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La Péridurale en France : Remboursement, Accès et Choix des Femmes

La péridurale, une méthode d'analgésie largement utilisée lors de l'accouchement, soulève de nombreuses questions et suscite des débats passionnés. En France, des centaines de milliers de péridurales sont pratiquées chaque année, mais le choix de recourir ou non à cette anesthésie reste une décision personnelle pour chaque femme enceinte. Cet article explore l'histoire du remboursement de la péridurale, son accessibilité, les facteurs influençant le choix des femmes, et les enjeux liés au respect de leur volonté.

Un Droit Acquis : Le Remboursement de la Péridurale

L'accès à la péridurale pour toutes les femmes en France est le résultat de plusieurs années de revendications féministes. En 1994, grâce à l'implication de Simone Veil et au remboursement intégral de cette anesthésie par la Sécurité sociale dans le cadre du « plan périnatalité » 1993-2000, toutes les futures mamans ont pu y avoir accès. Cette mesure a marqué une avancée majeure, permettant aux femmes de bénéficier d'un accouchement moins douloureux, si elles le souhaitent.

La Péridurale en Chiffres : Une Pratique Courante

Aujourd'hui, la péridurale est une pratique courante en France. Au total, ce sont 77% des femmes enceintes qui bénéficient de la péridurale. Un chiffre important, qui place la France au rang des pays où cette anesthésie est la plus fréquente. Le taux de Françaises ayant recours à la péridurale passe alors de 5% en 1987 à près de 50% en 1995, ce taux atteint finalement les 70% en 2010.

Le Choix Éclairé : Un Droit Fondamental

Selon le code de la santé publique, le choix des patientes doit toujours être respecté. Chaque femme enceinte doit consulter un anesthésiste dans le dernier trimestre de sa grossesse. "Certaines femmes disent peut-être non au cours de leur grossesse tout en sachant qu’elles pourront y avoir accès par la suite, si elles en ressentent le besoin", explique Béatrice Blondel. Pourtant, une étude menée par l'Inserm et publiée le 24 août 2015 révèle que trop de futures mamans subiraient tout de même la péridurale contre leur volonté. Au total, un quart des femmes la refusent, mais la moitié d'entre elles (52%) se verrait administrer la péridurale.

Les Facteurs Influant sur le Non-Respect du Choix

Plusieurs facteurs peuvent expliquer le non-respect du choix des femmes. Si certaines femmes optent finalement pour la péridurale dans l'urgence de la douleur, c'est principalement la surcharge de travail des sages-femmes qui induit le non-respect du choix de la patiente. Du côté de l'Inserm comme des sages-femmes, le constat est le même. Dans un communiqué, l'Ordre des sages-femmes estime "que notre système de santé doit impérativement se doter des moyens nécessaires afin de pouvoir respecter le choix des patientes, quel qu'il soit". Pour l'Ordre, cette surcharge de travail, qui conduit parfois au burn-out des équipes soignantes, nuit au respect du choix des femmes enceintes.

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Les Peurs et les Idées Reçues

Si aucun geste médical n'est dénué de risques, la péridurale reste un acte sûr. Néanmoins, certaines femmes redoutent toujours la paralysie des jambes. Une peur infondée car ce risque est rarissime, la grossesse protégeant même plus la moelle épinière qu'en temps normal. La lente propagation de cette technique est notamment due au manque d’anesthésistes en maternité. De plus, les femmes encore mal renseignées ont, pour certaines, eu des inquiétudes concernant les conséquences possibles de la péridurale. Ainsi, beaucoup craignent la paralysie, mais également un grand nombre d’interventions médicales supplémentaires causées par cette dernière comme le recours aux forceps, l’épisiotomie ou encore la césarienne.

De l'Histoire à la Pratique : L'Évolution de la Péridurale

Ce procédé d’anesthésie locale est en premier lieu découvert involontairement en 1885 par le neurologue new-yorkais James Leonard Corning qui injecte environ 2 ml de cocaïne dans le dos d’un patient qui, au bout de dix minutes, sent sa jambe endormie. La technique de la péridurale telle que nous la connaissons aujourd’hui existe depuis les années 1940 ; elle consiste à injecter le produit anesthésique entre deux vertèbres lombaires afin d’endormir la douleur des contractions ressenties par la mère tout en préservant les sensations de l’accouchement. De nos jours, elle est de mieux en mieux dosée pour que la parturiente puisse ressentir la naissance de son enfant. Cependant, cette pratique n’a commencé à se répandre qu’à partir des années 1980 en France.

Pourtant, l’idée de pouvoir accoucher sans douleur est déjà présente dans les esprits depuis bien plus longtemps. En effet, certaines théories développées par des médecins soviétiques dans les années 1950 sont apparues dans le but de permettre aux femmes d’échapper à la fatalité biblique du « Tu enfanteras dans la douleur ». Ces théories, fortement diffusées par le Parti communiste français, affirment que l’accouchement est un phénomène naturellement indolore et que la douleur ressentie au travers des contractions n’est qu’une mauvaise interprétation par le cerveau des signaux que l’utérus lui envoie. La méthode psychoprophylactique d’accouchement sans douleur est alors développée puis approuvée par le milieu catholique. Elle est en réalité une préparation à l’accouchement consistant à éduquer la femme afin qu’elle comprenne les phénomènes biologiques qui la concernent ainsi qu’à lui apprendre le bon comportement à avoir pendant l’accouchement. En clair, pour les partisans de ces théories, il suffit d’être correctement éduquée afin d’obtenir un accouchement sans douleur. Cette méthode est finalement dénoncée par les féministes comme une duperie à partir de la seconde moitié des années 1970 car, non seulement elle ne supprimait pas la douleur, mais elle faisait également croire à l’entourage des femmes enceintes que la douleur était inexistante. C’est à ce moment-là que l’anesthésie locale apparaît comme une bonne alternative.

Les Revendications Féministes et le Droit au Choix

Dans le même temps, une autre tendance féministe se développe et insiste davantage sur le droit des femmes à disposer de leur corps. Depuis plusieurs années, la médicalisation des accouchements n’a fait qu’augmenter l’influence et l’intervention des médecins en matière obstétricale. Les femmes revendiquent alors le droit de pouvoir prendre part aux décisions les concernant et concernant leur accouchement. C’est pourquoi les revendications féministes insistent également sur l’idée que les femmes doivent avoir le choix. Dans ce contexte, la loi mise en place par Simone Veil va dans ce sens puisque la péridurale est entièrement remboursée aux femmes qui la désirent et n’est en aucun cas imposée.

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