Le cycle menstruel est un processus biologique complexe qui régit la fertilité féminine. Il est essentiel de comprendre ses différentes phases et les facteurs qui peuvent l'influencer. Cet article a pour but d'explorer en détail le cycle menstruel, en se concentrant sur les règles après l'ovulation, leurs causes, leurs variations et les éventuelles anomalies.
Le cycle menstruel : un aperçu
Le cycle menstruel est un cycle biologique féminin qui s’étend du premier jour des règles au dernier jour précédant les règles suivantes. D’une durée théorique de 28 jours, il permet de préparer l’organisme féminin à une éventuelle grossesse. Le cycle menstruel se met en place à la puberté et s’arrête à la ménopause.
Pendant toute la période de la puberté à la ménopause, lorsque la femme est dite « en âge de procréer », les cycles menstruels se succèdent, sauf en cas de fécondation et de début de grossesse. Dans certaines situations, les menstruations disparaissent. Ce phénomène s’appelle l’aménorrhée. Il peut être transitoire ou définitif et être lié à différentes causes (troubles hormonaux, maladie, prise de médicaments, …). Les exemples les plus fréquents d’aménorrhée sont la grossesse et l’allaitement.
À savoir ! Pendant le cycle menstruel, la muqueuse de l’utérus va s’épaissir progressivement en vue d’accueillir un éventuel embryon. Dans le même temps, l’ovocyte (cellule sexuelle féminine) mûrit dans l’optique d’une fécondation (cycle ovarien).
Les phases du cycle menstruel
Le cycle menstruel se divise en deux phases principales : la phase folliculaire et la phase lutéale.
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Phase Folliculaire
La première phase débute le premier jour des règles (qui est aussi le premier jour du cycle menstruel), et s’étend en général sur 14 jours. Au cours de celle-ci, les follicules ovariens qui sont des petits sacs localisés au niveau des ovaires dans lesquels se développent les ovocytes ou futur ovule, poursuivent leur croissance. Leur maturation est contrôlée par l’hormone FSH (hormone de stimulation folliculaire) produite par l’hypophyse (glande à la base du cerveau). L’épaississement de la muqueuse utérine, ou endomètre, commence dès le 5ème jour, et il se poursuit pendant tout le cycle. Le taux d’œstrogènes augmente progressivement pendant cette première phase du cycle, jusqu’à atteindre un certain seuil qui déclenche la libération soudaine de l’hormone LH (hormone lutéinisante) également produite et stockée par l’hypophyse. L’ovocyte débute donc sa descente dans la trompe de Fallope afin de rejoindre l’utérus en 4 jours.
Phase Lutéale
La seconde phase du cycle débute juste après l’ovulation, et s’étend sur 2 semaines environ. Le follicule à l’origine de l’ovule se transforme en corps jaune sous l’action de l’hormone LH. Le corps jaune produit des œstrogènes et de la progestérone. Cette dernière permet à l’utérus de s’épaissir davantage. 8 jours après l’ovulation, la production de progestérone atteint un pic, puis diminue (car l’hypophyse ne produit plus d’hormone LH). Le corps jaune dégénère à son tour vers le 23ème jour, entraînant au passage une diminution du taux d’œstrogènes. C’est cette variation hormonale qui est à l’origine des menstruations.
Les règles : manifestation de la fin du cycle
Les règles, ou menstruations, sont le résultat de la chute des taux d'œstrogènes et de progestérone à la fin de la phase lutéale. Cette chute hormonale provoque la desquamation de la couche superficielle de l'endomètre, qui est ensuite expulsée avec le sang.
La période des règles est associée à des pertes sanguines, dont le flux est variable selon les femmes et pour une même femme selon les périodes de la vie. Chez certaines femmes, les menstruations sont également associées à des douleurs. Les règles douloureuses sont désignées par le terme de dysménorrhées.
La quantité de sang perdue lors des règles est limitée : l'équivalent de une à six cuillerées à soupe. Ce sang est mélangé à du liquide qui filtre à travers la paroi de l'utérus et à de très petits morceaux d'endomètre.
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Variations du cycle menstruel
Le cycle de la femme peut être régulier, d’une durée entre 21 et 35 jours, ou irrégulier. Au cours de chaque cycle menstruel, un follicule (unité fonctionnelle qui contient l’ovule) sera sélectionné, puis se développera jusqu’à atteindre une taille de 18 à 20 mm et brisera enfin sa paroi et libérera de son intérieur l’ovule qui a mûri et qui sera repris par la trompe de Fallope.
La plupart des femmes ont leur menstruation tous les 21 à 35 jours, qui est un intervalle de temps normal. Seules quelques femmes ont des périodes de 28 jours (temps considéré classiquement comme étant standard). La durée normale des règles oscille entre 2 et 8 jours.
La phase fixe du cycle menstruel, en termes de temps, est celle qui se produit de l’ovulation jusqu’aux règles et correspond environ à 14 jours. Ainsi, si la femme a des cycles menstruels de 28 jours, l’ovulation se produira au 14e jour du cycle (le premier jour du cycle est le jour où démarre le saignement menstruel actif). Si son cycle est long, elle se produira après le quatorzième jour du cycle (par exemple, dans un cycle de 40 jours, l’ovulation se produira au 26e jour du cycle).
Il existe également un pourcentage de femmes qui ont des cycles anarchiques pouvant aller d’une menstruation tous les « x » mois à 2 par mois. Elles peuvent même disparaître sans que cela ne signifie que la femme soit entrée en ménopause.
Facteurs influençant le cycle menstruel
Plusieurs facteurs peuvent influencer la régularité et la durée du cycle menstruel, notamment :
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- Les altérations du poids corporel : tant le surpoids et l’obésité que l’extrême maigreur peuvent perturber le cycle.
- Les troubles alimentaires : l'anorexie et la boulimie peuvent entraîner des irrégularités menstruelles.
- L'exercice physique extrême : une activité physique intense peut affecter l'équilibre hormonal et perturber le cycle.
- Le stress : le stress chronique peut avoir un impact sur l'hypothalamus, une région du cerveau qui contrôle les hormones reproductives.
- La prise de médicaments : certains médicaments, notamment ceux indiqués dans le cadre de maladies tumorales ou psychiatriques, peuvent affecter le cycle menstruel.
Règles anormales : quand s'inquiéter ?
Vous avez normalement des cycles à peu près réguliers et tout à coup, vos règles démarrent avec plusieurs jours d’avance. Cela peut vous inquiéter ! Heureusement ce n’est pas grave. Les premières règles sont souvent irrégulières. Ce sont aussi des règles peu abondantes et courtes.
Bon à savoir : avoir ses règles en avance n’indiquent pas que vous êtes enceinte. Cependant, il est possible d’avoir des saignements ressemblant aux règles au début d’une grossesse, les fameuses règles « anniversaire ». Si vous avez vos règles en avance et des douleurs brutales et violentes au ventre, il peut s’agir d’une grossesse extra-utérine.
Sous pilule on n’a pas de vraies règles, puisque la pilule bloque l’ovulation. Il ne s’agit donc pas de règles en avance sous pilule mais de saignements. Ces “règles” peuvent se déclencher un peu en avance en cas d’oubli de pilule.
Vous pouvez aussi avoir des saignements pendant votre cycle qui vous font penser à des règles arrivées trop tôt et peu abondantes. Il peut parfois s’agir de règles sombres. C’est un effet secondaire courant de la pilule, notamment des pilules micro progestatives, dû à un léger dérèglement hormonal : on parle de spotting.
Contrairement à la pilule, le DIU en cuivre peut provoquer des règles au flux plus important.
Souvent il n’y a rien à faire en cas de règles irrégulières, ce n’est pas une maladie. D’ailleurs certaines femmes ont des règles irrégulières toute leur vie.
Quand consulter un médecin ?
Il est important de consulter un médecin si vous présentez les symptômes suivants :
- Cycles menstruels très irréguliers ou absents
- Saignements abondants ou prolongés
- Douleurs menstruelles sévères
- Saignements entre les règles
- Saignements après la ménopause
Les hormones féminines et le cycle menstruel
Les hormones sexuelles féminines sont de deux types : les estrogènes (estradiol, estrone et estriol) et la progestérone. Elles sont sécrétées par les ovaires selon un cycle, dit "cycle menstruel", dont les règles sont la manifestation. De la puberté à la ménopause, une femme connaît environ cinq cents cycles dont la succession est interrompue par les grossesses.
Les estrogènes sont responsables du développement des organes féminins au moment de la puberté : utérus, seins et épaississement de la paroi du vagin. Ils agissent également sur le cerveau, participent à la consolidation des os, féminisent la voix et jouent un rôle important dans la qualité de la peau et des cheveux.
La progestérone est produite par les ovaires après l'ovulation (le moment où l'ovule est libéré par l'ovaire). Elle complète et contrôle les effets des estrogènes. Elle permet l'implantation de l'œuf dans l'utérus et participe au bon déroulement de la grossesse.
Le cycle menstruel se répète tous les 28 jours environ. Au premier jour des règles, le cerveau commence à sécréter de la FSH, ce qui a pour effet de stimuler les ovaires. Pendant 14 jours, cette hormone favorise la sécrétion d'estrogènes et la maturation du futur ovule. Quelques jours avant l'ovulation, le cerveau commence à sécréter de la LH. Au 14e jour du cycle, les taux sanguins de LH sont élevés : l'ovulation a lieu et l'ovaire commence à sécréter de la progestérone. Cette hormone épaissit la paroi interne de l'utérus (l'endomètre) et la prépare à recevoir l'œuf. Sous l'effet de la progestérone, le cerveau cesse progressivement de sécréter la FSH et la LH : les ovaires diminuent leur production d'estrogènes, puis de progestérone, jusqu'au prochain cycle.
Évolution de l’ovocyte
Les ovaires sécrètent des hormones, la progestérone et les oestrogènes. Ceux-ci, libérés à partir du cinquième jour, permettent à la muqueuse utérine de s’épaissir. Les follicules sont contenus dans le stroma cortical. Le follicule tertiaire se caractérise par l’apparition de la cavité folliculaire ou antrum dans la granulosa. Les cellules de la granulosa entourant l’ovocyte constituent le cumulus oophorus ou disque proligère. L’ovocyte a grossi et son noyau a la taille d’un follicule primaire.
S’il est fécondé par un spermatozoïde, l’ovule devient une cellule-oeuf puis un préembryon et migre dans l’utérus. Une fois fixé dans l’utérus, l’embryon envoie des signaux hormonaux au follicule éclaté, devenu corps jaune qui, à son tour, fabrique des hormones pour bloquer les règles.
L’absence d’implantation va signifier au corps jaune sa fin de vie et il va rentrer dans un processus de dégénérescence qui va se faire pendant les 14 jours restants (après l’ovulation). Au 28e jour, il va adopter une forme de cicatrice (s’il n’y a pas eu implantation) et prendre le nom de corpus albicans = corps blanc, ce qui signifie la perte de la fonction endocrine. S’il n’y a pas fécondation, le corps jaune dégénère. Le cycle se termine au vingt-huitième jour. Les cellules de la thèque interne, sous l’action de la LH, synthétisent des androgènes (stéroïdes à 19 atomes de carbone).
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