Les pleurs d'un bébé sont une forme de communication primitive, un des seuls moyens d’expression dont il dispose pour exprimer la faim, la douleur ou l'ennui. Bien que souvent source d'inquiétude pour les jeunes parents, ils constituent, dans la majorité des cas, une manifestation normale du développement infantile. Cet article vise à explorer les causes possibles des pleurs chez les nourrissons, à offrir des pistes pour les apaiser et à déconstruire certaines idées reçues.
Pourquoi bébé pleure-t-il ? Les causes fréquentes
Un bébé qui pleure cherche avant tout à communiquer. Cette communication peut être motivée par divers facteurs :
Faim et soif
La sensation de faim ou de soif est l’une des causes les plus fréquentes des pleurs chez les nourrissons. Les pleurs peuvent survenir immédiatement après le repas si bébé n’a pas suffisamment mangé, ou après une période prolongée sans manger, généralement 2 à 3 heures pour les bébés. L’alimentation est ainsi souvent la clé pour comprendre les pleurs du nourrisson.
Inconfort physique
Un inconfort dû à une chaleur excessive ou insuffisante, une couche sale ou une position inconfortable dans son lit ou sa balancelle peuvent provoquer des pleurs. Il est donc important de s'assurer que l'environnement du bébé est adapté et confortable.
Fatigue et besoin de sommeil
Un enfant en manque de sommeil est généralement plus irritable et sujet aux pleurs. Coucher bébé dans un environnement calme et familier dès les premiers signes de fatigue peut aider à prévenir les crises de pleurs.
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Douleurs et fièvre
Les pleurs peuvent également être un signe de douleur ou de fièvre. Les causes de ces douleurs peuvent être variées : inconfort digestif, maux de tête, poussée dentaire, etc. En cas de doute, il est recommandé de consulter un pédiatre.
Besoin d'affection et de réconfort
Un nourrisson peut pleurer simplement pour être pris dans les bras de ses parents, pour ressentir leur affection et chercher leur réconfort. Jusqu'à l'âge de 3 ans, il ne s'agit pas de caprices, mais d'un besoin réel de contact et de sécurité.
Les pleurs du soir et les "coliques du nourrisson"
Environ 25 % des nourrissons sont sujets à des crises de pleurs récurrentes en fin de journée ou à la tombée de la nuit. Ces crises, souvent appelées "coliques du nourrisson", sont encore mal comprises et aucune cause médicale n'a été clairement identifiée à ce jour. Certains experts estiment que ces pleurs sont liés à l'immaturité du système digestif du bébé ou à un déséquilibre de la flore intestinale, tandis que d'autres les considèrent comme un moyen d'évacuer les tensions accumulées durant la journée.
Les pleurs du soir surviennent généralement entre 18h et 24h, et durent environ 3 heures. Ils débutent vers l'âge de 3 semaines et atteignent leur maximum vers 6 semaines de vie, puis s'atténuent ou disparaissent vers 3 à 4 mois.
Contrairement à une idée répandue, les pleurs du soir ne sont pas liés à la peur de la nuit, mais semblent être une période normale d'activité du nouveau-né. Des études ont montré que l'activité physique et cérébrale d'un fœtus est déjà plus intense à cette période de la journée.
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Troubles digestifs et pleurs : démêler le vrai du faux
Alimentation et digestion
Dans de nombreux cas, l'alimentation est la cause des pleurs du nourrisson. Une alimentation mal adaptée peut en effet provoquer de petits problèmes digestifs (ballonnements, gaz, coliques, irritations…) chez l’enfant en bas âge. Il est donc essentiel de proposer à bébé une alimentation de qualité, adaptée à son âge et à ses besoins.
Évitez par ailleurs de proposer à bébé des repas trop copieux avant de dormir, et de l’allonger immédiatement après la prise du repas pour éviter les régurgitations.
Il faut distinguer l’intolérance au lactose (l’intestin ne fabrique pas de lactase, l’enzyme qui digère le lactose) qui est exceptionnelle, et la mal-digestion du lactose qui existe chez certains bébés qui reçoivent trop de lactose par rapport à la quantité de lactase que leur intestin peut produire.
L’allergie aux protéines du lait de vache (APLV) se manifeste par des signes cliniques très divers, dont des pleurs, plus ou moins rapidement après le biberon. Le diagnostic doit être confirmé par un essai de régime sans protéines de lait de vache et des tests biologiques.
Reflux gastro-œsophagien (RGO)
Le reflux gastro-œsophagien (RGO) non extériorisé est un diagnostic “à la mode” mais probablement plus rare qu’on le pense, car pour qu’un enfant pleure intensément à cause d’un RGO, il faut qu’il existe une réelle brûlure de l’œsophage par l’acidité gastrique (œsophagite).
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Réflexe gastro-colique
Le réflexe gastro-colique est un réflexe normal : il s’agit d’une accélération du péristaltisme intestinal (mouvements de la paroi) en particulier au niveau du côlon, après le remplissage de l’estomac, ce qui entraîne généralement l’émission d’une selle après le repas. Ce réflexe, chez certains enfants, peut être exagéré et devenir douloureux, surtout si l’enfant est glouton, et s’il avale beaucoup d’air en buvant son lait, sans faire de pauses ni de rots.
Comment apaiser un bébé qui pleure ?
Si certaines crises de pleurs paraissent inconsolables, il est heureusement possible de parvenir à apaiser votre enfant lorsqu’il pleure. Plusieurs méthodes peuvent fonctionner selon l’enfant :
- Prendre bébé dans vos bras, le bercer et lui parler à voix douce en lui adressant des petits mots rassurants.
- Si bébé est dans son lit, lui toucher les pieds, lui caresser la joue, lui parler à voix basse et lui masser son petit ventre. En cas de gaz et ballonnements, le massage de l’abdomen pourra lui faire beaucoup de bien.
- Berceau en voiture, une petite balade en poussette ou lui donner un bain.
- Proposer à votre bébé une alimentation de qualité, adaptée à son âge et à ses besoins, peut également vous permettre de soulager ses pleurs sur le long terme.
Ce qu'il ne faut pas faire : déconstruire les idées reçues
Il y a plusieurs années de cela, il pouvait parfois être recommandé de laisser pleurer un bébé (la nuit, notamment) quand on avait déjà répondu à ses besoins primaires (manger, boire, change…). Cette méthode n’est aujourd’hui plus conseillée par les pédiatres et le corps médical (au moins jusqu’à la première année de l’enfant). Au contraire, les professionnels de la petite enfance insistent aujourd’hui sur l’importance de répondre aux besoins de l’enfant et de réussir à le rassurer lorsqu’il pleure.
Il est également important de dédramatiser et relativiser ce que vous disent vos proches. Un bébé qui fait ses nuits dès le premier jour et ne pleure jamais, ce n’est pas la norme. Certains enfants ne pleurent que 20 à 30 minutes par jour, d’autres jusqu’à 5-6 heures. Cela ne doit pas vous culpabiliser, tous les enfants sont simplement différents.
L'importance du soutien parental
Les pleurs d'un nourrisson peuvent être fatigants, angoissants et déstabilisants pour les parents. Il est donc essentiel de ne pas rester isolé et de rechercher du soutien auprès de son entourage, de professionnels de la santé (médecin, pédiatre, sage-femme) ou d'associations de parents.
Il est très important que vous puissiez dire, sans aucune culpabilité, ce que vous ressentez: fatigue, difficultés à gérer votre quotidien et celui de votre bébé, impression d’être dépassée, perte de sommeil voire idées noires. Toute maman a expérimenté ces pleurs et cris, et il n’est pas toujours facile de savoir comment réagir.
Si vous êtes seul(e) chez vous et que vous sentez monter un énervement impossible à refréner, posez délicatement votre bébé dans son lit, parlez-lui, dites-lui que vous avez besoin d’un temps de pause.
Quand les pleurs de l’enfant menacent de déborder le parent, l’idéal serait de rapidement passer le relais.
Parler de la difficulté à gérer les pleurs de son enfant n’est plus tabou. Les personnes aidantes dites ressources peuvent se trouver dans le cercle de l’entourage familial mais aussi et surtout auprès des professionnels.
Quand consulter un médecin ?
Il est recommandé de consulter un médecin si :
- Vous constatez un changement de comportement chez votre bébé (cris en mangeant, selles liquides, impossibilité de l’apaiser dans les bras, perte de poids).
- Les pleurs sont accompagnés de fièvre, de diarrhée ou de vomissements.
- Vous êtes inquiet ou dépassé par la situation.
Un bébé qui grandit et grossit bien n’a généralement pas de problème de santé majeur.
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