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Déclenchement de l'accouchement à 37 semaines : Risques et bénéfices expliqués

La magie de l’accouchement réside en grande partie dans l’incertitude du moment où il surviendra. Cependant, certaines situations, comme des préoccupations médicales ou un dépassement de terme, peuvent rendre nécessaire un déclenchement artificiel de l’accouchement. Déclencher un accouchement est possible si des raisons médicales ou personnelles l'exigent. Le déclenchement de l’accouchement, ou induction, consiste à provoquer artificiellement le début du travail pour permettre la naissance du bébé. Cet article explore en profondeur les raisons, les méthodes, les risques et les bénéfices associés au déclenchement de l'accouchement à 37 semaines de grossesse.

Raisons du déclenchement de l'accouchement

Pour des raisons médicales ou personnelles justifiées, une équipe médicale peut décider de déclencher l'accouchement. Le déclenchement artificiel du travail peut s'avérer nécessaire chez une femme ayant un utérus cicatriciel, pour une indication maternelle ou fœtale. Il est important de noter que ce déclenchement du travail pour indication médicale peut avoir lieu dans la période où le fœtus est à terme (entre 37 semaines d'aménorrhée (SA) et 41SA+4 jours) mais aussi dans une période antérieure (avant 37 SA) aboutissant donc à un accouchement prématuré.

Plusieurs situations peuvent amener à envisager un déclenchement :

  • Dépassement de terme: On parle de terme dépassé à partir de 41 semaines et 6 jours d’aménorrhée (41+6 SA). Passé ce délai, le risque de complications augmente légèrement, ce qui peut justifier un déclenchement.

  • Pathologies maternelles: Des plaquettes basses (en dessous de 50 000/mL), un diabète gestationnel mal contrôlé, ou une hypertension pendant la grossesse peuvent nécessiter un déclenchement pour éviter des risques hémorragiques ou autres complications.

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  • Problèmes fœtaux: Un petit poids fœtal, un ralentissement de la croissance du bébé, une diminution du liquide amniotique (oligohydramnios), ou une rupture prématurée de la poche des eaux peuvent également justifier un déclenchement.

  • Cholestase gravidique : Si les taux d’acides biliaires deviennent trop élevés, cela peut présenter un risque pour le bébé.

Concernant le déclenchement de convenance, il a la particularité de n'être réalisé qu'après 39 SA en l'absence de complication chez la mère et/ou le fœtus. Il est la résultante d'un accord passé entre la patiente et son médecin, après avoir été informée des tenants et aboutissants d'un tel geste et des risques éventuels liés à sa réalisation. Si vous avez demandé un déclenchement de convenance, vous pouvez changer d’avis tant que le déclenchement n’est pas commencé.

Méthodes de déclenchement de l'accouchement

Selon l'état du col de l'utérus, plusieurs techniques médicales peuvent être utilisées pour faire maturer le col et déclencher le travail.

  • Maturation du col:

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    • Prostaglandines: L'application d'un gel d'hormones prostaglandines dans l'utérus favorise la maturation et l'amincissement du col et déclenche ainsi les contractions. Les professionnels de santé vont avoir tendance à privilégier cette méthode lorsque le col est immature. L’utilisation des prostaglandines E2 est préférable à l’utilisation de l’ocytocine pour le déclenchement du travail quand le col est immature. En cas de déclenchement par les prostaglandines E2 en application vaginale, un monitorage fœtal continu doit être réalisé pendant au moins 2 heures. Une autre technique consiste à placer un tampon dans le vagin (tampon Propess), qui va diffuser des hormones prostaglandines pour provoquer des contractions et ainsi le déclenchement du travail. Des brûlures vaginales peuvent aussi être ressenties après l'application. Dès lors que le travail a débuté, le tampon est retiré.
    • Ballonnet (sonde de Folley): Si le col de l'utérus est complètement long, fermé, on peut utiliser la technique du ballonnet (sonde de Folley) pour faire maturer le col. On utilise un petit ballon sous forme de sonde en caoutchouc souple qui est introduite dans le col de l'utérus. Lorsqu'elle est en place, elle est gonflée progressivement avec de l'eau, ce qui va permettre d'ouvrir le col et de décoller les membranes, et ainsi de déclencher l'accouchement. L’utilisation de la sonde de Foley n’est pas recommandée en routine dans le déclenchement artificiel du travail.
  • Déclenchement du travail:

    • Ocytocine: Lorsque l'ocytocine n'est pas suffisamment produite par le corps, c'est une ocytocine de synthèse qui est administrée par voie intraveineuse à la femme enceinte afin de déclencher artificiellement les contractions. L'injection d'ocytocine pour déclencher l'accouchement marche que si le col de l'utérus est déjà un peu favorable. L'objectif est que des contractions d'intensité normale apparaissent. La dose maximum recommandée d’ocytocine est de 20 milli-unités par minute.
    • Amniotomie: L’amniotomie consiste à percer la poche des eaux pour accélérer ou déclencher le travail.
  • Autres méthodes:

    • Décollement des membranes (stripping): Méthode de moins en moins utilisée, le décollement des membranes, appelé aussi stripping peut être aussi envisagé pour provoquer le travail "si le col est déjà ouvert à au moins 1 doigt de dilation". Toutefois, cela ne permet pas déclencher systématiquement l'accouchement.

Il n'existe pas une seule méthode efficace mais plusieurs. La maturation du col par le ballonnet et l'administration de prostaglandines (par tampon puis par gel) sont deux méthodes dont l'efficacité est comparable. La méthode de déclenchement est choisie en fonction de plusieurs critères, tels que l’état de maturation du col, la santé de la mère et du bébé, ainsi que le contexte médical. Aucune méthode n’est universellement meilleure qu’une autre : l’efficacité dépend de chaque situation.

Méthodes naturelles

Si un déclenchement médical n’est pas indispensable, il existe des méthodes naturelles pour favoriser le début du travail.

  • Capsules d’huile d’onagre : L’huile d’onagre (500 mg) est riche en précurseurs de prostaglandines, substances qui aident à la maturation du col.
  • Relation sexuelle : Le sperme contient des prostaglandines naturelles qui aident à assouplir le col, tandis que l’orgasme peut stimuler les contractions utérines.
  • Autres méthodes de grand-mères : On conseille souvent aux futures mamans de marcher, car la marche provoque un peu de contractions, boire plusieurs fois par jour de la tisane de feuilles de framboisier, prendre un bain chaud, manger épicé… Mais leur efficacité reste à prouver.

Bien que ces méthodes soient naturelles, il est essentiel de consulter un professionnel de santé avant de les mettre en pratique.

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Risques du déclenchement de l'accouchement

Le déclenchement de l'accouchement n'est pas sans risques. Il peut provoquer une médicalisation plus importante de l'accouchement. Le travail peut être plus long, plus fatiguant et les contractions, plus douloureuses, pour la future maman. Il peut provoquer une médicalisation plus importante de l’accouchement.

  • Douleur accrue: Le travail provoqué par un déclenchement s’avère plus douloureux que celui d’un accouchement spontané. Cela s’explique par l’apparition parfois brutale des contractions et leur intensité accrue, particulièrement avec l’ocytocine ou les prostaglandines. Un déclenchement d'accouchement peut faire un peu plus mal. Car quand le travail et les contractions commencent spontanément, la douleur vient progressivement et le corps sécrète de l'ocytocine (hormone qui stimule les contractions, ndlr) mais également de l'endorphine (surnommée hormone du bonheur, ndlr), comme de la morphine naturelle qui permet de gérer la douleur. Les contractions provoquées par l’ocytocine de synthèse sont souvent plus intenses que celles d’un travail spontané. De plus, elle n’est pas recommandée lorsque le col est fermé, car son efficacité dépend d’un col déjà préparé. Bien que l’ocytocine de synthèse agisse sur les contractions, elle ne traverse pas la barrière du cerveau et ne déclenche pas la libération naturelle d’endorphines, ces puissants anti-douleurs produits par le corps pour atténuer les sensations liées aux contractions.
  • Risque de césarienne: Parfois le déclenchement ne marche pas, le col n'a pas bougé donc il y a un risque de césarienne. Ces risques sont représentés majoritairement par une augmentation du taux de césariennes, d'extraction instrumentales (forceps) et/ou d'épisiotomie, et plus rarement de rupture utérine (en cas d'antécédent de chirurgie sur l'utérus).
  • Hypercinésie de fréquence: Dans d'autres cas, la future maman ressent trop de contractions d'un coup, on parle alors d'hypercinésie de fréquence. Des contractions trop intenses ou prolongées peuvent survenir, ce qui peut entraîner une souffrance fœtale.
  • Rupture utérine: Chez les grandes multipares (≥ 5 accouchements antérieurs), le déclenchement du travail par l’ocytocine peut être associé à une augmentation du risque de rupture utérine. Un déclenchement artificiel du travail, pour une indication maternelle ou fœtale, peut s’avérer nécessaire chez une femme ayant un utérus cicatriciel. Le déclenchement artificiel du travail reste une option raisonnable, mais le risque potentiel de rupture utérine qui y est associé doit être discuté avec la patiente.
  • Risque d’infection: Lorsque la poche des eaux se rompt avant le début du travail, il peut y avoir un risque d’infection pour le bébé. Augmentation du risque d’infection et d’intensité des contractions lors de l'amniotomie.
  • Hypertonie utérine : Des contractions trop intenses ou prolongées peuvent survenir, ce qui peut entraîner une souffrance fœtale.
  • Arrêt de la dilatation : Le travail peut stagner, obligeant les équipes médicales à envisager une césarienne.

Aucune méthode de déclenchement n’est totalement dénuée de risques, car elle implique de forcer un processus naturel avant que le bébé ou votre corps ne soient prêts. Tout déclenchement nécessite une surveillance de la femme enceinte, mais aussi du fœtus. Le déclenchement, quelle que soit la méthode utilisée, implique généralement un monitorage continu du fœtus afin de surveiller sa tolérance aux contractions et contraint donc la mobilité, pourtant essentielle lors de l’accouchement.

Bénéfices potentiels du déclenchement à 37 semaines

Mercredi 18 février, un groupe de chercheurs danois a publié une étude dans l'International Journal of Obstetrics and Gynaecology démontrant que le déclenchement du travail à la 37 semaine de grossesse augmenterait considérablement les chances de survie de bébé et réduirait le risque d'asphyxie et la paralysie cérébrale. Pour parvenir à cette conclusion, l'état de santé de plus de 770 000 bébés ont été observés par les chercheurs sur une période de 13 ans, à partir de leur naissance. Aussi, l'étude conclue que provoquer l'accouchement à 37 semaines de grossesse augmenterait significativement les chances de survie du bébé en réduisant les risques d'asphyxie et de paralysie cérébrale.

Si le travail des femmes commence naturellement entre la 38ème semaine et 41ème semaine d’aménorrhée, les chercheurs estiment ainsi que le déclencher lors de la 37ème semaine aurait de nombreux bénéfices pour la santé du nouveau-né.

Déroulement et durée du déclenchement

La durée d’un déclenchement d’accouchement peut varier considérablement d’une femme à l’autre. En général, l'accouchement se fait entre 24 heures et 48 heures après le début du déclenchement. En général, il est important de noter qu’un déclenchement est souvent plus long qu’un accouchement spontané, car les contractions doivent être induites.

  1. Observation et phase de pré-travail: Lors du choix de la méthode d’induction, que ce soit la pose d’un ballonnet, l’administration de comprimés, ou l’utilisation de tampons ou de gels de prostaglandines, une période d’observation est nécessaire. Cette phase dure en moyenne entre 6 et 8 heures, mais peut être prolongée si nécessaire.
  2. Début du travail: Lorsque les contractions deviennent régulières et efficaces, le travail en salle de naissance commence. La durée est toujours variable, selon chaque maman et chaque bébé.

Consentement éclairé et information

La loi et les recommandations médicales sont claires : le consentement de la femme enceinte est indispensable pour tout déclenchement. L’éducation prénatale joue un rôle clé pour préparer les futurs parents à prendre des décisions éclairées, notamment dans une société marquée par la gestion des risques et la sur-prévention. Prenez le temps de discuter avec l’équipe médicale, d’explorer les alternatives, et de vous préparer mentalement et physiquement. La présente fiche a pour but d’accompagner les informations qui vous ont été apportées oralement par le médecin ou la sage-femme en ce qui concerne les principes, les avantages et les inconvénients du déclenchement.

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