Chlamydia est une infection sexuellement transmissible (IST) très courante causée par la bactérie Chlamydia trachomatis. Comprendre les mécanismes de transmission, les symptômes, l'importance du dépistage et les options de traitement est essentiel pour prévenir sa propagation et minimiser les complications potentielles.
Qu'est-ce que Chlamydia ?
L'agent pathogène de cette infection est connu sous le nom de Chlamydia trachomatis. Chlamydia trachomatis est une bactérie intracellulaire obligatoire de petite taille. Cette bactérie n’est pas colorable par la coloration de Gram et présente un tropisme pour les cellules épithéliales, notamment au niveau urogénital et oculaire. Elle ne se cultive pas sur milieu artificiel gélosé. Son cycle de multiplication est intracellulaire et dure de 48 à 72 heures dans une cellule épithéliale. Le genre Chlamydia appartient à la famille des Chlamydiaceae.
Transmission de Chlamydia
La chlamydiose est une infection sexuellement transmissible (IST) très contagieuse. La bactérie Chlamydia se transmet généralement lors d'une pénétration sexuelle non protégée, qu'elle soit vaginale, anale ou orale ou lors de préliminaires buccogénital ou bucco-anal (fellation, cunnilingus, anulingus). Plus précisément, elle se transmet à la faveur de relations sexuelles non protégées, qu’il s’agisse de rapports vaginaux, anaux ou oro-génitaux (sexe oral), avec ou sans éjaculation. La transmission peut également se faire de la mère à l'enfant lors de l'accouchement.
Les personnes les plus susceptibles d'être infectées par la Chlamydia sont celles qui ont plusieurs partenaires sexuels, et avec qui elles ont des rapports non protégés.
Par ailleurs, les infections à Chlamydia fragilisent les muqueuses génitales et augmentent le risque de contracter ou de transmettre d’autres IST, y compris le VIH/SIDA.
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Symptômes de Chlamydia
L’infection à Chlamydia trachomatis peut passer inaperçue parce qu’elle est très souvent asymptomatique (dépourvue de symptômes). C'est pour cela que cette infection est considérée comme une "maladie silencieuse". Toute personne sexuellement active peut donc sans le savoir être porteuse d'une IST et contaminer son partenaire. La moitié des cas (hommes ou femmes) sont asymptomatiques. Lorsqu’ils se manifestent, quelques semaines après la contamination, les symptômes peuvent varier entre les hommes et les femmes :
Chez la femme
Lorsqu'ils se manifestent, les symptômes de l’infection chez les femmes sont des douleurs en urinant ou pendant les rapports sexuels, des écoulements vaginaux jaunâtres ou sanguinolents et des maux de ventre. L'urétrite et la cervicite sont objectivées par des écoulements séreux, des pertes vaginales anormales…
Chez l’homme
Chez les hommes, l’infection peut se manifester par des picotements ou brûlures en urinant, ou par des écoulements blanchâtres au niveau du pénis ou du rectum. L'urétrite chez l’homme est essentiellement objectivée par un écoulement urétral séreux (différent de celui observé pour l’urétrite gonococcique) accompagné d’importantes brûlures lors de la miction. Les ano-rectites sont essentiellement observées chez les HSH.
Il est important de noter que même en cas d’absence de symptôme, une personne infectée peut transmettre l’infection au cours de rapports sexuels.
Complications de Chlamydia
Les complications à long terme des chlamydioses sont surtout préoccupantes chez la femme. En effet, une infection à Chlamydia non traitée peut provoquer une inflammation de l’utérus et des trompes de Fallope, à l’origine d’infertilité ou de grossesses extra-utérines. L’infection à Chlamydia peut aussi être transmise au moment de l'accouchement de la mère à l’enfant et provoquer une pneumonie ou une infection des yeux chez le nouveau-né (conjonctivite). Chez la femme, lorsqu’elle est non traitée, l’infection à Chlamydia trachomatis peut se propager depuis le vagin vers l’utérus et les trompes de Fallope. Une infection non traitée peut se propager par voie ascendante avec atteinte de l’utérus (endométrite), des trompes (salpingite), des ovaires et se traduire par une maladie inflammatoire pelvienne avec douleurs abdominales, du bas du dos, des douleurs pendant les rapports sexuels (dyspareunie), voire des saignements après les rapports sexuels et entre les règles, et de la fièvre… Des périhépatites (syndrome de Fitz-Hugh-Curtis) peuvent également être observées. Les conséquences à long terme incluent la stérilité, des douleurs pelviennes chroniques et un risque accru de grossesse extra-utérine (GEU).
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Chez l’homme, une infection à Chlamydia non traitée peut provoquer une inflammation de la prostate, des testicules ou de l’épididyme. Chez l’homme, la Chlamydia non traitée peut provoquer une prostatite (inflammation de la prostate), une urétrite (infection du conduit spermatique) ou une inflammation des testicules et des épididymes. Dans certains cas, l’infection peut amener à la stérilité. Les principales complications locorégionales sont représentées par des épididymites (testicules enflés et/ou douloureux), ou des prostatites. Faute de traitement, une infection à Chlamydia peut également entraîner des douleurs articulaires (syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter), une inflammation du rectum (proctite) ou une inflammation des conjonctives et de la cornée (kératoconjonctivite) pouvant entraîner des séquelles visuelles jusqu'à la cécité si elle n’est pas traitée.
Dépistage de Chlamydia
Dépister une infection à Chlamydia à temps permet de prévenir ces complications. Un dépistage est dès lors recommandé après toute relation sexuelle à risque non protégée. Aujourd'hui, "le dépistage est l'unique moyen d'établir un diagnostic".
Le dépistage de Chlamydia consiste en l’analyse d’un échantillon d’urine ou de sécrétions vaginales (auto-prélèvement) pour y détecter la présence de la bactérie. Il s’agit d’un test rapide et totalement indolore. Le diagnostic de l’infection à Chlamydia se fait en laboratoire d’analyse médicale par PCR, à partir d’un échantillon d’urine ou d’un prélèvement fait sur les organes touchés (urètre, vagin, rectum, gorge) cette dernière méthode étant plus efficace. Un examen clinique peut également aider au diagnostic.
La PCR pour recherche de C. trachomatis est la méthode de dépistage et de diagnostic privilégiée. La sérologie n’est pas contributive pour le diagnostic d’infection urogénitale basse aiguë (urétrite et cervicite).
Dépistage systématique
Depuis 2018, la HAS recommande un dépistage systématique de C. trachomatis. A la demande de la Direction générale de la santé (DGS), la Haute autorité de santé (HAS) recommande désormais aux jeunes femmes de 15 à 25 ans sexuellement actives - et y compris les femmes enceintes - d'effectuer au moins un dépistage des infections à Chlamydia trachomatis (bactérie responsable de la chlamydiose génitale). Ensuite, un second dépistage, réalisé entre 3 et 6 mois après le traitement, permet de vérifier que la bactérie a été traitée. De plus, "un dépistage opportuniste ciblé doit être proposé aux hommes sexuellement actifs, présentant des facteurs de risque, quel que soit l'âge, aux femmes sexuellement actives de plus de 25 ans, présentant des facteurs de risque et aux femmes enceintes consultant pour une IVG, sans limite d'âge", préconise la HAS dans un communiqué du 23 octobre 2018. Parmi les facteurs de risques, il y a le multipartenariat (au moins deux partenaires dans l'année), les antécédents d'IST, le changement de partenaire récent, le fait pour un homme d'avoir des relations sexuelles avec des hommes…
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Traitement de Chlamydia
Constatée rapidement, l’infection à Chlamydia se traite efficacement avec des antibiotiques comme l’Azithromycine ou la Doxycycline. Le traitement est un traitement antibiotique, de la classe des cyclines (doxycycline pendant une semaine) ou des macrolides (azithromycine en une dose unique). Il fait appel à des antibiotiques à diffusion intracellulaire. Les bêta-lactamines ne sont pas utilisées. En l’absence de complications, il s’agit d’un traitement « monodose » qui consiste en la prise unique de quatre comprimés. Il n’existe pas de vaccin contre l’infection à Chlamydia.
Si le résultat du dépistage est positif : un traitement antibiotique adapté (le plus souvent à base d'azithromycine pour une prise unique, ou de doxycycline pour un traitement de sept jours) est prescrit à la personne porteuse de l'IST ainsi qu'à ses partenaires. Ce traitement va supprimer la bactérie responsable de l'infection. Dans quelques cas, une infection - même bien soignée - persiste.
Attention : les personnes infectées restent contagieuses durant quelques jours. Les relations sexuelles doivent dès lors être évitées ou protégées par le port d’un préservatif pendant la semaine suivant la prise des antibiotiques. Si l’infection a gagné les trompes de Fallope, le traitement est plus long et des examens supplémentaires sont généralement nécessaires.
Prévention de Chlamydia
La prévention repose essentiellement sur l’utilisation du préservatif. Voici quelques mesures de prévention :
- Rapports sexuels protégés (préservatifs).
- En cas de dépistage positif, dépistage et traitement des partenaires sexuels.
- Diagnostic et/ou dépistage des autres agents infectieux responsables d’IST dont les infections par les virus de l’immunodéficience humaine et des hépatites virales.
- Prévention HBV et HPV par la vaccination des personnes à risque.
- Conseils et éducation quant à la prise de risques et à leur réduction et aux signes d’alertes qui doivent amener à consulter.
Épidémiologie de Chlamydia
C. trachomatis (génovars D à K) est la 1re cause d’infection sexuellement transmissible (IST) bactérienne en Europe, en Amérique latine et aux États-Unis. Le nombre de personnes diagnostiquées pour une infection à C. trachomatis en France est estimé entre 250 000 et 300 000 cas en 2016. Selon Santé Publique France, 124 000 personnes ont été diagnostiquées avec une chlamydia en 2020 dont 70% de femmes. La chlamydiose est l'infection sexuellement transmissible (IST) la plus fréquente en Europe.
Les tranches d’âge les plus touchées sont les 15-24 ans chez les femmes et 20-29 ans chez les hommes.
La lymphogranulomatose vénérienne ou LGV (génovars L1 à L3) touche quasi exclusivement les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH), avec un taux de co-infection par le HIV élevé (54 % en 2018, données Santé publique France).
Le trachome (génovars A à C) est un problème de santé publique dans de nombreux pays en développement où il constitue la principale cause de déficience visuelle ou de cécité d’origine infectieuse (environ 1,9 million de personnes touchées en 2019 d’après l’OMS).
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