Ric Hochet, le célèbre reporter-détective de La Rafale, créé par André Paul Duchâteau et Tibet, a traversé les décennies en captivant les lecteurs avec ses enquêtes palpitantes. Cet article se penche sur le tome 3, en explorant son intrigue et en considérant l'évolution de la série, notamment la reprise par Zidrou et Simon Van Liemt.
Intrigue du Tome 3 : Un Noël Sanglant
L'histoire débute à l'approche de Noël. Alors qu’il profite de sa soirée avec Nadine, le journaliste Ric Hochet reçoit la visite du Commissaire Bourdon. Ce dernier, en pétard, vient solliciter son avis sur une série impressionnante de meurtres qui touchent la France toute entière. En effet, en seulement quelques jours, 77 assassinats ont été perpétrés selon un mode opératoire rigoureux qui laisse penser aux méfaits d’un serial-killer patenté. Intrigué, Ric décide d’aller consulter son père, cambrioleur notoire, qui se terre dans un tripot et qui pourrait éventuellement l’aiguiller sur une piste. Le lendemain, le reporter de La Rafale qui, avec ses collègues, se perd en conjectures, est avisé par Bourdon que le coupable est enfin découvert. S’étant transporté au commissariat, Ric entend la déposition d’une veuve récente qui, pour l’homicide de son mari, avoue s’être inspirée d’un recueil de poche édité par la Maison Marabout acheté en supermarché et s’intitulant Comment réussir un assassinat. Une enquête de terrain s’impose.
Zidrou et la Renaissance de Ric Hochet
Puisqu’il s’est décidé à redonner vie au fameux journaliste de La Rafale Ric Hochet (créé originellement par André Paul Duchâteau et le regretté Tibet) et que son inspiration ne tarit pas à l’égard de ce héros pilier de la bande dessinée franco-belge, Zidrou revient nous offrir et ce pour la troisième fois, une nouvelle enquête policière. À la faveur d’une introduction plutôt cocasse et qui, déjà, donne une bonne tonalité, le récit vient installer cette intrigue qui va mettre en difficulté l’illustre Commissaire Bourdon au point de le pousser à mettre dans la confidence notre héros national.
Selon un développement établi de main de maître, Zidrou anime avec brio et dynamisme cette nouvelle aventure dans des circonvolutions particulièrement rebondissantes et teintées d’humour. L’artiste multiplie les actions et tranches de vie parallèles de façon à diversifier son sujet et de fournir un maximum d’effets. Pour donner du coffre à cet opus, Zidrou s’est amusé d’une part à faire intervenir furtivement un protagoniste récurrent de la saga originelle, en l’occurrence Richard, le père de Ric. De plus, il a pris un malin plaisir à se jouer en toute sympathie de la maison d’édition belge Marabout en la situant au centre de son intrigue policière et en la faisant saborder par Ric. A cet égard, l’on ne manquera pas d’apprécier les nombreux clins d’œil à cet éditeur et à sa collection de guides, ainsi qu’à l’équipe qui y officiait à la fin des années 60.
L'Évolution Graphique : Simon Van Liemt
Côté dessins, l’on concèdera que Simon Van Liemt a pris un rythme de croisière au profit d’une réelle maîtrise de cet univers graphique. Toujours inspiré par le trait de Tibet utilisé dans les premières équipées de Ric Hochet, il parvient à porter haut la main les tribulations de son journaliste dans une activité permanente des plus agréables.
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Réception Critique : Entre Enthousiasme et Déception
Sceneario.com est un site web dédié à la bande dessinée, aux mangas et aux comics. On avait apprécié la reprise de Ric Hochet, la fameuse série phare du journal de Tintin dessinée par l’excellent et regretté Tibet sur des textes de Duchâteau. Ric reprenait ses enquêtes, sur sa lancée, et dans un environnement très rétro, celui en fait de sa période de gloire de parution dans Tintin, les années soixante. Zidrou avait annoncé qu’il faisait un retour aux sources et le dessin de Simon Van Liemt tenait la route.
Cependant, le tome 4, Tombé pour la France, a suscité des réactions plus mitigées. Dire qu’on n’a pas tout compris des intentions de Zidrou en écrivant cette histoire est un euphémisme. Désordonné, sans vraiment d’humour, caricatural à l’extrême et mal géré, le séjour sous les drapeaux de Ric Hochet est à passer aux profits et pertes. Ric Hochet n’aime pas que la République lui donne des ordres. Surtout en ces années post guerre d’Algérie. En 1969, Ric veut publier un article sur la commission de contrôle de 1949 qui censurait les publications pour l’enfance dont la BD. Mais cela ne plait pas en haut lieu ( même si à l’époque, après mai 68, tout le monde s’en moque un peu mais le sujet était intéressant à condition de l’expliquer). Son père se fait coffrer dans une boite de Pigalle. On découvre que Ric est le fils d’un cambrioleur et qu’il n’aurait jamais dû être exempté de service militaire car on le croyait orphelin. Viré de la Rafale, il est arrêté pour désertion. Il aurait dû aller se battre en Algérie à l’époque. On accepte qu’il fasse de suite ses seize mois de service militaire. Nadine l’accompagne à la caserne du Génie où il a été affecté. Full Metal Jacket à l’hexagonale et sans Kubrick. Bon, bien sûr, on se doute que Ric Hochet va être un troufion enquêteur mais là aussi l’intrigue est complètement tordue. Une succession de clichés. Le ton, les dialogues ne sont pas à la hauteur du grand talent de Zidrou. On a même l’impression que le dessinateur n’y croit pas, ce dont son trait se ressent. On arrête les frais. Complètement décalé et brouillon.
Les Forces de Ric Hochet : Enquêtes et Réalisme
Le milieu aéronautique de la banlieue parisienne compte dans ses rangs une victime qui souffre de menaces de mort. Sur un ton oppressant, l’intrigue dans laquelle le journaliste prend toute sa place d’enquêteur (la police en la personne de Bourdon étant reléguée au 2ème plan) se révèle être débordante de rebondissements. Les graphiques ont énormément évolué de telle manière que Ric apparaît plus réaliste et plus mature. Les traits sont convaincants et nous assurent d’une parfaite maîtrise du personnage. Idem pour les autres protagonistes dont les sentiments ressentis sont bien restitués au niveau des visages. Le défi lancé à Ric Hochet peut être considéré comme celui que les auteurs ont voulu relever en créant cette aventure policière.
Ric Hochet : Un Héros aux Multiples Facettes
Ric Hochet le détective le plus célèbre de la BD, l'homme aux 78 albums, le héros dont on croyait tout connaître a une part d'ombre : une enquête cachée. Une enquête jamais parue dans le Journal Tintin ni dans aucun album !
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