Souvent recommandé avant la conception, l'acide folique, ou vitamine B9, suscite de nombreuses interrogations, notamment après une fausse couche. Quand faut-il commencer à prendre de la vitamine B9 après une fausse couche? Pendant combien de temps faut-il se supplémenter et en quelle quantité ? Cet article vise à répondre à ces questions en s'appuyant sur des informations médicales et scientifiques récentes.
Acide folique : un rôle essentiel pour la fertilité et le développement fœtal
La vitamine B9, également connue sous le nom d'acide folique ou de folates, joue un rôle essentiel dans le bon développement du fœtus et dans la fertilité. Une carence en acide folique augmente les risques de spina bifida, une malformation touchant 1,5 bébé sur 1000 en France. Cette vitamine est essentielle à la production de nouvelles cellules nerveuses et sanguines et favorise le développement du système immunitaire du fœtus. Au-delà de son rôle clé pendant les premières semaines de grossesse, l’acide folique joue aussi un rôle important dans la fertilité féminine et masculine. Chez l'homme, l'acide folique influe sur la formation de l'ADN du spermatozoïde.
Quand prendre de l'acide folique après une fausse couche ?
Après une fausse couche, le corps a besoin de temps pour se remettre, tant physiquement que psychologiquement. Il est possible de retomber enceinte dès l'ovulation suivante, qui peut survenir environ 10 jours après la fausse couche. Cependant, certaines femmes peuvent avoir besoin de plus de temps avant de se sentir prêtes à concevoir à nouveau.
Il est généralement conseillé de reprendre la prise d'acide folique dès que vous envisagez une nouvelle grossesse après une fausse couche. La HAS (Haute Autorité de Santé) recommande même d’en prendre au minimum deux mois avant la conception, dès le désir de grossesse. Cela s’explique par le fait que votre bébé commence à développer son cerveau et sa moelle épinière à partir du système nerveux central dès la fécondation. L'acide folique contribue à la croissance optimale du fœtus.
Pourquoi est-ce important ?
Une carence en acide folique peut être une cause de fausse couche. Des études montrent que la prise de vitamines et de minéraux réduit le risque de fausse couche. L'acide folique est crucial pour la synthèse de l'ADN et la division cellulaire, ce qui est vital dans les premiers stades du développement embryonnaire. De plus, comme pour toute grossesse, les besoins en acide folique sont plus élevés après une fausse couche.
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Dosage et durée de la supplémentation
La dose d’acide folique, plusieurs semaines avant la conception et jusqu’à la fin du premier trimestre, est fixée à 0,4 mg par jour. Selon les recommandations officielles, il est conseillé aux femmes de prendre 400 à 600 microgrammes (μg) de vitamine B9 par jour avant la conception et au cours du premier trimestre de grossesse. Dans certains cas, une dose plus élevée peut être nécessaire, notamment en cas d'antécédents familiaux d'anomalies du tube neural, de diabète ou de prise d'antiépileptiques. Il est important de consulter un médecin ou une sage-femme pour déterminer la dose appropriée à votre situation.
Il est conseillé de continuer l’acide folique pendant l’allaitement car il fait partie des vitamines B essentielles. Dans certains cas, la supplémentation peut être prolongée pendant toute la durée de la grossesse et de l’allaitement afin d’assurer un apport optimal en vitamine B9 au bébé durant sa croissance.
Comment prendre l'acide folique ?
L'acide folique se présente en comprimés, gélules ou formes liquides. Les multivitamines prénatales offrent une couverture équilibrée. Il est recommandé de prendre votre complément à la même heure chaque jour pour éviter les oublis. Disponible sans ordonnance, il est néanmoins conseillé de demander un avis médical avant toute prise.
Sources alimentaires d'acide folique
Les légumes verts, les légumineuses et les fruits figurent parmi les meilleures sources d'acide folique. On le retrouve principalement dans les légumes à feuilles vertes comme les épinards, la laitue romaine, le chou kale ou les brocolis. Les légumineuses telles que les lentilles, pois chiches et haricots en sont également de très bonnes sources. Du côté des fruits, les agrumes - notamment les oranges - ainsi que les fraises, les bananes et le melon sont riches en vitamine B9. Les céréales de petit-déjeuner enrichies, les farines ou pains fortifiés peuvent aussi contribuer aux apports quotidiens, surtout dans certains pays où l’enrichissement est systématique.
La supplémentation reste nécessaire même avec une alimentation équilibrée. Associez une alimentation riche en folates à une supplémentation adaptée.
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Acide folique et fertilité : un lien avéré
Selon plusieurs études, l'acide folique permettrait de diminuer le risque de fausse couche. L'acide folique peut aider à tomber enceinte en améliorant la fertilité féminine et masculine. Chez l’homme, l’acide folique est impliqué dans la formation de l’ADN du gamète masculin : le spermatozoïde. Une alimentation riche en acide folique chez l’homme est associée à une augmentation de la quantité et de la mobilité des spermatozoïdes ainsi qu’à une réduction des anomalies morphologiques.
En effet, comme dans toutes les autres cellules composant l’organisme, l’acide folique participe activement à la synthèse de la molécule d’ADN de l’ovocyte. Ainsi, la vitamine B9 améliore la qualité des ovocytes. La vitamine B9 joue donc un rôle essentiel au moment de la conception d’un enfant.
Acide folique et prévention des malformations congénitales
La prise d’acide folique pendant la grossesse assure également le bon déroulement de la grossesse jusqu’à son terme. Parallèlement à son rôle bénéfique lors de la période pré-conceptionnelle et au cours de la grossesse, l’acide folique joue un rôle fondamental sur le développement du fœtus. Plus précisément, un déficit en acide folique est associé à l’apparition de malformations du tube neural. Les anomalies de fermeture du tube neural sont des malformations congénitales du cerveau, de la moelle épinière et de la colonne vertébrale. Le spina bifida se traduit par l’absence de fermeture de la colonne vertébrale. Ainsi, les muscles, les os, les nerfs et la peau ne peuvent pas se développer correctement. Ainsi, la moelle épinière peut être endommagée. Les conséquences pour le nouveau-né sont plus ou moins lourdes en fonction de la localisation de la lésion. Outre ces anomalies, l’association entre les taux d’acide folique au cours de la grossesse et les malformations cardiaques, de la fente labio-palatine et du tractus urinaire est décrite.
Aspects psychologiques et émotionnels après une fausse couche
Après la perte d’un bébé à la suite d’une fausse couche et avant une nouvelle grossesse, de nombreuses femmes éprouvent des difficultés à aborder le sujet de manière détendue. Il est compréhensible que le deuil soit nécessaire et possible, mais aussi que les craintes et les inquiétudes liées à une nouvelle grossesse demeurent. L’important est de prendre son temps - autant que nécessaire. Cela peut durer des semaines, des mois ou même des années, peu importe le temps que cela prendra ! Il est bon que votre partenaire soit également de la partie et que vous fassiez le deuil et traitiez la fausse couche ensemble, en tant que couple. Ce soutien affectif est non seulement bénéfique dans une telle situation, mais il peut aussi rapprocher le couple et lui redonner confiance par la suite.
Il est essentiel d’en être conscient. Avant ou pendant une nouvelle grossesse, de nombreuses femmes sont accompagnées d’un sentiment de peur. Influencées par la fausse couche vécue, elles craignent que cette perte ne se répète lors de la nouvelle grossesse. Le moindre saignement peut alors déclencher les plus grandes inquiétudes, ce qui est compréhensible d’un point de vue psychologique, mais infondé d’un point de vue médical : le risque de fausses couches survenant trois fois de suite ou plus - ce que l’on appelle une « fausse couche habituelle » - ne concerne que 1 à 2% des cas. Cependant, les faits ne dissipent pas toujours la peur, et il est donc important d’en parler. Sinon, en cas de nouvelle grossesse, on risque de se faire du mal et de se priver de ce moment de bonheur qu’est la grossesse. Si la peur reste en arrière-plan et n’est qu’un lointain murmure lors de la prochaine grossesse, elle n’a généralement aucun effet sur le déroulement de la grossesse. Toutefois, en cas d’anxiété irrationnelle, il convient de la traiter, car le stress qu’elle provoque pourrait avoir un effet négatif sur la grossesse.
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Grâce à des exercices de relaxation, à la méditation ou au yoga, vous pouvez retrouver un calme intérieur qui vous aidera à ne pas laisser vos mauvaises expériences perturber votre équilibre. Ces exercices vous permettent de vous déconnecter et de constituer de nouvelles réserves d’énergie pour surmonter vos angoisses. Ce n’est pas parce que quelque chose s’est mal passé une fois que vous devez supposer que ce schéma va se répéter. La grossesse était autrefois synonyme d’espoir, et cet état d’esprit est certainement bénéfique. Pour de nombreuses femmes, parler à d’autres personnes touchées, avec leur partenaire, leur médecin ou leur sage-femme, est extrêmement important et utile. Cela leur permet de découvrir des perspectives extérieures qui peuvent les aider à revoir leur propre point de vue, parfois étroit.
Facteurs de risque de fausse couche et rôle de l'acide folique
Outre la carence en acide folique, d'autres facteurs de risque peuvent augmenter la probabilité de fausse couche. Notons que si des causes externes peuvent expliquer la survenue d’une fausse couche (consommation d’alcool ou de tabac, endométriose, infections,…), la majorité des fausses couches sont liées à des anomalies génétiques ou de développement de l’embryon. L’embryon n’était pas viable, c’est pourquoi la grossesse n’a pas tenu.
Il est important de noter que l'acide folique ne peut pas prévenir tous les types de fausses couches. Cependant, un apport suffisant en acide folique, couplé à l’éviction des facteurs favorisants (alcool, tabac, obésité, infections, plantes déconseillées pendant la grossesse, etc.) permet de prévenir le risque.
Reprise des rapports sexuels après une fausse couche
On peut théoriquement faire l’amour assez rapidement, disons quelques jours après une fausse couche, même s’il y a eu un curetage. C’est du moins ce qu’assure le Pr Deruelle, Chef de Pôle Gynécologie Obstétrique au CHRU de Strasbourg, pour qui donner un délai précis n’a pas tellement de sens puisque cela ne se base sur aucun fondement scientifique, faute d’études sur le sujet. Certains médecins évoquent un délai d’un mois, comme pour retourner à la piscine ou reprendre un bain. Il s’agirait cependant d’un délai assez arbitraire, au nom du principe de précaution. Si on le souhaite, on peut donc reprendre les rapports assez rapidement, sans que cela n’augmente le risque d’infection liée à un col de l’utérus qui ne serait pas complètement fermé. Cela dit, dans la pratique, une fausse couche peut induire des saignements importants et peut avoir un fort retentissement psychologique, ce qui se traduit rarement par une reprise rapide des rapports sexuels avec pénétration.
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