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Histoire de la Puériculture : De l'Antiquité à nos Jours

Introduction

La puériculture, terme relativement récent apparu en 1883 sous la plume du docteur Caron, désigne l'éducation des enfants. Cependant, les pratiques liées aux soins et à l'éducation des enfants sont bien antérieures à ce terme. Cet article explore l'histoire de la puériculture, de l'Antiquité à nos jours, en mettant en lumière les évolutions des pratiques, des connaissances et des professions liées à la petite enfance.

Les Prémices de la Puériculture dans l'Antiquité

Dès l'Antiquité, on retrouve des recommandations concernant l'hygiène, les soins et l'alimentation des nouveau-nés. Ces écrits proviennent souvent des personnes qui assistaient les naissances. Dans le monde grec, Hippocrate, Celse et Galien s'intéressent aux enfants, décrivant les spécificités des affections et des traitements infantiles, marquant ainsi le début de la spécialisation des médecins en maladies infantiles.

À Rome, au début du IIe siècle, Soranos d'Éphèse consacre des chapitres de son ouvrage d'obstétrique, « Maladies des femmes », à la prise en charge du nouveau-né par les sages-femmes, abordant le bain et l'alimentation, qui commençait par une diète suivie du lait d'une nourrice. L'emploi de nourrices, une pratique courante dans la classe aristocratique depuis l'Antiquité grecque, persistera au moins jusqu'à la fin du XIXe siècle.

Le Moyen Âge : Consolidation des Connaissances Médicales

Au Moyen Âge, Rhazès le Perse (865-923), médecin, alchimiste et philosophe, rédige de nombreux livres et traités incluant la gynécologie, l'obstétrique et la pédiatrie. Ses ouvrages, traduits en latin au XIIIe siècle, deviennent une référence dans de nombreuses spécialités médicales en Europe, s'inspirant des connaissances grecques et hindoues. De nombreux auteurs à travers l'Europe s'intéressent aux enfants, décrivant certaines affections et traitements. Cependant, ces études restent dans le domaine de la médecine générale, sans se concentrer spécifiquement sur l'enfant dans sa globalité.

L'Émergence d'une Attention Spécifique à l'Enfant (XVIIe-XVIIIe Siècles)

Grâce aux philosophes des XVIIe et XVIIIe siècles, tels que Locke en Angleterre et Rousseau en France, et à l'évolution des découvertes, certains médecins prennent conscience de la nécessité d'accorder une attention particulière à l'enfant. Ils estiment qu'il doit être mieux considéré pour devenir plus « parfait ». De nombreux ouvrages sur le sujet paraissent dans toute l'Europe, abordant également l'éducation, « l'élevage » et l'alimentation des enfants. Cependant, ces ouvrages ne s'adressent qu'à une minorité de la société. En parallèle, une littérature médicale est écrite par des sages-femmes ou des mères de famille. Malgré cela, la situation évolue lentement dans les campagnes et les petites villes, où les écrits ont peu d'influence.

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La Puériculture au XIXe Siècle : Face à la Mortalité Infantile

À la fin du XVIIIe siècle et au XIXe siècle, alors que la politique de santé accorde une place centrale à la famille, les médecins accoucheurs se spécialisent également en pédiatrie. À cette époque, la mortalité infantile est très élevée, avec un quart à un tiers des enfants qui meurent la première année de vie. Face à ce problème, les États interviennent en créant la « Protection de l'Enfance », marquant le début de l'intervention des pouvoirs publics dans la sphère privée.

La mortalité infantile est plus importante dans les milieux urbains, chez les enfants en nourrice et dans les hôpitaux. La loi de Protection de l'enfance de 1874, initiée par le Dr Théodore Roussel, vise à établir une surveillance administrative et médicale de tous les enfants placés en nourrice jusqu'à l'âge de 2 ans. En 1893, l'assistance médicale gratuite pour les femmes enceintes est instaurée. Pour protéger les enfants plus grands, la scolarité obligatoire est instaurée en 1874, et le travail des enfants est limité à partir de 1892.

Des initiatives privées voient également le jour, telles que la « Société de charité maternelle » fondée en 1874 par Madame de Fougeret pour empêcher l'abandon des enfants et assister les mères. Jean Dollfus abaisse la mortalité infantile en assurant un salaire à ses ouvrières pendant 6 semaines après l'accouchement. Jean-Baptiste Firmin Marbeau, fondateur des crèches à Paris en 1844, permet aux ouvrières de garder leurs enfants avec elles sans renoncer au travail. De nombreux dispensaires pour enfants sont créés à Paris et dans les grandes villes. Le Dr Jean-Baptiste Fonssagrives crée en 1869 un « Livret maternel pour prendre des notes sur la santé des enfants », ancêtre du carnet de santé.

Parallèlement à l'intervention de Roussel, un groupe de médecins accoucheurs anime la campagne contre la mortalité infantile, prônant le repos en fin de grossesse, des congés pour les ouvrières après l'accouchement, l'allaitement maternel et l'éducation sanitaire. À la fin du XIXe siècle, les médecins peuvent imposer des règles de conduite aux mères, mettant l'accent sur l'éducation des mères, la propreté, les pesées régulières, les horaires des tétées et du sommeil, laissant peu de place à l'affectivité.

La Goutte de Lait est créée en 1892 par le Dr Gaston Variot, qui crée le premier dispensaire de proximité dans le quartier populaire de Belleville.

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La Puériculture au XXe Siècle : Professionnalisation et Évolution des Pratiques

La première partie du XXe siècle est marquée par le bilan démographique catastrophique suite aux deux guerres mondiales. Durant la Seconde Guerre mondiale et dans la période d'après-guerre, les théories sur l'hospitalisme et la carence maternelle mettent en évidence les conséquences de la séparation des nourrissons de leurs mères. La psychanalyse fait son apparition dans la pédiatrie, soulignant l'importance de l'affectivité dans les soins prodigués aux enfants.

Après la Seconde Guerre mondiale, les gouvernements s'orientent vers des programmes de réforme de grande envergure. La création de la sécurité sociale et de la Protection Maternelle et Infantile (PMI) a pour objectif principal la lutte contre la mortalité et la morbidité infantile. Des consultations de suivi de grossesse et de pédiatrie préventive, ainsi que des visites à domicile par des infirmières, sont mises en place. Les découvertes médicales, l'éducation sanitaire et le suivi des grossesses permettent de diminuer la mortalité infantile.

Dans les années 1950, la médecine néonatale se développe. L'organisation des services de réanimation néonatale permet d'améliorer les conditions de survie d'enfants jadis condamnés. En 1947, le Diplôme d'État de Puéricultrices est créé.

Le second XXe siècle est marqué par la professionnalisation des métiers liés à la prise en charge des enfants et la mise en œuvre d'une hiérarchie entre ces professions. Le diplôme d'auxiliaire de puériculture est institué par le décret de 1947.

L'Auxiliaire de Puériculture : Un Rôle en Constante Évolution

L'histoire des auxiliaires de puériculture est marquée par des évolutions importantes, façonnant un rôle qui va bien au-delà des soins médicaux. Aux origines de la profession, au début du XIXe siècle, la préoccupation principale était la survie des nourrissons. Au XXe siècle, le rôle s'est étendu au-delà des aspects médicaux pour inclure des dimensions émotionnelles et éducatives. Au tournant du millénaire, l'accent est mis sur l'interaction avec les familles et le développement global de l'enfant.

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Dans la société contemporaine, les auxiliaires de puériculture jouent un rôle polyvalent et fondamental, collaborant étroitement avec les parents, les éducateurs et les professionnels de la santé. L'évolution du rôle des auxiliaires de puériculture reflète une progression constante vers une approche holistique des soins à la petite enfance.

La formation d'auxiliaire de puériculture invite les élèves à définir leur rôle de professionnelles de la petite enfance en devenir. Le dévouement apparaît comme une qualité centrale des actrices de la petite enfance. En 1950, la formation dure un an, dont dix mois sont consacrés aux stages pratiques. Les élèves apprennent l'anatomie d'un nourrisson, l'accompagnement des mères à l'allaitement, les soins d'hygiène, la nutrition des jeunes enfants, l'éveil et les soins à administrer aux enfants malades.

En 1950, la promotion étudiée est composée exclusivement de femmes. L'École précise sa volonté de recruter des femmes « jeunes », âgées de 18 à 35 ans. Les élèves sont issues des classes populaires ouvrières et agricoles ou des petites classes moyennes. Pour la majorité d'entre elles, l'entrée à l'École de Bron constitue la première prolongation après le cycle primaire.

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