Quoi de mieux pour renforcer le lien parent-enfant qu'une compréhension fine des besoins du tout-petit ? Les pleurs du nourrisson représentent souvent une source majeure de stress et d'impuissance pour les parents. Heureusement, il est possible d'apprendre à décoder ces signaux pour mieux y répondre.
L'Importance de Comprendre les Pleurs de Bébé
Les bébés communiquent leurs besoins et leurs frustrations principalement par les pleurs et les cris. Chaque pleur est différent et signale un besoin vital : la faim, le sommeil, la fatigue, mais aussi la douleur. Un bébé en bonne santé peut pleurer 2 à 3 heures chaque jour. Les pleurs diminuent ensuite avec le temps. Contrairement aux idées reçues, les bébés n’essayent pas de manipuler ou de faire du chantage, ils ont besoin de quelque chose ou de votre présence et ils vous le font savoir. Voilà pourquoi, il est préférable de ne pas ignorer les pleurs. Même si cela ne calme pas bébé immédiatement, vous savoir près de lui le rassurera. Il est donc essentiel de ne pas ignorer ces signaux et d'apprendre à les interpréter.
La Méthode Dunstan Baby Language (DBL)
Depuis quelques années, des méthodes ont vu le jour et contribuent à aider les professionnels de la petite enfance ainsi que les parents à entrer en communication avec les bébés. L'une des approches les plus connues est le Dunstan Baby Language (DBL). Il existe le Dunstan Baby Language! C’est l’histoire d’une maman, Priscilla Dunstan, chanteuse lyrique australienne, douée de ce que l’on appelle « l’oreille absolue » c’est-à-dire la capacité d’entendre et de reconnaître à l'écoute d'un son, les notes de musique correspondantes sans référence auditive préalable. Comme beaucoup de parents, elle s’est retrouvée démunie face aux pleurs de son enfant et a décidé, en 1998, vers 3h de matin (vous voyez ! Vous n’êtes pas seul·e), d’utiliser son don pour tenter de décrypter les sons de son bébé. Elle a donc consigné dans un journal tous les sons ainsi que ses gestes, ses postures et les réactions de son bébé. Elle s’est aperçue qu’elle pouvait ainsi répondre aux pleurs de son bébé et par conséquent retrouver la sérénité pour elle et lui. Puis elle s’est aperçue, en faisant ses courses au supermarché, que les autres bébés émettaient les mêmes sons ! Avec l’aide du père de son enfant, le professeur Max Dunstan de l’Université de Sydney, ils ont lancé un protocole de recherche scientifique pour valider le Dunstan Baby Language. Après 13 ans d’étude, les conclusions laissent sans voix : tous les bébés du monde entier émettent les mêmes sons entre 0 et 5 mois ! Ils ont donc donné naissance à une méthodologie internationale pour enseigner l’identification des pleurs de bébé qui puisse être utile tant aux parents qu’aux professionnels de la petite enfance pour comprendre les besoins des bébés et pouvoir répondre rapidement à leurs besoins.
Cette méthode repose sur l'identification de cinq sons universels émis par les bébés de 0 à 5 mois, chacun correspondant à un besoin spécifique. Il existe une formation spécifique pour les parents de bébés âgés de 0 à 5 mois afin de les aider à décoder les besoins de leur enfant selon 5 pleurs « universels ». Il existe plusieurs types d’ateliers menés par des instructrices ou des instructeurs dans toute la France. Vous pouvez y assister soit en présentiel dans votre région soit à distance en visio.
Voici 5 des 10 mots universels (appelés «réflexes sonores») des nourrissons !
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- « Neh » : j'ai faim. Bébé utilise ce réflexe sonore pour communiquer sa faim. Ce son est produit lors du déclenchement du réflexe de succion, la langue monte vers le palais et il fait des bruits de bouche. Lorsque vous le caressez près de la bouche, il tournera la tête pour tenter d’attraper le sein de sa maman pour téter. Il peut aussi se mettre à sucer ses petits poings.
- « Aoh » : j'ai sommeil. Ce son, comme un bâillement audible, indique qu’il est fatigué. Sa bouche prend une forme ovale et s’en suivent quelques gestes indiquant sa fatigue. Le bâillement de bébé produit le son « aoh » qui sera le même dans les cris à plein poumons. Le conseil de Priscilla Dunstan : « Il est important de décrypter le pré-cri aoh comme signe avant-coureur de la fatigue, car les bébés, comme les adultes, s’endorment plus facilement quand ils commencent à se sentir un peu fatigués. Sinon, ils risquent de trouver un second souffle et de s’exténuer.
- « Heh » : j'éprouve de l'inconfort. Bébé indique qu’il est stressé, dans l’inconfort ou il veut être changé. Le son peut s’accompagner d’un réflexe cutané : sueur ou démangeaisons. Les pleurs d’inconfort peuvent être causés par diverses raisons, telles qu’une couche sale, des vêtements trop serrés ou une position inconfortable. Ces pleurs sont souvent accompagnés de mouvements de torsion ou de tentatives de se dégager.
- « Eairh » : j'ai mal au ventre. Ce son guttural indique que bébé est stressé à cause de flatulences ou des troubles digestifs et réclame un massage ou une autre position (son ventre en appui sur l’avant de votre bras par exemple).
- « Eh » : j'ai besoin de roter. Bébé a besoin de libérer l’air, ce son haleté peut être émis après son repas. Il peut se tortiller sur le dos. Si ses cris correspondent à une série de petits sons brefs et saccadés « Èh ! Èh ! Èh ! » et que votre bébé se tortille, il a sans doute tout simplement besoin de faire un rot !
Autres Types de Pleurs et Leurs Significations
Outre les sons identifiés par la méthode Dunstan, il existe d'autres types de pleurs qui peuvent vous aider à comprendre les besoins de votre bébé :
- Pleurs de douleur: Les pleurs de douleur peuvent être causés par une douleur physique ou émotionnelle. Ils sont souvent plus forts et plus aigus que les pleurs de faim et peuvent être accompagnés de cris soudains et erratiques. Si vous pensez que votre bébé pleure à cause de la douleur, vous pouvez vérifier s’il a de la fièvre ou s’il est gêné par la douleur. Les pleurs liés à la douleur sont souvent plus stridents et aigus. Ils peuvent être accompagnés de signes comme une grimace, une raideur corporelle ou des mouvements brusques.
- Pleurs d'ennui: Les bébés ont besoin de stimulation et s’ils n’en ont pas assez, ils peuvent s’ennuyer et commencer à pleurer. Les pleurs par ennui sont souvent très monotones et peuvent durer plus longtemps que les autres types de pleurs.
- Pleurs du soir (pleurs de décharge): Les pleurs du soir débutent généralement à partir des deux premières semaines du nouveau-né avec un pic autour du 2ème mois. Ces pleurs du soir débutent généralement en fin de journée à partir de 18h et serviraient à décharger le trop plein de stimulations de sa journée car à cet âge il s’ouvre au monde qui est plein de nouveautés. Ils peuvent durer une dizaine de minutes jusqu’à 2 heures. Ces pleurs sont souvent difficilement apaisables par le parent. Pendant ces « pleurs du soir », votre bébé semble souffrir, son visage est rouge, il a les poings serrés, son ventre est ballonné et son front plissé. Pour calmer votre bébé lors de l’arrivée de ces épisodes de pleurs de décharge, instaurez à la maison une atmosphère douce et ralentissez le rythme. Essayez de mettre votre enfant au calme, limitez les bruits forts et les lumières vives. En rentrant à la maison auprès de ses parents et dans un environnement familier, votre enfant a besoin de faire le point : nouveaux visages, nouvelles odeurs, nouvelles voix… Parlez à votre enfant et laissez-le s’exprimer (à sa manière) sur ce qu’il a pu ressentir tout au long de sa journée. Patience, les pleurs du soir sont physiologiques et s’atténuent et/ou disparaissent généralement vers ses 3 à 4 mois de vie.
- Troubles digestifs et constipation: Des troubles digestifs et notamment une constipation, peuvent être douloureux et causer des crises de pleurs chez votre enfant. Les cris se font alors plus stridents et plus longs, avec un son du type « Eerh ».
Conseils et Astuces pour Apaiser Bébé
Quand bébé pleure, on ne sait pas toujours comment s’y prendre pour l’apaiser. Pour apaiser bébé, mieux vaut être d’abord soi-même tranquille et calme. Si on se sent énervé, on prend un petit temps pour soi avant de s’occuper de bébé. Ensuite, on peut chercher à comprendre pourquoi il pleure. Il peut avoir faim, sommeil, chaud, mal quelque part ou la couche pleine. Mais la plupart du temps bébé a simplement besoin de réconfort, de tendresse et d’attention. Porter votre enfant est souvent le meilleur moyen de le consoler. La chaleur de vos bras et votre odeur le rassureront. Si cela ne fonctionne pas, vous pouvez lui chanter une chanson, vous promener dans la maison ou dehors, lui proposer un bain… Votre bébé aura du mal à s’apaiser si vous êtes tendus, essayer des méthodes qui vous conviennent et vous relaxent (le porter en écharpe en faisant la cuisine ou des exercices de respirations, écouter de la musique etc…). Si vous vous sentez à bout, cherchez à passer le relais à son deuxième parent ou si vous êtes seul à ce moment-là, mettez-le en sécurité pendant quelques minutes pour reprendre votre calme). N’abandonnez pas si ces astuces ne marchent pas du premier coup. S’ils vous angoissent ou vous mettent très en difficulté, parlez-en tout de suite à un professionnel du soin et de la parentalité. Aussi, certains bébés sont plus difficiles à consoler, à comprendre. L’épuisement et l’exaspération parental peuvent avoir de lourdes répercussions pour un bébé. En cas d’épuisement, d’exaspération ou encore d’impuissance, demandez à votre partenaire, un ami, ou autre de prendre le relais.
Calmer votre bébé repose sur des gestes simples : rechercher les inconforts ou causes de douleur, le porter, lui parler, le bercer, lui proposer le sein ou utiliser une tétine, donner un bain tiède, lui frotter doucement le ventre, le maintenir dans une ambiance apaisante, préserver son sommeil… Ne vous affolez pas. Comprenez bien que cette période difficile n’aura qu’une durée limitée. Il est parfois difficile d’admettre qu’un comportement aussi fatiguant de son enfant ne repose pas sur un diagnostic précis. Mais vraisemblablement, votre enfant se porte bien ! Si vous êtes épuisé(e), confiez votre enfant à une personne de confiance quelques heures afin de pouvoir vous détendre et retrouver une certaine sérénité. Vous pouvez ensuite adopter différentes approches, tel que noter la durée des pleurs afin d’avoir une évaluation objective de leur efficacité. N’hésitez à porter davantage votre bébé : il ne deviendra pas "capricieux" pour autant.
- Le contact peau à peau est bénéfique pour les bébés. Il favorise le lien affectif, régule la température corporelle et apaise les pleurs. Ce contact direct stimule la libération d’hormones de bien-être et renforce le sentiment de sécurité.
- Le portage permet au bébé de se sentir en sécurité et rassuré par la chaleur et le rythme cardiaque de l’adulte.
- Le bercement et les mouvements doux peuvent par ailleurs aider à apaiser les pleurs.
- La musique et les bruits blancs peuvent être utilisés pour créer un environnement apaisant.
- La mise en place d'un environnement serein et la création de routines peuvent aider à réduire les pleurs.
Quand Consulter un Professionnel de Santé ?
Si les pleurs de votre bébé persistent malgré toutes vos tentatives pour l’apaiser, vous pouvez consulter un professionnel de santé. Parfois, des causes sous-jacentes, comme des coliques ou une sensibilité à certaines nourritures, peuvent nécessiter une attention particulière. Contactez votre médecin si votre bébé ne se conduit pas comme d’habitude, ne mange pas, ne dort pas, a de la fièvre, de la diarrhée ou vomit. Il est important de voir votre médecin traitant régulièrement.
Des pleurs inexpliqués qui se poursuivent plusieurs jours durant des heures sont plus rares. En occident, les pleurs inexpliqués sont présents chez 10 à 30 % des nourrissons de moins de 3 mois selon les définitions utilisées. Les pleurs prédominent généralement en fin d’après midi et en début de soirée. Les accès de pleurs sont souvent imprévisibles et inattendus. Ils durent longtemps (de 35 minutes à deux heures). L’enfant semble souffrir et être inconsolable. Ces sessions de pleurs sont abusivement étiquetées "coliques" dans de nombreux travaux. Si les pleurs persistent et suscitent des inquiétudes quant à la santé ou au bien-être de l’enfant, il est recommandé de consulter un pédiatre. Ces professionnels de santé sont à même d’offrir des conseils spécifiques et d’évaluer toute éventuelle problématique sous-jacente. Se faire épauler par un expert peut vous aider à gagner en confiance et à prendre des décisions informées pour le bien-être global de votre bébé.
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L'Importance de la Patience et de l'Observation
Reconnaître les besoins de votre bébé peut être difficile, mais avec un peu de pratique et de patience, vous pouvez apprendre à différencier les différents types de cris de votre bébé. Chaque parent apprend à son rythme à comprendre les pleurs de son enfant, en fonction de la situation également. Votre bébé ne possède que les pleurs pour se faire comprendre et il ne fait jamais de caprices. Chaque pleur est « nécessaire » pour lui et appelle une réponse.
Au départ, il est souvent compliqué pour les jeunes parents de décoder les pleurs de leur bébé. Pas de panique ! Vous parviendrez progressivement à les identifier et les différencier : sons émis, intensité des pleurs, expressions du visage… Tant de signes auxquels vous fier pour vous aider à mieux comprendre votre enfant et à calmer ses pleurs. En tant que jeunes parents, vous allez apprendre à les décoder petit à petit, à votre rythme pour pouvoir calmer votre bébé, car rien ne sert de les laisser pleurer.
Les Pleurs Sont-ils Normaux ?
Un bébé normal pleure. Les pleurs ont tendance à augmenter à partir de la deuxième semaine de vie jusqu’à la sixième semaine avec un pic jusqu’à 3 heures de pleurs par jour. Par la suite, ils diminuent et se stabilisent vers l’âge de 4 mois. Ils se limitent alors à une heure par jour, en moyenne.
Certains pleurs sont alarmants, tels les pleurs paroxystiques aigus. Ces derniers sont heureusement rares, mais particuliers par : leur début brutal, leur intensité. Ils requièrent une consultation médicale rapide afin de rechercher une pathologie évolutive (telle infection ou une hernie).
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