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Les Hommes Contre la PMA pour Toutes : Raisons et Enjeux

L'extension de la Procréation Médicalement Assistée (PMA) à toutes les femmes est un sujet de société complexe et passionnel en France. Si elle représente un espoir pour de nombreuses femmes seules ou en couple homosexuel désirant fonder une famille, elle suscite également de vives oppositions. Cet article se propose d'explorer les arguments avancés par les opposants à la PMA pour toutes, en mettant en lumière les enjeux éthiques, sociétaux et anthropologiques qu'ils soulèvent.

La PMA : Définition et Cadre Légal Actuel

La Procréation Médicalement Assistée (PMA) englobe l'ensemble des techniques médicales visant à aider à la conception d'un enfant. En France, la PMA est encadrée par les lois de bioéthique, initialement établies en 1994 et modifiées en 2011. Actuellement, elle est réservée aux couples hétérosexuels (mariés, pacsés ou en concubinage) et est prise en charge à 100% par l'assurance maladie pour les femmes de moins de 43 ans.

Les conditions d'accès à la PMA pour les couples hétérosexuels sont les suivantes :

  • Le couple est en âge de procréer (limite de 43 ans pour la femme receveuse et de 45 ans pour le donneur tiers).

  • Les deux membres du couple sont vivants et consentants.

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  • Le couple se trouve dans l'une des deux situations suivantes :

    • L'un des membres est porteur d'une maladie grave susceptible d'être transmise au conjoint ou à l'enfant.
    • Le couple ou l'un de ses membres présente une stérilité ou une infertilité pathologique médicalement constatée.

Seulement 5% des naissances par PMA sont obtenues avec un donneur tiers, dont 4% avec un don de sperme et 1% avec un don d’ovocyte.

Les Arguments des Opposants à l'Extension de la PMA

Les opposants à l'extension de la PMA à toutes les femmes, regroupés au sein d'associations et de mouvements tels que "La Manif pour tous" et "Marchons enfants!", expriment de profondes préoccupations quant aux conséquences de cette mesure. Leurs arguments s'articulent autour de plusieurs axes principaux :

La Question de l'Absence du Père et de la Filiation Paternelle

Un argument central des opposants à la PMA pour toutes est la crainte de priver délibérément un enfant de père et de filiation paternelle. Ils soulignent que la PMA sans père conduirait à concevoir des enfants volontairement privés de cette figure essentielle, ce qui pourrait avoir des conséquences psychologiques et émotionnelles néfastes pour l'enfant.

Pour Christian Flavigny, la loi qui viendrait décider de la possibilité de priver un enfant de son père crée un brouillage psychologique pour l'enfant. Les opposants insistent sur la nécessité pour l'enfant de connaître son histoire, celle de sa famille paternelle, et de ne pas être privé de cette dimension de son identité. Ils estiment qu'il est faux de prétendre que les enfants n'ont pas besoin de père et que priver un enfant de père serait une injustice terrible et un déni délibéré des conséquences.

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Le Risque de Dévoiement de la Médecine et de la Technique

Les opposants à la PMA pour toutes craignent également un dévoiement de la médecine et de la technique. Ils estiment que la PMA ne devrait être utilisée que pour remédier à une infertilité médicalement constatée et non pour satisfaire un désir d'enfant en l'absence de pathologie. Ils craignent que l'extension de la PMA ouvre la voie à une dérégulation de la technique et à un emballement complet, avec des conséquences imprévisibles sur la société.

Blanche Streb estime qu'on ne réfléchit pas à toutes les conséquences d'un tel projet de loi et que l'on s'achemine vers un emballement complet de la technique et une soumission à la loi du marché. Ils craignent également que l'extension de la PMA ne constitue qu'une étape vers la légalisation de la GPA (gestation pour autrui) et du diagnostic préimplantatoire, ouvrant ainsi la porte à des dérives eugénistes.

La Crainte d'une Société Sans Père et d'une Négation de la Maternité

Certains opposants à la PMA pour toutes estiment que ce projet de loi envoie un signal négatif quant à la place du père dans la société et qu'il contribue à une vision où le père est considéré comme accessoire. Ils craignent que cela ne conduise à une société sans père, où la figure paternelle serait dévalorisée et marginalisée.

De plus, ils estiment que le projet de loi propose un nouveau mode de filiation pour les couples de femmes qui revient à nier la maternité. En effet, le projet de loi prévoit que les couples de femmes fassent devant notaire une déclaration avant la naissance de l'enfant attestant de leur volonté de s'engager dans un projet parental. Les opposants estiment que cela revient à réduire la maternité à une simple intention et à nier la dimension biologique et affective de la relation mère-enfant.

Les Enjeux Anthropologiques Fondamentaux

Pour les opposants à la PMA pour toutes, ce débat touche à des enjeux anthropologiques fondamentaux. Ils estiment que la filiation est un élément essentiel de la construction de l'identité de l'enfant et que la PMA sans père remet en question les fondements de la famille et de la société. Ils insistent sur la nécessité de prendre en compte le point de vue de l'enfant et de ne pas lui imposer des modèles familiaux qui ne respectent pas son droit à connaître ses origines et à avoir une filiation claire.

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Christian Flavigny insiste sur la crédibilité de ce que l'on dit aux enfants. Il estime que l'on énonce des principes juridiques qui ne sont pas crédibles pour l'enfant et que le point de vue de l'enfant est complètement occulté dans ce débat.

Le Risque d'Inégalités et de Discriminations

Les opposants à la PMA pour toutes soulignent également le risque d'inégalités et de discriminations que pourrait engendrer cette mesure. Ils estiment que la PMA sans père créerait une inégalité entre les couples homme-femme et les couples de femmes, car les premiers recourent à la PMA en raison d'une pathologie de la fertilité, tandis que les seconds y recourraient par choix. Ils craignent que cela n'allonge les délais d'attente pour les couples hétérosexuels et ne crée une discrimination à leur égard.

De plus, ils estiment que la légalisation de la GPA (gestation pour autrui) créerait une autre inégalité, en réduisant les femmes à leurs fonctions reproductives et en les exploitant comme incubatrices.

Les États Généraux de la Bioéthique et le Débat Public

La question de l'extension de la PMA à toutes les femmes a fait l'objet de nombreux débats et consultations en France, notamment lors des États généraux de la bioéthique organisés entre janvier et avril 2019. Cependant, certains opposants estiment que ces États généraux ont été une "énorme maldonne" et que leur objectif n'a jamais été clairement défini. Ils se demandent si ces consultations ont réellement permis de prendre en compte l'avis des Français et de déterminer une majorité sur cette question.

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