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PMA et pauvreté : un défi persistant à moins de 2 dollars par jour

Introduction

La lutte contre la pauvreté extrême demeure un enjeu majeur, particulièrement dans les Pays les Moins Avancés (PMA). Malgré les efforts déployés et les objectifs fixés, une part importante de la population de ces pays vit encore avec moins de 2,15 dollars par jour. Cet article examine la situation de la pauvreté dans les PMA, en analysant les facteurs qui y contribuent et en explorant les stratégies mises en œuvre pour y remédier.

Les PMA : un concentré de défis

L'Organisation des Nations Unies recensait en 2021 un certain nombre de PMA, dont la majorité se situe en Afrique et en Asie, auxquels s'ajoutent six petits États insulaires. Ces pays partagent des caractéristiques communes qui les rendent particulièrement vulnérables à la pauvreté.

En 2019, les PMA comptaient un nombre important de personnes en âge de travailler. Parmi cette population active, une part importante occupait un emploi à temps plein, tandis qu'une autre n'exerçait aucune activité économique. Le secteur informel est prédominant dans les PMA, employant près de neuf travailleurs sur dix en 2019, particulièrement en Afrique et en Asie.

Un pourcentage élevé de travailleurs dans les PMA vivent dans une situation d'extrême pauvreté, gagnant moins de 1,9 dollar par jour. À l'échelle mondiale, un nombre considérable d'actifs se trouve dans cette situation de précarité extrême. La majorité des actifs des PMA travaillent dans des entreprises de moins de cinq personnes, tandis qu'une faible proportion travaille dans des structures de 50 personnes et plus. Cette dualité économique, avec d'un côté quelques grandes entreprises formelles et de l'autre une majorité de petites et micro-entreprises, souvent dans le secteur agricole, constitue un défi majeur pour le développement des PMA.

Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) : un bilan mitigé

Les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), adoptés par les Nations unies en 2000, visaient à lutter contre la pauvreté dans les pays en développement (PED). Bien qu'ils aient permis des améliorations dans de nombreux domaines, leurs résultats sont contrastés selon les objectifs et les pays.

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Si la réduction de moitié de l'extrême pauvreté dans le monde a été observée, elle ne s'est pas accompagnée d'une réduction comparable du taux de personnes souffrant de la faim. De plus, les progrès ont été inégalement répartis, avec une concentration des améliorations dans certains pays comme la Chine, ce qui relativise les succès globaux. La réduction de la pauvreté dans les PMA est restée décevante, soulignant la difficulté d'atteindre les populations les plus pauvres.

Malgré un bilan quantitatif mitigé, les OMD ont eu un impact positif en réunissant la communauté du développement autour d'une feuille de route commune et en sensibilisant l'opinion publique. Ils ont également aidé à structurer les politiques de développement du monde entier. Cependant, ils ont été critiqués pour leur focalisation sur le développement humain au détriment des déterminants économiques et des questions d'environnement, de climat et de sécurité. De plus, ils n'ont pas suffisamment tenu compte des différences de développement entre les pays et ont été perçus comme un agenda du Nord pour le Sud.

Objectifs de Développement Durable (ODD) : un agenda élargi

Les Objectifs de Développement Durable (ODD), adoptés en 2015, visent à concrétiser le rapprochement entre les agendas "développement" et "environnement" de la communauté internationale. Ils se veulent plus ambitieux et universels que les OMD, s'appliquant à tous les pays, Nord compris.

Les ODD présentent un agenda élargi, incluant des thèmes tels que l'accroissement de l'utilisation des énergies renouvelables et la lutte contre les flux financiers illicites. Cependant, cet élargissement soulève des questions quant à la compatibilité des objectifs environnementaux avec les urgences économiques des pays pauvres et à l'intégration de l'hétérogénéité des pays dans un agenda universel.

La dichotomie Nord/Sud qui prédominait en 2000 a évolué avec la redistribution des rapports de forces économiques, nécessitant une révision des règles de financement du développement international. L'élargissement à la promotion des biens publics mondiaux pourrait inciter les pays riches à financer des projets de cette nature au détriment de la lutte contre la pauvreté. Il est donc essentiel de veiller à ce que les ODD ne conduisent pas à une dispersion géographique et thématique des moyens octroyés aux plus vulnérables.

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Vulnérabilité et aide : un traitement différencié

La vulnérabilité étant un risque de non-durabilité, les pays vulnérables doivent bénéficier d'un traitement différencié, tant dans la définition des objectifs que dans le financement de l'agenda. L'aide, bien que non suffisante à elle seule, reste une ressource essentielle pour nombre de pays pour lesquels les fondements du développement ne sont pas assurés.

L'aide publique au développement (APD) représente chaque année des milliards de dollars de dons et de prêts aux pays en développement, bénéficiant principalement à l'Afrique et à l'Asie. Cependant, ces montants restent très en dessous des besoins de financement réels. L'aide doit donc promouvoir la mobilisation des autres sources de financement disponibles, telles que les ressources domestiques et les investissements privés.

Pauvreté : un processus multidimensionnel

La pauvreté ne se limite pas à un manque de ressources financières. Elle est un processus multidimensionnel qui englobe des aspects économiques, sociaux, culturels et politiques. La définition de la pauvreté comme un absolu est un artifice qui masque la complexité de la réalité.

La pauvreté est un concept codé issu de la société occidentale basée sur l'économie et l'individualisme. Les pays du Sud sont confrontés à la logique économique du développement global, qui peut entraîner une "misérabilisation" planétaire. La pauvreté africaine, par exemple, est surdéterminée dans l'imaginaire occidental par une longue tradition d'assimilation symbolique entre les pauvres et les sauvages.

La Banque mondiale, en privilégiant les évaluations monétaires, peut ne pas saisir la réalité de la pauvreté dans les communautés rurales, où les critères "raisonnables" d'un "seuil de pauvreté" n'ont pas de sens. Il est donc essentiel d'adopter une approche holistique qui tienne compte du vécu réel des populations et de leurs besoins spécifiques.

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Défis actuels et perspectives d'avenir

Les crises récentes, telles que les guerres en Ukraine et au Proche-Orient, ont eu un impact significatif sur la pauvreté dans le monde. Le taux de pauvreté a quasiment stagné depuis le début des années 2020, et l'objectif mondial de réduire le taux d'extrême pauvreté à 3 % d'ici à 2030 est devenu hors de portée.

Selon les projections de la Banque mondiale, il faudrait plusieurs décennies pour éradiquer l'extrême pauvreté. Il est donc impératif de redoubler d'efforts et d'adopter des stratégies plus efficaces pour atteindre les populations les plus vulnérables.

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