Loading...

Le Comportement Post-Partum chez la Lapine : Focus sur la Placenta et les Soins aux Lapereaux

Introduction

Le lapin, animal de compagnie de plus en plus populaire, est un sujet d'intérêt croissant pour les propriétaires et les éleveurs. Comprendre les aspects de sa reproduction, notamment le comportement post-partum de la lapine, est essentiel pour assurer la santé et le bien-être des lapereaux. Cet article se concentre sur le comportement de la lapine après la mise bas, en particulier son attitude envers le placenta et les soins qu'elle prodigue à ses petits.

La Mise Bas et le Placenta

La maturité sexuelle est acquise chez le lapin à l’âge de 4 ou 5 mois. La gestation chez la lapine dure en moyenne 31 jours, avec des écarts possibles de 29 à 35 jours. La mise bas a souvent lieu au petit matin et dure quelques heures. Le petit met une dizaine de minutes à sortir ; la femelle est debout comme pour faire ses besoins. Après la mise bas, la lapine coupe normalement le cordon ombilical avec ses dents et lèche longuement chaque bébé afin de débarrasser son corps de toutes souillures.

Un comportement caractéristique de la lapine après la mise bas est l'ingestion du placenta. Elle tire sur le lapereau et coupe le cordon avec ses dents puis mange le placenta. Ce comportement est naturel et a plusieurs fonctions potentielles :

  • Nettoyage du nid : En mangeant le placenta, la lapine élimine une source potentielle de bactéries et maintient ainsi l'hygiène du nid.
  • Récupération de nutriments : Le placenta est riche en nutriments, et son ingestion permet à la lapine de reconstituer ses réserves après la mise bas.
  • Dissimulation : Dans la nature, l'odeur du placenta pourrait attirer les prédateurs. En l'ingérant, la lapine réduit ce risque et protège ainsi sa portée.

Il est important de noter que si la lapine ne mange pas le placenta, il faut le retirer du nid pour maintenir une hygiène optimale.

Soins Maternels et Allaitement

Il est impératif de laisser la femelle tranquille, sans la regarder pendant l’accouchement. Le lapereau naît nu et les yeux fermés (espèce nidicole). Pendant l’allaitement, la lapine va seulement 1 à 2 fois par jour dans le nid pour nourrir ses petits (elle possède 8 à 10 mamelles). Pendant cette période, il ne faut surtout pas toucher les lapereaux.

Lire aussi: Calendrier des prises de sang post-FIV et suivi de grossesse.

Après avoir soigneusement amélioré le nid douillet avec ses propres poils, la lapine met bas enfin de ses petits, à raison d'une naissance toutes 10 minutes environ. Suivant la race, ils seront entre 2 et 12 à s'agglutiner autour des mamelles maternelles. Le premier repas sera le seul pendant lequel les nourrissons pourront se repaître à souhait. Les tétées ne durent que quelques minutes et la mère reste debout. C'est la lapine qui décide des quantités de lait distribuées, lorsqu'elle juge que c'est fini, elle est capable d'en bloquer l'écoulement.

La lapine apporte des soins essentiels à ses lapereaux :

  • Nettoyage : La lapine lèche ses petits pour les nettoyer et stimuler leur circulation sanguine.
  • Allaitement : La lapine allaite ses petits une à deux fois par jour. Son lait est très riche et permet aux lapereaux de grandir rapidement.
  • Protection : La lapine protège ses petits du froid et des dangers en les gardant dans le nid.

Cannibalisme

Les phénomènes de cannibalisme sont malheureusement fréquents chez la femelle trop jeune ou stressée, lorsque les petits ont été touchés, lorsque la cage n’est pas adaptée ou la litière sale ou lorsque la femelle manque d’eau et de nourriture. Il est donc crucial de minimiser le stress de la lapine et de lui fournir un environnement propre et confortable.

Développement des Lapereaux

Au bout de cinq jours, un duvet apparaît sur le corps des lapereaux. Ils ouvrent les yeux à 10 jours et font leur première sortie du nid vers le 15e jour. Il est raisonnable d’attendre la troisième semaine avant de toucher les petits. On peut les séparer de la mère à partir de la septième semaine.

À la naissance, le lapereau est un petit être informe, fragile, sans poil, aveugle, sourd et inerte. Difficile, alors, de s'imaginer que dans quelques semaines, telle la chrysalide transformée en papillon, il deviendra une soyeuse peluche, dotée d'une beauté merveilleuse, attendrissante et pleine de vivacité ! Que s'est-il donc passé, pendant ces quatre semaines, pour provoquer une telle transformation ?

Lire aussi: Résultat positif : que signifie le Bêta-HCG ?

Voici les étapes clés du développement du lapereau :

  • Naissance : Les lapereaux naissent nus, aveugles et sourds. Ils dépendent entièrement de leur mère pour leur survie.
  • Première semaine : Un duvet apparaît sur le corps des lapereaux.
  • Deuxième semaine : Les lapereaux ouvrent les yeux et commencent à explorer le nid.
  • Troisième semaine : Les lapereaux sortent du nid et commencent à manger des aliments solides.
  • Sevrage : Les lapereaux sont sevrés vers l'âge de 7 semaines.

Alimentation de la Lapine Gestante et Allaitante

Pendant la gestation, la femelle doit fournir aux fœtus (de 4 à 5 chez les races naines, mais de 8 à 12 chez les races géantes) les nutriments nécessaires à leur développement. Ainsi, elle a besoin d’une ration plus riche et plus importante : il faut donc soit augmenter sa taille, soit passer -le temps de la gestation- à un régime plus riche en protéines. La ration de la lapine doit être adaptée à ses besoins spécifiques :

  • Gestation : Augmenter la quantité de nourriture et choisir un aliment riche en protéines.
  • Allaitement : Continuer à fournir une alimentation riche pour soutenir la production de lait.

Impact de la Pollution sur la Reproduction

Une étude menée sur des lapins a montré que l'exposition maternelle chronique aux pots d'échappement entraîne des effets délétères sur la croissance et le métabolisme des fœtus, et ce jusqu'à la deuxième génération. Les nanoparticules de diesel inhalées par la mère passent dans son sang, puis dans le placenta et atteignent le fœtus. Ces anomalies peuvent favoriser l'apparition de problèmes métaboliques, tels qu'obésité, diabète, et cholestérol, chez les lapins de deuxième génération.

Pendant toute la gestation, qui dure 31 jours, ces lapins ont inhalé des gaz d'échappement de moteur diesel à des niveaux proches de l'exposition quotidienne des populations lors d'un pic de pollution aux particules fines. Résultat : en fin de gestation, le fœtus affiche un léger retard de développement, il est plus petit que la normale. Mais surtout, l’originalité de cette étude, c'est qu'elle démontre, qu'une fois arrivés à l’âge adulte, les jeunes lapines dont les mères ont été exposées, présenteront elles-mêmes des anomalies placentaires qui affecteront leurs propres fœtus. Pascale ChavatteLe placenta est modifié il y a des anomalies métaboliques, et donc on voir que les petits enfants des mamans polluées ont un métabolisme déjà modifié dans leur vie fœtale Et ce constat n'est pas sans conséquence car ces anomalies favoriseront à l'âge adulte chez ces lapins de deuxième génération l'apparition de problèmes métaboliques, tels qu'obésité, diabète, et cholestérol.

Besoins Spécifiques des Lapereaux avant le Sevrage

Chez le lapin en condition d’élevage, l’ingestion solide se met en place progressivement dès J17, bien avant le sevrage qui correspond à la séparation physique de la mère et des jeunes (autour de J35). Si la détermination des besoins nutritionnels des lapins après le sevrage, et leurs liens avec la santé digestive ont fait l’objet de nombreux travaux (pour revue : Gidenne, 2015 ; Gidenne et al., 2017), en revanche, le nombre d’études portant sur les besoins avant le sevrage est plus limité et les résultats suggèrent que femelles reproductrices et lapereaux ont alors des besoins en énergie et en fibres différents (Gidenne et Fortun-Lamothe, 2002). Ainsi, les jeunes ont des besoins en fibres qui sont satisfaits par la distribution d’un aliment à faible teneur en énergie. La distribution d’un aliment fibreux, à faible teneur en amidon, et peu énergétique pendant la période qui entoure le sevrage (< 2 350 kcal/kg) améliore le statut sanitaire des lapereaux en engraissement sans pénaliser leur poids à la vente (Duperray, 1993 ; Mousset et al., 1993 ; Piccolo et al., 2005). Comme pour le lapin sevré, la nature des fibres serait aussi à prendre en compte. Ainsi, Morisse et al. (1989) ont montré que la distribution d’un aliment riche en lignines (6,4 vs 4,5 %) avant le sevrage permet de diminuer la mortalité (2,6 vs 6,1 %) pendant l’engraissement. L’effet positif des fibres est associé à une activité fermentaire caecale plus élevée (pH plus faible et teneur en acides gras volatils plus élevée).A l’opposé, les femelles ont des besoins énergétiques élevés (recommandations alimentaires : > 2 500 kcal/kg d'aliment) nécessaires à la croissance fœtale et la production de lait. Une réduction des apports énergétiques (par exemple < 2 300 kcal/kg d'aliment) peut entraîner une baisse des performances de reproduction, de production laitière, mais surtout une détérioration de l’état corporel des femelles car celles-ci peuvent alors atteindre leur capacité d'ingestion quotidienne maximale et doivent puiser dans leurs réserves corporelles pour satisfaire leurs besoins énergétiques (cf. revues de Castellini et al., 2010 ; Xiccato et Trocino, 2013). Chez les lapines, l’origine de l’énergie a une influence importante sur les performances de lactation et l’évolution de l’état corporel : comparé à un apport sous forme d’amidon, un apport de lipides stimule la production laitière et entraîne une mobilisation corporelle plus intense (Fortun-Lamothe, 2006). Pour satisfaire ces besoins énergétiques élevés, les lapines reçoivent un aliment à plus faible teneur en fibres (15-18 vs > 19 % d’« Acid Detergent Fibre » (ADF) : fraction ligno-cellulosique) et à plus forte teneur en amidon (> 16 vs < 14 %) que les lapereaux. Peu de travaux ont concerné les besoins en protéines des partenaires. Il semble qu’ils soient relativement proches (16-19 % protéines brutes) et les apports pourraient sans doute être réduits (Garcia-Palomares et al., 2006 ; Chamorro et al., 2007). Malgré des besoins alimentaires différents entre femelle et lapereaux avant le sevrage, il n’existe aujourd’hui en élevages cunicoles professionnels qu’une mangeoire par cage, servant pour l’alimentation de ces deux catégories d’animaux. La stratégie alimentaire courante consiste à distribuer un aliment riche en énergie (2 500 kcal/kg) pendant les 4 premières semaines de lactation, satisfaisant les besoins de la femelle, puis un aliment plus riche en fibres durant la semaine qui précède le sevrage pour éviter aux lapereaux un changement trop brusque d’aliment au sevrage (figure 1). Toutefois, ce sont alors les femelles qui subissent ce changement d’aliment, démontré comme risqué (Lebas et Maître, 1989 ; Debray et al., 2002 ; Gerencsér et al., 2011), notamment si la teneur en énergie de l’aliment « périsevrage » (autour du sevrage) est trop faible. Figure 1.

Lire aussi: Tout savoir sur le dépistage de la Trisomie 21

Maladies chez le Lapereau Non Sevré

La lutte contre les agents pathogènes fait intervenir des mécanismes de défense non spécifiques (innés) et l’immunité spécifique (acquise). La diversification du répertoire des anticorps, associée à l’immunité spécifique, se réalise en trois étapes. La première a lieu majoritairement pendant la vie fœtale et permet de constituer le répertoire néonatal. La seconde permet la création du répertoire des anticorps primaires. Alors que chez la plupart des mammifères cette seconde étape a également lieu avant la naissance, chez le lapereau elle intervient entre 4 et 8 semaines postnatales et est dépendante d’une stimulation adéquate par les microorganismes du microbiote intestinal. Ce répertoire, qui fournit au lapin une collection diversifiée d’anticorps pour le reste de sa vie, est ensuite enrichi et spécialisé au fur et à mesure des contacts avec des antigènes comme les agents pathogènes (maladies ou vaccins) pour former le répertoire des anticorps secondaires (cf. revue de Mage et al., 2006). Ainsi, l’enjeu pour le jeune animal est de trouver un équilibre entre la mise en place d’un microbiote intestinal sain permettant la diversification du répertoire des anticorps primaires, le développement, l’éducation et la stimulation du système immunitaire, et la protection contre les agents pathogènes ou opportunistes contre lesquels il n’est pas totalement armé.Cet équilibre est délicat et de nombreuses maladies sont fréquemment décrites chez le lapereau non sevré. Elles peuvent être regroupées en deux catégories : i) celles dues à des agents pathogènes majeurs, pour lesquels les conditions de vie influent peu sur l’avènement de l’affection ; et ii) celles dont la fréquence est accrue par des conditions d’élevage dégradées. Parmi les agents pathogènes, sont observés des salmonelloses à Salmonella Typhimurium ou Enteritidis, des colibacilloses vraies dues à Escherichia coli O103eae +, O15 ou O109, mais également des staphylococcies à Staphylococcus aureus porteurs de gènes de pathogénicité et dénommés HV (hautement virulents; Boucher et Nouaille, 2013). Si pour ces affections, l’hygiène du nid (tableau 1) et de la cage ne constitue pas le facteur déclencheur, elle intervient dans le processus de transmissions entre lapereaux sains et malades. Par ailleurs, cette transmission se fait également entre la mère, porteuse saine de l’agent pathogène, et sa portée (Boucher et Nouaille, 2013). Tableau 1. Une hygiène ou une ambiance du nid dégradée, c’est-à-dire procurant une isolation thermique insuffisante et une humidité accrue au contact des lapereaux, sont à l’origine de l’apparition de diarrhées, en général aqueuses et claires, sans entérite ou typhlite. Le contenu de l’intestin et du caecum est plus liquide, les selles sont émises en quantité et fréquence plus élevées qu’à l’ordinaire. Une analyse bactériologique du contenu intestinal met en évidence une prolifération de colibacilles banals (non O103, O15 ou O109), parfois plusieurs milliards/gramme, alors qu’ils sont habituellement < 10 000 germes/gramme. Cela signe une dysbiose caecale en faveur d’une population plus riche en colibacilles mais aussi parfois en Clostridium. Ce type de dysbiose est observé dans le jeune âge, avant que l’animal n’ait une fourrure suffisamment protectrice. Elle a été observée lorsque les femelles sont nourries avec un aliment très riche en protéines (> 18 %) qui stimule la production laitière. L’hypothèse est que le lapereau aurait alors plus de mal à digérer le lait fourni en trop grande quantité, ce qui provoquerait la diarrhée (Boucher et al., 2011 ; Boucher et Nouaille, 2013). La klebsiellose est également une maladie fréquemment associée à des conditions d’élevage inadéquates, pouvant aboutir à une septicémie mortelle. A l’autopsie, on note une stéatose marquée, une ascite pulmonaire discrète, une splénomégalie et une entérite rouge sang alors que le contenu intestinal ne contient pas de méléna. La modification de l’alimentation de la mère influence fortement sur le développement de la maladie chez les jeunes. Ainsi, une alimentation riche en fibres, pauvre en énergie et en protéines durant la gestation induit un taux de klebsiellose plus élevé à l’âge de 20 jours (Boucher et Nouaille, 1999 ; Hamelin, 2009 ; Boucher et Nouaille, 2013).

tags: #sang #placenta #lapin #cause

Articles populaires:

Share: