L'insémination artificielle (IA) est une technique d'assistance médicale à la procréation (AMP) qui consiste à introduire des spermatozoïdes dans le système reproducteur féminin pour faciliter la fécondation. Elle est utilisée dans divers cas d'infertilité et peut être réalisée avec le sperme du conjoint (IAC) ou d'un donneur (IAD). La quantité de spermatozoïdes utilisée lors de l'insémination artificielle est un facteur important qui peut influencer le succès de la procédure.
Types d'insémination artificielle
Il existe plusieurs types d'insémination artificielle, notamment :
- Insémination intra-cervicale (I.A.C.) ou (I.A.D.): introduction à l'aide d'un cathéter d'une certaine quantité de spermatozoïdes au niveau de l'orifice externe du col de l'utérus.
- Insémination intra-utérine (I.I.U.): introduction à l'aide d'un cathéter d'une certaine quantité de spermatozoïdes directement dans la cavité utérine. Cette technique est la plus couramment pratiquée.
- Insémination artificielle post-cervicale (IAPC): injection d'une dose de semence directement dans l'utérus, après le col.
Le processus d'insémination artificielle
L’insémination artificielle (IA) fait partie des techniques d’AMP (assistance médicale à la procréation) aux côtés de la FIV (Fécondation In Vitro) avec ICSI ou non, et de l’accueil ou transfert d’embryon. C’est la plus ancienne et la plus simple à mettre en œuvre. Elle peut être proposée après un bilan de fertilité complet.
Schématiquement, l’insémination se déroule comme suit :
- Stimulation ovarienne: La phase de préparation débute pour la femme par une stimulation ovarienne pour bien synchroniser le jour de l’insémination artificielle avec le jour de l’ovulation. Tous les jours à partir du moment indiqué par votre gynécologue, vous injecterez de faibles doses d’hormones (les gonadotrophines). Cette phase de stimulation est surveillée par votre médecin avec des échographies et des prises de sang (dosage hormonal) régulières.
- Déclenchement de l'ovulation: Après l’obtention d’un à deux follicules matures (qui mesure environ 18 mm de diamètre), l’ovulation est déclenchée, généralement par une injection d’hormone hCG, à une date et une heure précisée par le gynécologue. L’ovulation, c’est à dire la libération d’un ovule par les ovaires, aura lieu 36h plus tard.
- Préparation du sperme: Le jour J, s’il s’agit du sperme du conjoint, c’est à lui de jouer. L’homme effectue un prélèvement de sperme par masturbation (après 2 à 5 jours d’abstinence) au laboratoire le matin même de l’insémination artificielle. Les spermatozoïdes seront sélectionnés et préparés dans un milieu de survie. On ne garde que les spermatozoïdes les plus mobiles et morphologiquement normaux, les plus vaillants en soi ! S’il s’agit du sperme d’un donneur, les biologistes réalisent la même préparation à partir d’une paillette de sperme.
- Insémination: Enfin, les « spermatozoïdes champions » sont réintroduits dans la cavité utérine de la femme grâce à une canule spéciale. Ce geste est indolore et se réalise sans anesthésie. Vous serez installée en position gynécologique.
Quantité de spermatozoïdes pour l'insémination artificielle
La quantité de spermatozoïdes nécessaire pour l'insémination artificielle est un sujet débattu. Comme l'a exposé l'expert A. Bolarín (AIM Ibérique) lors de la dernière réunion de l'Association Européenne de Vétérinaires Spécialistes en Insémination Artificielle, il n'y a pas encore de consensus. Au contraire, l’intervalle est tellement vaste qu'il oscille entre 500 et 2000 x106 spermatozoïdes par dose.
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Pour avoir le maximum de chances de succès, on estime que le nombre total de spermatozoïdes à inséminer doit être supérieur à 1 million après préparation.
Il est important d'être prudent au moment de fixer le nombre de spermatozoïdes par dose d'insémination, pour que le souci de réduire le nombre ne conduise de toute façon pas à employer un nombre sous le seuil de fertilité (nombre minimal de spermatozoïdes nécessaire par dose d'insémination pour garantir la fécondation de tous les ovocytes ovulés). Ce nombre minimal peut énormément différer entre les élevages.
Un degré de dilution excessif (dose avec beaucoup de volume et peu de spermatozoïdes) nuit à la fonctionnalité spermatique et ainsi à la fertilité ultérieure et à la prolificité.
Facteurs affectant la fertilité lors de l'insémination artificielle
A ce sujet, on doit se souvenir que 5 à 6% seulement de la variation entre élevages dans la fertilité et la prolificité dépend du binôme verrat-semence. Les 94-95% restants de la variation dépendent de facteurs liés à la truie et à la conduite, y compris aussi la détection des chaleurs, la manipulation de la dose de semence dans l'élevage, le professionnalisme dans la réalisation de l'insémination, le nombre d'inséminations par truie et par cycle, etc.
De très nombreux paramètres jouent un rôle sur les chances de réussite, notamment l’âge, l’état de la réserve ovarienne, le profil médical et le nombre de tentatives.
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Techniques d'insémination et quantité de spermatozoïdes
L'irruption sur le marché de deux nouvelles techniques d'insémination il y a quelques années, l'intra-utérine ou post-cervicale et l'intra-utérine profonde, représente l'un des évènements les plus importants dans cette évolution. Sur l'essentiel, les deux techniques d'insémination permettent de réduire sensiblement le nombre de spermatozoïdes par dose, par rapport à la technique conventionnelle, sans amoindrir la fertilité et la prolificité, cette réduction pouvant être plus importante avec la technique intra-utérine profonde (Roca et cols. 2011).
Insémination artificielle post-cervicale (IAPC)
L'insémination artificielle post-cervicale (IAPC) est une technique qui consiste à injecter une dose de semence directement dans l'utérus, après le col. La technologie IAPC permet d'inséminer la truie avec un volume de dose (35-50 ml) et une quantité de semence (1,0 ml) moindres. Cette technique réduit en plus considérablement le temps d'insémination, car il n'est pas nécessaire de stimuler les truies pendant le processus d'insémination. Elle permet également de réduire le reflux.
En passant à l'IAPC, on peut produire un bien plus grand nombre de doses à partir d'un verrat à indice élevé, qui produira plus de porcelets avec de meilleures caractéristiques, telles que la qualité de la carcasse, la croissance, la conversion du fourrage, etc. La réduction du temps passé pour l'insémination permettra également de répartir le travail des employés de manière plus rationnelle. Si l'insémination classique prend 3 à 5 minutes par truie, l'IAPC ne prend qu'une minute et les inséminateurs peuvent consacrer le temps restant à d’autres activités essentielles.
Lors de la mise en œuvre de la technologie IAPC dans une ferme, un protocole précis et une formation correcte du personnel jouent un rôle décisif. Sinon, cela pourrait avoir un impact négatif sur les taux de production et la profitabilité du producteur.
Facteurs de succès de l'IAPC
Lorsque le volume et la concentration dans la dose sont réduites, les examens qualitatifs de l'éjaculat jouent un rôle important. Un calcul précis de la motilité et de la concentration et une analyse des anomalies morphologiques (avec un système d'analyse automatique des spermatozoïdes (CASA), à l'aide de formaldéhyde ou coloration de l'échantillon à l'éosine-bleu) sont nécessaires.
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La marge d’erreur dans les examens de l'éjaculat à l'aide d'un photomètre et d'un microscope peut atteindre 10 à 15 %, car le photomètre estime la concentration par la méthode du flux de rayonnement avec une sensibilité spectrale donnée, tandis que l'analyse au microscope est très influencée par le facteur humain. Le plus souvent, la recherche des anomalies morphologiques n’est pas effectuée ou elle est analysée d'une manière imprécise dans une production en ligne. Ainsi, en réduisant la concentration à une fourchette comprise entre 1 à 1,5 milliard par dose, une erreur 10 à 15 % peut conduire à une préparation de doses dont le nombre de spermatozoïdes par dose est soit inacceptable, soit inférieur au seuil minimal, ce qui a un effet négatif sur les taux de production. Dans ce cas, l'utilisation d'un système d’analyse automatique (CASA) tel que IVOS II ou CEROS II réduira considérablement le temps d'analyse et le risque d'évaluation subjective par l’assistant de laboratoire.
Avantages de l'IAPC
Le passage de l'accouplement naturel à l'insémination artificielle classique a permis de réduire de 90 % le nombre de verrats. Le passage de l’insémination artificielle classique à l’insémination artificielle post-cervicale (1,5 milliard ou 900 millions de spermatozoïdes) a permis de réduire encore de 50 à 70 % le nombre de verrats, selon la concentration en spermatozoïdes souhaitée par dose. Étant donné qu'un verrat terminal coûte environ 3 000 € et que son remplacement recommandé est de 75 à 100 % par an, la technologie IAPC peut réduire les coûts de production pour 10 000 truies de 60 000 à 100 000 € par an. Cela affectera également le coût d'une dose. En moyenne, une dose standard coûte 4 €, dont environ 50 % de dépréciation pour les verrats. En conséquence, plus l'efficacité du verrat est élevée, plus le coût d'une dose de sperme est faible.
De plus, l'accélération du progrès génétique dans l'ensemble du troupeau est un facteur majeur de la popularité de la technologie IAPC. En passant à l'IAPC, nous pouvons produire un bien plus grand nombre de doses à partir d'un verrat à indice élevé, qui produira plus de porcelets avec de meilleures caractéristiques, telles que la qualité de la carcasse, la croissance, la conversion du fourrage, etc.
Pourquoi l'insémination artificielle ?
L’insémination artificielle consiste à déposer le sperme du conjoint ou d’un donneur directement dans l’utérus de la femme, au moment de son ovulation. On parle d’insémination artificielle in vivo car la fécondation a lieu dans l’utérus. L’insémination artificielle reproduit donc les conditions d’un rapport sexuel naturel, mais sous contrôle médical en optimisant les chances de fécondation. En effet, elle est généralement précédée d’un traitement de stimulation de l’ovulation pour la femme. Peu invasive et facile à réaliser, l’insémination artificielle réunit toutes les conditions pour rapprocher au maximum l’ovocyte et le spermatozoïde.
L’insémination intra-utérine : les spermatozoïdes sont introduits directement dans l’utérus. L’IAC désigne une insémination artificielle avec le sperme du conjoint, frais ou congelé sous forme de paillettes.
Selon les résultats des différents examens du bilan de fertilité, l’insémination artificielle peut être proposée aux couples hétérosexuels, aux femmes célibataires et aux couples de femmes.
L’IAC est recommandée dans les cas d’anomalies modérées du sperme (avec au moins un million de spermatozoïdes mobiles). Une insémination artificielle avec le sperme d’un donneur aura lieu dans le cas d’une infertilité masculine (azoospermie : absence totale de spermatozoïdes dans le sperme du conjoint ou teratospermie sévère : nombreuses anomalies des spermatozoïdes).
L’insémination artificielle est indiquée dans plusieurs cas :
- une anomalie cervicale, c’est à dire une insuffisance de production de la glaire cervicale,
- un facteur masculin, comme par exemple une anomalie modérée du sperme (voir notre article sur « Les causes d’infertilité masculine»),
- un facteur immunologique, c’est à dire lorsqu’il y a des anticorps antispermatozoïdes dans la glaire, le sperme ou le plasma,
- des troubles de l’ovulation (voir notre article sur « Les causes d’infertilité féminine» ),
- des troubles de l’éjaculation,
- dans le cas d’une infertilité inexpliquée par les médecins.
Risques liés à l'insémination artificielle
Il existe des risques infectieux. C’est pour cette raison qu’une spermoculture, c’est à dire une recherche de microbes dans le sperme, est réalisée dans les 3 mois précédents l’insémination. En cas d’infection du sperme, un traitement antibiotique sera prescrit et l’insémination artificielle sera repoussée jusqu’à la disparition complète de l’infection. Pour les mêmes raisons, un prélèvement bactériologique vaginal sera aussi recommandé pour éviter de faire remonter dans l’utérus une infection vaginale.
Le second risque est d’obtenir une grossesse multiple. La stimulation hormonale peut faire grossir plusieurs follicules qui pourraient être fécondés. Pour réduire ce risque, les médecins surveille par échographie la croissance des follicules.
Taux de réussite
Le taux moyen de réussite de l’insémination artificielle en France est de 12 % avec le sperme du conjoint et 23,1% avec le sperme d’un donneur. On est donc pas tout à fait sur une recette miracle, mais le taux de réussite de l’insémination artificielle cumulé après six tentatives approche les 50 %. Rappelez-vous également qu’un couple a naturellement en moyenne une probabilité d’obtenir une grossesse de 25% à chaque cycle à 25 ans et 12% entre 30 et 25 ans. La qualité du sperme est bien souvent un facteur déterminant.
Technique la plus utilisée en France, l’insémination intra-utérine est pourtant loin d’être la plus efficace ! Seuls 5 868 bébés sont nés suite aux 49 367 inséminations réalisées en 2017. Ce type de PMA présente donc un taux de réussite avoisinant les 12%.
La probabilité de grossesse après toutes les tentatives d’un même cycle chez des femmes de moins de 35 ans est de 71 % environ.
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