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Production de lait maternel pendant la grossesse : causes et risques

Il n’est pas rare d’allaiter son aîné et de découvrir une grossesse. Cette situation soulève des questions légitimes quant à la possibilité de continuer l’allaitement et aux risques potentiels pour l’enfant allaité et le fœtus. Allaiter retarde spontanément le retour de couches et possède un effet contraceptif, mais cela n'exempte pas à 100 % d’une potentielle grossesse. Tomber enceinte alors qu’on allaite encore, ça peut arriver. Dans ce cas de figure, nombreuses sont les femmes à s’interroger sur la pérennité de leur allaitement. Cet article explore les causes et les risques associés à la production de lait maternel pendant la grossesse, tout en offrant des conseils pour une expérience d'allaitement sûre et agréable.

Impacts de l’allaitement pendant la grossesse

En général, le fait d'allaiter pendant la grossesse peut avoir des effets sur le corps de la maman. Tout d'abord, les hormones de grossesse peuvent rendre les mamelons et les seins plus sensibles, ce qui peut rendre l'allaitement plus inconfortable. De plus, la production de lait peut diminuer au fur et à mesure que la grossesse avance, rendant l'allaitement plus difficile. Mais si vous désirez continuer à allaiter en cours de grossesse, assurez-vous de bien vous hydrater et de bien vous nourrir pour soutenir la croissance de votre bébé. L'ajout de calories supplémentaires et de suppléments vitaminiques peut vous être utile.

Changements hormonaux et production de lait

La nouvelle grossesse va modifier le terrain hormonal. La lactation ne va donc pas réagir de la même façon, et des changements vont s’opérer. Les hormones produites durant la grossesse peuvent affecter la composition du lait maternel. Ce dernier peut contenir moins de lactose et de matières grasses, mais plus d'eau.

Lorsque vous allaitez, votre cerveau sécrète une hormone naturelle : l’ocytocine. Celle qu’on appelle aussi « l’hormone du bonheur » va jouer un rôle important tout au long de votre grossesse, ainsi que lors de votre accouchement.

Dès lors que vous tombez enceinte, votre production de lait tend à diminuer. De couleur jaunâtre, ce type de lait joue un rôle anti-infectieux et facilite la croissance des organes de votre nouveau-né lors de ses premiers jours de vie. Pour certains enfants, ce changement sera rédhibitoire et entraînera un sevrage naturel. En revanche, si le vôtre souhaite continuer les tétées, sachez que les nutriments présents dans le colostrum répondront à ses besoins. Le colostrum est diurétique et peut engendrer des selles plus molles chez votre enfant allaité.

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Sensibilité accrue des mamelons

L'allaitement peut causer une sensibilité accrue des mamelons durant la grossesse. En effet, les hormones de grossesse, en particulier l'œstrogène et la progestérone, sont à leur plus haut niveau pendant la grossesse et affectent la croissance des glandes mammaires. Ces hormones peuvent également entraîner une augmentation de la circulation sanguine dans les seins, ce qui peut rendre les mamelons plus sensibles et plus douloureux lors de l’allaitement. Pour soulager cette douleur, optez pour des vêtements amples et confortables. Utilisez des coussinets d'allaitement pour protéger les mamelons contre les frottements et les irritations.

Fatigue maternelle

Lorsque que vous êtes enceinte et que vous allaitez en même temps, votre corps travaille deux fois plus dur pour nourrir votre premier enfant. Donc il est tout à fait normal de se sentir fatigué car les demandes de nourrir un nouveau-né et de porter un bébé à terme peuvent être écrasantes. Pour gérer cette fatigue, essayez de dormir autant que possible et de vous reposer lorsque vous le pouvez. Hydratez vous bien et mangez des repas riches en nutriments pour soutenir votre corps et stimuler la lactation. Si vous avez besoin d’aide avec les tâches ménagères ou la garde de votre enfant, faites appel à un ami ou à un membre de la famille pour vous donner le temps de récupérer.

Risques potentiels et précautions

Contractions utérines et risque de fausse couche

On pourrait donc penser qu’allaiter tend à provoquer des contractions, entraînant ainsi la perte de votre bébé ou sa naissance prématurée. Mais ceci est un raccourci. En effet, l’ocytocine n’est pas sécrétée en quantité suffisante pour déclencher le travail.

La fausse couche est un événement très fréquent, se produisant chez environ 10 à 20% des femmes enceintes. Les causes courantes comprennent des anomalies chromosomiques, des problèmes hormonaux ou des anomalies de l'utérus. L'allaitement ne figure pas sur la liste des causes de fausse couche. Bien que l'allaitement n'ait pas été lié directement à une augmentation du risque de fausse couche, selon les études menées par les chercheurs, il est important de prendre soin de votre santé et de votre nutrition pour assurer une grossesse saine et un bébé en bonne santé.

Quelques études ont été menées en Iran1, en Irak2 et au Japon3 et aucune d’entre elle ne montre de corrélation entre la fausse couche et l’allaitement d’un aîné. Une fois de plus, une étude faite au Guatemala5 montre que la poursuite de l’allaitement d’un aîné durant la grossesse n’affecte pas la croissance du fœtus.

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Impact sur l'enfant allaité

Si vous allaitez en même temps que vous êtes enceinte, votre enfant peut remarquer une baisse dans la quantité et la qualité du lait produite. Votre enfant est devenu moins intéressé par le goût du lait et par conséquent, tète moins souvent que d’habitude. C’est souvent cette raison qui peut mener à un sevrage naturel impulsé par votre enfant. Et cela peut poser problème si votre enfant allaité est très jeune.

Le choix de sevrer pendant la grossesse dépend de vos préférences, des besoins nutritionnels et de l’âge de votre enfant. Si votre aîné a plus de six mois, il pourrait être plus facile de le sevrer. Mais si vous décidez de le sevrer en raison d’une nouvelle grossesse, il est recommandé de le faire doucement en commençant par réduire progressivement le nombre de tétées.

Besoins nutritionnels accrus

Il est vrai qu’allaiter est énergivore. Il est toutefois nécessaire de rappeler l’importance pour la maman de maintenir un apport calorique suffisant, de garder une alimentation équilibrée et une bonne hydratation. En cas de questionnement ou d’inquiétude, nous vous conseillons de vous rapprocher de votre sage-femme ou de votre médecin. Ceux-ci s’assureront que vos besoins nutritionnels sont bien remplis. Essayez également d’adopter une alimentation variée et saine, pouvant subvenir à tous vos besoins en fer, en protéines, en vitamines et en minéraux. L’allaitement, et notamment la production de lait, mobilise beaucoup de ressources.

Votre alimentation peut influencer votre production de lait. Il est donc important de surveiller ce que vous mangez et de privilégier une alimentation équilibrée et riche en nutriments pour répondre aux besoins de votre enfant. Mangez des protéines, des légumes verts, des fruits et des produits laitiers, ils sont particulièrement bénéfiques pour votre santé et celle de votre bébé. Évitez les aliments gras, sucrés et transformés.

Allaitement en tandem

Il est tout à fait possible d'allaiter deux enfants d'âges différents en même temps. Cette pratique s’appelle l'allaitement en tandem. Une solution pratique si vous avez deux enfants d'âges différents et que votre premier enfant ne veut pas arrêter de téter ou a encore besoin de la nutrition fournie par le lait maternel.

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Conseils et précautions supplémentaires

  • Évitez les positions d'allaitement qui peuvent mettre une pression sur votre abdomen, comme la position allongée sur le ventre ou la position assise avec votre bébé sur vos genoux.
  • Entourez vous des personnes bienveillantes et compréhensives pour vous soutenir pendant cette période. Si vous êtes fatiguée, n'hésitez pas à demander de l'aide à votre entourage. Reposez vous autant que possible.
  • L’arrivée du nouveau-né peut être difficile pour votre premier enfant. Restez donc à l'écoute des besoins de votre aîné. Accordez lui autant d’attention que possible pour qu’il ne se sente pas jaloux ou négligé. Prenez le temps de discuter avec lui et n'hésitez pas à lui expliquer ce qui se passe.

Adaptation du lait maternel

Le « lait mature » va progressivement changer de composition pour redevenir du colostrum et ainsi combler les besoins de votre futur bébé. L’aspect et le goût de votre lait vont alors se modifier, il va devenir plus salé et plus concentré. Au début, il peut y avoir une baisse de la lactation puisque votre aîné pourra ne pas aimer le changement du goût du lait.

AA n° 120 - Allaiter enceinte, co-allaiter. Article de Hilary Flower paru dans Breastfeeding today, avril 2016 : Allaitement pendant la grossesse et co-allaitement : est-ce sans danger ? Q - Est-ce que l'allaitement peut avoir un effet laxatif sur ma fille allaitée du fait que je suis enceinte ? R de Marie-Florence, animatrice LLLF - Oui, le colostrum produit à partir d'environ le quatrième mois de grossesse peut avoir un effet laxatif. Il arrive que des mamans sèvrent pendant la grossesse parce qu'elles pensent que cela donne des diarrhées à l'enfant, mais ce sont des diarrhées ou plutôt des selles molles non problématiques.

Témoignages et expériences

Témoignage d’Amélie - Je suis la maman de trois enfants : Lael, 5 ans ½, Léna, 3 ans et Gaëtan 8 mois. J’ai co-allaité mes deux filles ensemble, et j’allaite actuellement mes deux plus jeunes. Cela fait donc deux confrontations à cette problématique de l’alimentation du bambin co-allaité, qui n’est pas un sujet très étayé !

Concernant le premier co-allaitement en 2021, je reconnais que c’est une situation qui m’a généré beaucoup de questions : deux louloutes aux seins , deux fois plus de questions ! Ma fille Lael avait un peu plus de 2 ans et a tété à la demande jusqu'à l'accouchement (bien qu’il n'y ait plus de lait depuis le premier trimestre).

R de Roselyne Duché-Bancel - C’est aussi ce qui m’est arrivé lors de ma troisième grossesse. Le denier mois, Amaury, cinq ans et demi, m’a dit que le lait n’avait plus le même goût. Je lui ai répondu que c’était du colostrum. À chaque tétée, Amaury répétait : "Il n’est pas bon, le sérum !". La montée de lait après la naissance de son frère Gauvain a été très rapide et facile, moins de 24 heures.

Raisons de l'arrêt de l'allaitement pendant la grossesse

La plupart des couples qui désirent un autre enfant vont penser à l’arrêt de l’allaitement avant que maman soit enceinte.

1/ L’arrêt de l’allaitement favorisera le retour de couches, le retour des cycles menstruels et donc la possibilité de tomber enceinte. D’une manière générale, le retour de couches est différé en cas d’allaitement. La durée est propre à chacune. Un accompagnement dédié avec des professionnels de santé. La consultante en lactation est pour moi la plus qualifiée pour vous accompagner dans cette démarche.

2/ Une méconnaissance. La personne ne sait tout simplement pas qu’il est possible d’allaiter son bambin en étant enceinte. Aucun exemple dans son entourage. Ça ne lui vient même pas à l’esprit.

3/ Les réfractaires ou les personnes ayant beaucoup de clichés sur le sujet. « C’est galère », « C’est fatiguant », « On ne peut pas nourrir 2 enfants à la fois », « C’est moche », « Y’aura pas assez de lait », … Malheureusement, les « on-dit » sont véhiculés à la vitesse de la lumière et les mauvaises expériences que l’on peut entendre ne peuvent être prises pour argent comptant. Chaque trio maman-bébé-fœtus est différent.

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