Le Zoo de Montpellier a connu une année riche en événements heureux avec plusieurs naissances marquantes en 2024 et début 2025. Ces naissances sont le fruit du travail acharné des équipes du zoo, notamment les soigneurs animaliers, qui se consacrent au bien-être des animaux. Elles représentent également un succès important pour les programmes européens de conservation auxquels le zoo participe activement.
L'importance des programmes de conservation ex-situ
La gestion des naissances au zoo s'inscrit dans le cadre de programmes de conservation ex-situ (hors du milieu naturel) encadrés par l'EAZA (Association Européenne des Zoos et Aquariums). Ces programmes, appelés EEP (EAZA Ex-situ Program), sont dirigés par un coordinateur européen. Lorsque les conditions sont réunies et que les recommandations du programme sont établies, les équipes du zoo mettent tout en œuvre pour offrir à leurs pensionnaires un environnement optimal pour la reproduction et l'élevage de leurs petits.
Siku, le rhinocéros blanc, une naissance emblématique
La naissance la plus marquante de l'année 2024 est sans aucun doute celle de Siku, un rhinocéros blanc mâle né le 20 juillet. Après une gestation de 16 mois, les équipes du zoo se sont préparées à son arrivée. L'enclos des rhinocéros, initialement une plaine unique, a été réaménagé pour isoler la mère et son petit, permettant une introduction progressive et sécurisée aux autres rhinocéros.
Cette naissance est le résultat d'une collaboration étroite entre les différents services du zoo : technique, animalier, administratif, pédagogique et sécurité. Siku est le deuxième rhinocéros blanc du Sud né en France cette année-là, une excellente nouvelle pour la conservation de cette espèce menacée. En effet, le 20 juillet 2024, après 16 mois d’attente, les équipes du parc ont eu le bonheur de découvrir la naissance de ce petit rhinocéros. Nola, femelle âgée de 8 ans ½, et Troy, mâle de 13 ans ½, s’étaient accouplés il y a plus d’un an, et toute l’équipe était aux petits soins pour suivre de près cette gestation incroyable. Cette naissance est une véritable récompense de tous les efforts réalisés au sein du Zoo de Montpellier pour assurer le bien-être animal. En effet, d’importants travaux ont été réalisés depuis fin 2022 pour transformer l’enclos et le bâtiment et ainsi améliorer la qualité de vie des animaux : augmentation de la surface, végétalisation, système de brumisation, bauge, espace dédié pour la mise-bas, etc. L’investissement de toutes les équipes a ainsi été récompensé par cette naissance, la 1ère naissance viable d’un rhinocéros blanc au Zoo de Montpellier.
Autres naissances significatives en 2024
- Vigogne : Le 6 octobre 2024, une petite vigogne est née sous les yeux des visiteurs. Le bébé, capable de marcher très rapidement après sa naissance, a pu rejoindre sa mère en un quart d'heure. Cette compétence de marche précoce est essentielle pour les herbivores, proies potentielles dans leur milieu naturel.
- Casoar à casque : Le 10 juillet 2024, un petit casoar a vu le jour après une incubation d'environ 50 jours. Le jeune Moari est élevé par son père, conformément au comportement de cette espèce où le mâle assure la couvaison, la protection des œufs et l'éducation des jeunes. La précédente naissance de casoar au zoo de Montpellier remontait à mai 2021. Quelques jours auparavant, le 10 juillet, c’est l’éclosion d’un casoar qui a enchanté les équipes du zoo. Le jeune casoar est sous la protection de Mankurpa, mâle de 17 ans, puisque chez cette espèce, ce sont les pères qui assurent la couvaison et l’élevage des jeunes. Là encore un grand chantier de rénovation s’était achevé en 2023, toujours dans un souci d’améliorer le bien-être animal. Cette éclosion précieuse pour l’espèce, seulement 2 en 1 an dans toute l’Europe, met à nouveau en lumière le professionnalisme des équipes du Zoo de Montpellier.
- Coendou : Le 23 juin 2024, une petite femelle coendou, nommée Yasuni, est née. Sa mère, arrivée gestante quelques mois plus tôt, a bénéficié de conditions d'accueil optimales pour assurer une mise bas réussie. Le 12 octobre 2024, une autre naissance de Coendou a eu lieu d’une autre femelle, le petit n’est pas encore sexé. Enfin, le 23 juin, ce sont les coendous, ou porc-épic arboricoles, qui avaient ouvert la saison. En effet, l’accouplement de Vida, femelle de 2 ans ½, et Dagoo, mâle de 2 ans ½, a eu une issue heureuse avec la naissance d’un petit après environ 200 jours de gestation. Seuls 8 coendous sont nés en Europe au cours des 12 derniers mois.
- Bucorve d'Abyssinie : Comme chaque année, le couple de Bucorves d'Abyssinie du zoo a accueilli un nouveau petit, Smaug, né le 23 juillet 2024 après environ 40 jours d'incubation. Il se trouve actuellement dans le bâtiment des girafes avec d'autres jeunes nés dans d'autres parcs européens.
- Ibis rouges : Dans la volière à l'entrée du parc, deux petits Ibis rouges sont nés en 2024. À cet âge, ils arborent encore leur plumage juvénile gris/noir.
Les guépards : espoirs et défis
Depuis 2021, le Zoo de Montpellier n'avait pas connu de portée de guépards viable. En 2024, malgré les tentatives de reproduction, une seule petite guéparde a survécu. Cependant, la lactation de la mère n'étant pas suffisante pour nourrir un seul petit, une solution d'urgence a été mise en place : la jeune femelle a été transférée au zoo de Beekse Bergen aux Pays-Bas, où elle a été adoptée par une autre femelle ayant mis bas un seul petit. Le succès de cette action a redonné espoir aux équipes des différents parcs et au coordinateur du programme de conservation du guépard.
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Une naissance exceptionnelle de trois guépards en 2025
Le 24 janvier 2025, Bastet, une femelle guépard née au zoo en 2018, a donné naissance à trois guépardeaux : deux mâles et une femelle. Cette portée est la première en Europe en 2025 pour cette espèce classée « Vulnérable » par l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature). Les trois guépardeaux se portent très bien et sont élevés avec attention par leur mère. Ils ont réalisé leur première sortie le 26 février et peuvent être observés dans leur enclos certains jours de beau temps. Leurs noms seront choisis prochainement par les équipes animalières et commenceront par la lettre "G", car il s'agit de la 7ème portée viable née au zoo depuis 2018.
Cette naissance est d'autant plus importante que le nombre d'individus en captivité décroît depuis 2020 suite au désistement de plusieurs établissements dans la reproduction de cette espèce. Seule une dizaine d’institutions en Europe continuent de reproduire les guépards d'Afrique australe. En 2024, sur les 41 naissances du programme européen, seuls 23 guépards étaient viables, d'où la nécessité d’amplifier les efforts pour que la population perdure.
Le Zoo de Montpellier : un acteur majeur de la conservation des guépards
Le Zoo de Montpellier participe activement au Programme de conservation Ex-situ de l’EAZA (EEP) des guépards d’Afrique australe depuis sa création en 1992. Il héberge actuellement trois femelles adultes, cinq mâles et les trois guépardeaux. Dans le cadre du programme, et suivant les recommandations de son coordinateur, Bastet et Baci (le père des guépardeaux) ont été mis en contact.
Le zoo travaille en étroite collaboration avec l’African Safari de Plaisance-du-Touch et le Safari de Peaugres pour faciliter les mouvements des individus et favoriser la reproduction. Baci, le père de la portée de 2025, est né en Ardèche au Safari de Peaugres et est arrivé au Zoo de Montpellier en juillet 2024 dans le cadre du programme de reproduction de l'EAZA.
Les défis de la reproduction des guépards en captivité
La reproduction des guépards en captivité est un processus complexe. Dans la nature, ces félins sont des animaux territoriaux qui ne se croisent que lors des périodes de reproduction. Dans le zoo, les femelles et les mâles sont séparés afin d’éviter des comportements agressifs. Ceci nécessite de présenter des mâles aux femelles en âge de se reproduire et d'identifier les périodes de chaleur des femelles. De plus, le coordinateur européen émet des recommandations quant aux guépards qui peuvent se reproduire ensemble, afin d'éviter des maladies liées à la consanguinité ou de faire se reproduire des individus trop vieux.
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D’autres complications peuvent entraver la reproduction des guépards, comme la difficulté de déterminer si la gestation se passe bien et la mortalité infantile. S'il y a trop peu de petits, la mère n’est pas suffisamment stimulée, elle se désintéresse du bébé et la lactation s’arrête.
L'importance de la conservation in situ
La conservation des guépards ne se limite pas aux actions menées en captivité. La Ville de Montpellier, à l’initiative du zoo, soutient financièrement le Cheetah Conservation Fund (CCF), une association basée en Namibie qui œuvre à la protection du guépard dans la nature. Le CCF mène des programmes de recherche, travaille avec les communautés locales et lutte contre le braconnage et la destruction de l'habitat du guépard.
La réussite de la conservation in situ de cette espèce, comme de nombreuses autres, passe par la préservation de son habitat et de sa diversité génétique, et la participation active des populations locales dans les projets de conservation.
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