Alors que l'allaitement est largement encouragé pour les nouveau-nés, la question de la contraception post-partum suscite de nombreuses interrogations, notamment en ce qui concerne la compatibilité de la pilule du lendemain avec l'allaitement. Cet article vise à fournir des informations claires et structurées sur les options contraceptives disponibles pendant l'allaitement, en mettant l'accent sur la contraception d'urgence et ses implications.
Nécessité d'une contraception post-partum
Après l'accouchement, il est crucial de considérer la contraception, même en cas d'allaitement. Bien que l'allaitement exclusif puisse être considéré comme une forme de contraception naturelle sous certaines conditions strictes, il est essentiel de comprendre ses limites et les alternatives existantes.
Retour de couches et fertilité
Le "retour de couches", c'est-à-dire la réapparition des règles après l'accouchement, survient généralement six à huit semaines après la naissance. Cependant, l'ovulation, qui précède les règles et permet une nouvelle grossesse, peut survenir dès le 21e jour après l'accouchement. Il est donc recommandé d'utiliser une méthode contraceptive fiable avant la reprise des rapports sexuels, et même avant le retour de couches.
L'allaitement : un contraceptif naturel fiable ?
L'allaitement peut être envisagé comme méthode de contraception uniquement si les quatre conditions strictes suivantes sont respectées :
- Allaitement exclusif : le nourrisson ne doit absorber que du lait maternel, sans autre nourriture ou boisson, pas même de l'eau.
- Allaitement au sein à la demande, jour et nuit, sans intervalle de plus de 4 heures le jour et de plus de 6 heures la nuit entre deux tétées.
- Le nourrisson doit avoir moins de 6 mois.
- Absence de retour de couches : les règles ne doivent pas avoir repris.
Si ces conditions ne sont pas remplies, une autre méthode de contraception doit être envisagée.
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Options contraceptives compatibles avec l'allaitement
De nombreuses méthodes contraceptives sont compatibles avec l'allaitement. Il est recommandé de consulter un professionnel de santé pour déterminer la méthode la plus adaptée à votre situation.
Méthodes barrières
- Préservatifs internes ("féminins") et externes ("masculins"). Ils sont compatibles avec l'allaitement et ne présentent aucun risque pour le bébé.
Contraception hormonale
- Pilule microprogestative : elle peut être utilisée à partir de trois semaines après l'accouchement, en accord avec votre professionnel de santé.
- Implant : il peut être posé dès trois semaines après l'accouchement, en accord avec votre professionnel de santé. L'avantage de l'implant pour les femmes allaitantes est qu'il sera en place et efficace quel que soit le moment où le bébé sera sevré.
- Dispositif intra-utérin (DIU) : il peut être au cuivre ou hormonal et peut être posé quatre semaines après un accouchement (sauf en cas de césarienne, où le délai est plus long). Tout comme l'implant, le DIU est efficace quel que soit le moment du sevrage.
Il est important de noter que la pilule œstroprogestative, même minidosée, est déconseillée pendant toute la durée de l'allaitement, car elle peut augmenter le risque de thromboembolie et potentiellement avoir un effet négatif sur la production de lait.
Contraception d'urgence et allaitement
Il est possible d'avoir recours à une contraception d'urgence si vous allaitez. La pose d'un DIU au cuivre n'a pas de contre-indications. En cas d'utilisation d'une pilule Norlevo®, il est conseillé d'allaiter votre enfant avant de prendre le comprimé, puis d'éviter d'allaiter pendant au moins 8 heures après la prise. Si vous utilisez une pilule Ellaone®, l'allaitement n'est pas recommandé pendant une semaine.
Pilule du lendemain : le lévonorgestrel
La pilule du lendemain, contenant du lévonorgestrel, est une méthode d'exception utilisable dans les 3 à 5 jours suivant un rapport non protégé. Elle retarde l'ovulation et perturbe la nidation de l'œuf éventuel. Son efficacité varie de 58 à 95 % selon le délai entre le rapport sexuel et la prise du comprimé. De nouvelles données cliniques ont montré que l'efficacité du lévonorgestrel est réduite chez les femmes dont le poids est supérieur ou égal à 75 kg, et qu'il n'est plus efficace chez les femmes dont le poids est supérieur à 80 kg.
En cas d'allaitement, il est conseillé d'allaiter avant la prise du comprimé et d'éviter d'allaiter pendant les 8 heures suivantes.
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Pilule du surlendemain : l'ulipristal
L'ulipristal est une substance qui interfère avec l'ovulation. Il doit être utilisé le plus tôt possible après le rapport sexuel non protégé et au plus tard dans les cinq jours qui suivent. Sa prise est susceptible de réduire l'action d'une contraception hormonale régulière. Son efficacité est incomplète et varie entre 73 et 85 % selon les études.
En cas d'allaitement, il n'est pas recommandé d'allaiter pendant une semaine après la prise d'ulipristal, car ce médicament passe dans le lait maternel.
Aspects pratiques et financiers
Depuis le 1er janvier 2023, la contraception d'urgence hormonale est gratuite pour toutes les femmes en âge de procréer, quel que soit le médicament demandé (lévonorgestrel ou ulipristal). Elle est disponible en pharmacie, et dans certains cas, dans les infirmeries scolaires, de manière anonyme et sans ordonnance.
Précautions
La contraception d'urgence hormonale ne doit pas être utilisée fréquemment, car elle perturbe le cycle féminin. Elle est destinée à un usage exceptionnel et ne constitue pas une méthode de contraception régulière. Elle n'a pas d'effet préventif pour les rapports ultérieurs et peut perturber la contraception hormonale en cours.
De plus, il est important de noter que la pilule du lendemain ne protège pas contre les infections sexuellement transmissibles (IST).
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