Les PME et PMI (Petites et Moyennes Entreprises et Petites et Moyennes Industries) du secteur agroalimentaire jouent un rôle crucial dans l'économie, notamment en matière de sécurité alimentaire, d'industrialisation et d'innovation. Cet article explore la définition de ces entreprises, leurs enjeux spécifiques, et les défis auxquels elles sont confrontées, en particulier dans le contexte de l'évolution des attentes des consommateurs et de la transformation numérique.
Définition des PME
Les petites et moyennes entreprises (PME) sont définies comme celles qui emploient moins de 250 personnes et dont le chiffre d'affaires annuel ne dépasse pas 50 millions d'euros ou dont le total du bilan n'excède pas 43 millions d'euros. Cette catégorie inclut également les microentreprises (MIC), qui comptent moins de 10 employés et dont le chiffre d'affaires annuel ou le total du bilan ne dépasse pas 2 millions d'euros. Cette définition est essentielle pour l'analyse statistique et économique.
PME et PMI agroalimentaires : un pilier économique
Les PME et PMI du domaine agroalimentaire constituent un pilier des stratégies pour la sécurité alimentaire et de la politique d'industrialisation. Elles sont au cœur du potentiel de productivité et d'innovation des économies, ainsi que de la création d'emplois et de l'inclusion sociale. Dans les pays de l'OCDE, les PME représentent environ 99 % de l'ensemble des entreprises, constituent une source principale d'emploi et génèrent en moyenne 50 à 60 % de la valeur ajoutée.
Cependant, malgré leur importance reconnue, les PME et PMI agroalimentaires ne peuvent valoriser pleinement leur potentiel dans le tissu économique. De nombreuses contraintes, liées en particulier au financement des investissements ou des fonds de roulement nécessaires à leurs activités, expliquent cette situation.
Défis et contraintes des PME et PMI agroalimentaires
Accès au financement
L'accès aux services bancaires se heurte à une inadaptation des instruments financiers et à une réticence des créanciers face à ces entreprises émergentes. L'insuffisance de professionnalisation des promoteurs et l'absence de visibilité sur le marché contribuent à l'insécurité du financement tant pour les opérateurs que pour les banques.
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Transformation du consommateur et attentes sociétales
Depuis la crise financière de 2008, les contraintes économiques restent fortes pour une partie des consommateurs. Au-delà de l'aspect économique, une transformation culturelle et sociétale, accélérée par le développement d'Internet et des technologies de l'information, influence les choix des consommateurs. Ces derniers, en recherche de réalisation de soi, souhaitent une plus grande participation et de nouvelles expériences. Ils sont également en quête de réassurance (via des applications comme Yuka) et privilégient une consommation plus engagée, favorisant l'essor de l'équitable, de l'agriculture durable, de l'attachement au bien-être animal et humain, et de la prise en compte de l'impact écologique.
La production biologique, sous l'impulsion d'une demande dynamique, publique et privée, connaît un essor important. Le marché des produits alimentaires biologiques a atteint plus de 8,3 milliards d'euros en 2017, avec une croissance à deux chiffres.
Enjeux spécifiques à la coopération agricole et au commerce agricole
Les coopératives et les entreprises de négoce agricole doivent intégrer l'évolution des modes de consommation et les besoins émergents des clients finaux. La digitalisation apparaît comme un enjeu primordial, notamment pour accompagner le développement du secteur agricole et faciliter le renouvellement des générations d'exploitants.
Un positionnement « conseil » plus affirmé et d'expertise en agroécologie et bioéconomie est également attendu, ainsi que le renforcement de la formation sur les bonnes pratiques en matière de bien-être animal, de diversité génétique et de réduction de l'empreinte environnementale.
Concurrence et distribution
Le marché de l'alimentation est caractérisé par une concurrence extrême entre distributeurs, avec une pression accrue du hard discount et un suréquipement commercial. Quatre grandes centrales d'achat dominent le marché de la distribution et exercent une pression financière, logistique et commerciale sur les entreprises de l'agroalimentaire.
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Transformation numérique
Le basculement vers l'usine du futur constitue un objectif stratégique pour les entreprises de l'agroalimentaire. La transformation numérique des organisations de production, logistique, commerciale et marketing, ainsi que l'accompagnement des salariés, sont indispensables.
La situation économique globale du secteur, relativement fragile, et la difficulté à exporter ont limité la capacité d'investissement et d'innovation dans les technologies numériques. Si les plus grandes entreprises ont entamé leur transformation numérique, les PME nécessitent un accompagnement, notamment en matière de montée en compétences de leurs salariés.
Normalisation et automatisation
L'alimentation fait l'objet d'un encadrement réglementaire et de différents dispositifs de normalisation. La normalisation des process est préalable à la numérisation des sites. L'automatisation des chaînes de production génère des gains de productivité importants et contribue à répondre à la multiplication des canaux de vente et des gammes de niche.
La numérisation des capteurs, conjuguée au développement de l'IoT, permet de transmettre directement les données de production. L'introduction de l'intelligence artificielle peut améliorer l'optimisation et le pilotage des process et des données. La numérisation assure l'agilité de l'entreprise, c'est-à-dire sa capacité d'adaptation en temps réel à son environnement.
Le manque de compétences dédiées aux process conduit les entreprises à différer des investissements. La montée en compétences des salariés est nécessaire, car la complexité des innovations et des process liés à la traçabilité et à la qualité des produits est de plus en plus prégnante.
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Innovation et différenciation produit
La différenciation des produits agroalimentaires est un enjeu fort pour la filière alimentaire, permettant de valoriser les types de productions et d'insister sur la qualité et les caractéristiques des produits. La protection des savoir-faire des terroirs français et des exigences de qualité permet le maintien d'une activité économique dans les territoires. Les signes d'identification de la qualité et de l'origine constituent des outils essentiels de la politique agricole et des politiques publiques en faveur des territoires.
Conventions collectives dans le secteur alimentaire
Une convention collective encadre les conditions de travail des salariés et permet de mieux les protéger. Dans le secteur de l'alimentation, plusieurs conventions collectives sont applicables, notamment :
- IDCC 1505 (n° de brochure 3244) : convention collective du commerce de détail alimentaire non spécialisé (épicerie, magasin de vente alimentaire de petite surface).
- IDCC 2216 (n° de brochure 3305) : convention collective du commerce de gros et de la grande distribution.
Les commerces de fruits et légumes sont concernés par la convention collective IDCC 1505, tandis que les hypermarchés et supermarchés sont généralement concernés par la convention collective IDCC 2216.
Création et gestion d'une PME agroalimentaire
Pour créer une PME agroalimentaire, il est essentiel de :
- Sélectionner la forme juridique la plus adaptée (SARL, SAS, entreprise individuelle).
- Procéder à l’immatriculation de l’entreprise sur le guichet unique de l’INPI.
- Mettre en place une gestion comptable rigoureuse.
Les PME peuvent accéder à une réduction de l’impôt sur les sociétés (IS) à 15 %, à condition de générer un chiffre d’affaires inférieur à 10 000 000 d’euros.
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