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L'injection de progestérone pendant la grossesse: Indications, avantages et risques

La progestérone est une hormone stéroïdienne cruciale pour l'établissement et le maintien de la grossesse. Elle est produite par le corps jaune après l'ovulation et, en présence d'un embryon, sa production augmente progressivement pour soutenir la gestation. L'injection de progestérone, sous différentes formes, est parfois indiquée pendant la grossesse pour diverses raisons, mais son utilisation et ses implications nécessitent une compréhension approfondie.

Rôle de la Progestérone dans la Grossesse

La progestérone joue un rôle essentiel dans plusieurs aspects de la grossesse :

  • Préparation de l'endomètre: Elle transforme l'endomètre, la muqueuse utérine, pour le rendre réceptif à l'implantation de l'embryon.
  • Maintien de l'endomètre: Elle assure le maintien de l'endomètre pendant la grossesse, empêchant sa desquamation et donc les saignements menstruels.
  • Suppression des contractions utérines: Elle contribue à détendre les muscles utérins, réduisant ainsi le risque de contractions prématurées et de fausse couche.

Indications de l'Injection de Progestérone

L'injection de progestérone peut être envisagée dans les situations suivantes :

  • Assistance Médicale à la Procréation (AMP): Un traitement par progestérone est souvent proposé après une stimulation de l’ovulation, car la stimulation ovarienne peut perturber la production naturelle de progestérone. Elle est quasiment systématiquement proposée après une stimulation de l’ovulation. La progestérone peut également être utilisée quand aucune ovulation n’a lieu, dans un cycle artificiel, pour remplacer totalement la progestérone naturelle.
  • Menace de fausse couche: En cas de menace de fausse couche quand une grossesse a débuté naturellement, il arrive que de la progestérone soit prescrite.
  • Transfert d'embryon congelé: Dans les cas de transfert d’embryon congelé quand la préparation du cycle a été faite uniquement par les hormones (cycles artificiels), et pas par une ovulation, il est absolument indispensable de poursuivre la progestérone jusqu’à 10-12 semaines d’aménorrhée (c’est-à-dire à la fin du premier trimestre) au risque de déclencher une fausse couche.
  • Prévention de l'accouchement prématuré (historique): Historiquement, le caproate d’hydroxyprogestérone était utilisé pour la prévention de l'accouchement prématuré chez les femmes avec des antécédents d'accouchement prématuré spontané. Cependant, des études récentes ont remis en question son efficacité et soulevé des préoccupations quant à sa sécurité.

Formes et Voies d'Administration de la Progestérone

La progestérone est disponible sous plusieurs formes, chacune ayant ses propres avantages et inconvénients :

  • Capsules vaginales: Très efficaces par voie vaginale, moins efficaces par voie orale pour l'AMP.
  • Gels vaginaux: Alternative aux capsules vaginales.
  • Injections sous-cutanées ou intramusculaires: Permettent une administration directe dans la circulation sanguine.
  • Progestérone orale (dydrogestérone): Une option par voie orale.
  • Suppositoires: Une autre voie d'administration vaginale.
  • Patchs: Pour une libération transdermique de la progestérone.

Il est important de noter que la voie d'administration n'est pas interchangeable. Par exemple, les capsules vaginales, très efficaces par cette voie, ne sont pas aussi efficaces lorsqu'elles sont prises par voie orale pour l'AMP.

Lire aussi: Ovules de progestérone : mode d'emploi

Posologie et Administration

Le traitement par progestérone n’est pas totalement codifié, on peut donc trouver des petites différences dans les prescriptions selon les praticiens. Le plus souvent la progestérone est débutée le soir de la ponction d’ovocytes dans le cadre d’une FIV ou 24-48h après l’insémination intra-utérine. Un bilan hormonal n’est pas systématique. D’une manière générale, privilégiez les horaires fixes et suffisamment espacés pour être répartis sur la journée. Mais vous n’avez pas besoin de mettre votre réveil la nuit pour autant ! Dans le doute, demandez conseil au centre qui vous suit.

Effets Secondaires et Précautions

La progestérone, par voie vaginale, sous-cutanée ou orale, diffuse dans l’ensemble du corps et va agir sur différents tissus du corps, en particulier l’utérus et le col (transformation de l’endomètre et diminution des contractions utérines), mais également sur le cerveau. Il y a peu d’effets secondaires de la voie orale et sous-cutanée en dehors des réactions locales. Pour la voie vaginale, le principal désagrément sont les pertes vaginales qui peuvent varier d’une femme à l’autre et être parfois très abondantes. Il est important d’essayer de retirer le maximum de progestérone avec le doigt avant de remettre une nouvelle capsule vaginale pour favoriser l’absorption de la nouvelle capsule. Rassurez-vous, l’importance de ces pertes n’a pas de rapport avec un manque d’absorption. Attention la progestérone naturelle en capsule vaginale peut également être prise par voie orale (efficacité moindre) mais dans ce cas elle entraine souvent des problèmes d’étourdissement ou de somnolence.

En cas d’oubli, prenez immédiatement le traitement et la dose suivante à l’heure prévue, 2 doses peuvent être prises simultanément.

Progestérone et Alimentation

Au sujet de l’alimentation, Frédérique Besson, ingénieur nutritionniste spécialisée dans la fertilité, explique que la vitamine C permettrait d’augmenter naturellement le taux de progestérone (agrumes, fruits rouges, kiwi, poivrons, persil) tout comme le sélénium, qui selon de récentes études, participerait à la bonne formation du corps jaune et donc a une bonne production de progestérone (noix de brésil, fruits de mer et poisson). En phytothérapie, deux plantes sont dites « progestérone-like » c’est-à-dire qu’elles agissent sur l’équilibre hormonal, en mimant l’activité de la progestérone et ainsi en la régulant. Il s’agit du gattilier et de l’alchémille. Le Gattilier est LA plante du déséquilibre hormonal, elle a une action anti-œstrogène et progestérone-like. Des études scientifiques ont montré que le gattilier peut être efficace pour réguler les cycles menstruels, notamment dans le cadre du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK).

Contraception par Progestatifs Injectables

Un progestatif de synthèse (médroxyprogestérone) est injecté par piqûre intramusculaire tous les trois mois. Pendant 12 semaines, le produit assure une contraception constante en bloquant l'ovulation.

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  • Comment l'utilise-t-on ? Les injections doivent être faites à intervalles réguliers par votre médecin, infirmière ou sage-femme.
  • Quelle est leur efficacité ? Lorsque les intervalles d'injection sont respectés, l'efficacité théorique de ce contraceptif est de 99,7%. Cette efficacité peut être diminuée par certains médicaments (rifampicine, phénylbutazone, certains antiépileptiques). En prenant en compte ces éléments, en utilisation courante, l’efficacité pratique de ce moyen de contraception est de 94%. Si l’injection est faite dans les 5 premiers jours du cycle, l’efficacité est immédiate. Sinon, il faut utiliser une méthode contraceptive supplémentaire (par exemple des préservatifs) pendant 7 jours.
  • Quels sont les avantages et les inconvénients des progestatifs injectables ? Les progestatifs injectables sont efficaces, il n'y a pas besoin d'y penser pendant 12 semaines et il y a peu de risque d'oubli. Ils sont une alternative pour les personnes pour qui la contraception oestroprogestative est contre-indiquée. Mais les progestatifs injectables entraînent des maux de tête, des douleurs au ventre et de la nervosité chez plus d'une femme sur dix. Or, une fois injectés, il n'est plus possible de les retirer, il faut attendre que leurs effets cessent. Il faut réaliser une IRM avant la première injection et pendant le suivi. L'arrêt des règles ou l'irrégularité des règles sont des effets indésirables fréquents. Enfin, le retour à la fertilité après l'arrêt peut prendre jusqu'à douze mois.
  • Qui peut l'utiliser ? À qui la méthode est-elle conseillée ? Elle peut être adoptée par les femmes qui ne peuvent pas utiliser d'autres méthodes contraceptives. Les contre-indications incluent : cancer du sein, cancer de l'utérus ou de l'endomètre, obésité, diabète, hypertension artérielle, règles abondantes et/ou saignements entre les règles non expliqués, fibrome utérin, hépatite ou antécédent récent d'hépatite, maladies du foie, maladies thromboemboliques artérielles et veineuses (phlébite, embolie pulmonaire, infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, caillot dans une artère des membres inférieurs). Par ailleurs, les progestatifs injectables réduisent le taux normal des œstrogènes ("hormones féminines naturelles") et ainsi provoquent une diminution de la densité minérale osseuse, d'où un risque d'ostéoporose. Ce type de contraception n'est donc pas recommandé : chez les adolescentes et les adultes jeunes (en période de constitution du capital osseux) ; chez les femmes présentant des facteurs de risque d'ostéoporose (par exemple, consommation chronique d'alcool et/ou de tabac, antécédent de fracture ostéoporotique chez la mère, traitement au long cours par des corticoïdes de synthèse…).
  • Où s'en procurer et à quel prix ? Les injections sont délivrées en pharmacie sur ordonnance. Il faut vous rendre chez votre sage-femme, médecin généraliste ou gynécologue pour la prescription. Chaque dose coûte environ 2,56 €, remboursée à 65 % par l’Assurance Maladie. Les moins de 26 ans n'ont pas à avancer des frais pour obtenir ce contraceptif.prix public indicatif

Retrait du Marché de la Progestérone Retard Pharlon

Il est crucial de noter que l’autorisation de mise sur le marché (AMM) de la spécialité Progesterone Retard Pharlon 500 mg/2 ml, solution injectable IM en ampoule (laboratoire Bayer) a été suspendue à compter du 21 août 2024. En France, ce médicament n’est plus commercialisé depuis avril 2023. Cette décision fait suite à une réévaluation de la balance bénéfice/risque des médicaments contenant de l'hydroxyprogestérone par le Prac, à la demande des autorités.

Les raisons de cette suspension sont les suivantes :

  • Risque potentiel de cancer: Une étude pharmaco-épidémiologique suggère que le caproate d’hydroxyprogestérone pourrait être associé à un risque plus élevé de cancers (de tous types) dans la descendance des femmes traitées pendant leur grossesse (HR ajusté 1,99 [IC à 95 % 1,31, 3,02]). Les données suggèrent que l'incidence estimée du cancer est faible chez les personnes exposées in utero (moins de 25/100 000 années-personnes).
  • Manque d'efficacité: Les données d’un essai clinique récent n’ont pas montré de bénéfice à utiliser le caproate d’hydroxyprogestérone dans la prévention de l'accouchement prématuré chez les femmes avec des antécédents d'accouchement prématuré spontané, ou dans la réduction des événements graves associés à la prématurité chez les nouveau-nés. Cette absence d’efficacité dans ce type d’indications est également confirmée par d’autres méta-analyses récentes.

En conséquence, le Prac a conclu que les bénéfices du caproate d’hydroxyprogestérone ne sont pas supérieurs aux risques dans l’ensemble des indications autorisées et a recommandé de suspendre l’autorisation de mise sur le marché de tous les médicaments à base de caproate d’hydroxyprogestérone.

Il est donc impératif de ne plus prescrire de Progesterone Retard Pharlon.

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