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La Féconde Pêche au Poisson à 300 Voiles : Une Espèce en Mutation à Douarnenez

Introduction

L'histoire du port de Douarnenez est intimement liée à l'évolution des techniques de pêche et aux mutations socio-économiques. Cet article explore les défis et les transformations qu'a connus ce port breton, notamment l'adoption difficile du chalutage, et comment ces changements ont affecté l'identité et l'avenir de la communauté maritime locale. L'article s'appuie sur des données historiques et des témoignages pour retracer cette période cruciale de l'histoire de Douarnenez.

La Transition Difficile vers le Chalutage

La Fin d'un Monde : La Guerre de la Bolinche

La guerre de la bolinche symbolise une rupture majeure dans l'histoire de Douarnenez, marquant la fin d'une conception du métier de marin ancrée dans des traditions séculaires. Cette période de changements profonds a transformé le visage de la ville avec le développement d'un grand port de pêche au Rosmeur, un port de plaisance à Tréboul, des programmes de logements sociaux et des lotissements. Ces investissements massifs ont restructuré l'agglomération, affranchissant la ville de l'emprise des conserveries et faisant disparaître les repères anciens.

Le Problème Douarneniste : Entre Tradition et Modernité

En 1944, Charles Robert-Muller a dressé un portrait saisissant du port de Douarnenez, soulignant sa complexité et son caractère unique. Il a noté une division émergente entre les jeunes marins attirés par la pêche hauturière et les anciens attachés à la pêche côtière. Les marins de Douarnenez étaient réputés pour leur ardeur et leur capacité à s'adapter aux différentes saisons et types de pêche. Cependant, Robert-Muller a également souligné une certaine routine et un manque d'ouverture aux aménagements portuaires modernes, freinant ainsi le développement du port.

Le Calendrier des Pêches Saisonnières

Le port de Douarnenez était rythmé par un calendrier précis de pêches saisonnières : sardine, maquereau, thon et langouste de Mauritanie. En automne, une centaine de sardiniers restaient fidèles à la sardine, tandis qu'une dizaine se tournaient vers le chalutage d'hiver et une quarantaine s'adonnaient à la pêche à la palangre. Certains partaient à la recherche du gros maquereau de printemps sur les côtes anglaises, et tous retrouvaient la sardine de rogue en juin. Parallèlement, 45 dundees thoniers partaient dès février à la pêche au maquereau de dérive en Angleterre, puis rejoignaient le golfe de Gascogne pour pêcher le thon jusqu'en octobre. Une dizaine mettait ensuite le cap au sud, vers les côtes marocaines, pour la pêche à la sardine salée.

Les Interrogations sur l'Avenir du Port

La Dualité Douarneniste

Les responsables du service portuaire des ponts et chaussées du Finistère ont souligné en 1949 le particularisme de Douarnenez, caractérisé par l'innovation dans les types de pêche et la routine dans l'aménagement du port et de la ville. Ils ont noté que les marins de Douarnenez étaient d'excellents pêcheurs, capables d'inventer de nouvelles techniques et de s'adapter aux différentes pêches. Cependant, ils étaient également réticents à la modernisation du port, craignant une transformation industrielle de la pêche et l'arrivée de grands chalutiers.

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Les Difficultés Croissantes

En 1955, la commission de la marine marchande et des pêches du Conseil de la République constatait les difficultés croissantes du port de Douarnenez. Le maquereau de dérive ne rapportait plus suffisamment, le thon était pêché avec plus de succès par d'autres ports, et la campagne sardinière de 1955 était catastrophique. La surexploitation des ressources avait des effets néfastes, et seule la pêche à la langouste restait florissante, mais insuffisante pour assurer l'avenir du port.

La Nécessité de la Modernisation

Face à ces défis, la modernisation du port et l'adoption du chalutage étaient perçues comme des solutions indispensables. L'administrateur Vessières et d'autres observateurs ont souligné la nécessité de se moderniser pour assurer la pérennité du port. Simon et Jean Boixière ont même affirmé en 1956 que Douarnenez n'en avait plus pour longtemps à vivre avec ses méthodes dépassées.

L'Avènement des Premiers Chalutiers Hauturiers

L'Encouragement à la Construction de Chalutiers

En 1955, une commission consultative a encouragé la construction de chalutiers au port de Douarnenez pour diversifier les activités de pêche et réguler les apports. Cependant, les débouchés offerts par le port étaient encore insuffisants, et certains mareyeurs étaient réticents à ces nouveaux apports.

Les Pionniers du Chalutage

Dès 1955, quelques bateaux pratiquaient déjà le chalutage, mais débarquaient leur poisson à Concarneau. Parmi ces pionniers figuraient les morgatois Tante Yvonne et Port Manech, le trébouliste Croix du Sud et le Sav Breizh, montés par des équipages douarnenistes. Il faudra attendre 1958 pour que des chalutiers vendent régulièrement à Douarnenez, notamment le Véritas et le Peccannini.

Les Enjeux Financiers et les Résistances

La construction d'un chalutier et l'installation d'équipements de congélation nécessitaient des capitaux importants, remettant en question les arrangements traditionnels entre patrons et quirataires. Le changement était redouté, mais apparaissait de plus en plus comme une nécessité pour assurer l'avenir du port de Douarnenez.

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