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Rachel Keke : Parcours d'une Femme de Chambre Devenue Figure Politique

Rachel Keke, une figure marquante de la scène politique française, incarne un parcours atypique et inspirant. De femme de chambre à députée, son histoire est celle d'une lutte constante pour la reconnaissance des invisibles et la défense des droits des travailleurs. Cet article explore sa biographie, ses combats et son engagement politique.

Une Jeunesse Ivoirienne Marquée par l'Adversité

Rachel Keke Raïssa est née le 30 mai 1974 près d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, d’un père chauffeur et d’une mère vendeuse. Son enfance est tragiquement marquée par le décès de sa mère lorsqu’elle a seulement 12 ans. Cette perte la confronte très tôt aux responsabilités familiales, devant s’occuper de ses frères et sœurs. Dès l’âge de 16 ans, elle entre dans la vie active et devient coiffeuse pour subvenir aux besoins de sa famille.

L'Arrivée en France et les Débuts dans l'Hôtellerie

En 2000, Rachel Keke décide de changer de vie et quitte la Côte d’Ivoire après le coup d’État de décembre 1999. Elle arrive en France et reprend son métier de coiffeuse, travaillant dans le salon de coiffure de son oncle. En 2003, elle entame une nouvelle étape de sa vie en devenant femme de chambre à l’hôtel Ibis Batignolles à Paris.

L'amélioration qu'elle attendait de ses conditions de vie n'est pas au rendez-vous. Rachel Kéké déménage souvent, passe des squats aux appartements d'amis en banlieue parisienne. D'après les informations disponibles sur la nouvelle députée, elle finit par obtenir un appartement décent dans une cité de Chevilly- Larue, grâce à l'association Droit de logement, avant d'obtenir la nationalité française en 2015. Entre cette année et 2020, la plupart des médias ne couvrent pas le parcours de Rachel Kéké. En se tournant vers les médias ivoiriens, on découvre qu'elle a épousé en 2016 Bobby Yodé, l'un des pionniers du Zouglou, un style musical ivoirien très respecté.

La Grève de l'Ibis Batignolles : Révélation d'une Leader

C’est en 2019, lors de la grève de l’hôtel Ibis Batignolles à Paris, que Rachel Keke se révèle au grand public. Elle prend la tête de la mobilisation des femmes de chambre, dénonçant leurs conditions de travail précaires. Employées par STN, un sous-traitant du groupe Accor, elles déplorent des salaires très bas, une cadence de 3,5 chambres à nettoyer par heure, des heures supplémentaires non payées, du racisme et du harcèlement sexuel. La grève, qui dure 22 mois, dont 14 mois de travail partiel et 8 mois de grève totale, est la plus longue de l’histoire de l’hôtellerie en France.

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Avec détermination, Rachel Keke et ses collègues ne se laissent pas intimider. Elles obtiennent finalement, le 5 mai 2021, d’être intégrées au groupe Accor, ce qui entraîne une revalorisation de leurs salaires et une amélioration de leurs conditions de travail. Rachel Keke résume cette lutte en ces termes : « J’ai tout vu dans cette lutte. On nous a infantilisées, humiliées, insultées. Souvent, on a douté, mais on n’a jamais baissé les bras. »

L'Ascension Politique : De Femme de Chambre à Députée

Forte de son expérience et de sa notoriété acquise lors de la grève, Rachel Keke est sollicitée par Hadi Issahnane, conseiller municipal du parti La France Insoumise de Chevilly-Larue, pour se présenter aux élections législatives. Elle hésite, mais finit par accepter. Pour Hadi Issahnane, « Elle a tout à apprendre d'un point de vue de la politique politicienne mais elle peut enseigner plein de choses de la vie réelle à plein de politiques. On n'est pas loin d'une icône, au sens littéral de notre combat politique. Elle incarne ça de manière naturelle ». Et le député Éric Coquerel renchérit : « C'est ce que j'appelle une leader de masse. Elle a quelque chose qui magnétise, elle est forte, elle a les mots justes, elle n'a pas besoin de lire lors de ses prises de parole ».

Le 19 juin 2022, Rachel Keke est élue députée dans la 7ème circonscription du Val-de-Marne sous l’étiquette de la Nupes. Son élection est un événement retentissant, salué par de nombreux médias et personnalités politiques. Elle devient la première femme de chambre à entrer à l’Assemblée nationale. Le 20 juin 2022, presque toute la presse française avait ses projecteurs braqués sur le Palais Bourbon. Siège de l'Assemblée nationale, le bâtiment accueille ce jour-là les députés élus au terme du scrutin qui s'est achevé la veille. Seulement, ce n'est pas exactement cela qui enthousiasme les journalistes présents. Ils attendent tous de voir Rachel Kéké, la femme de chambre qui a battu l'ancienne ministre des sports Roxana Maracineanu dans le Val-de-Marne. Lorsque la franco-ivoirienne apparait, en dansant, de nombreuses personnalités de l'alliance des partis de gauche qui l'a présentée à l'élection, se massent autour d'elle pour la féliciter. C'est un véritable bain de foule, une parade triomphale. << Mes collègues et moi, nous avons mis le groupe Accor à genoux. L'ancienne ministre Roxana Maracineanu, je l'ai mise à genoux.

Premières Turbulences et Controverses

Quelques heures après son entrée au palais Bourbon, des controverses émergent concernant des publications passées sur les réseaux sociaux. Rachel Keke avait partagé un post en 2016 traitant la France de « prédateur criminel » et soutenant Bachar El Assad. D'autres publications lui valent des accusations de racisme envers les Maghrébins. Ces révélations suscitent des interrogations sur ses convictions politiques et les raisons de son investiture par la gauche française.

Rachel Keke et son parti se montrent d'abord réticents à commenter la polémique. Finalement, elle s'explique sur RTL, et son parti tente de justifier la situation en soulignant qu'elle représente les Français qui doutent de leur identité politique.

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Retour sur le Terrain et Nouvelles Ambitions

Malgré son élection, Rachel Keke n’oublie pas ses engagements et continue de se battre pour les droits des travailleurs. Elle souhaite notamment mener à bien une enquête sur la sous-traitance, qu’elle considère comme responsable des conditions de travail indignes. Elle espérait aboutir à une proposition de loi en 2025 pour mieux protéger les travailleurs.

Cependant, son mandat de députée est de courte durée. Lors des élections législatives anticipées, elle perd son siège face à Vincent Jeanbrun (Les Républicains). Malgré cette défaite, Rachel Keke reste déterminée à poursuivre son combat. « Ce n’est pas parce que je ne suis plus députée que je vais abandonner le terrain », affirme-t-elle.

Pour l’instant, Rachel Keke explique vivre grâce à une indemnité de fin de mandat d’environ 3.200 euros pendant six mois. Après, ça sera une allocation de « retour à l’emploi » pendant deux ans. Elle vient de postuler à l’ONU, pour travailler sur la question des droits des femmes, son thème de prédilection.

Elle travaille également sur la création d’une association pour « rendre visibles les invisibles », qui pourrait apporter son soutien lors de manifestations ou de grèves. Rachel Keke a aussi écrit un livre, intitulé Cette rage dans mon cœur, les combats d’une députée pas comme les autres, aux éditions Michel Lafon.

Si les élections municipales de 2026 ne l’intéressent pas, l’idée de se représenter comme députée lui fait envie. « Ce serait bien d’avoir quelqu’un qui représente les gens d’en bas, que ce soit moi ou quelqu’un d’autre. Rachel Keke fait partie de ceux que la politique émerveille encore, et l’idée de se représenter comme députée est toujours là.

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tags: #rachel #keke #biographie

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