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Questionnaire Stress Post Traumatique Périnatale : Définition et Enjeux

L'Enquête Nationale Périnatale (ENP) est un instrument de mesure essentiel pour la santé périnatale en France. Menée à intervalles réguliers depuis 1995, elle permet de suivre l'évolution des pratiques médicales, des comportements de santé et de la morbidité maternelle et infantile. L'édition 2027, comme les précédentes, vise à fournir des données nationales indispensables pour orienter les politiques publiques et améliorer la prise en charge des femmes et des enfants. Un aspect crucial de ces enquêtes est l'identification et la compréhension des facteurs de risque liés au stress post-traumatique périnatal, une condition qui peut avoir des conséquences significatives sur la santé mentale et physique des parents et de leurs enfants.

L'Enquête Nationale Périnatale : Un Outil Incontournable

Initiée en 1994 par le Ministère chargé de la Santé, l'Enquête Nationale Périnatale est un dispositif de surveillance continue de la santé périnatale en France. Les enquêtes menées en 1995, 1998 et 2003 ont posé les bases méthodologiques de ce suivi régulier. L'ENP est aujourd'hui considérée comme un instrument de mesure incontournable par les professionnels de santé, grâce à son exhaustivité et à la richesse des données qu'elle fournit.

L'ENP repose sur une méthodologie rigoureuse. Elle est menée auprès de toutes les maternités publiques et privées, ainsi que dans les maisons de naissance de France hexagonale, de Corse et des DROM (Mayotte, La Réunion, Guadeloupe, Martinique, Guyane), pendant une semaine donnée. Sont incluses toutes les naissances à partir de 22 semaines d'aménorrhée ou 500 g, conformément à la définition de l'Organisation Mondiale de la Santé. L'ENP 2021 a permis d'enquêter près de 12 000 femmes, témoignant d'un taux de participation élevé (95.8%).

Les données recueillies sont de plusieurs types : entretiens avec les femmes en suites de naissance, informations issues des dossiers médicaux, et questionnaires remplis en ligne ou par téléphone deux mois après la naissance. La confidentialité est assurée par un numéro d'identification unique pour chaque femme.

Un appariement indirect avec les données du Système National de Données de Santé (SNDS) est également réalisé. Il permet de mesurer la consommation médicale et le recours aux soins pendant la grossesse et les deux mois suivants, ainsi que d'obtenir des indicateurs de l'état de santé avant, pendant et après la grossesse.

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Objectifs et Thématiques de l'ENP

L'ENP vise à fournir des indicateurs nationaux sur des aspects de la santé périnatale qui ne sont pas disponibles par d'autres sources (statistiques d'état civil, SNDS, premier certificat de santé), ou qui sont mal connus en raison des difficultés de codage des actes médicaux.

Ces indicateurs portent sur :

  • La santé des mères (obésité, dépression du post-partum).
  • La santé des nouveau-nés.
  • Les pratiques médicales (déclenchement du travail, voies basses instrumentales, épisiotomies, analgésies).
  • Les comportements de prévention (grossesse sous contraception, consommation de tabac, d'alcool ou de stupéfiants, allaitement, mode de couchage des enfants).
  • Le contexte social (vie en couple, revenus).

Les données de l'ENP permettent de mesurer l'évolution de différentes pratiques de prévention ou des comportements en santé. Par exemple, les éditions précédentes ont mis en évidence l'augmentation de la vaccination contre la grippe et la diminution du tabac au troisième trimestre. Elles ont également souligné des points préoccupants, tels que les inégalités d'accès à l'Entretien Prénatal Précoce et le faible taux de femmes informées des mesures de prévention contre l'infection à Cytomégalovirus.

L'ENP 2021 a révélé que 16.7% des femmes présentaient des symptômes dépressifs à deux mois du post-partum, soulignant l'importance de la surveillance et de la prise en charge de la santé mentale maternelle.

Organisation de l'ENP 2027

Les orientations stratégiques de l'ENP 2027 sont définies par un Comité d'Orientation réunissant les principaux acteurs de la santé périnatale en France (services publics, établissements de santé, professionnels de la santé et usagers). Ce comité se réunit pour définir les thématiques à aborder dans les questionnaires.

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La partie opérationnelle est assurée par un comité de pilotage composé de l'Institut national de la Santé et de la Recherche médicale (INSERM), de la Direction de la Recherche, des Études de l'Évaluation et des Statistiques (DREES), de Santé publique France, de la Direction Générale de l'Offre de Soins (DGOS), de la Direction Générale de la Santé (DGS) et de la Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues Et les Conduites Addictives (MILDECA).

L'équipe OPPaLE de l'INSERM a développé un algorithme permettant d'atteindre un taux élevé de chaînage mère-enfant avec la méthode déterministe puis probabiliste, garantissant ainsi la qualité des données appariées au SNDS.

La demande d'accord pour participer et une part importante de la collecte ont lieu en maternité, après l'accouchement, dans un temps limité en raison de la réduction des durées de séjour. Cela implique de mobiliser un grand nombre d'enquêteurs et d'utiliser des outils de recueil simples pour limiter la durée de l'entretien avec les femmes.

Les régions qui le souhaitent peuvent étendre la durée de recueil au-delà de la semaine de référence pour obtenir un échantillon plus important et produire des données locales. Pour l'édition 2027, une extension est envisagée en Corse, à La Réunion et à Mayotte, en raison du manque de sources de données périnatales et de la particularité des questions de santé publique dans ces territoires.

Un rapport complet sur la situation en 2027 et son évolution depuis 2021 sera publié en septembre 2028 et accessible au grand public.

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Stress Post-Traumatique Périnatal : Définition et Enjeux

Le stress post-traumatique périnatal (SPTP) est un trouble de santé mentale qui peut survenir à la suite d'un événement traumatique vécu pendant la grossesse, l'accouchement ou la période postnatale. Ces événements peuvent inclure des complications médicales graves, des interventions obstétricales d'urgence, des expériences de douleur intense, ou des sentiments de perte de contrôle ou de danger de mort.

Les symptômes du SPTP peuvent inclure :

  • Reviviscences (flashbacks, cauchemars).
  • Évitement des stimuli associés à l'événement traumatique.
  • Altérations négatives de la cognition et de l'humeur (sentiments de culpabilité, de honte, de détachement).
  • Hypervigilance et réactivité accrue (difficulté à se concentrer, troubles du sommeil, irritabilité).

Le SPTP peut avoir des conséquences significatives sur la santé mentale et physique des parents, ainsi que sur le développement de l'enfant. Il peut entraîner des difficultés d'attachement, des problèmes de comportement chez l'enfant, et un risque accru de dépression post-partum chez la mère.

Dépistage et Prise en Charge de la Dépression Périnatale

La dépression périnatale, incluant la dépression pendant la grossesse et la dépression post-partum, est une complication fréquente de la grossesse et de l'accouchement. Elle touche 10% à 20% des femmes et peut avoir des conséquences néfastes sur la santé de la mère et de l'enfant.

Le repérage et le traitement précoces de la dépression périnatale sont essentiels pour améliorer la qualité de vie du parent et de l'enfant, et favoriser un environnement familial plus sain. Il est crucial de répéter les échelles de dépistage à la consultation prénatale précoce, durant la grossesse, avant la sortie de la maternité et en postnatal pour identifier les personnes à risque.

Les méthodes de dépistage incluent :

  • Questionnaires et échelles de dépistage : L'Échelle de Dépression Postnatale d'Édimbourg (EPDS) est un questionnaire de 10 questions utilisé pour évaluer les symptômes de dépression, d'anxiété et les idées suicidaires pendant la grossesse et dans les semaines suivant l'accouchement.
  • Entretiens avec des professionnels de la santé : Les obstétriciens, les sages-femmes, les pédiatres, les médecins de famille et les infirmières puéricultrices peuvent mener des entretiens pour évaluer les symptômes de dépression en posant des questions spécifiques sur l'humeur, l'anxiété, le sommeil, l'appétit, l'énergie, et les pensées de culpabilité ou de désespoir.

Les étapes pour se faire dépister incluent :

  1. Consulter un professionnel de la santé :
    • Prénatal : Discuter de tout changement d'humeur ou de symptômes dépressifs, de troubles du sommeil persistant, de difficulté à sortir de votre domicile ou de vous concentrer sur vos activités quotidiennes avec votre obstétricien ou votre sage-femme lors de l'entretien prénatal précoce et des visites prénatales régulières.
    • Postnatal : Informer votre médecin, sage-femme ou pédiatre de toute difficulté rencontrée, changement émotionnel et symptôme dépressif persistant lors de l'entretien post natal et des visites de suivi postnatal : impossibilité de vous reposer lorsque votre enfant dort, manque de plaisir dans la relation avec votre enfant, idées tristes ou suicidaires, pensée que d'autres s'occuperait mieux de votre enfant que vous-même.
  2. Auto-évaluation : Certaines femmes peuvent choisir de remplir des questionnaires comme l'EPDS ou le PHQ-9 à la maison et discuter des résultats avec leur professionnel de la santé.
  3. Oser parler de ses symptômes ou de vos doutes avec votre professionnel de la santé (sage femme, médecin traitant, puéricultrice, personnel de PMI etc… ), qui pourra trouver avec vous les ressources pour vous aider.
  4. Soutien des proches : Impliquer les proches et l'entourage. Les membres de la famille, les amis ou le milieu professionnel peuvent encourager le futur ou nouveau parent à discuter de ses sentiments et à consulter un professionnel si des signes de dépression sont présents. Mettre en place une aide concrète : TISF au domicile en cas d'isolement, intervention de la PMI pour soutenir les capacités parentales.

Combattre les Idées Reçues sur la Dépression Périnatale

Il est important de combattre les idées reçues sur la dépression périnatale. Attendre un enfant avec impatience et amour ne signifie pas que l'annonce de la grossesse sera vécue comme la meilleure chose au monde. La dépression peut impacter n'importe qui. Elle est causée par une combinaison complexe de facteurs hormonaux, biologiques, environnementaux et psychologiques.

Devenir mère est un apprentissage et il est courant d'être déconnectée au début et incertaine dans les gestes. Une mère doit s'accorder une bonne dose de bienveillance et d'indulgence. Parfois, perdue dans un flot d'émotions, elle n'ose pas se confier. Or, en discutant, d'autres ressentent les mêmes sentiments.

La dépression n'est pas héréditaire. Avoir un parent qui a eu une dépression ne signifie pas que l'on aura une dépression à notre tour. Cela peut augmenter le risque mais il ne s'agit que d'un risque, pas d'une certitude. Beaucoup de facteurs entrent en ligne de compte, comme le contexte de vie, l'entourage, l'histoire de chacun, notre gestion du stress, et les facteurs biologiques. Il est possible au contraire de n'avoir aucun parent sujet à la dépression et développer soi-même un état dépressif. La maladie peut toucher tout un chacun. L'important est d'en reconnaître les symptômes et de bénéficier de l'aide de son entourage, des soignants.

Un papa qui se met en retrait, un papa qui n'arrive pas à s'occuper de son bébé ou qui a des variations d'humeur importante peut également souffrir de dépression. Si ces signes sont repérés, il faut en parler, consulter. La dépression n'est pas réservée aux mères et peut très bien toucher le père, concomitamment à la mère ou non.

La dépression post partum peut toucher la mère et/ou le père à tout moment pendant l'année suivant la naissance. Il faut la distinguer du "baby blues", une période de légère tristesse pouvant être ressentie jusqu'au dixième jour suivant l'accouchement et qui disparaît rapidement.

La dépression périnatale ne se manifeste pas de la même manière et avec la même intensité chez toutes les mères. Certaines continuent à très bien s'occuper de leur bébé, même si elles sont émotionnellement détachées ou submergées. D'autres vont se surinvestir, continueront à s'occuper de leur bébé en étant incapables de prendre une douche, ne pourront plus quitter leur lit, ou encore réaliseront tout cela sans parvenir à s'occuper de leur enfant.

La dépression périnatale est un trouble de l'humeur survenant pendant la grossesse et la première année de vie de l'enfant - période pendant laquelle les parents sont parfois plus vulnérables. Le terme «dépression» est fréquemment utilisé pour décrire toutes sortes de problèmes de santé mentale. A l'inverse, pour nombre d'entre nous, «être déprimé(e)» ou «être dépressif» évoque uniquement une humeur triste. La dépression périnatale ne se limite pas à cela.

Deuil et Périnatalité

Il est important de différencier la dépression périnatale du deuil. Le deuil est un processus normal, qui peut se compliquer. On parle alors de trouble de deuil prolongé. Les enfants aussi souffrent du deuil. Plusieurs associations accompagnent les personnes endeuillées en fonction de leur situation.

Le deuil est un processus qui suit la perte définitive d'un être cher, un parent, un ami, un frère, à qui on était très attaché et qu'on ne pourra jamais remplacer. L'enjeu du deuil, pour la personne endeuillée, est de vivre autrement son lien avec le défunt, la relation évoluant normalement vers un lien intériorisé, et de se sentir à nouveau en paix.

Il est important de parler de la mort dans l'ensemble de notre société, y compris à l'école et même dès la maternelle. Il faut comprendre que la mort est une issue à la vie qu'on retarde le plus possible, que ce soit dans le cas de la vie humaine, la vie animale ou encore la vie végétale.

Se confronter à la mort, notamment à travers les rites funéraires. Les rites permettent à la personne endeuillée d'être entourée et de se confronter à la réalité de la mort. C'est pourquoi il faut faire confiance aux maîtres de cérémonie, qu'il appartienne à des pompes funèbres ou qu'il s'agisse d'un religieux, par exemple, pour entamer une forme de lâcher prise.

Tolérer la séparation. La fermeture du cercueil est un moment important car il entérine le fait que le corps va disparaître. Le cercueil, la tombe deviennent des représentations symboliques du mort.

Commémorer. Il faut mettre la mort dans la culture car la culture protège les hommes des psychopathologies.

Seul le médecin peut établir un diagnostic. Néanmoins, en tant que proche, certains signes doivent vous alerter. À l'heure actuelle, on estime que la plupart des deuils évoluent favorablement. Une personne sur dix expérimenterait un deuil prolongé au moins une fois dans sa vie.

Certains médecins sont contre l'intégration du deuil prolongé aux manuels de classification des maladies, car ils estiment que les critères diagnostiques ne sont pas assez précis et qu'il est "normal" de souffrir dans une situation de deuil.

Le deuil prolongé peut aller de pair avec d'autres troubles. Les plus fréquents sont : le trouble de dépression sévère, le trouble de stress post-traumatique et le trouble lié à l'utilisation de substance (alcool ou drogues). 30% à 50% des personnes souffrant d'un trouble de deuil prolongé présenteraient en parallèle un trouble de stress post-traumatique (TSPT). Des signes de dépression peuvent apparaître, pouvant aller jusqu'au suicide.

Certains centres hospitaliers proposent un soutien aux personnes en situation de deuil prolongé.

Patience et indulgence envers soi-même : voici sans doute les deux meilleurs outils pour vivre son deuil du mieux possible. Parfois nous pouvons ressentir de la culpabilité ou de la honte à l'idée d'aller mal. On n'arrive pas à demander de l'aide à qui que soit, on a l'impression de devoir supporter ça seul. Pourtant les proches peuvent être des oreilles attentives et surtout aidantes. Leur simple écoute, le simple fait d'évoquer ensemble les bons souvenirs passés avec le défunt, ou encore ce qu'on ressent à l'instant t, peut aider à aller mieux.

Vivre son deuil, ça ne veut pas dire oublier le défunt, mais retrouver une vie la plus normale possible, en retournant à ses activités, en s'occupant à nouveau de ses enfants, en reprenant les loisirs qui nous étaient chers. La bonne question à se poser : comment la personne qui est décédée aurait aimé vous voir là, aujourd'hui ? Que dirait-t-il de vous ?

Anticiper les dates "anniversaires" et autres moments qu'on sait difficiles à vivre. En anticipant ce que l'on va ressentir, on peut mieux l'accepter. Commémorer le défunt. Après le décès, le lien qui vous unissait à lui ou elle se transforme mais ne disparaît pas. Trouver des activités agréables à faire pour soi et / ou avec ses proches. Accepter l'aide des autres.

Perdre son enfant est sans doute l'un des événements les plus douloureux que l'on puisse rencontrer. Cette situation est d'ailleurs plus à risque concernant le trouble de de deuil prolongé, notamment en cas de décès d'un enfant unique.

La douleur causée par la perte d'un proche qui s'est suicidé est particulièrement forte. Si vous-même avez des idées suicidaires, en parler peut tout changer. Appelez le 3114, écoute professionnelle et confidentielle, 24/24 et 7j/7.

On ne sait parfois pas quoi dire à un proche endeuillé. Les mots semblent superficiels face à la douleur ressentie. Il n'existe pas de solution miracle, mais nous pouvons dans un premier temps éviter les phrases toutes faites, comme “Avec le temps, ça va passer”, ou “Il faut passer à autre chose”. Ne craignez pas d'évoquer le défunt et de rappeler sa valeur.

La meilleure chose à faire ? Être présent. Si vous pensez que votre proche souffre d'un deuil prolongé, ou si vous constatez que son deuil n'évolue pas, il peut être utile de l'orienter vers un professionnel, en premier lieu vers son médecin traitant. A nouveau, il est normal d'être éprouvé par un deuil et cela peut durer plus ou moins longtemps. On estime que l'évolution favorable d'un deuil dépend de sa fluidité, de sa progression, et non de sa durée.

Il existe de nombreuses associations qui viennent en aide aux personnes endeuillées. En général, lors d'un deuil, la douleur s'estompe progressivement jusqu'à devenir supportable. C'est même là le principe du deuil : un processus qui permet de continuer à vivre paisiblement sans le défunt. Le deuil évolue par à-coups : on oscille entre des moments où cela va bien, et d'autres où la douleur reprend le dessus.

La prise de médicaments n'est pas recommandée en cas de deuil prolongé. On a longtemps cru que les enfants étaient protégés du deuil en raison de leur immaturité psychique et cognitive. Plusieurs associations proposent un accompagnement des personnes endeuillées et des ressources utiles. Il en existe dans toutes les régions.

Si vous vous sentez “coincé” dans votre deuil, vous avez l'impression de ne plus avancer, que vos proches ne vous comprennent plus, un questionnaire d'auto-évaluation a été élaboré.

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