Les infections respiratoires sont fréquentes chez les nourrissons et les jeunes enfants, car leur système immunitaire est encore en développement et leur appareil respiratoire n'est pas complètement mature avant l'âge de 7 ans. Ces infections, caractérisées par l'inflammation et la production de mucus, peuvent entraîner des difficultés respiratoires. Cet article aborde les causes, les symptômes, les traitements et les mesures préventives de la pneumopathie chez le nourrisson.
Infections respiratoires courantes chez l'enfant
Bronchiolite du nourrisson
La bronchiolite est une infection virale qui affecte les nourrissons de moins de 12 mois. Elle se manifeste initialement par une rhinite, suivie de symptômes respiratoires tels que la toux, les sifflements ou les crépitements à l'auscultation, et parfois des signes de lutte respiratoire.
Pneumonies de l’enfant
Les pneumonies chez l'enfant peuvent être virales ou bactériennes, les pneumonies virales étant les plus courantes. Les pneumonies bactériennes, bien que moins fréquentes, sont plus préoccupantes en raison de leur potentiel de gravité et de complications. Le Virus Respiratoire Syncytial (VRS) et le virus de la grippe sont les virus les plus souvent impliqués.
Facteurs de risque
Plusieurs facteurs de risque peuvent favoriser les infections respiratoires chez l'enfant, notamment le tabagisme passif (même pendant la grossesse) et la pollution de l'air. Le tabagisme passif augmente les cas d'asthme et aggrave l'asthme existant chez l'enfant exposé.
Signes d'alerte et quand consulter
Il est crucial de consulter un médecin si vous observez les signes d'alerte suivants chez votre enfant :
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- Comportement inhabituel ou fatigue excessive.
- Gémissements intermittents associés à une respiration rapide.
- Augmentation de la fréquence respiratoire avec tirage thoracique.
- Diminution de la prise alimentaire (moins de 50 % des apports habituels pendant trois repas consécutifs).
- Fièvre mal tolérée, tachypnée (respiration rapide) et signes de lutte respiratoire.
Un examen médical est essentiel pour évaluer l'état de l'enfant et déterminer le traitement approprié.
Diagnostic de la pneumopathie
Examen clinique
Le diagnostic de la pneumonie chez le jeune enfant commence par un examen clinique approfondi. Le médecin prendra en compte tous les symptômes et écoutera attentivement la respiration de l'enfant.
Radiographie thoracique
Il est fréquent de réaliser une radiographie thoracique pour confirmer le diagnostic. En cas d’infection virale ou parasitaire, les deux poumons de l’enfant présenteront des opacités sur la radio, alors que ce ne sera le cas que pour un seul lobe opaque dans le cadre d’une forme bactérienne.
Traitement des infections respiratoires chez l'enfant
Traitement de la bronchiolite
Le traitement de la bronchiolite du nourrisson vise principalement à soulager les symptômes :
- Lavage du nez avec du sérum physiologique ou utilisation d'un mouche-bébé pour dégager les voies nasales.
- Surveillance et réduction de la fièvre si elle est mal tolérée.
Traitement de la pneumonie
Le traitement de la pneumonie dépend de son origine virale ou bactérienne.
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- Pneumonie virale : Le traitement consiste à réduire la fièvre, à administrer de l'oxygène si nécessaire et, dans certains cas, à hospitaliser l'enfant.
- Pneumonie bactérienne : Des antibiotiques sont prescrits pour combattre l'infection bactérienne. Il est recommandé de réévaluer l'état de l'enfant 48 à 72 heures après le début du traitement en cas de non-amélioration des symptômes (fièvre, état général). En l'absence d'amélioration, des examens complémentaires (radiographie pulmonaire ou échographie thoracique) peuvent être nécessaires pour détecter d'éventuelles complications et adapter le traitement, notamment en cas de suspicion de Mycoplasma pneumoniae. Une aggravation clinique peut nécessiter une hospitalisation.
Particularités du traitement antibiotique
L’expansion de l’antibiorésistance constitue un problème majeur de santé publique au niveau national et international. La CRP en micro-méthode (mesure automatisée ou bandelette) peut contribuer à différencier l’étiologie bactérienne de l’étiologie virale : si la CRP > 100 mg/L l’étiologie bactérienne est hautement probable ; si la CRP < 40 mg/L, l’étiologie virale est fortement probable.
Prise en charge thérapeutique
La pneumopathie ou pneumonie aiguë communautaire (PAC) de l’enfant est une affection respiratoire basse fréquente. Elle est à l’origine d’une morbi-mortalité élevée dans le monde. Le diagnostic de PAC repose sur l’association de plusieurs critères chez un patient sans histoire hospitalière récente : fièvre, toux (souvent présente mais non spécifique) et polypnée. La radiographie du thorax de face n’est pas utile au diagnostic. Dans toutes les autres situations, une radiographie du thorax est nécessaire pour poser le diagnostic. La PAC peut être évoquée sur une douleur abdominale fébrile.
Durée du traitement et suivi
La pneumonie disparaît normalement en 10 à 12 jours en moyenne. Une radiographie thoracique de contrôle est effectuée pour s’assurer que l’enfant est bien guéri. Les bébés à risques (immunodéprimés ou présentant un problème cardiaque) et les nourrissons de moins de 3 mois sont souvent hospitalisés le temps du traitement.
Pneumopathie interstitielle
Une centaine d’enfants souffrent de pneumopathie interstitielle en France. L’origine de la pneumopathie interstitielle est souvent génétique, parfois environnementale. En cas de pneumopathie interstitielle, c’est la fine couche liquide recouvrant les alvéoles des poumons qui est atteinte. En temps normal, cette dernière agit comme un bouclier en protégeant les poumons contre les bactéries et les virus. Quant au tissu très mince qui entoure et soutient les alvéoles, l’interstitium, il s’épaissit et complique le passage de l’oxygène des alvéoles au sang. Si votre enfant est atteint ou a été atteint d’une pneumopathie, interstitielle ou non, soyez particulièrement vigilants aux infections classiques. Bronchites ou rhumes risquent en effet d’abîmer leurs poumons déjà fragilisés.
Contagion et prévention
Au sein des pneumopathies, les formes virales des pneumonies sont particulièrement contagieuses. Entraînant des éternuements et de la toux, elles favorisent la propagation du virus via les gouttes de salive et les mucosités. Ce ne sont pas les pneumonies elles-mêmes qui sont contagieuses mais les virus, ou bactéries, qui les ont causées. Afin d’éviter la propagation des virus et bactéries, il est recommandé de bien se laver les mains, de limiter les embrassades, ou encore, par exemple, de ne pas utiliser les mêmes couverts et verres sans les avoir lavés entre deux.
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Vaccination
Bien que les traitements soient de nos jours très efficaces, mieux vaut tout de même prémunir bébé au maximum contre cette maladie ! Le vaccin antipneumococcique est alors nécessaire. Il peut être effectué avant l’âge d’un an. La vaccination obligatoire dont le schéma est une dose à 2 et 4 mois et un rappel à 11 mois.
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