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Pourquoi ne pas jeter les placentas : Dangers et alternatives

L'accouchement est un moment charnière, un rite de passage marqué par des pratiques médicales et culturelles ancestrales. L'une de ces pratiques, la section du cordon ombilical, est un rituel bien établi après la naissance d'un bébé. Mais qu'adviendrait-il si ce cordon n'était pas coupé ? Cette question soulève plusieurs enjeux, allant du rôle de la mère ou des parents dans cet acte symbolique à l'impact sur la santé du nouveau-né. Abordons ensemble ce sujet complexe et fascinant, notamment en explorant les raisons pour lesquelles il est important de ne pas simplement jeter le placenta.

Le rôle vital du cordon ombilical et du placenta

Le cordon ombilical est vital pour le fœtus en cours de développement. Il assure la liaison entre le fœtus et le placenta, permettant la circulation des nutriments et de l'oxygène. Trois vaisseaux sanguins, deux artères et une veine, sont protégés par la gelée de Wharton, une substance résistante et élastique. Après la naissance, le cordon ombilical perd sa fonction primaire mais joue encore un rôle essentiel.

Le sang du cordon ombilical est particulièrement riche en cellules souches. Ces cellules ont le potentiel de traiter des maladies graves chez le bébé ou d'autres membres de la famille. De plus, le cordon ombilical sèche et tombe naturellement, généralement entre 10 et 15 jours après la naissance, sans causer de douleur au nouveau-né.

Le placenta, quant à lui, est un organe temporaire qui a pour rôle de nourrir le fœtus pendant la grossesse. Il est une sorte de plateforme d’échange entre la mère et le bébé, sans que jamais leurs sangs respectifs ne communiquent. C’est grâce à un cordon que le fœtus puise les nutriments et l’oxygène véhiculés par le sang maternel. Cet organe éphémère agit également comme une barrière protectrice en filtrant certaines bactéries, parasites ou médicaments (mais pas tous).

Les implications de ne pas couper le cordon ombilical immédiatement

Ne pas couper le cordon ombilical immédiatement après la naissance peut avoir plusieurs implications. D'un point de vue médical, le maintien du cordon intact pendant un certain laps de temps post-naissance, connu sous le nom de "clampage retardé", permet une transfusion placentaire supplémentaire. Cela peut améliorer le bilan en fer du nourrisson et réduire le risque de certaines complications chez les enfants prématurés. L'OMS recommande un clampage du cordon environ une minute après la naissance. Retarder le clampage après l'accouchement d'au moins une minute limite les risques d'anémie et favorise le bien-être du bébé en lui octroyant les bons nutriments nécessaires pour son évolution.

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Néanmoins, garder le cordon intact trop longtemps, comme dans le cas d'une "Lotus Birth", peut présenter des risques d'infection. Sans une coupure appropriée, le cordon ombilical peut également rester attaché au bébé pendant un temps prolongé, pouvant causer d'éventuelles complications.

La "Lotus Birth" : Pratique et risques

La "Lotus Birth" est une pratique où le cordon ombilical n'est pas coupé immédiatement après la naissance. Le bébé reste ainsi attaché au placenta jusqu'à ce que le cordon sèche naturellement et tombe de lui-même, généralement entre trois et sept jours après la naissance. Une fois la naissance passée, le placenta et le cordon ombilical ne sont plus irrigués de manière continue par le cœur de la mère, ce qui peut entraîner un risque d'infections. Il est donc crucial de bien peser les avantages et les inconvénients de cette pratique avant de prendre une décision et de consulter un médecin pour obtenir des conseils personnalisés et adaptés à chaque situation.

Comment et quand couper le cordon ombilical ?

La coupe du cordon ombilical est généralement effectuée par le médecin ou la sage-femme peu après la naissance. Auparavant, le cordon était clampé et coupé 10 à 15 secondes post-expulsion. Cependant, l'OMS préconise d'attendre un peu plus longtemps. Dans certains cas, les parents peuvent être amenés à couper le cordon si le bébé est en bonne santé. C'est un geste symbolique marquant la séparation physique entre la mère et l'enfant. Le cordon est coupé à environ 3 ou 4 cm du ventre du bébé. Le petit morceau de cordon restant va sécher puis tomber au bout de quelques jours, laissant place au nombril. Pendant ce temps, il est essentiel de prendre soin du cordon pour éviter toute infection. Il faut noter que chaque situation est unique. Dans certaines conditions, comme en cas de complications durant l'accouchement, la coupe du cordon peut être effectuée immédiatement pour le bien-être du bébé.

Le processus de séparation naturelle du cordon ombilical

La séparation naturelle du cordon ombilical est un processus graduel. Après le clampage et la coupe du cordon, le petit morceau restant sur le ventre du bébé commence à sécher et à changer de couleur, passant généralement de blanc à un noir ou brun foncé. Ce processus de dessèchement, qui implique la coupure de l'approvisionnement en sang, conduit à la chute du cordon. Cela se produit généralement entre le 5ème et le 15ème jour après la naissance. Durant cette période, des soins appropriés doivent être pris pour éviter toute infection. Ces soins incluent le nettoyage régulier du cordon avec de l'eau et du savon, en évitant de le recouvrir avec la couche pour le maintenir au sec, et en observant attentivement pour déceler tout signe d'infection comme la rougeur, le gonflement ou l'odeur désagréable. Il est à noter que le processus de chute du cordon est indolore pour le bébé. Après la chute du cordon, le nombril apparaît et peut prendre quelques jours supplémentaires pour guérir complètement.

Que devient le cordon ombilical et le placenta après l'accouchement ?

Après la naissance, le cordon ombilical qui reliait la mère et l'enfant traverse plusieurs étapes. Dès que le bébé est expulsé, une pince est placée sur le cordon qui est ensuite coupé, un acte indolore pour le nouveau-né car le cordon ombilical ne contient pas de nerfs. Ce qui reste du cordon ombilical sur le ventre du bébé va progressivement sécher, passant d'une couleur blanchâtre à un noir ou brun foncé.

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Une fois le cordon ombilical coupé, la partie du cordon qui était reliée à la mère est en réalité attachée au placenta. Après l'accouchement, le placenta est expulsé de l'utérus de la mère lors de ce qu'on appelle la délivrance.

Plusieurs options existent quant au devenir du placenta et donc du cordon ombilical. Il peut être incinéré par l'hôpital, ce qui est le cas le plus fréquent, ou remis aux parents qui souhaitent l'enterrer, une coutume présente dans certaines cultures. Dans certains cas, le placenta peut être conservé pour une utilisation médicale, comme les dons de cellules souches du cordon ombilical.

Pratiques culturelles : Enterrer le cordon ombilical

Enterrer le cordon ombilical est une pratique traditionnelle dans certaines cultures. Cela peut symboliser l'attachement de l'enfant à ses racines, à sa famille et à sa terre d'origine. Selon les croyances, cela peut également apporter protection et prospérité à l'enfant. Dans d'autres contextes, enterrer le cordon ombilical peut avoir une dimension écologique. Plutôt que de jeter le cordon ombilical ou de le laisser à l'hôpital pour incinération, certaines personnes préfèrent le retourner à la terre, dans un souci de respect de l'environnement. Il faut toutefois préciser que cette pratique n'a pas de justification médicale. Les décisions concernant le devenir du cordon ombilical après la naissance sont donc principalement guidées par les choix personnels et les croyances des parents.

La placentophagie : Consommer le placenta

Si en France, c'est interdit, manger son placenta après son accouchement est devenu une mode aux Etats-Unis. Cette pratique, qui a fait de nombreuses adeptes au fil des années, est en effet réputée pour ses nombreux bienfaits (anti dépression post-partum, boost du corps et du moral, etc). Mais est-ce si bon de manger son placenta ? Des scientifiques new-yorkais se sont penchés sur cette fameuse question, en analysant de précédentes études déjà parues sur le sujet ces dernières années.

La placentophagie consiste à consommer le placenta après l’accouchement, cru, cuit ou sous forme déshydratée puis encapsulée. Cet organe éphémère :aurait des vertus nutritives et énergétiques ;faciliterait les suites de couches (réduction de la douleur, diminution de la fatigue, prévention de la dépression du post-partum, stimulation de l’allaitement…) en raison de sa haute teneur en hormones, vitamines et minéraux dont le fer. Plusieurs sites Internet proposent des recettes de cuisine parfois assez audacieuses…Pourtant, aucune étude scientifique n’a démontré à ce jour les vertus de la consommation de placenta sur la santé.

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Les précédentes enquêtes menées jusqu'alors ne reposent ni sur des réalités scientifiques valables, ni sur un échantillon de personnes suffisant pour valider leurs résultats. Ils ont tout de même pris en compte une étude qui a porté sur 14 femmes seulement, mais qui répondait à certaines normes. En plus de l’absence d’éléments scientifiques probants, la moitié des obstétriciens et gynécologues ne seraient pas formés aux risques que cette pratique. En juin 2017, les Centres de prévention et de contrôle des maladies ont émis un avertissement suite à un cas d’infection d’un nourrisson en septembre 2016. Selon les auteurs de l’étude, "la placentophagie, en augmentation aux Etats-Unis, est potentiellement nocive et n'apporte aucun bénéfice documenté. Les médecins devraient décourager cette pratique". L'un d'eux définit même le placenta comme un déchet et la pratique, du cannibalisme (le placenta étant un organe faisant partie du nouveau-né).

En conclusion, il existe toujours un énorme flou quant aux avantages et aux risques d’ingérer son placenta et la médecine a encore des progrès à faire.

Le placenta : Un déchet ou une ressource ?

En France, le placenta est assimilé à un déchet à risque infectieux. S’il n’est pas utilisé à des fins thérapeutiques ou scientifiques, il est voué à l’incinération. Une parturiente peut-elle réclamer son placenta à l’établissement où son accouchement a eu lieu ?

Après l’accouchement, il n’existe que deux possibilités : Soit le placenta devient un déchet opératoire et doit suivre la procédure d’incinération prévue pour tous les DASRI (déchets d’activités de soins à risques infectieux) conformément à l’article R.1335-1 du Code de santé publique. Soit il est collecté dans un but scientifique ou thérapeutique. En France, la collecte de produits du corps humain est encadrée par la loi de bioéthique de 1994, révisée en 2011. Face à ce phénomène et à la création de sociétés proposant de transformer le placenta des femmes en gélules contre rémunération, le ministre de la Santé a précisé à nouveau le statut du placenta.

Cependant, il est important de noter que le placenta contient des cellules souches qui peuvent être utilisées pour traiter des maladies du sang comme les cancers, les leucémies ou les lymphomes. De plus, la nouvelle loi du 7 juillet 2011 (article 18) admet l'utilisation du placenta à des fins scientifiques ou thérapeutiques avec la stricte autorisation préalable de l'accouchée.

Alternatives à la destruction : Valoriser le placenta

Face à la destruction systématique du placenta, des alternatives émergent pour valoriser cet organe unique.

Le don de cellules souches

Le sang de cordon ombilical est riche en cellules souches qui peuvent être utilisées pour traiter des maladies graves. Le don de ces cellules est un acte anonyme et gratuit qui peut sauver des vies.

La recherche scientifique

Le placenta peut être utilisé à des fins scientifiques pour mieux comprendre le développement fœtal, les maladies placentaires et les complications de la grossesse.

L'empreinte placentaire

De plus en plus de sages-femmes proposent de réaliser une empreinte placentaire à la naissance, créant ainsi un souvenir unique de la connexion entre la mère et l'enfant.

La fabrication d'iso-placenta homéopathique

Il existe un procédé sécurisé de transfert optique pour élaborer de l'iso-placenta homéopathique de nouvelles accouchées. Cette préparation peut être utilisée pour toutes les maladies virales, maladies infantiles, tous problèmes en lien avec une baisse des défenses immunitaires ainsi que pour des maladies chroniques résistant aux traitements classiques.

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