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Rétention placentaire chez la vache : causes, conséquences et solutions

La non-délivrance, également appelée rétention placentaire, est un problème courant en élevage bovin, particulièrement chez les vaches laitières. Elle se définit par la non-expulsion du placenta dans les 24 heures suivant le vêlage. Ce phénomène peut avoir des conséquences économiques importantes pour l'éleveur, affectant la fertilité de la vache et augmentant le risque d'infections utérines. Il est donc crucial de comprendre les causes de la rétention placentaire et de mettre en place des mesures de prévention et de traitement adaptées.

Le processus normal de délivrance

Le placenta est l'organe qui assure les échanges nutritifs et gazeux entre la mère et le fœtus pendant la gestation. Il est fixé à la matrice (l'utérus) par des structures appelées cotylédons. L'expulsion du placenta, ou délivrance, est un processus complexe qui débute environ un mois avant le vêlage, avec la maturation placentaire.

Cette maturation implique des modifications hormonales, des réactions immunitaires et enzymatiques qui fragilisent progressivement les points d'attache des cotylédons. Les contractions utérines lors du vêlage achèvent de désengrener le placenta de la matrice. Toute perturbation de ce mécanisme peut entraîner une rétention placentaire.

Causes de la rétention placentaire

Plusieurs facteurs peuvent être à l'origine d'une non-délivrance. On peut les classer en différentes catégories :

  • Vêlages anormaux : Les vêlages prématurés, car la maturation placentaire n'est pas achevée, ou les manipulations obstétricales lors de vêlages difficiles peuvent provoquer une inflammation du placenta, gênant son décrochage et exposant la matrice à l'infection. Le risque de non-délivrance est plus élevé lors de vêlages assistés (20 %) ou de césariennes (30 %) que lors de vêlages sans assistance (5 à 10 %). Les dystocies, les prolapsus utérins ou les lésions génitales augmentent également la fréquence des non-délivrances.

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  • Facteurs alimentaires : Une alimentation déséquilibrée au tarissement est une cause fréquente de rétention placentaire. Les apports minéraux, notamment en calcium, sont essentiels pour prévenir l'hypocalcémie post-partum, qui peut perturber les réactions enzymatiques de maturation du placenta et les contractions musculaires. Un excès ou un manque d'embonpoint chez les vaches taries peut également favoriser la non-délivrance. Il est important de couvrir les besoins de la vache en fin de gestation pour éviter les variations de poids, maximiser la capacité d'ingestion, booster l'immunité de la vache et du veau par une augmentation des apports en oligo-éléments et vitamines, prévenir les hypocalcémies.

  • Facteurs infectieux : Bien que moins fréquentes, les causes infectieuses, souvent associées à des avortements, peuvent également être impliquées dans la rétention placentaire.

  • Autres facteurs de risque : L'âge de la vache (plus fréquent chez les vaches âgées), la race (plus fréquente chez les races laitières), la production laitière et la durée de gestation peuvent également influencer le risque de non-délivrance.

Diagnostic et symptômes

La rétention placentaire est diagnostiquée lorsque le placenta n'est pas expulsé dans les 24 heures suivant le vêlage. On distingue deux types de rétention placentaire :

  • Rétention placentaire incomplète : Une partie des enveloppes fœtales pendent de la vulve. Elles peuvent être rougeâtres au début, puis devenir grises à brunâtres et nauséabondes en raison de la putréfaction.

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  • Rétention placentaire complète : Rien n'est visible extérieurement, sauf parfois des écoulements malodorants. L'exploration vaginale permet de constater que les enveloppes sont engagées dans le vagin.

Dans la plupart des cas, la rétention placentaire n'entraîne pas de signes généraux. Cependant, elle peut avoir des conséquences économiques importantes, notamment en raison du risque accru d'infections utérines et de troubles de la fertilité.

Traitement

Face à une vache qui n'a pas délivré, il existe différentes solutions thérapeutiques, dont les résultats peuvent être aléatoires. La délivrance manuelle est également controversée car le risque d'introduire des microbes dans la matrice, et donc d'aggraver la situation, n'est pas négligeable. Le mieux est de convenir avec votre vétérinaire d'un protocole d'actions et d'en évaluer les résultats.

L'objectif du traitement est d'éliminer les enveloppes fœtales et de prévenir les complications, afin de réduire l'incidence des infections utérines et d'améliorer la fertilité. Plusieurs traitements médicaux peuvent être envisagés, comme l'association ergométrine/sérotonine, la prostaglandine PGF2α, le calcium, l'ocytocine.

La délivrance manuelle est une technique simple, utilisée depuis longtemps, et dont l'effet est immédiat. Le désengrènement est progressif, il débute au niveau du col de l'utérus et se termine au fond de l'utérus. Il est important de prendre le temps d'effectuer un nettoyage de la vulve et de la région périnéale avant de délivrer, et de ne réaliser cette technique que lorsque les cotylédons se "désinsèrent" facilement. Dans environ 75 % des cas, il est possible de retirer complètement le placenta.

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Pour prévenir les complications, une antibiothérapie par voie locale est administrée systématiquement, à l'aide d'oblets de tétracyclines ou d'amoxicilline renouvelables 24 à 36 heures plus tard (mais souvent non répétés en pratique), sans temps d'attente dans le lait après la délivrance manuelle, qu'elle soit complète ou non. Une antibiothérapie par voie générale est administrée en complément, uniquement lorsque des signes généraux sont observés, sous la forme d'une solution injectable dont l'effet s'étend sur trois à cinq jours. L'antibiotique doit posséder un spectre d'action adapté et un délai d'attente compatible avec la production laitière, se diffuser dans l'endomètre, et éviter de créer des antibiorésistances (les plus utilisés sont l'association pénicilline/streptomycine, le ceftiofur et l'oxytétracycline).

Prévention

La prévention de la rétention placentaire passe par une gestion rigoureuse de l'alimentation des vaches taries et une surveillance attentive des vêlages.

  • Alimentation au tarissement : Il est crucial de distribuer une ration adaptée aux vaches taries, en veillant à couvrir leurs besoins en minéraux (notamment en calcium, sélénium, zinc, cuivre et iode) et en vitamines (A, C et E, bétacarotène). Il est important de vérifier le bilan énergétique en fin de tarissement, en mesurant les pH urinaires des vaches pour s'assurer que les conditions requises sont obtenues.

  • Gestion des vêlages : Il est important de surveiller attentivement les vaches lors du vêlage et d'intervenir rapidement en cas de dystocie. Il est également important de minimiser les manipulations obstétricales et de respecter les règles d'hygiène lors des interventions.

Impact économique

La rétention placentaire peut avoir un impact économique significatif sur l'élevage. Pour un élevage de 100 vaches laitières à 30 % de non-délivrances, les conséquences financières deviennent importantes et justifient que l'on s'intéresse de près au problème. Les conséquences financières par animal atteint varient de 150 à 300 €. Il est donc important d'être attentif lorsque le seuil des 10 % de rétentions placentaires en élevages laitiers, et 5 % en élevages allaitants est dépassé.

Décollement placentaire précoce chez l'humain

Il est important de noter que le terme "décollement placentaire" est également utilisé en médecine humaine, mais il fait référence à une pathologie différente. Le décollement placentaire chez la femme enceinte est une complication grave de la grossesse qui se caractérise par la séparation prématurée du placenta de la paroi utérine. Cette pathologie peut survenir à tout moment de la grossesse, mais elle est plus fréquente au troisième trimestre.

Causes du décollement placentaire chez l'humain

Plusieurs facteurs peuvent être à l'origine d'un décollement placentaire chez la femme enceinte, notamment :

  • Traumatisme abdominal (choc violent lors d'un accident de voiture, d'une chute, etc.)
  • Hypertension artérielle (liée à la grossesse ou chronique)
  • Infections intra-amniotiques
  • Âge maternel élevé
  • Antécédents de décollement placentaire
  • Consommation de tabac ou de cocaïne

Symptômes du décollement placentaire chez l'humain

Les symptômes du décollement placentaire peuvent varier en fonction de la gravité du décollement. Les symptômes les plus fréquents sont :

  • Saignements vaginaux (rouge foncé)
  • Douleurs abdominales (localisées ou diffuses, légères à intenses)
  • Contractions utérines
  • Sensation de pesanteur dans le bas-ventre
  • Malaise, pâleur extrême, tension artérielle abaissée (en cas d'hémorragie importante)

Diagnostic et traitement du décollement placentaire chez l'humain

Le diagnostic du décollement placentaire repose sur l'examen clinique de la patiente et sur des examens complémentaires tels que l'échographie. Le traitement dépend de la gravité du décollement et de l'âge gestationnel. Dans les cas les plus graves, une césarienne d'urgence peut être nécessaire pour sauver la vie de la mère et de l'enfant. Dans certains cas, un traitement médicamenteux peut être nécessaire pour faciliter l'expulsion, voire un curetage.

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