 ans pour venir étudier à l'université de Berkeley, avec le rêve de trouver un remède au cancer du sein. Elle fait partie des tous premiers immigrés indiens, et se heurte d'emblée, au seuil des années 1960, à la violence d'une Amérique raciste. Elle s'engage alors dans le mouvement des droits civiques. Elle y rencontre un jeune Jamaïcain, avec lequel elle aura deux filles. Persuadée qu'elles seront d'abord perçues à travers leur couleur de peau, elle décide de les élever comme des femmes noires, fières de leur identité. Aux côtés de la mère, Regina Shelton, amie d'université de Shyamala, va transmettre aux deux filles tous les codes de la culture afro-américaine, et devenir une véritable figure maternelle. Elle héberge Shyamala et ses filles dans un appartement situé au-dessus de la crèche qu'elle dirige, passe de nombreuses heures à s'occuper des fillettes pendant que leur mère, qui prend elle-même sous son aile de jeunes scientifiques immigrées, travaille dans son laboratoire. Regina meurt à 77 ans, en 1999.

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Kamala Harris : Une ascension politique inspirée par sa mère

Favorite du camp démocrate pour la présidentielle américaine depuis que Joe Biden s’est retiré de la course, Kamala Harris compte bien se battre pour obtenir la Maison-Blanche. Depuis qu’elle a été élue comme bras droit du président des États-Unis en 2021, l’ancienne procureure générale de Californie a su faire ses preuves. Mais d’où lui vient cette force de caractère ? Peu de temps après son élection, elle avait évoqué dans l’émission Good Morning America, sa relation avec sa mère, Shyamala Gopalan Harris, "la plus grande source d’inspiration de (sa, ndlr) vie". "J’ai été élevée par une mère qui me disait tout le temps : ‘Kamala, tu seras peut-être la première à faire beaucoup de choses, mais assure-toi de ne pas être la dernière’", ajoute-t-elle. Au cours de ses prises de paroles, Kamala Harris n’hésite pas à évoquer l’importance de sa famille. Shyamala Gopalan Harris est née en Inde et s’est installée aux États-Unis à l’âge de 19 ans pour rentrer à l’Université de Californie à Berkeley. Là-bas, elle suit un programme de maîtrise en nutrition et en endocrinologie. Elle se passionne pour la recherche scientifique et travaille sur de nombreux projets. Elle a notamment permis de faire progresser la connaissance des hormones liées au cancer du sein. C’est lors d’une réunion à l’Afro-American Association qu’elle rencontre celui qui deviendra le père de ses enfants, Donald J. Harris, originaire de Jamaïque. Ce dernier devient professeur émérite à l’université de Stanford et épouse Shyamala en 1963. Ils deviennent ensuite parents de deux filles : Kamala et Maya. Mais le couple divorce dans les années 1970. Atteinte d’un cancer du côlon, Shyamala Gopalan Harris rend son dernier souffle le 11 février 2009 alors qu’elle est âgée de 70 ans.

Alors que Kamala Harris compte se présenter à la présidentielle américaine, elle a reçu le soutien de nombreuses personnalités. Mais une personne semble manquer à l’appel. En effet, Barack Obama n’a pas réagi publiquement à la candidature de la femme politique. S’il décide de ne pas apporter son soutien à la démocrate, c'est pour une bonne raison. Selon les informations du New York Times, relayées par le Huffington Post, l’époux de Michelle Obama souhaiterait rester impartial "tant que la convention démocrate qui aura lieu mi-août n’aura pas officiellement choisi Kamala Harris", en tant que candidate officielle du parti.

Kamala Harris : Une candidate transformée

Kamala Harris future présidente des États-Unis ? Exit la politicienne qui semblait parfois confuse et peu sûre d'elle. À moins de quinze jours du scrutin, Kamala Harris prouve à chacune de ses apparitions - en meeting, en débat ou auprès de ses millions d'abonnés sur les réseaux sociaux - qu'elle a désormais la stature d'une future présidente. Même Oprah Winfrey s'interroge sur cette transformation. «Elle n'a pas la réputation d'être une excellente oratrice, mais elle est bonne dans les situations écrites, comme les speechs, elle se prépare énormément. Elle a beaucoup gagné en assurance depuis ses débuts en tant que vice-présidente, relève Alexis Buisson, journaliste, auteur de Kamala Harris, la biographie (Éd. Il était finalement normal qu'on n'ait pas beaucoup entendu parler d'elle auparavant, c'est le job du vice-président d'être effacé.» Hormis sa défaite à la primaire démocrate de 2019, la politicienne n'a perdu aucune des élections auxquelles elle s'est présentée : procureure de San Francisco en 2003, procureure générale de Californie en 2010, puis sénatrice du même État en 2017. Malgré cela, «elle a été sous-estimée pendant toute sa carrière. Y compris chez les démocrates, où on la disait trop effacée, souligne le journaliste. Aujourd'hui, elle prend sa revanche. Rappelons qu'elle a réussi à gagner le contrôle de la campagne en quarante-huit heures. Issue, faut-il le rappeler, de parents immigrés indien et jamaïcain, Kamala Harris est bel et bien le visage de ce nouveau parti démocrate qui a évolué avec la population. L'ancienne procureure générale avait certes la réputation d'une femme de fer. Elle a souvent été critiquée pour ses discours très durs sur la sécurité, comme pour sa proposition d'envoyer en prison les parents d'enfants manquant trop souvent l'école. Une position qu'elle a par la suite regrettée. «Elle fonctionne beaucoup par consensus. Elle aime aussi montrer une certaine flexibilité sur certains sujets», poursuit Alexis Buisson.

Kamala Harris s'est notamment entourée de stratèges politiques autobaptisées les colored girls, des Afro-Américaines rompues aux élections et familières de la Maison-Blanche.

Un réseau de soutien influent

«Il s'agit aux États-Unis d'un réseau très puissant, composé de centaines de milliers de femmes, et qui joue un rôle très important dans cette campagne. Véritable “armée” à son service, elles donnent de l'argent, organisent des levées de fonds et s'adressent aux larges communautés noires des swing states (états pivots qui balancent d'un camp à un autre, NDLR), comme le Michigan et la Georgie», souligne encore le biographe.

Ancienne cheffe syndicale, Laphonza Butler est une étoile montante de la politique. À 45 ans, elle est devenue la première femme lesbienne noire membre du Sénat, nommée pour remplacer la sénatrice de Californie, décédée en octobre 2023. L'Américaine est aussi une amie et conseillère de longue date de Kamala Harris. Son expérience auprès des travailleurs et son rôle à la tête de l'organisation politique Emily's List, qui encourage l'élection de femmes démocrates pro avortement, lui permettent de conseiller la candidate sur ces sujets. Elle l'a notamment incitée à se concentrer sur les préoccupations des électeurs des swing states. Elle est sans conteste l'artisane du succès de Kamala Harris face à Donald Trump, le 10 septembre dernier.

Avocate de premier plan, Karen Dunn est la «Madame débat» des démocrates : elle a préparé tous les candidats du parti à la présidence et à la vice-présidence depuis 2008. Un rôle ponctuel qui revêt toutefois une importance cruciale, car ces débats permettent aux candidats de s'adresser en particulier aux indécis, dont le vote s'annonce décisif. À 48 ans, Karen Dunn a travaillé comme directrice de la communication d'Hillary Clinton, lorsque celle-ci était sénatrice, puis au sein de son équipe de campagne pour la présidentielle de 2016.

Maya Harris est à la fois la petite sœur, la confidente et la conseillère politique de Kamala. Fusionnelles, elles ont beaucoup en commun. Comme Kamala, Maya Harris est devenue avocate et œuvre en politique. Mais l'Américaine de 57 ans préfère les coulisses aux tribunes. Elle milite pour des politiques publiques, notamment en faveur des femmes et pour l'égalité raciale. Un rôle prépondérant qui n'aurait pas été du goût des autres conseillers de Kamala Harris. Certains l'ont accusée d'avoir mené une campagne chaotique, centrée autour de ses propres idées et d'être ainsi partiellement responsable de la défaite de sa sœur à l'époque. Cette fois, l'avocate n'occupe aucun rôle officiel mais continue à l'épauler, de très près, dans l'ombre.

Shirley Chisholm fut la première politicienne noire élue au Congrès américain, en 1968, et la première personne de couleur à se présenter à une élection présidentielle quatre ans plus tard. Originaire de Brooklyn, elle avait choisi comme slogan de campagne Unbought and unbossed («incorruptible et insoumise»), en référence au racisme et au sexisme auxquels elle était sans cesse confrontée. «Une quantité extraordinaire de talents sont perdus pour notre société parce que ces talents portent des jupes», répétait cette inspiratrice, morte en 2005. Kamala Harris la cite régulièrement. Elle lui avait rendu hommage lors de la primaire démocrate de 2019 en reprenant des marqueurs visuels de sa campagne. Shirley Chisholm œuvrait notamment pour l'égalité raciale, les droits des femmes, notamment le droit à l'avortement. Des valeurs partagées par la candidate démocrate.

Elle fut parmi les premières à recevoir un coup de téléphone de Kamala Harris pour l'informer de son intention de briguer la présidence des États-Unis, aussitôt suivie d'un appel à son soutien. Mais Kamala Harris a choisi de ne pas faire de cet argument historique un mantra de campagne. «La première ?» Elle évite même le sujet. La candidate a tiré les leçons de l'échec d'Hillary Clinton et ne souhaite pas faire de son genre un sujet de discussion qui risquerait de refroidir les électeurs indécis.

Pour financer sa campagne, Kamala Harris peut compter sur le soutien d'un groupe d'amies californiennes milliardaires, comme Laurene Powell Jobs, dont la contribution s'élèverait à plusieurs millions de dollars, selon le New York Times. La veuve du fondateur d'Apple utilise sa fortune, estimée à plus de 12 milliards de dollars, pour défendre la justice sociale, l'éducation et l'environnement. Peu de décisions importantes sont prises sans elle. Minyon Moore est l'une des amies les plus fidèles de Kamala Harris. Présidente du comité de la Convention nationale démocrate, elle fait partie d'une poignée de politiciennes noires américaines parvenues à s'imposer dans les hautes sphères du parti démocrate. À 66 ans, sa connaissance fine des rouages politiques, et notamment de la Maison-Blanche - elle a été directrice des affaires politiques sous Bill Clinton -, lui a permis de guider Kamala Harris depuis son entrée au Capitole. Femme discrète, elle joue de son influence en coulisses.

Bien qu'elle soit (encore) du même bord politique que Donald Trump, Liz Cheney est l'une de ses plus ferventes critiques. L'ancienne représentante du Wyoming, qui fut la troisième figure du Parti républicain à la Chambre des représentants, a annoncé son soutien à Kamala Harris dès le 4 septembre. Un moment minutieusement choisi, en dehors de la convention démocrate, et quelques jours seulement avant l'ouverture du vote par correspondance, pour maximiser son impact. Son père, l'ancien vice-président des États-Unis Dick Cheney, a également annoncé qu'il voterait pour Kamala Harris. Deux grands noms qui s'ajoutent à ceux d'une dizaine de républicains ralliés à la candidate démocrate. Pro-armes à feu, anti-avortement, supportrice des énergies fossiles, celle qui fut un temps commentatrice politique pour Fox News partage peu de valeurs avec la candidate démocrate. Elle fut même vice-présidente du comité de la Chambre des représentants chargé d'enquêter sur l'attaque. Une position qui a conduit à sa destitution de la présidence de la Conférence républicaine de la Chambre des représentants, et à lui faire perdre son siège au Congrès.

Berkeley : un lieu d'épanouissement

Hier comme aujourd’hui, la ville universitaire de la baie de San Francisco reste un bastion de gauche, où règnent les maîtres mots “militantisme” et “solidarité”. Ses habitants soutiennent ardemment la candidate démocrate, qui y a passé une bonne partie de son enfance, souligne ce reportage du “Los Angeles Times”.

Vêtue d’un tee-shirt sur lequel on peut lire “La première mais pas la dernière” - ce qu’avait dit Kamala Harris quand elle est devenue la première femme à accéder à la vice-présidence du pays en 2020 -, Violet, 9 ans, fréquente la même école primaire que la candidate démocrate au même âge. Elle nous fait part de ses inquiétudes pour l’avenir si Donald Trump venait à être réélu. “Dire que l’avortement pourrait ne plus exister, c’est effrayant”, confie Violet qui n’aura pas le droit de voter avant une petite dizaine d’années.

Beaucoup de choses ont changé, ici, depuis l’époque où Kamala Harris, aujourd’hui âgée de 60 ans, était une petite fille qui vivait à Berkeley. Mais le militantisme reste au cœur de l’ADN de la ville et de nombreux enfants trouvent parfaitement normal de parler de politique. Cette ville universitaire progressiste de la baie de San Francisco, célèbre pour sa contre-culture hippie, sa liberté de ton et ses mouvements antiguerre, a contribué à façonner Kamala Harris dès son plus jeune âge. Ses ambitions se sont sans doute épanouies à l’école primaire Thousand Oaks, où elle a été parmi les premières à bénéficier du programme de mixité raciale de la ville de Berkeley, alors que de nombreuses autres parties du pays résistaient à ces mesures de déségrégation.

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