La procréation médicalement assistée (PMA) représente souvent un espoir pour les couples confrontés à l'infertilité. Cependant, ce parcours est loin d'être un long fleuve tranquille et comporte son lot d'épreuves et de points négatifs qu'il est important de connaître.
Un sentiment d'échec immense face à la FIV négative
S'engager dans une assistance médicale à la procréation représente un regain d'espoir, une bataille acharnée pour que tout fonctionne et que la FIV soit un succès. Le temps, les sacrifices, l'organisation mis en œuvre pour résoudre ce que la nature refuse d'accorder rendent l'annonce d'un test négatif particulièrement difficile à encaisser. C'est un cuisant échec que vous prenez en plein visage, à nouveau. Un échec même à l’échelle sociale ou familiale, où avoir un enfant est la norme.
Malgré les progrès de la médecine, les taux de réussite ne sont pas de 100 %, et l'espoir permis par ces avancées s'effondre lors d'un échec. Être déçu est donc inévitable.
Gérer la déception et la peur de ne jamais avoir d'enfant
Ne pas réussir à avoir d’enfant et accepter sa stérilité puis le parcours FIV c’est déjà un cap à passer. Pas de bébé fait sous la couette, mais à la place de longues démarches médicales et administratives pour avoir des embryons qui puissent être transférés. Des stimulations ovariennes, des ponctions d’ovocytes, l’utilisation d’un don de spermatozoïdes parfois, des rendez-vous à tour de bras, une vie sociale parfois mise de côté et professionnelle perturbée : c’est beaucoup de sacrifices. Cette FIV sur laquelle vous aviez fondé beaucoup d’espoir vous remet à nouveau sous les yeux votre impossibilité à avoir un bébé naturellement et même médicalement : la peur de ne jamais avoir d’enfant ressurgit.
La tristesse, la colère et un sentiment d'injustice peuvent alors surgir. Pourquoi les autres y arrivent-ils naturellement ou même avec une FIV, et pas vous ? Il est essentiel d'accepter ces émotions et de les exprimer, que ce soit à votre conjoint, à un ami, sur un blog ou dans un cahier. Consulter un psychologue, individuellement ou en couple, peut également apporter un soutien précieux pour traverser cette étape délicate.
Lire aussi: Noël : activité éducative
Il est important de ne pas sous-estimer la peine ressentie et de ne pas trop attendre de son entourage, qui peut avoir du mal à comprendre ce que l'on traverse.
Les causes possibles d'un échec de FIV
Un échec de FIV n'est jamais un "échec personnel" mais plutôt le reflet de la complexité de la biologie humaine. Les causes sont multiples, souvent médicales et complexes :
- Qualité des ovocytes : Elle peut diminuer avec l'âge ou selon certains facteurs de santé, influençant directement la capacité de l'embryon à se développer.
- Qualité du sperme : Des anomalies morphologiques ou une faible mobilité des spermatozoïdes peuvent compromettre la fécondation, même en laboratoire.
- Développement de l'embryon : Tous les embryons ne se développent pas jusqu'au stade du blastocyste. Certains arrêtent leur progression sans raison identifiable.
- Implantation dans l'utérus : Parfois, l'endomètre n'est pas réceptif au moment du transfert, même si l'embryon est de bonne qualité. C'est ce qu'on appelle la "fenêtre d'implantation".
- Facteurs immunologiques ou génétiques : Plus rares, mais possibles. Le corps peut parfois rejeter l'embryon comme un corps étranger, ou des anomalies chromosomiques empêchent la poursuite de la grossesse.
- Facteurs liés au protocole : Le dosage hormonal, le moment du transfert, la technique utilisée… Parfois, un ajustement du protocole peut tout changer.
Même avec la meilleure équipe médicale, la FIV reste un processus fragile et imprévisible.
L'échec du don d'ovocytes : une épreuve supplémentaire
Le don d'ovocytes augmente considérablement les chances de réussite, notamment pour les femmes avec une réserve ovarienne faible ou une mauvaise qualité ovocytaire. Pourtant, il arrive aussi que la FIV échoue malgré cette option. Les raisons possibles :
- Problème lié à l'implantation de l'embryon : même avec un embryon de qualité issu d'ovocytes de donneuse, l'endomètre peut ne pas être réceptif.
- Facteurs immunitaires : le système immunitaire peut parfois empêcher l'implantation ou provoquer une fausse couche précoce.
- Anomalies chromosomiques de l'embryon : même avec de jeunes ovocytes, des anomalies peuvent survenir lors de la fécondation ou du développement embryonnaire.
- Qualité de l'endomètre : épaisseur insuffisante, polypes, fibromes, endométriose… L'état de l'utérus joue un rôle majeur.
Cette impression d'impasse peut être dévastatrice. Pourtant, chacune a trouvé un moyen de réinventer son chemin, parfois dans une nouvelle tentative avec des ajustements, parfois dans un autre projet de vie.
Lire aussi: Points Clés Petite Section
Les symptômes d'un échec de FIV : une attente angoissante
Beaucoup de femmes cherchent à savoir rapidement si la tentative a fonctionné. Il n'y a pas de symptômes fiables avant la prise de sang (bêta-hCG).
Les crampes, tensions dans la poitrine, ballonnements ou saignements légers peuvent tout autant être liés au traitement hormonal qu'à une possible implantation. Seule l'analyse sanguine confirme ou non la grossesse. Et même une absence totale de symptômes ne signifie rien : certaines femmes n'ont ressenti aucun signe et ont pourtant obtenu un résultat positif.
Il est conseillé de ne pas s'infliger la torture de l'auto-surveillance permanente et d'essayer, autant que possible, de s'entourer et de prendre soin de soi jusqu'au résultat.
Que faire après plusieurs échecs de FIV ?
Après plusieurs tentatives infructueuses, le découragement peut devenir écrasant. Il n'y a pas de réponse universelle, mais voici ce qui peut vous aider à avancer :
- Faire le point médical : il est essentiel de réévaluer le protocole avec votre équipe. Avez-vous testé différentes stimulations ? Un bilan immunologique ou génétique a-t-il été réalisé ? Parfois, un changement d'approche (don d'ovocytes, don de sperme, transfert différé…) peut tout changer.
- Écouter votre corps et votre cœur : où en êtes-vous physiquement ? Émotionnellement ? Financièrement ? Le parcours de PMA demande une énergie colossale. Vous avez le droit de faire une pause, de souffler, de vous reconnecter à vous-même avant de décider de continuer… ou non.
- Envisager d'autres chemins : certaines personnes choisissent de se tourner vers l'adoption, l'accueil d'enfant, ou parfois de redéfinir leur projet de vie autrement. Ce n'est pas renoncer, c'est se donner la liberté de choisir ce qui vous correspond vraiment.
Il n'y a pas de "bon moment" pour arrêter, ni de "bon nombre" de tentatives. Ce qui compte, c'est que vous vous sentiez alignée avec vos choix, et non poussée par la culpabilité ou la pression extérieure. Votre bien-être doit rester au centre.
Lire aussi: Tout savoir sur le Club Pampers
La dépression après un échec de FIV : une souffrance légitime
L'échec d'une FIV est profondément émotionnel et psychologique. Beaucoup de femmes témoignent d'une véritable dépression après un ou plusieurs échecs : tristesse persistante, perte d'intérêt pour les activités quotidiennes, sentiment de vide, troubles du sommeil, pensées noires…
Si vous vous reconnaissez dans ces signes, sachez que vous n'êtes pas seule, et ce que vous vivez est légitime.
- Reconnaître ce que vous traversez : mettre des mots sur la souffrance, c'est déjà un premier pas. Ce n'est pas de la faiblesse, c'est une réaction normale face à un deuil : le deuil d'un enfant rêvé, d'un projet de vie, d'une certaine image de soi.
- Ne pas rester isolée : parler avec des proches de confiance, rejoindre un groupe de soutien (en ligne ou en présentiel), ou consulter un coach. L'isolement amplifie la souffrance.
- Se faire accompagner professionnellement : si les symptômes persistent, n'hésitez pas à consulter. Parfois, un soutien thérapeutique ou un suivi médical est nécessaire pour sortir de la spirale dépressive.
- S'autoriser à prendre soin de soi : respiration, méditation, sophrologie, activité physique douce, écriture, art… Tout ce qui reconnecte au corps et à la douceur peut aider.
Tu n'as pas échoué. Tu vis une épreuve immense, et tu as le droit de la traverser à ton rythme, sans te définir par un résultat. Ta valeur ne dépend pas d'une prise de sang.
Retrouver de l'espoir malgré un échec
Un échec de FIV peut sembler mettre fin au rêve de devenir parent. Pourtant, de nombreuses femmes et couples témoignent qu'après plusieurs tentatives, une grossesse a pu aboutir.
Et même au-delà de la médecine, d'autres chemins existent : adoption, accueil d'enfant, parentalité autrement… ou encore la possibilité de réinventer sa vie sans enfant, dans la richesse de ce que vous êtes déjà. S'autoriser à remettre du sens dans ce que l'on vit, à explorer ce qui nous fait vibrer au-delà du projet de maternité.
L'espoir ne disparaît pas avec une FIV négative : il peut prendre une autre forme, plus vaste, plus libre, plus légère.
Les effets secondaires des traitements hormonaux
Les hormones prescrites lors d’une tentative de FIV ne sont pas dépourvues d’inconvénients. Des effets secondaires incontestables passés sous silence dans le huis-clos de la consultation médicale, que je découvre au fur et à mesure et à mes dépens. Dès la première FIV, mon corps me rappelle à l’ordre. Oh, des troubles mineurs pour commencer : la nuit, par exemple, il m’arrivait de me réveiller en sueur et en tremblant de froid à la fois. Les hormones qui bloquent l’ovulation provoquent un repos des ovaires, proche de la ménopause. L’irritabilité est aussi un effet secondaire reconnu de ces hormones qui paralysent l’ovulation. Puis, j’ai vu des petites veines éclater sur mes jambes. De la cellulite est apparue sur le haut des cuisses. Sans oublier peut-être le pire : au fur et à mesure des stimulations, mes cheveux se mirent à tomber. Un peu au début, puis par poignées. Fort heureusement, je retrouvai ma chevelure initiale à l’arrêt des traitements. Après la 4ème FIV, j’allai frapper à la porte d’un phlébologue. Au bout de deux années d’AMP, des dizaines de petites varicosités, très laides, balafraient mes jambes. Le problème n’était pas seulement esthétique. Il n’était pas rare que mes jambes me fassent mal. Le diagnostic du médecin fut immédiat : j’avais subi une telle « imprégnation hormonale » qu’une véritable insuffisance veineuse était survenue.
Il est donc important d'être informé des potentiels effets secondaires et d'en discuter avec son médecin.
L'impact sur le couple et la sexualité
Les tentatives, les espoirs, peuvent ébrécher le couple et effilocher le lien qui vous unit. La sexualité est modifiée, elle n’est plus spontanée, la vie de couple est organisée autour des ponctions, des stimulations, des injections, des rendez-vous et autres prises de sang : avouez que ce n’est pas très romantique. Et puis après tout, c’est peut-être la faute de l’autre si cela ne marche pas ! Accuser l’autre, ça peut arriver.
Il est crucial de rester unis face à cette épreuve, de discuter de vos ressentis, de votre manière de vivre la nouvelle et d'être bienveillants l’un envers l’autre. Vous avez tous les deux besoin de soutien. Pensez juste à vous, changez d’air, partez un week-end, une semaine si les finances vous le permettent, afin de couper avec le quotidien qui a été si difficile et si éprouvant, rythmé par les nombreux rendez-vous PMA et la pression du résultat tant attendu.
Surmonter l'épreuve et envisager l'avenir
Un échec de FIV est douloureux, profondément injuste, mais il n'est jamais synonyme de fin.
Comprendre les causes, reconnaître vos émotions sans les refouler, vous entourer du bon soutien et vous accorder le droit de respirer peut transformer cette épreuve en un pas de plus vers votre projet… ou vers un nouvel élan de vie.
Que vous envisagiez ou non une nouvelle FIV, restez positifs même si là, tout de suite, vous préférez vous rouler en boule au fond de votre lit et verser toutes les larmes de votre corps. Cela passera, tôt ou tard, et la vie reprendra le dessus. Adoption, changement de technique, d’établissement, recours à un donneur ou un don d’ovocyte, nouveaux examens, nouveau gynécologue, il y a toujours une bonne raison d’avoir l’espoir qu’un jour, vous tiendrez enfin votre bébé dans vos bras. Et si vous n’avez plus envie d’en passer par là, vous consacrer à un projet immobilier, une activité à deux, ou une reconversion professionnelle vous aidera à faire votre deuil.
Les risques pour la santé des enfants nés par FIV
La période qui correspond à la fécondation et au développement embryonnaire avant l’implantation dans l’utérus est particulièrement fragile. Elle est marquée par des évènements majeurs au niveau génétique et épigénétique, qui jouent un rôle clé pour le développement de l’embryon mais aussi après la naissance. Lors de la FIV, cette période correspond aux phases où gamètes et embryons sont manipulés in vitro. Il est donc logique que les scientifiques se soient intéressés de près aux conséquences de la FIV pour le développement et pour la santé des enfants et des jeunes adultes conçus de cette manière. Les études publiées sur le sujet tentent d’évaluer notamment s’ils sont plus fréquemment atteints de certains troubles - et si c’est le cas, dans quelle mesure un lien de causalité peut être établi avec les manipulations effectuées pendant la FIV. Le message principal est que si les enfants conçus par FIV peuvent parfois être atteints de troubles de la santé, aucun problème particulier ne domine et leur prévalence est relativement modérée. Cette prévalence n’est pas beaucoup plus importante que chez les enfants conçus naturellement.
Le consensus qui se dégage pour le moment est que les enfants et jeunes adultes nés par FIV présentent un risque modéré de troubles cardiovasculaires. Une augmentation légère de la pression artérielle est observée dans certaines études chez ces enfants et pourrait être associée à l’âge adulte à l’hypertension artérielle et à des maladies cardiovasculaires. Il est donc nécessaire de bien informer les parents à propos de ce risque et des stratégies de prévention pour le réduire, tout en y consacrant une attention particulière dans le suivi médical des enfants.
Dans le cas des troubles neuro-développementaux, la FIV ne semble globalement pas avoir d’effet délétère. Lorsque certains troubles sont diagnostiqués (troubles du spectre de l’autisme, de l’apprentissage, hyperactivité, anxiété…), ils pourraient plutôt être dus à d’autres facteurs de risque comme la prématurité.