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Les séquelles psychologiques après une IVG : Comprendre et surmonter la souffrance

L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est une décision personnelle complexe, influencée par divers facteurs individuels, sociaux et médicaux. Bien que l'IVG soit un droit fondamental pour les femmes, il est essentiel de reconnaître que cette expérience peut avoir des répercussions psychologiques significatives. Cet article explore en profondeur les aspects psychologiques liés à l'IVG, en mettant en lumière les émotions complexes, les défis potentiels et les ressources disponibles pour accompagner les femmes dans leur parcours.

L'IVG : Un acte aux multiples facettes

L'IVG, qu'elle soit pratiquée par voie médicamenteuse ou chirurgicale, est une procédure médicale qui met fin à une grossesse non désirée. L'IVG médicamenteuse peut être pratiquée dans un établissement de santé, ce délai peut s’étendre à 7 semaines de grossesse, soit 9 semaines après le début des dernières règles. Cette méthode consiste à prendre deux médicaments sous forme de comprimés. Le premier servant à interrompre la grossesse et le second à provoquer l’expulsion de l'œuf ou de l’embryon en générant des contractions de l’utérus. L’IVG médicamenteuse peut être pratiquée sous la supervision d’un médecin généraliste, d’un gynécologue ou d’une sage-femme. Elle peut aussi être réalisée dans un centre de planification ( planning familial). L'IVG chirurgicale, quant à elle, est une petite intervention chirurgicale qui se déroule à l’hôpital ou dans un centre spécialisé. Elle peut être réalisée sous anesthésie locale ou générale en fonction de votre état de santé et de votre souhait. En passant par le vagin, le médecin va dilater le col de l’utérus puis venir aspirer l'embryon grâce à un tube. Un avortement peut avoir lieu, que la grossesse soit désirée ou non, pour de multiples raisons. Chirurgicale ou médicamenteuse, en fonction du choix proposé et entrepris, la procédure médicale s’associe à des effets secondaires. Ceux-ci peuvent être séparés ou conjoints.

Si certaines femmes vivent cette expérience avec soulagement, d'autres peuvent ressentir un stress important et éprouver des séquelles psychologiques durables. Il est crucial de reconnaître que chaque femme vit l'IVG de manière unique, et que ses émotions doivent être accueillies et respectées.

Le syndrome post-IVG : une réalité complexe

La psychanalyste Danielle Bastien, dans son étude « “J’ai tué mon enfant” ou “l’avortement et l’impossible du deuil des mères” », met en évidence l'impact profond de l'avortement sur la psychologie et l'inconscient de la femme, conduisant à ce que l'on appelle le syndrome post-IVG. Bastien s’appuie sur le concept d’ambivalence inconsciente, repris de la psychanalyste Michèle Benhaïm. Ce concept désigne le fantasme d’infanticide inhérent à la maternité, mêlant des émotions contradictoires comme l’amour et la haine, la tendresse et l’agressivité. Lors d’un avortement, cette ambivalence peut resurgir violemment, rendant conscient l’amour porté à l’enfant, même s’il est « refusé » pour des raisons impérieuses.

Ce syndrome se manifeste par divers symptômes, tels que :

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  • La culpabilité : Sentiment de regret ou de remords lié à la décision d'interrompre la grossesse.
  • La tristesse : Sentiment de perte et de deuil, même si la grossesse n'était pas désirée.
  • L'anxiété : Préoccupations excessives, crises de panique ou troubles du sommeil.
  • La dépression : Humeur dépressive persistante, perte d'intérêt et de plaisir, fatigue et troubles de l'appétit.
  • Les troubles du comportement : Irritabilité, colère, isolement social ou comportements autodestructeurs.
  • Les reviviscences : Flashbacks ou souvenirs intrusifs de l'IVG.

Il est important de noter que toutes les femmes ne développent pas le syndrome post-IVG, et que l'intensité des symptômes peut varier considérablement d'une personne à l'autre. Cependant, il est essentiel de reconnaître l'existence de cette souffrance et de proposer un accompagnement adapté aux femmes qui en ont besoin.

Les facteurs de risque psychologique

Certains facteurs peuvent augmenter le risque de développer des problèmes psychologiques après une IVG :

  • Antécédents de troubles mentaux : Les femmes ayant déjà souffert de dépression, d'anxiété ou d'autres troubles psychologiques sont plus vulnérables.
  • Manque de soutien social : L'isolement social et le manque de soutien de la famille, des amis ou du partenaire peuvent aggraver la souffrance psychologique.
  • Décision difficile : Les femmes qui ont pris la décision d'avorter dans un contexte de conflit interne ou de pression extérieure peuvent éprouver davantage de culpabilité et de regret.
  • Expérience traumatisante : Une IVG réalisée dans des conditions difficiles, avec un personnel soignant peu empathique ou une douleur physique intense, peut laisser des séquelles psychologiques importantes.
  • Croyances personnelles : Les convictions religieuses ou morales concernant l'avortement peuvent influencer le vécu psychologique de l'IVG.

L'importance de l'accompagnement

Face à la complexité des émotions et des défis psychologiques liés à l'IVG, il est essentiel de proposer un accompagnement adapté aux femmes qui en ont besoin. Cet accompagnement peut prendre différentes formes :

  • Soutien émotionnel : Écoute attentive, empathie et validation des émotions de la femme. Le plus important dans ce cas de figure est de proposer de la bienveillance : assurer notre proche de notre soutien quelle que soit la décision prise, demander à la personne concernée si elle a besoin d’aide et, si elle répond par l’affirmative, évoquer ensemble ce qui pourrait l’aider.
  • Information : Fournir des informations claires et objectives sur l'IVG, ses conséquences physiques et psychologiques, ainsi que les ressources disponibles.
  • Orientation : Orienter la femme vers des professionnels de santé mentale (psychologues, psychiatres) ou des associations spécialisées dans l'accompagnement post-IVG. Vous pouvez également vous tourner vers un psychologue ou encore vers des associations, comme le Planning familial, qui peuvent vous apporter un soutien important. A plus long terme, un accompagnement psychologique par un professionnel peut également être mis en place si vous en ressentez le besoin.
  • Thérapie : Proposer une thérapie individuelle ou de groupe pour aider la femme à explorer ses émotions, à surmonter la culpabilité et le regret, et à développer des stratégies d'adaptation. Entre culpabilité, tristesse, peur ou colère, L’EFT (technique de libération émotionnelle par acupressure) s’avère efficace pour régenter ces émotions bien normales qui peuvent survenir. La démarche peut s’avérer traumatique. Dans ce cas, les mouvements oculaires sont à tester. Encore une fois, tournez-vous vers un(e) praticien(ne) recommandé(e) pour expérimenter cette technique.

Il est important de souligner que l'accompagnement post-IVG doit être personnalisé et adapté aux besoins spécifiques de chaque femme. Il doit également être respectueux de ses convictions personnelles et de ses choix.

Les ressources disponibles

De nombreuses ressources sont disponibles pour les femmes qui souhaitent bénéficier d'un accompagnement après une IVG :

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  • Les centres de planification familiale : Ces centres offrent des consultations gratuites et confidentielles avec des professionnels de santé (médecins, sages-femmes, psychologues) pour discuter de l'IVG, de la contraception et de la santé sexuelle.
  • Les associations d'aide aux femmes : Ces associations proposent un soutien émotionnel, des informations et une orientation vers des professionnels de santé mentale.
  • Les professionnels de santé mentale : Les psychologues et les psychiatres peuvent aider les femmes à surmonter les difficultés psychologiques liées à l'IVG grâce à des thérapies individuelles ou de groupe.
  • Les groupes de parole : Ces groupes offrent un espace de partage et de soutien entre femmes ayant vécu une IVG.

L'impact transgénérationnel de l'IVG

Après une interruption de grossesse, certaines peuvent être amenées à se questionner sur le côté transgénérationnel. Cet héritage conscient porte en général sur l’histoire des grands-parents, voire arrière-grands-parents. L’écriture constitue un processus créatif aidant. Utilisée avant, le jour même ou après l’avortement, l’acupressure permet une meilleure récupération. Avant et après l’IVG, l’énergétique chinoise peut agir. Appliquez une compresse chaude sur votre bassin. La chaleur soulagera les douleurs et les crampes. Posez une compresse chaude ou chauffante sur le bas de votre bassin pendant 15 à 30 minutes à la fois. Notamment le bas-ventre avec de l’huile essentielle de basilic tropical. Enfin, n’hésitez pas à allumer une bougie.

Les relations sexuelles après une IVG : une étape délicate

La reprise des rapports sexuels après une Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) peut être une étape difficile pour certaines femmes. Les professionnels de santé conseillent de ne pas avoir de rapports sexuels post-IVG jusqu'à l'arrêt des saignements (pouvant aller d'une semaine à 15 jours). Ceci pour éviter des risques d'infections gynécologiques. Si vous avez des complications post-IVG (échec, curetage, infections vaginales, lésions), ce sont des contre-indication pour la reprise d'une activité sexuelle. Après un avortement, le col de l'utérus peut rester ouvert jusqu'à 15 jours dans le cas d'une IVG chirurgicale ou d'un curetage. Il est très important de ne pas vous forcer à avoir des rapports sexuels. Faites l’amour seulement si vous en avez envie et pas uniquement pour faire plaisir à votre partenaire ou par sentiment d’obligation. Même si vous êtes à l'initiative du rapport sexuel, vous avez tout à fait le droit de l’interrompre si vous n’en avez plus envie. N’hésitez pas à lui confier vos appréhensions et à formuler ce dont vous avez envie et au contraire ce que vous ne voulez pas. Après une IVG surtout lorsqu’elle est chirurgicale, il arrive que le vagin et l’utérus soient sensibles ce qui peut occasionner des douleurs à la pénétration. En plus des saignements provoqués par l'avortement qui peuvent aussi gêner certaines femmes. C’est pourquoi il est préférable de vous tourner vers les rapports non pénétratifs. Caresses, sexe oral, utilisation de sextoys… Il existe une multitude de manières de vous faire plaisir. Le meilleur moyen de se réapproprier son corps, c’est de l’explorer soi-même. Avec les doigts ou un sextoy, redécouvrez votre plaisir au rythme qui vous convient.

La contraception après une IVG : un choix essentiel

Au cours des différentes consultations effectuées pour réaliser l’IVG, vous recevez une information détaillée sur les méthodes contraceptives disponibles et pouvez échanger avec le médecin ou la sage-femme afin de choisir la contraception qui vous convient le mieux. Aucune méthode n’est contre-indiquée après une IVG, sauf cas particulier. Seuls les moyens de contraception nécessitant des manipulations vaginales (anneau vaginal, cape cervicale, etc.) ne sont pas recommandés immédiatement après l’intervention, pendant le premier cycle suivant l’IVG. La contraception que vous avez choisie peut être mise en place dès la réalisation de l’IVG. Un dispositif intra-utérin (au cuivre ou à la progestérone) peut être posé immédiatement après la réalisation de l’IVG instrumentale (sauf en cas d’épisode infectieux) ou lors de la visite de suivi pour une IVG médicamenteuse. Une contraception hormonale, œstroprogestative (pilule, patch transdermique) ou progestative (pilule, implant, injection intra musculaire) peut être débutée : le jour même ou le lendemain d’une IVG instrumentale ; le jour de la prise de misoprostol - prise du 2e médicament - pour une IVG médicamenteuse. Les préservatifs externes (dits masculins) ou internes (dits féminins) peuvent être utilisés dès la reprise des rapports sexuels. Ce sont les seuls contraceptifs qui protègent des infections sexuellement transmissibles, dont le VIH-Sida.

Les enfants nés après un avortement

Naître après qu'une mère ait subi un avortement peut avoir un impact profond et souvent méconnu sur l'enfant qui suit. Bien qu'invisible et non verbalisé, ce contexte particulier peut imprégner l'inconscient de l'enfant de sentiments de vulnérabilité et de peurs liées à la survie et à la sécurité. Les individus nés dans ces circonstances peuvent porter en eux un sentiment d'insécurité existentielle, se traduisant par une peur persistante d'être en danger. Cette sensation peut osciller entre se percevoir comme une victime potentielle et adopter des comportements de défense, parfois en se positionnant dans un rôle de bourreau, comme mécanisme de survie face à l'angoisse profonde d'être vulnérable. Ce conflit intérieur peut se manifester par divers symptômes, tels que l'anxiété, une méfiance accrue envers autrui, et des difficultés à établir des relations stables et sécurisantes. Ces manifestations sont souvent le reflet d'un combat intime pour trouver sa place et se sentir en sécurité dans un monde perçu comme menaçant.

Face à ces défis complexes, Valérie Grumelin, psychanalyste spécialisée en thérapies cognitives et comportementales, suggère son approche thérapeutique novatrice : le Rebirth intra-utérin ou Orius. Sa méthode vise à replacer l'individu dans le contexte de sa gestation, lui offrant l'opportunité de revivre sa naissance mais cette fois-ci, dans un cadre déconditionné et exempt de traumas, tout en intégrant les éléments positifs de son existence actuelle. Sa technique crée un espace de sécurité au sein du cerveau limbique, où se trouvent les mécanismes de gestion des émotions et des réflexes primaires. Cette renaissance permet d'aborder et de dissiper les peurs inconscientes liées à la notion de survie, offrant à l'individu une fondation solide pour construire son identité et sa sécurité personnelle. En prenant en compte les cinq sens, cette méthode assure une transition douce vers une renaissance, où l'individu peut pleinement embrasser son existence, libéré des poids du passé et des peurs héritées des circonstances entourant sa conception. Le Rebirth intra-utérin ouvre la voie à une guérison profonde, permettant à la personne de se réconcilier avec son histoire personnelle et de trouver une paix intérieure durable.

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Les enfants nés après un avortement portent souvent en eux des cicatrices invisibles qui nécessitent une attention et une compréhension particulières. La méthode du Rebirth intra-utérin, proposée par Valérie Grumelin, offre une perspective de guérison révolutionnaire, permettant une réconciliation profonde avec soi-même et une acceptation de son parcours de vie unique. Cette approche thérapeutique promet non seulement une résolution des conflits intérieurs mais aussi une opportunité de vivre une vie épanouie, en harmonie avec soi-même et son environnement.

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