La motilité des spermatozoïdes, ou motilité spermatique, est un facteur déterminant de la fertilité masculine. Elle fait référence à la capacité des spermatozoïdes à se déplacer de manière efficace, rapide et en ligne droite, un élément essentiel pour atteindre et féconder l'ovule. Cet article explore les raisons pour lesquelles les spermatozoïdes bougent, les différents types de motilité, les facteurs qui l'affectent, les méthodes d'analyse et les options de traitement disponibles en cas de troubles de la motilité.
Qu'est-ce que la motilité spermatique ?
La motilité spermatique est la capacité des spermatozoïdes à se déplacer rapidement et en ligne droite. Il est normal que, dans tout échantillon de sperme, il y ait des spermatozoïdes plus lents, mais si la majorité des spermatozoïdes sont lents et qu’ils ne se déplacent pas de manière adéquate, il existe alors une faible motilité spermatique. La motilité spermatique tient compte de la mobilité du spermatozoïde, c’est pourquoi il convient de la différencier du dénombrement des spermatozoïdes, même s’il existe un lien très étroit entre ces deux concepts. Avoir une quantité faible de spermatozoïdes dans le sperme peut également avoir des répercussions négatives sur la fertilité. En tout cas, s’il existe un problème de fertilité, il peut y avoir d’autres éléments en jeu et il convient de les étudier, c’est pourquoi nous vous conseillons de consulter des spécialistes et de réaliser une étude de fertilité masculine.
Types de motilité spermatique
On distingue plusieurs types de mobilité. La mobilité progressive correspond aux spermatozoïdes qui nagent en ligne droite ou en larges cercles, avec une vitesse supérieure à 25 μm/seconde. La mobilité non progressive concerne les spermatozoïdes qui bougent mais sans progression nette, souvent en cercles serrés ou avec des mouvements erratiques. Un spermatozoïde immobile ne peut pas atteindre l'ovule, rendant la fécondation naturelle impossible.
La qualité du mouvement, sa direction et sa persistance dans le temps constituent autant de paramètres analysés lors de l'examen. Les laboratoires utilisent désormais des systèmes d'analyse assistée par ordinateur (CASA) pour une évaluation objective et reproductible.
Concrètement, voici les différentes catégories de mobilité analysées. Grade A : mobilité rapide et progressive (>25 μm/s). Grade B : mobilité lente mais progressive (5-25 μm/s). Grade C : mobilité non progressive (<5 μm/s). Grade D : immobilité complète.
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Pourquoi l'analyse de la motilité est-elle importante ?
L'analyse de la mobilité des spermatozoïdes constitue un examen fondamental dans l'évaluation de la fertilité masculine. Cet examen mesure la capacité des spermatozoïdes à se déplacer efficacement, paramètre crucial pour la fécondation naturelle.
L'évaluation de la mobilité s'impose également avant une procréation médicalement assistée. Les techniques d'insémination artificielle ou de fécondation in vitro nécessitent une sélection rigoureuse des spermatozoïdes les plus mobiles. Cette sélection optimise les chances de succès des traitements.
Comment se préparer à l'examen ?
La préparation à l'analyse de mobilité nécessite le respect de consignes précises pour attendur la fiabilité des résultats. La règle fondamentale : observer une abstinence sexuelle de 2 à 7 jours avant le prélèvement. Cette période optimise la concentration et la qualité des spermatozoïdes.
Concrètement, vous devez éviter toute éjaculation pendant cette période d'abstinence. Cela inclut les rapports sexuels, la masturbation et les pollutions nocturnes si possible. Une abstinence trop courte (moins de 2 jours) diminue le volume et la concentration. À l'inverse, une abstinence trop longue (plus de 7 jours) altère la mobilité des spermatozoïdes.
Évitez l'alcool, le tabac et les drogues dans les 72 heures précédant l'examen. Ces substances toxiques impactent directement la qualité spermatique. De même, évitez les bains chauds, saunas et vêtements serrés qui élèvent la température testiculaire.
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Signalez à votre médecin tous les médicaments que vous prenez, car certains peuvent influencer les résultats.
Comment se déroule l'examen ?
Le recueil de l'échantillon s'effectue par masturbation dans un local privé du laboratoire. Cette méthode attendut les meilleures maladies d'hygiène et de conservation de l'échantillon. Le laboratoire met à disposition un récipient stérile spécialement conçu pour cet usage.
Avant le recueil, vous devez vous laver soigneusement les mains et les organes génitaux avec de l'eau tiède et du savon. Évitez les gels lubrifiants, crèmes ou préservatifs qui contiennent des substances spermicides. L'échantillon doit être recueilli intégralement dans le récipient fourni.
L'analyse proprement dite débute dans l'heure suivant le recueil. Le biologiste examine d'abord l'échantillon à l'œil nu : volume, aspect, viscosité, pH. Puis, une goutte de sperme est placée entre lame et lamelle pour l'observation microscopique.
Les systèmes CASA (Computer Assisted Sperm Analysis) analysent automatiquement des centaines de spermatozoïdes. Ces appareils mesurent la vitesse, la trajectoire et les paramètres cinétiques de chaque gamète avec une précision remarquable. L'analyse complète dure environ 2 heures.
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Comprendre les résultats
L'interprétation des résultats de mobilité suit les critères de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) actualisés en 2021. Les valeurs de référence définissent les seuils de normalité pour chaque paramètre.
Pour la mobilité progressive, la valeur normale est supérieure à 32% des spermatozoïdes. Cela signifie qu'au moins un tiers des gamètes doivent présenter un mouvement rectiligne efficace. La mobilité totale (progressive + non progressive) doit dépasser 40% des spermatozoïdes.
Un résultat anormal ne signifie pas automatiquement une infertilité. D'autres paramètres entrent en jeu : concentration, morphologie, vitalité. L'interprétation globale du spermogramme nécessite l'expertise d'un biologiste expérimenté. Des variations peuvent survenir d'un prélèvement à l'autre, justifiant parfois un second examen à 3 mois d'intervalle.
Facteurs affectant la motilité spermatique
Plusieurs facteurs peuvent influencer la motilité des spermatozoïdes, notamment :
- Facteurs liés au mode de vie :
- Une alimentation riche en viande transformée ou en graisse trans peut influencer le dénombrement des spermatozoïdes.
- Le tabagisme réduit significativement la motilité des gamètes masculins.
- La consommation d'alcool et de drogues peut impacter directement la qualité spermatique.
- L'exposition à la chaleur (bains chauds, saunas, vêtements serrés) peut élever la température testiculaire et altérer la mobilité.
- Facteurs médicaux :
- Les infections génitales récentes, la fièvre et la prise de certains médicaments peuvent temporairement altérer la mobilité.
- L'hypertension artérielle et ses traitements peuvent impacter négativement les paramètres spermatiques.
- Une dilatation des veines des testicules (varicocèle) est parfois pointée du doigt.
- Facteurs environnementaux et professionnels :
- Les hommes exposés professionnellement à des toxiques industriels peuvent présenter des altérations de la mobilité spermatique.
- Anticorps anti-spermatozoïdes :
- Il s’agit d’une affection assez rare, mais elle existe.
- Anomalies structurelles des spermatozoïdes ou infections.
- Causes génétiques, hormonales, infectieuses ou liées aux modes de vie (tabac, polluant environnementaux).
Améliorer la motilité spermatique : conseils et traitements
Il est possible d'améliorer la motilité spermatique en modifiant certains éléments de notre mode de vie. Certaines études démontrent qu’une alimentation riche en viande transformée (salami, saucisses) ou en graisse trans (comme la viennoiserie industrielle ou les pizzas congelées) influencent le dénombrement des spermatozoïdes. Il est conseillé d’augmenter l’ingestion de poisson bleu, riche en acides gras oméga-3 (thon, maquereau, saumon, espadon, truite) et de fruits et légumes frais qui, en raison de leur teneur élevée en vitamines et antioxydants, peuvent protéger les cellules du corps contre de nombreux dommages et favoriser le dénombrement des spermatozoïdes. Il est également conseillé d´avoir une alimentation très riche en céréales complètes et en fruits secs. Fumer est la pire des idées si l’on veut avoir des enfants.
Dans certains cas, une assistance médicale à la procréation (PMA) peut être proposée au couple.
- Insémination artificielle conjugale : traitement idéal pour les hommes souffrant d’oligospermie légère et de motilité légèrement affaiblie. L’insémination peut être une réussite et est, en général, le premier pas avant de tenter une fécondation in vitro. Elle consiste à déposer le sperme dans l’utérus de la femme le plus près possible de la zone de conception grâce à un tube fin et souple.
- Fécondation in vitro avec le sperme du partenaire : Il s’agit du traitement le plus indiqué lorsque les paramètres du spermogramme sont très perturbés. C’est le traitement qui offre un taux plus élevé de réussite. Dans ce cas, l’ovule est prélevé pour être fécondé en dehors de l’utérus.
- FIV-ICSI (fécondation in vitro avec micro-injection) : est une des technique de PMA les plus fréquemment réalisées. Elle est particulièrement indiquée dans l’infertilité masculine et donc pour palier à l’asthénospermie en introduisant les spermatozoïdes manuellement au sein de l’ovocyte. En effet, seuls quelques spermatozoïdes mobiles suffisent au bon déroulement de l’intervention. Cette dernière offre les plus grandes chances de succès. Les spermatozoïdes utilisés en AMP sont sélectionnés pour être les plus « vaillants possible ».
Innovations techniques dans l'analyse de la motilité
Les nouvelles technologies d'intelligence artificielle permettent désormais une analyse plus fine et prédictive des paramètres de motilité. Ces systèmes détectent des anomalies subtiles invisibles à l'œil humain.
La découverte récente du rôle de la protéine Dnali1 dans la motilité spermatique ouvre de nouvelles perspectives diagnostiques. Des tests génétiques spécifiques peuvent désormais identifier les hommes porteurs de mutations affectant cette protéine. Cette approche personnalisée révolutionne la prise en charge de l'infertilité masculine.
Les techniques de microfluidique permettent maintenant de sélectionner les spermatozoïdes les plus mobiles avec une précision inégalée. Ces dispositifs reproduisent les maladies physiologiques du tractus génital féminin, optimisant la sélection des gamètes pour la PMA.
Alternatives et examens complémentaires
Lorsque l'analyse standard de mobilité révèle des anomalies, plusieurs examens complémentaires peuvent être proposés. Le test de migration-survie évalue la capacité des spermatozoïdes à traverser un milieu visqueux simulant les sécrétions cervicales. Ce test prédit mieux les chances de fécondation naturelle.
Le test de vitalité distingue les spermatozoïdes vivants mais immobiles des spermatozoïdes morts. Cette distinction s'avère cruciale car des gamètes vivants mais immobiles peuvent parfois être utilisés en ICSI (injection intracytoplasmique). La coloration à l'éosine-nigrosine reste la technique de référence.
L'analyse de la fragmentation de l'ADN spermatique gagne en importance. Cette technique évalue l'intégrité génétique des spermatozoïdes, paramètre non corrélé à la mobilité mais essentiel pour le développement embryonnaire. Un ADN fragmenté peut expliquer des échecs de FIV malgré une mobilité normale.
Certains laboratoires proposent désormais l'analyse du stress oxydatif spermatique. Cette mesure identifie les hommes dont les spermatozoïdes subissent des dommages liés aux radicaux libres. Un traitement antioxydant peut alors améliorer la qualité globale du sperme, y compris la mobilité.
Asthénospermie : quand la mobilité est compromise
L’asthénozoospermie (ou asthénospermie) est une affection du sperme due à une mauvaise mobilité des spermatozoïdes. Habituellement, on classe les spermatozoïdes en quatre groupes : les rapides (a), les lents (b), les mobiles sur place (c) et les immobiles (d). On considère qu’une personne est atteinte d’asthénospermie lorsque son pourcentage de spermatozoïdes mobiles (issus des groupes a et b) est inférieur à 32%. En cas de réduction de la capacité des spermatozoides à se déplacer, la migration du vagin vers les trompes, site de la fécondation, est moindre, réduisant la probabilité de rencontre avec l’ovule. Cette altération constitue par conséquent une des causes d’infertilité masculine. Les causes d’asthénospermie sont très nombreuses. Elle s’associe le plus souvent à une diminution de la concentration de spermatozoïdes dans l’éjaculat (oligozoospermie) et/ou un nombre excessif de spermatozoïdes de formes anormales (tératozzospermie).
L’asthénospermie ne se manifeste pas par des symptômes spécifiques. Elle est le plus souvent découverte à l’occasion de difficultés à procréer.
Remontée des testicules : un phénomène normal ?
Les testicules sont le lieu où sont créés les spermatozoïdes. Ces derniers commencent à naître lors de la puberté et continuent tout au long de votre vie. Au nombre de deux, les testicules se situent juste en dessous du sexe masculin. Ils sont entourés d’une peau nommée "albuginée" destinée à les protéger. Suite à un orgasme, vos testicules peuvent remonter. Cela est dû à une contraction musculaire qui réagit suite à la stimulation sexuelle. Ils peuvent aussi remonter lorsque votre corps se trouve dans un endroit froid. En effet, si les testicules sont "en dehors" du corps et ont une température moindre, ils ont tout de même besoin d’une certaine chaleur pour être préservés.
La remontée des testicules peut aussi être due à d’autres situations. Chez certains hommes, l’un des testicules peut être mal fixé à son cordon et sortir de sa poche de protection pour remonter. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette anomalie est réversible. Elle survient souvent avant votre puberté et peut continuer un certain temps après, voire se manifester plus tardivement. L’inconvénient de cette situation est le suivant : le cordon peut parfois se tordre et entraîner alors des douleurs. Cependant, la remontée des testicules reste un phénomène tout à fait normal. Il peut arriver que suite à une stimulation de certaines parties de votre corps, comme les cuisses, vos testicules remontent. Ceci est une réaction normale que vous pouvez constater par vous-même.
Les testicules sont normalement présents dans les bourses où ils ont migré à la fin de la grossesse, voire peu de temps après la naissance. Mais dans certains cas, ils oscillent dans la bourse. C'est ce qu'on appelle un "testicule ascenseur". On parle d'un testicule "ascenseur" lorsque celui-ci a fait sa migration complète dans la bourse (à la naissance le plus souvent ou dans les 6 mois qui suivent l'accouchement), relié par le cordon spermatique et des fibres musculaires crémastériennes, en passant par l'aine, mais a tendance à remonter dan l'aine.
La nage des spermatozoïdes : une découverte récente
Jusqu’ici, les scientifiques pensaient que les gamètes mâles avançaient en faisant onduler leur filament. Une erreur due aux techniques d’observation utilisées en 1677 par le microbiologiste néerlandais Antonie van Leeuwenhoek sur son propre sperme, selon l’étude, relayée par le HuffPost américain. Le scientifique n’avait accès qu’à des méthodes d’observation en deux dimensions.
Des chercheurs britanniques et mexicains ont eu recours à la microscopie en 3D pour reconstituer le mouvement des cellules reproductrices. « Le spermatozoïde a développé une technique de nage pour pallier son déséquilibre », explique Hermès Gadhela, principal auteur de l’étude. « La tête du spermatozoïde tourne sur elle-même en même temps que la queue du spermatozoïde pivote autour de l’axe de direction de la nage. »
Les gamètes ont « résolu un problème mathématique à l’échelle microscopique en créant une symétrie à partir d’une asymétrie », s’émerveille le chercheur.
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