Le transfert d'embryon congelé (TEC) est une étape importante dans le parcours de la procréation médicalement assistée (PMA), offrant de l'espoir aux couples confrontés à l'infertilité. Après une fausse couche, la décision de procéder à un TEC suscite de nombreuses questions et préoccupations. Cet article vise à fournir des informations complètes et des recommandations pour aider les couples à prendre des décisions éclairées.
Introduction
La fécondation in vitro (FIV) offre la possibilité de congeler les embryons fécondés, que ce soit en raison d'un surplus d'embryons ou de l'impossibilité de réaliser un transfert d'embryon frais. Le TEC représente une option précieuse pour les couples ayant subi une fausse couche, leur permettant de poursuivre leur projet parental. Cependant, il est essentiel de prendre en compte divers facteurs avant de se lancer dans cette démarche.
Facteurs à considérer avant un TEC après une fausse couche
Délai après la fausse couche
Il est généralement recommandé d'attendre un certain temps après une fausse couche avant de tenter un TEC. Ce délai permet au corps de la femme de se rétablir physiquement et émotionnellement. Les professionnels de la santé recommandent souvent d'attendre au moins un à trois cycles menstruels normaux avant de reprendre les traitements de fertilité. Ce délai permet à l'utérus de retrouver son état normal et de réduire les risques de complications lors d'une future grossesse.
Évaluation médicale
Une évaluation médicale approfondie est essentielle avant de procéder à un TEC après une fausse couche. Cette évaluation peut inclure des analyses sanguines, une échographie et d'autres examens pour vérifier l'état de l'utérus et des ovaires. Elle permet également d'identifier d'éventuelles causes sous-jacentes de la fausse couche, telles que des anomalies chromosomiques, des problèmes hormonaux ou des troubles de la coagulation.
Soutien émotionnel
Une fausse couche est une épreuve émotionnelle difficile. Il est crucial de prendre le temps de faire son deuil et de rechercher un soutien émotionnel adéquat. Les couples peuvent bénéficier d'un soutien psychologique, de groupes de discussion ou de thérapies individuelles ou de couple. Le soutien émotionnel aide à gérer le stress, l'anxiété et la dépression qui peuvent survenir après une fausse couche.
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Préparation pour un TEC après une fausse couche
Préparation de l'endomètre
L'endomètre, la muqueuse qui tapisse l'utérus, joue un rôle crucial dans l'implantation de l'embryon. Avant un TEC, il est important de s'assurer que l'endomètre est réceptif et prêt à accueillir l'embryon. Plusieurs méthodes peuvent être utilisées pour préparer l'endomètre, notamment :
- Cycle naturel modifié : Cette approche consiste à surveiller le cycle menstruel naturel de la femme et à programmer le TEC en fonction de l'ovulation. Des médicaments peuvent être utilisés pour soutenir la croissance de l'endomètre et déclencher l'ovulation.
- Cycle artificiel : Cette approche consiste à utiliser des médicaments, tels que des œstrogènes et de la progestérone, pour contrôler le cycle menstruel et préparer l'endomètre. Cette méthode est souvent utilisée chez les femmes ayant des cycles irréguliers ou absents.
Médicaments et suppléments
En plus des médicaments utilisés pour préparer l'endomètre, d'autres médicaments et suppléments peuvent être prescrits pour améliorer les chances de succès du TEC. Il a été proposé d’utiliser de l’aspirine à faible dose comme moyen d’améliorer la réceptivité de l’endomètre.
Hygiène de vie
Adopter une hygiène de vie saine peut également améliorer les chances de succès du TEC. Cela comprend :
- Alimentation équilibrée : Une alimentation riche en fruits, légumes, grains entiers et protéines maigres peut favoriser la fertilité.
- Exercice physique régulier : L'exercice physique modéré peut améliorer la circulation sanguine et réduire le stress.
- Gestion du stress : La pratique de techniques de relaxation, telles que le yoga, la méditation ou la respiration profonde, peut aider à réduire le stress et l'anxiété.
- Arrêt du tabac et de l'alcool : Le tabac et l'alcool peuvent nuire à la fertilité et augmenter les risques de complications pendant la grossesse.
Le processus de TEC
Décongélation des embryons
La vitrification permet d’optimiser la décongélation car, selon les études, il n’y a que 3 % des embryons qui ne survivent pas. La décongélation des embryons est une étape délicate qui doit être réalisée avec soin pour préserver leur viabilité. Les embryons sont progressivement réchauffés et placés dans un milieu de culture approprié.
Transfert des embryons
Le transfert d’embryons est l’aboutissement de divers traitements de procréation assistée, dont la fécondation in vitro, don d’ovules, adoption d’embryons, utilisation d’embryons criopreservés, etc. Le transfert d'embryons est une procédure simple et indolore qui ne nécessite généralement pas d'anesthésie. La patiente est en position gynécologique, et un spéculum est inséré pour visualiser le col de l'utérus. Un cathéter fin et flexible est ensuite utilisé pour déposer délicatement les embryons dans la cavité utérine. En aucun cas, les secousses, tremblements, etc. occasionnés par exemple par des moyens de transport ne pourraient avoir d’effet sur la nidation : un embryon mesure 0 à 0,25 mm de diamètre, selon son stade, et il est bloqué dans un film liquidien réunissant les parois internes de la cavité utérine qui est très réduite, parois qui ne sont pas lisses mais extrêmement dentelées ; les facteurs mécaniques ne peuvent donc pas avoir d’effets à ce stade.
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Nombre d'embryons à transférer
Le nombre d'embryons à transférer est une décision importante qui doit être prise en concertation avec le médecin. Le nombre d’embryons à transférer est important pour la réussite de la grossesse, mais le plus important n’est pas le nombre, mais leur qualité. Le transfert d'un seul embryon (SET) est de plus en plus privilégié pour réduire les risques de grossesses multiples.
Repos après le transfert
Le National Institute for Health and Clinical Excellence (NICE) d’Angleterre recommande d’informer les patientes qu’un repos de plus de 20 minutes après un transfert d’embryon n’améliore pas les taux de succès. Après le transfert, il est conseillé de reprendre ses activités quotidiennes, en évitant les efforts inutiles.
Attente et suivi
Test de grossesse
Un test de grossesse est généralement effectué environ deux semaines après le TEC. Il est important de suivre les instructions du médecin concernant le moment et la manière d'effectuer le test.
Suivi de grossesse
Si le test de grossesse est positif, un suivi de grossesse régulier est essentiel pour s'assurer du bon déroulement de la grossesse.
Témoignages et expériences
Les témoignages de couples ayant vécu un TEC après une fausse couche peuvent être une source d'espoir et d'inspiration. Ces témoignages mettent en lumière les défis émotionnels et physiques du processus, ainsi que les joies et les réussites.
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Témoignage 1
"Après une FIV, que vont devenir nos embryons congelés ? Utiliser ses embryons coûte que coûte, les donner à la science ou les conserver en attendant de prendre une décision ? Chaque situation est personnelle et amène des discussions au sein du couple. Avec mon mari, Sofiane, nous avons débuté la procréation médicalement assistée (PMA) en 2005 car nous ne pouvions pas avoir d’enfant naturellement. Nous nous sommes rapidement orientés vers les fécondations in vitro (FIV) car les inséminations ne prenaient pas. Habib est né lors de notre deuxième FIV, d’un transfert d’embryon frais. Deux ans après, nous avons retenté. Nous n’avons pas abandonné, même si c’était très dur. J’ai refait une ponction ovarienne en octobre 2019 qui a été extrêmement douloureuse car j’ai fait une hyperstimulation. Environ 90 ovocytes ont été ponctionnés, c’est énorme et je sentais tout. Quatre embryons fécondés ont pu être congelés. On a tenté le transfert plus tard en février 2020, car il me fallait du repos. Mais il n’y a pas eu de grossesse. Psychologiquement, je ne sais pas pourquoi, mais je sentais que ça ne marcherait pas. Un nouveau transfert a été planifié au mois de juillet, mais j’ai eu 42 ans. Pour moi, en prenant en considération qu'on atteignait l'âge limite de prise en charge financière, c’était trop risqué, car ma première grossesse avait déjà été compliquée. 42 ans, c’était aussi ma limite personnelle. Trop de risques de malformations pour le bébé et de santé pour moi. Nous avons pris la décision de nous arrêter là. Pour l’instant, nous n’avons pas pris de décision. Nous attendons le courrier de l’hôpital nous demandant ce que nous souhaitons faire. Nous pouvons les conserver et repayer chaque année, les détruire, ou bien les donner à un couple ou à la science. Je me sens coupable de ne pas les utiliser, car peut-être que le prochain transfert aurait pu fonctionner… Je ne souhaite pas les donner à la science car selon moi, c’est du gaspillage. Mon mari, lui, pense que ce serait bien pour faire avancer la recherche. Mais nous pourrions aussi les donner à un couple. Plein de gens ont besoin d’un embryon. Même si je ne saurai jamais si ça a marché, car le don est anonyme, au fond de moi, je me dirais qu’il y a peut-être mon enfant quelque part. Mais Sofiane ne le souhaite pas."
Témoignage 2
"Avec mon compagnon, nous avons eu notre fille, Ellie, très jeunes. Nous n’étions pas dans la démarche d’avoir un enfant. Lorsqu’on a décidé de mettre en route un deuxième bébé, nous nous sommes laissé un an… Malheureusement, ça n’a pas fonctionné. Le premier transfert avec un embryon frais n'a pas marché mais comme il restait un deuxième embryon fécondé de la ponction, il a été vitrifié (soit congelé). Nous avions signé une autorisation pour donner notre accord. Mais ça m’inquiétait beaucoup, d’autant plus que c’était notre dernier embryon de cette ponction. J’étais vraiment très stressée, mon conjoint beaucoup moins. En fait, nous ne sommes pas assez informés en temps réel sur ce qui se passe, sur l’étape de décongélation et sur les risques potentiels de ce moment. La vitrification permet d’optimiser la décongélation car, selon les études, il n’y a que 3 % des embryons qui ne survivent pas. Mais les médecins ne sont pas très bavards quant à la qualité. Nous sommes constamment dans l’attente de savoir si le transfert va être possible ou pas. L’embryon va-t-il tenir à la décongélation ? La procréation médicalement assistée (PMA) est déjà un parcours très long et compliqué, pour la femme comme pour l’homme. Alors rajouter de l’attente et de l’incertitude, c’est vraiment pénible. Ça peut aussi créer des tensions dans le couple. Aujourd'hui, nous essayons de ne pas perdre espoir, même si le transfert du deuxième embryon, congelé cette fois, n'a pas fonctionné non plus. Nous allons continuer, j’ai toujours voulu une grande famille. Je pensais avoir deux enfants en plus de notre grande fille, mais la difficulté pour ce deuxième enfant m’a traumatisée au point de ne plus en vouloir d’autres après ce deuxième. La suite ? Il nous reste encore des essais, nous allons poursuivre. Si le prochain transfert fonctionne et qu’il nous reste des embryons congelés, nous en ferons don à la science. Les détruire nous briserait le cœur, mais nous ne voulons pas en faire don à d’autres."
Témoignage 3
"Je me sens obligée de tout tenter pour les faire vivre ! Mon fils Liam est né d’une première union. Quand je me suis mise avec mon nouveau compagnon, Gabin, nous avons décidé de faire un enfant. Mais ça ne fonctionnait pas naturellement et nous avons découvert la procréation médicalement assistée (PMA), plus précisément, la fécondation in vitro (FIV). Le premier essai a été très difficile car j’ai fait une hyperstimulation. Dans un premier temps, je devais m’injecter des hormones pour stimuler mes ovaires. Et très rapidement, j’ai été très gonflée au niveau du bas-ventre. Les médecins pensaient que ça allait diminuer lors de la ponction ovarienne qui consiste à prélever les ovocytes. Mais en fait pas du tout ! J’ai dû aller aux urgences le lendemain de la ponction car mon ventre avait doublé de volume. J’ai été au repos maximal forcé, je devais rester allongée le plus possible, porter des bas de contention et j’avais des piqûres contre les phlébites. Ça a duré plusieurs jours, le temps que l’eau s’évacue et que les douleurs se calment. Mais, après une dizaine de jours d’attente après le transfert d'embryon, nous avons appris que ça n’avait pas fonctionné. Ça a été dur à encaisser car j’étais très confiante et je pensais que ça marcherait dès le premier essai. Mon conjoint, lui, était beaucoup plus réservé. Nous avons donné notre accord pour congeler, plus précisément vitrifier, les autres embryons. Mais les nouveaux transferts n’ont pas fonctionné non plus. En tout, je n’ai fait qu’un transfert d’embryon frais. Ensuite, c’était directement mes embryons congelés. Car mon corps réagit trop au traitement, je suis toujours en hyperstimulation, donc ça devenait dangereux et il me fallait du repos entre la ponction et le transfert. Concrètement, on est appelé par la clinique la veille pour nous donner l’heure du transfert et, malheureusement, il peut arriver que lors de la décongélation l’embryon meure, mais ça ne nous est heureusement jamais arrivé. Ce sont les médecins qui choisissent les embryons à transférer, de la meilleure à la moins bonne qualité. Le dernier transfert que nous avons tenté en janvier 2021 n’a pas fonctionné. Mais nous allons continuer ! Si jamais je tombe enceinte, nous n’avons pas encore réfléchi à ce que nous ferons des autres embryons. C’est difficile de se projeter ! J’aurais du mal à les donner à quelqu’un sachant les épreuves que nous avons traversées pour les avoir. Donc, je pense que nous nous laisserons le temps d’y réfléchir pour savoir si dans la foulée nous tentons un nouveau transfert avec les embryons congelés qui nous restent… Je n’imagine pas ne pas les utiliser."
Risques et complications
Bien que le TEC soit généralement une procédure sûre, il existe certains risques et complications potentiels, notamment :
- Échec de l'implantation : L'embryon peut ne pas s'implanter dans l'utérus, entraînant un échec de la grossesse. Le succès de la FIV est principalement lié à la qualité des embryons qui ont été transférés : le succès ou l’échec de la tentative est joué au moment du transfert. Si ces embryons sont capables de donner une grossesse, ils le feront quoique vous fassiez. A l’inverse, si ces embryons ne sont pas viables, il n’y aura pas de grossesse, même si vous restez allongée sans bouger pendant 15 jours.
- Fausse couche : Le risque de fausse couche est légèrement plus élevé après un TEC qu'après une conception naturelle.
- Grossesse ectopique : Dans de rares cas, l'embryon peut s'implanter en dehors de l'utérus, entraînant une grossesse ectopique.
- Grossesses multiples : Le transfert de plusieurs embryons augmente le risque de grossesses multiples, qui peuvent entraîner des complications pour la mère et les bébés.
- Complications liées aux médicaments : Les médicaments utilisés pour préparer l'endomètre peuvent entraîner des effets secondaires, tels que des nausées, des maux de tête et des sautes d'humeur. Souvent, la patiente présente des symptômes de grossesse (nausées, somnolence, distension abdominale et mammaire, etc.) qui sont dus aux médicaments qu’elle a reçus, -puisqu’ils favorisent un statut progestatif-, mais ce sont des signes qui n’ont aucune validité. D’un autre côté, vous pouvez parfois voir des légères pertes, qui ne doivent pas être confondues avec les règles.
Alternatives au TEC
Dans certains cas, le TEC peut ne pas être la meilleure option pour les couples ayant subi une fausse couche. D'autres options peuvent inclure :
- FIV avec des ovocytes frais : Cette option consiste à recommencer un cycle de FIV avec des ovocytes frais.
- Don d'ovocytes : Cette option consiste à utiliser les ovocytes d'une donneuse pour la FIV.
- Adoption d'embryons : Cette option consiste à adopter des embryons donnés par d'autres couples.
Soutien et ressources
Le parcours de la PMA peut être long et difficile. Il est important de rechercher un soutien et des ressources adéquats pour vous aider à faire face aux défis émotionnels et physiques. Voici quelques ressources utiles :
- Associations de soutien à la fertilité : Ces associations offrent un soutien émotionnel, des informations et des ressources aux personnes et aux couples confrontés à l'infertilité.
- Groupes de discussion en ligne : Ces groupes permettent aux personnes de partager leurs expériences, de poser des questions et de trouver un soutien auprès d'autres personnes confrontées à des problèmes de fertilité similaires.
- Thérapeutes spécialisés dans la fertilité : Ces thérapeutes peuvent aider les personnes et les couples à gérer le stress, l'anxiété et la dépression liés à l'infertilité.
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