L’allaitement maternel est une pratique recommandée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) jusqu’à l’âge de deux ans et au-delà. Cependant, il arrive souvent que les mères tombent enceintes pendant cette période. Cette situation soulève de nombreuses questions concernant la sécurité et les implications de l’allaitement pendant la grossesse. Cet article vise à explorer en profondeur les aspects liés à la grossesse et à l’allaitement, en s’appuyant sur des études scientifiques et des témoignages de mères ayant vécu cette expérience.
Recommandations et Généralités
L’OMS recommande l’allaitement exclusif pendant les six premiers mois, suivi d’une continuation de l’allaitement jusqu’à deux ans, voire plus. Pendant cette période de lactation, une nouvelle grossesse peut survenir. Une équipe de recherche a réalisé une revue systématique et une méta-analyse de la littérature scientifique disponible pour déterminer l’impact du chevauchement de ces deux périodes sur la santé fœto-maternelle et déterminer s’il y a des risques ou non.
Impact de l’allaitement sur la grossesse
Absence de risque prouvé
Contrairement aux idées reçues, les études n’ont pas démontré d’impact négatif de l’allaitement sur la croissance du fœtus ou le poids du nouveau-né, à condition que la mère ait une alimentation adéquate. Une étude réalisée en 1990 au Guatemala a révélé que la moitié des femmes participantes allaitaient encore lorsqu’elles sont tombées enceintes, sans conséquences néfastes constatées.
Hormones et contractions utérines
Une des principales préoccupations est que la stimulation des mamelons pendant l’allaitement puisse provoquer des contractions utérines et potentiellement induire une fausse couche. Cependant, une étude a montré que 93 % des femmes ne ressentaient pas de contractions utérines significatives pendant les tétées. De plus, le muscle utérin est généralement insensible à l’ocytocine jusqu’à la 38e semaine de grossesse.
Études comparatives
Une étude iranienne a suivi 80 femmes qui ont continué à allaiter pendant leur grossesse et 240 femmes qui ont sevré. Les résultats ont montré que le déroulement de la grossesse était similaire dans les deux groupes, sans augmentation du taux d’accouchement prématuré chez les mères allaitantes. Une étude japonaise menée avec une méthodologie similaire a confirmé ces résultats.
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Rapport de la Società Italiana di Medicina Perinatale (SIMP)
Un rapport de 2014 de la Società Italiana di Medicina Perinatale (SIMP) et du Tavolo Tecnico Operativo Interdisciplinare per la Promozione dell’Allattamento al Seno du Ministère de la Santé italien, la compilation la plus complète de la recherche médicale sur le sujet, a conclu qu’il n’y a pas de preuves médicales indiquant que les femmes fertiles ont un risque accru de fausse couche ou d’accouchement prématuré si elles continuent d’allaiter pendant la grossesse.
Défis et désagréments potentiels
Bien que l’allaitement pendant la grossesse soit généralement sûr, certaines femmes peuvent rencontrer des difficultés.
Douleurs et sensibilité des mamelons
Les changements hormonaux de la grossesse peuvent rendre les mamelons plus sensibles et douloureux pendant l’allaitement. Dans une étude, 74 % des femmes ont ressenti des douleurs de mamelons à des degrés divers. Pour soulager cette douleur, il est conseillé de porter des vêtements amples, d’utiliser des coussinets d’allaitement et d’adopter des positions d’allaitement confortables.
Baisse de la lactation et changement de goût du lait
La quantité de lait peut diminuer pendant la grossesse, et son goût peut changer, ce qui peut rendre la relation d’allaitement plus difficile. Environ 65 % des femmes ont noté une baisse de la lactation, et 57 % ont ressenti un certain malaise ou de l’irritation pendant les tétées. Le lait mature change progressivement de composition pour redevenir du colostrum, ce qui peut affecter son goût et sa consistance. Le colostrum peut avoir un effet laxatif léger sur l’enfant allaité.
Co-allaitement : Allaiter deux enfants d’âges différents
Gestion du co-allaitement
Le co-allaitement, c’est-à-dire allaiter deux enfants d’âges différents, est une option pour les mères qui continuent l’allaitement pendant la grossesse. Pendant les premiers jours après la naissance, le colostrum doit être donné en priorité au nouveau-né. Par la suite, la production lactée s’adapte aux besoins des deux enfants. La mère peut choisir d’allaiter les deux enfants à la demande ou selon un horaire qui lui convient.
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Priorité au nouveau-né
Il est souvent recommandé de privilégier le bébé par rapport à l’enfant plus grand, surtout pendant les premiers jours. Cependant, la production de lait s’adapte de la même manière que lorsqu’une mère allaite des jumeaux ou des triplés.
Aspects pratiques et hygiène
Il n’y a pas de consignes spéciales en matière d’hygiène pour le co-allaitement. Lorsqu’un des enfants est malade, l’autre peut généralement continuer à prendre le sein.
Difficultés et solutions
Certains enfants qui ne tétaient presque plus pendant la grossesse peuvent recommencer à téter fréquemment après la naissance du bébé. C’est une façon pour l’enfant de réagir à l’arrivée du nouveau-né. Une autre difficulté est le sentiment d’irritation que certaines mères peuvent ressentir face à l’enfant plus âgé. Les tétées simultanées peuvent causer une surstimulation hormonale. Il est conseillé d’éviter les tétées simultanées autant que possible.
Témoignages et expériences
De nombreuses mères témoignent avoir vécu l’allaitement pendant la grossesse sans problèmes majeurs. Cependant, certaines ont rencontré des difficultés telles que des douleurs aux mamelons, une baisse de la lactation ou un malaise pendant les tétées. Ces expériences soulignent l’importance d’une approche individualisée et d’un soutien adapté.
Témoignage d’Amélie
Amélie, mère de trois enfants, a co-allaité ses deux filles ensemble et allaite actuellement ses deux plus jeunes. Elle a constaté que lors du premier co-allaitement, sa fille aînée, Lael, a recommencé à téter très fréquemment après la naissance de sa sœur, ce qui a entraîné une diminution de son appétit pour les aliments solides. Avec le temps, Lael a retrouvé un équilibre alimentaire, surtout après la rentrée à l’école. Lors de sa grossesse suivante, Amélie a réussi à sevrer Lael avant la naissance de son troisième enfant.
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Expérience de Roselyne Duché-Bancel
Roselyne Duché-Bancel a observé que lors de sa troisième grossesse, son fils aîné de cinq ans et demi a remarqué que le lait avait un goût différent, indiquant le retour du colostrum. La montée de lait après la naissance de son frère a été rapide et facile.
Allaitement et retour de couches
L’allaitement peut retarder le retour de couches, mais il n’est pas une méthode de contraception fiable à 100 %. Le retour de couches est une étape naturelle du rétablissement post-partum de la femme après l’accouchement. Chez certaines femmes, la production de lait maternel peut être influencée par leur cycle menstruel en raison de l’effet de la progestérone.
Conseils pratiques pour un allaitement réussi pendant la grossesse
Alimentation et hydratation
Une alimentation équilibrée et une hydratation adéquate sont essentielles pour soutenir la croissance du fœtus et la production de lait. Il est recommandé de consommer des protéines, des légumes verts, des fruits et des produits laitiers. Évitez les aliments gras, sucrés et transformés.
Gestion de la fatigue
La grossesse et l’allaitement peuvent entraîner une fatigue accrue. Il est important de se reposer autant que possible et de demander de l’aide pour les tâches ménagères ou la garde des enfants.
Soulagement des douleurs aux mamelons
Pour soulager les douleurs aux mamelons, portez des vêtements amples, utilisez des coussinets d’allaitement et appliquez des compresses chaudes ou froides.
Préparation à l’arrivée du nouveau-né
Préparez votre enfant aîné à l’arrivée du nouveau-né en lui accordant de l’attention et en lui expliquant ce qui se passe. Cela peut aider à réduire la jalousie et à faciliter la transition.
Allaitement et santé : Allergies et cancers
Allergie aux protéines de lait de vache (APLV)
L’allergie aux protéines de lait de vache (APLV) est une des allergies alimentaires les plus courantes chez le nourrisson. La pratique de l’allaitement maternel est associée à une diminution des risques d’APLV.
Diminution des risques de cancers
De nombreuses études ont établi des liens entre l’allaitement maternel et la diminution des risques de cancers chez la mère (cancers du sein, de l’ovaire et de l’œsophage) et chez l’enfant (leucémie et neuroblastome).
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