Vous hésitez entre la gynécologie médicale et l'obstétrique ? Ou cherchez-vous simplement à mieux comprendre la différence entre un gynécologue et un obstétricien dans votre pratique ? Bien que ces deux spécialités partagent un domaine commun, leurs approches, leurs missions et leur formation diffèrent considérablement. Le gynécologue médical se consacre principalement à la prévention, au diagnostic et au traitement des maladies de l'appareil reproducteur féminin en dehors du contexte de la grossesse.
Longtemps, la France a été une exception en reconnaissant deux spécialités distinctes : la gynécologie médicale et la gynécologie-obstétrique. Cette décision a entraîné une diminution du nombre de médecins formés, malgré le fort engagement des professionnels à maintenir une offre de soins appropriée.
Formation
C'est lors de la 6e année d'études de médecine que l'externe choisit sa future spécialité. Bien entendu, son classement aux Épreuves Classantes Nationales jouera sur ses possibilités de s’orienter vers l’internat convoité. Dès lors, l’étudiant en médecine qui voudra se spécialiser en gynécologie devra réfléchir au parcours qu’il veut entreprendre.
Le deuxième cycle des études médicales en France, appelé Diplôme de Formation Approfondie en Sciences Médicales (DFASM), s'étend sur trois ans, de la quatrième à la sixième année. À l'issue de ce cycle, les étudiants passent les Épreuves Classantes Nationales (ECN), qui déterminent leur rang de classement. Ce classement est crucial, car il conditionne le choix de la spécialité (Diplôme d'Études Spécialisées - DES) et de la ville d'internat. La formation est structurée en trois phases : socle, approfondissement et consolidation.
En effet, le gynécologue obstétricien relève d’une pratique médico-chirurgicale, et peut même se spécialiser en chirurgie gynécologique. Le gynécologue médical connaîtra lui aussi une formation aussi théorique que pratique, mais ne pratiquera pas d’actes chirurgicaux. Par rapport au gynécologue, le gynécologue obstétricien reçoit un enseignement plus développé en chirurgie. Il doit être capable de réaliser des interventions que ce soit lors de l'accouchement, mais aussi pour la prise en charge de certaines pathologies : kystes au sein, endométriose, cancer, etc.
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Comment se préparer aux études de gynécologie ?
Des cours en ligne sont accessibles pour étudiants. Citons par exemple :
- UNESS - Université Numérique en Santé et Sport - Campus de gynécologie et obstétrique (par l'UNS3F)
Il s'agit des archives de l'UNF3S (ancêtre de l'UNESS). Les cours ne sont plus mis à jour et alimentés, mais ils constituent une base intéressante en attendant une nouvelle version.
- CNOF - collège des Gynécologues et Obstétricien Français
Livres à lire
- Protocoles en Gynécologie Obstétrique par le Collège national des gynécologues et obstétriciens français. Éditions Elsevier Masson. Novembre 2018, 4e édition.
- 120 questions en gynécologie-obstétrique par Henri Marret et al. Éditions Elsevier Masson. Mars 2020, 4e édition.
- Consultations en gynécologie obstétrique : 50 situations cliniques par M.-H. Gomez et C. Delcroix. Éditeur Maloine. Août 2021.
Reconversion
Une reconversion dans la spécialité médicale de gynécologie est possible lorsqu'on est inscrit dans une autre spécialité. Pour plus de renseignements à ce sujet, consultez le site de l'Ordre des médecins sur le changement de spécialité.
Un système de Passerelle d'accès aux études de santé permet aux titulaires de diplômes spécifiques d'accéder directement en 2e ou 3e année d'une des 4 filières santé (Médecine, Pharmacie, Odontologie, Maïeutique).
Coût de la formation
Le prix des études pour devenir gynécologue-obstétricien peut varier légèrement selon les universités. Le prix des études pour être gynécologue obstétricien correspond au montant des frais d'inscription à l'université et à la CVEV (Contribution à la vie étudiante et de campus). Il s'agit de quelques centaines d'euros chaque année. En tant qu'internes, c'est-à-dire à partir de la 5e année d'études, un étudiant en médecine est rémunéré entre 1 200 et 1 300 € par mois.
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Aides financières
Il est possible de se faire aider au financement de la formation initiale pour devenir gynécologue obstétricien grâce à différents dispositifs :
- Prêt étudiant
- Bourse s'études sur conditions de ressources
- Aides des collectivités locales (Département, Région)
- Aides dans le cadre du CESP (contrat d'engagement service public)
Spécialités et évolutions
Lors de ses études de spécialisation, l'étudiant en gynécologie peut choisir de suivre une Formation Spécifique Transversale (FST) qui permet de se sur-spécialiser. Les Formations Spécifiques Transversales (FST) remplacent les Diplômes d'Etudes Spécialisées Complémentaires (DESC).
Concrètement, elles consistent en :
- 2 semestres de stages
- un enseignement théorique
Selon les universités, voici quelques exemples de FST :
- Médecine et biologie de la reproduction / Andrologie
- Cancérologie
- Pharmacologie médicale
- Expertise médicale et préjudice corporel
- Fœtopathologie
Les FST sont communes à plusieurs spécialités. Au cours de sa carrière, le gynécologue obstétricien peut faire évoluer son activité en se tournant vers l'enseignement, la recherche médicale ou des fonctions administratives au niveau de la direction des structures médicales.
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Comme tous les professionnels de santé, le gynécologue se doit de faire évoluer ses connaissances et des compétences grâce à la formation continue.
Un gynécologue obstétricien peut aussi se sur-spécialiser en s'inscrivant à des DU ou DIU :
- Pelvi-périnéologie de la femme
- Endoscopie opératoire en gynécologie
- Chirurgie vaginale
- Colposcopie et pathologies génitales
- Médecine fœtale
- Endocrinologie périnatale
- Mécanique et techniques obstétricales
- Cancérologie chirurgicale et médicale mammaire
- Maladies du sein
- Grossesse à haut risque
Missions
Le gynécologue « classique » est un médecin spécialisé dans les soins de la femme, et de son suivi tout au long de sa vie. Ses domaines de compétences concernant la poitrine et l’appareil génital féminin, les affections ainsi que les cancers de ceux-ci, les IST et la surveillance hormonale au sens large. Au quotidien, ses missions sont les conseils et la prescription de la contraception ou d’une IVG, le dépistage des cancers du sein, des ovaires, de l’utérus et du col de l’utérus, et de toute maladie gynécologique, la prévention et le dépistage des IST, ou encore le traitement de troubles hormonaux. Le gynécologue est ainsi l’interlocuteur privilégié des femmes, de leur puberté à la ménopause et au-delà. Le rôle principal du gynécologue médical est avant tout préventif.
Les missions du gynécologue obstétricien s’inscrivent plus dans le suivi de la grossesse, la surveillance et l’intervention lors de l’accouchement, mais aussi après, avec les soins de la mère et de l’enfant. Il est le médecin pratiquant les accouchements, assisté d’une sage-femme, en particulier pour les grossesses à risque ou les naissances délicates. Il peut donc pratiquer les péridurales, les césariennes ou encore les épisiotomies. Au quotidien, il suit le bon déroulement de la grossesse et peut donc prescrire ou effectuer des examens lors de celle-ci. Mais il assure également les mêmes missions que celles du gynécologue médical, en conseillant et en soignant la femme tout au long de sa vie. À l’inverse, les maternités, notamment de niveau 1 et 2, recherchent activement des gynécologues-obstétriciens.
Pour rappel, un gynécologue médical peut suivre une femme lors de sa grossesse, mais il ne pratiquera pas son accouchement. D’ailleurs, dès 7 mois de grossesse, la prise en charge de la femme enceinte s’effectue obligatoirement par un gynécologue obstétricien (et non plus par le gynécologue médical ou par la sage-femme).
Enfin, le gynécologue médical et le gynécologue obstétricien sont tous deux compétents en matière de contraception, mais aussi de fertilité. Les gynécologues médicaux et obstétriciens conseillent et interviennent tous deux lors d’une Procréation Médicalement Assistée. Ces deux médecins spécialistes sont également des interlocuteurs de choix pour aborder la sexualité, d’autant plus s’ils sont titulaires d’un DU de Sexologie.
Missions d'un gynécologue
- Diagnostic de pathologies
- Réalisation d'examens
- Prescription d'examens complémentaires
- Mise en place de traitements et de solutions adaptées aux situations
- Solutions contre l'infertilité
- Méthodes de procréation assistée
- Prise en charge des grossesses non désirées
- Interventions chirurgicales
- Petites interventions en cabinet
- Chirurgies importantes en établissement hospitalier
- Échanger
- Communiquer avec d'autres professionnels de santé (allergologue, sage-femme, anesthésiste, etc.)
- Informer et suivre les patients
- Information sur les grossesses non désirées
- Prescription de moyens de contraception
- Suivi de la grossesse (développement de l'enfant, état clinique de la maman, examen du col de l'utérus, examens sur le fœtus, échographies, etc.)
- Agir en prévention
- Actions de prévention sur les MST
- Dépistage des MST
- Suivi préventif du cancer (sein, ovaire, utérus)
- Pour le gynécologue obstétricien
- Supervision des accouchements
- Intervention pendant l'accouchement en cas de complications (forceps, césarienne…)
- Traitement des suites de couches
Le rôle d’un gynécologue
Le gynécologue est le gardien de la santé génitale de la femme. Il est responsable du suivi gynécologique régulier, de l’éducation à la sexualité, de la contraception et du dépistage des cancers génitaux et mammaires. Accompagnant les femmes à toutes les étapes de leur vie, le gynécologue contribue à la promotion de la bonne santé et à la détention précoce de maladies. En cas de besoin, il peut recourir à des méthodes de procréation médicalement assistée ou des interventions chirurgicales pour restaurer la santé d’une femme.
En obstétrique, le rôle de gynécologue obstétricien englobe la prise en charge de la femme enceinte, du suivi de grossesse à la conduite de l’accouchement. Il est responsable de la surveillance du développement de l’embryon et du fœtus, et il évalue l’impact de ce dernier sur la femme enceinte. Cette surveillance permet de prendre les dispositions nécessaires pour assurer le bon déroulement de la grossesse et l’accouchement.
Pathologies prises en charge
Les gynécologues prennent en charge un grand éventail de pathologies liées à l’appareil génital féminin. Cela inclut des affections courantes comme les infections du tractus génital, l’endométriose, les kystes ovariens, les fibromes utérins, le prolapsus des organes pelviens et de nombreuses autres affections gynécologiques. Ils sont également très impliqués dans la lutte contre la stérilité, permettant à de nombreuses femmes de réaliser leur rêve de maternité.
Examens disponibles
En gynécologie-obstétrique, les médecins effectuent une variété d’examens pour évaluer la santé de la femme et du fœtus. Cela peut inclure des examens d’imagerie, tels que des ultrasons pour surveiller le développement de l’embryon, des tests de laboratoire pour évaluer la santé maternelle et les risques potentiels pour le fœtus, et des examens physiques pour évaluer l’état du col de l’utérus et le bien-être de la patiente.
Traitements possibles
Il existe différents types de traitements disponibles en gynécologie, allant des médicaments pour traiter les infections ou réguler la fonction hormonale à la chirurgie pour traiter des affections plus graves comme le cancer ou des problèmes de fertilité.
Où travaille un gynécologue ?
Un gynécologue a le choix d'exercer :
- en secteur hospitalier dans un établissement privé ou public ;
- en cabinet libéral en se mettant à son propre compte ;
- de manière mixte avec un cabinet libéral tout en assurant des consultations en clinique ou hôpital.
Le métier de gynécologue au quotidien
Le quotidien d'un gynécologue obstétricien n'est pas le même selon son lieu d'exercice. En hôpital ou en clinique, les horaires sont plus larges et variables tandis que lorsqu'il exerce en libéral, le professionnel détermine lui-même ses horaires de consultation. Le rythme de vie n'est pas du tout le même.
D’une manière générale, le gynécologue et l’obstétricien n’exerceront pas leur pratique de la même manière. Dans une très grande majorité des cas, le gynécologue médical exercera dans un cabinet, avec des heures de consultation en journée, fixées par lui-même, du lundi au vendredi ou au samedi. Il peut aussi travailler en hôpital ou en clinique, mais il est rare qu’il ait besoin de se déplacer en urgence pour une consultation gynécologique.
À l’inverse, le gynécologue obstétricien exercera très souvent en hôpital (ou en clinique), ou à mi-temps entre l’hôpital et son cabinet, avec notamment un travail possible la nuit et le week-end. Un gynécologue obstétricien aura beau fixer ses horaires de consultations, un accouchement n’arrive pas souvent au moment prévu… Ainsi, l’obstétricien travaille selon un système de gardes et d’astreintes à l’hôpital, et risque par conséquent d’être appelé à tout moment à la maternité dans laquelle il exerce. Une contrainte que ne connaîtra pas le gynécologue médical dans son quotidien.
Qualités requises
Pour exercer en tant que gynécologue ou gynécologue obstétricien, il est indispensable de savoir être à l'écoute des patientes (empathie, diplomatie, psychologie pour pouvoir les rassurer à chaque étape de leur vie féminine (contraception, grossesse, traitements divers). La rigueur est aussi de mise à chaque instant concernant les examens et les diagnostics réalisés.
La gynécologie est également une spécialité qui se pratique en collaboration avec d'autres médecins spécialistes : il est important de pouvoir travailler en équipe. Les situations d'urgence peuvent créer du stress : le gynécologue obstétricien est donc capable de gérer les moments d'activité intense tout en gardant son calme, sa dextérité et ses capacités d'analyse. Il doit être doté de bonnes capacités physiques pour une résistance optimale au stress et à la fatigue. Enfin, le métier de gynécologue obstétricien est un métier prenant, qui demande beaucoup de disponibilité personnelle. Le travail de nuit et le week-end n'est pas rare.
Excellentes capacités de communication, empathie envers les patients et une bonne maîtrise des connaissances cliniques sont des qualités essentielles pour un gynécologue. Les gynécologues doivent être capables de fournir des informations claires et précises à leurs patients, tout en faisant preuve d’empathie. Ces compétences favorisent la création d’une relation de confiance, ce qui encourage les patients à rechercher des soins réguliers. Étant donné que le domaine de la gynécologie englobe une variété d’états de santé, les gynécologues doivent également être très compétents dans divers aspects des soins de santé féminins, y compris la gynécologie-obstétrique, la reproduction, l’endocrinologie et l’oncologie.
Avantages
Le métier de gynécologue obstétricien est qu'il s'agit d'un métier en constante évolution et donc très motivant et intéressant, notamment au niveau des techniques chirurgicales. Au quotidien, les accouchements sont des moments de grande émotion, enrichissant humainement. Le gynécologue obstétricien accompagne les femmes dans de moments très importants de leur vie. Ces aspects ont un côté très gratifiant pour le professionnel. C'est souvent une profession que l'on exerce par vocation et par passion.
Inconvénients
La difficulté principale est le manque de disponibilité pour sa propre vie personnelle. C'est en effet un métier très prenant. Avant d'exercer, les études sont également un passage difficile, qui demande beaucoup d'investissement.
Les examens gynécologiques provoquant parfois douleur et anxiété, les gynécologues et obstétriciens sont parfois l'objet de plaintes. La prise en charge psychologique des femmes est une dimension importante à prendre en compte au quotidien lorsqu'elles font face à des choix difficiles. Il s'agit d'un aspect pour lequel le cursus universitaire ne forme pas forcément.
Salaire
Le salaire d’un gynécologue varie largement en fonction de plusieurs facteurs, dont le lieu d’exercice (cabinet privé vs hôpitaux publics), l’expérience, et les qualifications. Par ailleurs, les gynécologues qui exercent dans leur propre cabinet privé peuvent éventuellement gagner plus que ceux qui travaillent dans des centres hospitaliers universitaires.
Organisations professionnelles
- AGOF - Association des Gynécologues Obstétriciens en formation
L'AGOF œuvre depuis 20 ans pour représenter les étudiants en gynécologie obstétrique auprès des instances décisionnelles.
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