L'âge moyen de la maternité a augmenté, de plus en plus de femmes reportant la grossesse pour diverses raisons. Si les maternités tardives sont de plus en plus courantes, il est essentiel de comprendre les risques potentiels et les précautions à prendre pour assurer une grossesse et un accouchement sains.
Augmentation des Grossesses Tardives
Aujourd'hui, l'âge moyen de la maternité avoisine les 28 ans. Mais passé l'âge de 35 ans, les médecins commencent à parler de maternités tardives, jugées à risque. Les maternités tardives, après 35 ans, ne sont plus des exceptions. La part des mères qui accouchent à 35 ans ou plus a augmenté au fil des années. Trouver le conjoint idéal pour faire un bébé, mener sa carrière à bien avant d’être enceinte… par choix ou par contrainte, les Françaises reculent de plus en plus l’âge de la maternité.
Résultat : un nombre croissant d’entre elles tombent enceintes après 40 ans, voire même après 45 ans. Les bébés de quadra représentent ainsi désormais plus de 5% des naissances. Virginie Efira vient d’officialiser sa grossesse. A 46 ans, l’actrice belge, en couple avec le comédien Niels Schneider, attend son deuxième enfant. Depuis les années 80, la fécondité dite « tardive », à 40 ans ou plus, ne cesse d’augmenter. Ainsi, selon les chiffres de l’Insee, en 2019, 10,2 enfants pour 100 femmes sont nés de mamans âgées de 40 ans et plus.
Risques Accrus pour la Mère
Les femmes enceintes âgées de plus de 40 ans sont plus à risque de développer des maladies telles que :
- Diabète gestationnel : L'excès de sucre dans le sang maternel peut provoquer des malformations cardiaques et nerveuses chez le bébé, voire même sa mort in utero. il peut rendre l’accouchement long, difficile et parfois, mettre le bébé en danger. Le diabète gestationnel peut aussi entraîner chez l’enfant une hypoglycémie à corriger à la naissance.
- Hypertension artérielle gravidique : Une pression artérielle trop élevée peut être responsable d’une pré-éclampsie qui peut évoluer, si elle n’est pas prise en charge vers une éclampsie. Les vies de la mère et du fœtus sont alors en jeu.
- Hémorragies de la délivrance : Ces hémorragies s’avèrent plus nombreuses après 40 ans.
En l’absence de traitement, ces maladies mettent en péril la vie de la future mère et du fœtus. Elles demandent une prise en charge médicale particulièrement rigoureuse, et nécessitent plus souvent un alitement prolongé, voire une hospitalisation.
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- Fausse couche : Le risque de fausse couche augmente avec l’âge. Selon l’Assurance-maladie, le risque d’interruption spontanée de grossesse s’établit à 12 % à 25 ans et grimpe à 50 % à 42 ans. Ce chiffre élevé s’explique en grande partie par le vieillissement des ovocytes dont la qualité est altérée avec l’âge.
Passé 35 ans, le risque de diabète gestationnel et d’hypertension gravidique est multiplié par cinq environ. Quelques études alarmistes ont suggéré un sur-risque terrifiant de mortalité maternelle due à un nombre élevé de césariennes et à la survenue d’hémorragies lors de l’accouchement, ou juste après. Ces hémorragies de la délivrance s’avèrent en effet trois fois plus nombreuses après 40 ans. Mais la mortalité reste exceptionnelle : 20 cas pour 100 000 naissances, contre 7,5 cas pour les femmes de moins de 30 ans.
Risques Accrus pour le Fœtus
Plus la mère est âgée, plus les anomalies chromosomiques sont fréquentes.
- Trisomie 21 : Par exemple, le risque de trisomie 21, estimé à une naissance sur 1 000 lorsque la mère a 30 ans, s’élève à une naissance sur 50 chez les mères âgées de 42 ans. Selon le Vidal, « le risque de trisomie 21, estimé à une naissance sur 1 000 lorsque la mère a 30 ans, s’élève à une naissance sur 50 chez les mères âgées de 42 ans ». La probabilité de trisomie 21 est par exemple estimée à un pour 2 000 embryons à 25 ans. Elle grimpe à un pour 110 à partir de 40 ans. Et elle flambe à 45 ans : un cas pour 28 embryons !
- Anomalie chromosomique : Pour la même raison que le risque de fausse couche, le risque d’anomalie chromosomique - anomalie de structure ou de nombre - augmente avec l’âge de la mère.
Le risque de malformations fœtales et d’anomalies chromosomiques augmente avec les années en raison de la sénescence des ovaires qui produisent des ovocytes de moindre qualité.
Suivi Médical Renforcé
Les futures mamans de plus de 40 ans devront faire suivre leur grossesse de manière particulièrement rigoureuse. La plupart des grossesses tardives se déroulent bien en France car elles sont étroitement surveillées, comme le lait sur le feu. Davantage de prises de sang et une échographie supplémentaire en fin de grossesse sont souvent programmées pour contrôler la santé de la future mère et la bonne croissance du bébé.
Pour toutes ces raisons et en fonction des facteurs de risques identifiés chez la mère, le suivi médical d’une grossesse tardive est plus resserré. Les échographies seront également plus nombreuses pour les mères de plus de 40 ans - trois sont normalement programmées. Selon les recommandations de la Haute autorité de santé, au-delà de 35 ans, l’avis d’un gynécologue-obstétricien est recommandé.
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Examens de Dépistage
La future mère pourra recourir à une amniocentèse afin de déterminer si le fœtus est porteur d’une anomalie chromosomique. En effet, si la femme enceinte a plus de 38 ans, le gynécologue peut proposer au couple de bénéficier de plusieurs examens (prise de sang maternelle pour dosage des marqueurs sériques, mesure de la clarté nucale, amniocentèse, prélèvement de villosités choriales) qui permet d’étudier les chromosomes du fœtus (caryotype). Cet examen détermine si le fœtus est ou non porteur d’une malformation chromosomique comme la trisomie 21.
Toutefois, l’amniocentèse expose à une fausse couche dans un cas sur 100. Rappelons toutefois que le dépistage prénatal n’est pas une obligation et que le couple peut décider de le refuser.
Accouchement
Après 40 ans, l’accouchement par césarienne est plus fréquent. À cet âge, outre les éventuels antécédents médicaux de la mère (comme l’hypertension artérielle, le diabète, l’asthme, l’obésité, les fibromes utérins), les bébés se présentent plus souvent par le siège (les fesses en avant) et sont souvent trop volumineux pour un accouchement par les voies naturelles (en cas de diabète gestationnel notamment).
Conseils Pré-Conceptionnels
"Toute femme qui désire un enfant autour de la quarantaine, ou après, doit impérativement prendre rendez-vous au plus vite avec un médecin spécialisé", affirme le Dr Marie-Claude Benattar. Si la grossesse tarde à venir, il réalisera un bilan de fertilité : dosage des hormones hypophysaire et ovarienne, imagerie de l’appareil génital, etc… Cette consultation pré-conceptuelle est aussi l’occasion de préparer au mieux la grossesse en faisant le point sur le passé médical et les habitudes de vie du couple.
On l’oublie trop souvent, mais l’âge du père doit également être pris en compte. Pour les deux futurs parents, l’arrêt du tabac et de l’alcool est recommandé, ainsi qu’une alimentation saine et la pratique d’une activité physique régulière. Une activité d’endurance d’intensité modérée est préconisée tout au long de la grossesse pour réduire la prise de poids et diminuer les risques de diabète gestationnel, d’hypertension et de césarienne.
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Fertilité et Traitements
Il ne faut pas l’oublier : les chances d’être enceinte diminuent au fur et à mesure que l’on avance en âge. On peut ainsi estimer qu’une femme cherchant à avoir un enfant vers 30 ans a 75 % de chances d’y parvenir en 12 mois, 66 % de chances si elle commence à 35 ans, et 44 % si elle commence à 40 ans.
Le recours aux divers traitements contre la stérilité n’est pas une garantie de succès. Ces traitements ont une faible efficacité avec l’avancée en âge. De nombreuses équipes médicales ne les appliquent pas après 40 ans, et ils ne sont plus pris en charge par la Sécurité sociale après 43 ans.
Grossesses Multiples
Avec l’avancée en âge ou suite aux stimulations ovariennes, les femmes ont plus souvent des grossesses multiples. En cas de grossesse multiple, le risque d’accouchement prématuré est proche de 50 % pour des jumeaux et de 90 % pour des triplés. Plus la prématurité est grande et plus les risques pour la santé de l’enfant sont importants.
Pour une bonne prévention de la prématurité, le choix de la maternité devra être fait en fonction du nombre d’enfants attendus et de la complexité de la grossesse. Le suivi et l’accouchement doivent être prévus dans une maternité dite de niveau 2 (maternité disposant d’un service de néonatologie) voire de niveau 3 (maternité disposant d’un service de néonatologie et de réanimation néonatale). Seuls ces établissements disposent du maximum de sécurité humaine (anesthésistes, pédiatres, néonatologistes, sage-femmes, médecins obstétriciens) et matérielle, tant pour les nouveau-nés qui reçoivent immédiatement tous les soins nécessaires que pour les mères.
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