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Comprendre la Composante des Nouvelles Commandes Prévues dans les Indices PMI

Les enquêtes de conjoncture auprès des entreprises sont des outils précieux pour analyser la situation économique actuelle et anticiper les tendances futures. Harmonisé au niveau européen par la Commission européenne, ces enquêtes permettent une comparaison entre les différents pays. En France, l'Insee est responsable de ces enquêtes, qui servent de base pour mesurer le climat des affaires. Les résultats obtenus sont généralement en accord avec ceux d'enquêtes similaires menées par la Banque de France ou par S&P Global, qui produit les indices des directeurs d'achat (PMI). Cependant, des divergences peuvent parfois apparaître, comme cela a été le cas récemment, où les PMI ont affiché des résultats plus pessimistes que les autres indicateurs, y compris ceux de l'Insee. Ces écarts sont principalement attribuables aux différences de taille d'échantillon, dans un contexte marqué par de fortes disparités sectorielles qui rendent difficile l'identification d'une tendance macroéconomique commune. En particulier, S&P interroge un nombre d'entreprises 8 à 15 fois inférieur à celui de la Banque de France ou de l'Insee.

Les Enquêtes de Conjoncture : Un Baromètre de l'Économie

Pour ses analyses conjoncturelles et ses prévisions, l'Insee s'appuie sur diverses sources de données, notamment les réponses des entreprises aux enquêtes mensuelles de conjoncture. Ces enquêtes, qui sont disponibles très rapidement, sont étroitement liées à l'évolution de l'activité, de l'emploi et des prix. D'autres institutions, telles que la Banque de France et S&P Global, mènent également des enquêtes similaires en France.

Depuis fin 2023, il est devenu difficile de concilier les signaux conjoncturels émis par les différents producteurs de données. Ces différences sont importantes car elles conduisent à des diagnostics conjoncturels nettement différents. Selon l'Insee et la Banque de France, la conjoncture est certes peu dynamique, mais la croissance de l'activité se situe près ou légèrement en dessous de son rythme moyen depuis six mois. En revanche, les PMI indiquent un repli de l'activité économique, se situant nettement en dessous du seuil de contraction à la fin de 2023.

Cette divergence se manifeste également au niveau international. Selon les enquêtes de conjoncture européennes harmonisées de la DG Ecfin, la France se trouve dans une situation moins favorable que l'Italie ou l'Espagne, mais bien meilleure que l'Allemagne. La confrontation des données d'enquête avec les estimations des comptes nationaux pour 2023 semble confirmer le diagnostic issu des enquêtes de l'Insee et de la Commission européenne, invalidant ainsi le message des PMI.

Il est essentiel de comprendre l'origine de cette divergence, car certains prévisionnistes, notamment ceux de la Banque Centrale Européenne, utilisent largement les PMI pour étayer leur diagnostic conjoncturel.

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Méthodologie des Enquêtes et Indices

Les indicateurs de climat des affaires et les indices des directeurs d'achat sont issus d'enquêtes mensuelles auprès des chefs d'entreprise. Ces enquêtes recueillent l'opinion des entrepreneurs sur différents aspects de leur activité, permettant ainsi de dresser un tableau d'ensemble de la situation économique du pays et de ses perspectives. Les enquêtes couvrent divers secteurs d'activité, tels que l'industrie, le bâtiment, les services et le commerce.

L'information collectée est principalement qualitative. Les enquêtes ne recueillent pas directement d'informations quantitatives précises, en particulier concernant les questions prospectives, mais plutôt une opinion. Ainsi, pour la plupart des questions, tant dans les enquêtes PMI que dans les enquêtes Insee, seules trois options de réponse sont proposées : "en hausse", "stable" ou "en baisse". La Banque de France propose quant à elle sept niveaux de réponse, incluant la stabilité et trois degrés d'intensité à la hausse ou à la baisse.

Les réponses aux questions sont agrégées et présentées sous forme de soldes d'opinion. Pour l'Insee, ces soldes correspondent à la différence entre la proportion d'entreprises ayant répondu "en hausse" et celles ayant répondu "en baisse", ce qui facilite leur interprétation. Les soldes de l'Insee sont donc compris entre -100 et +100, mais leur niveau n'est pas directement interprétable. S&P calcule ses soldes en additionnant la part d'entreprises ayant répondu "en hausse" et la moitié de la part d'entreprises ayant répondu "stable", ce qui donne des soldes compris entre 0 et 100. La Banque de France pondère les réponses pour tenir compte de l'intensité de la hausse ou de la baisse déclarée. En pratique, c'est surtout l'évolution des soldes dans le temps qui renseigne sur les dynamiques économiques en cours.

Les informations contenues dans les différents soldes d'opinion principaux de chaque enquête sont ensuite résumées tous les mois sous forme d'un indicateur synthétique : le climat des affaires pour l'Insee et l'indice PMI des directeurs d'achat pour S&P. Ces indicateurs sont bien corrélés avec la croissance de l'activité.

Facteurs Expliquant les Divergences

Plusieurs facteurs peuvent expliquer les divergences entre les enquêtes. Tout d'abord, la méthode et le calendrier de collecte varient entre les institutions. L'Insee et S&P utilisent principalement des questionnaires en ligne, tandis que la Banque de France collecte ses réponses par entretiens téléphoniques. De plus, la méthodologie de calcul des indicateurs peut également jouer un rôle. Les indices des directeurs d'achat sont calculés de manière déterministe comme des moyennes pondérées de différents soldes d'opinion.

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Cependant, c'est surtout la taille des échantillons qui distingue les enquêtes PMI des enquêtes Insee et Banque de France. L'Insee interroge entre 15 000 et 20 000 entreprises par mois, tandis que S&P en interroge moins de 1 000 (environ 400 dans les services et l'industrie et 150 dans le bâtiment, selon les publications mensuelles de S&P). La Banque de France interroge environ 8 500 entreprises tous les mois. L'adhésion au panel PMI est volontaire et permet d'accéder à des résultats détaillés de l'enquête. La Banque de France s'appuie sur son réseau pour collecter les réponses à ses enquêtes auprès des entreprises.

Un échantillon plus important permet de suivre plus finement les différents secteurs d'activité. Or, la période récente se caractérise par une dispersion très marquée des situations conjoncturelles des différents secteurs d'activité, en particulier dans l'industrie. Une telle dispersion n'avait pas été observée depuis 1995. Certains secteurs sont très déprimés, tandis que d'autres sont très optimistes. Il est donc nécessaire de suivre suffisamment de secteurs pour obtenir une image d'ensemble cohérente de la situation conjoncturelle de l'industrie. La taille de l'échantillon devient donc cruciale : plus la granularité est fine, plus l'échantillon doit être important.

La Composante "Nouvelles Commandes Prévues"

Au sein des indices PMI, la composante "nouvelles commandes prévues" est particulièrement importante. Elle reflète l'anticipation des entreprises concernant l'évolution de la demande dans les mois à venir. Un chiffre élevé indique que les entreprises s'attendent à une augmentation des commandes, ce qui est un signe positif pour l'activité économique. À l'inverse, un chiffre faible suggère une anticipation de baisse des commandes, ce qui peut être un signe avant-coureur d'un ralentissement économique.

La composante "nouvelles commandes prévues" est donc un indicateur avancé, c'est-à-dire qu'elle permet d'anticiper les évolutions futures de l'activité économique. Elle est particulièrement utile pour les décideurs politiques et les investisseurs, car elle leur donne des informations précieuses pour prendre des décisions éclairées.

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