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Pertes de sang au deuxième trimestre de grossesse : Causes, inquiétudes et conduites à tenir

Pendant la grossesse, le corps subit de nombreux changements, et les pertes vaginales et les saignements peuvent être source d'inquiétude. Bien que certains saignements soient normaux, d'autres peuvent indiquer des complications nécessitant une attention médicale. Cet article explore les causes des pertes de sang au deuxième trimestre de la grossesse, quand s'inquiéter et les mesures à prendre.

Pertes vaginales et saignements en début de grossesse

Au début de la grossesse, les pertes vaginales sont plus abondantes et il peut aussi y avoir des saignements. Il est fréquent de faire face à des saignements dits « d’implantation », plus connus sous le nom de nidation, lorsque l’embryon s’implante dans l’utérus. Une petite lésion du col de l’utérus ou du vagin, pouvant être provoquée par un toucher vaginal ou un rapport sexuel, peut aussi être à l’origine d’un saignement sans gravité.

L’augmentation des pertes vaginales est un signe de grossesse à part entière. Blanchâtres, transparentes ou jaunâtres, plus abondantes et plus liquides en début de grossesse, ou plus épaisses pendant le dernier trimestre, ces pertes s’expliquent essentiellement par le remplacement plus fréquent des cellules de la paroi vaginale, amplifié par l’augmentation d’œstrogènes. Le taux de progestérone augmente également, ce qui stimule la production de mucus, alors évacué.

Quand s'inquiéter des saignements au deuxième trimestre ?

Durant les deuxième et troisième trimestres, les pertes de sang se font plus rares, mais elles sont généralement plus inquiétantes que celles du début de grossesse. Elles doivent donc être systématiquement suivies d’une consultation. A partir de 14 semaines de grossesse, un saignement est considéré comme anormal, même s’il ne met pas systématiquement la grossesse en danger.

Dans tous les cas de figure, si vous constatez des saignements abondants, consultez sans tarder. Il est important de consulter un médecin pour en déterminer la cause. Le diagnostic implique un examen clinique suivi d'une échographie pour examiner l'utérus, l'embryon et sa fonction cardiaque.

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Causes possibles des saignements au deuxième trimestre

Plusieurs facteurs peuvent provoquer des saignements vaginaux au deuxième trimestre de la grossesse. Certaines causes sont bénignes, tandis que d'autres peuvent être graves et nécessitent une intervention médicale immédiate.

Insertion basse du placenta et placenta praevia

Il arrive que le placenta soit positionné trop près du col de l’utérus, entraînant alors des saignements. On parle d’insertion basse du placenta. Le placenta prævia est la seconde complication la plus grave en fin de grossesse : le placenta est ici trop proche du col de l’utérus, voire le recouvre.

Le placenta praevia se caractérise par une implantation du placenta dans la partie inférieure de l'utérus, recouvrant partiellement ou totalement le col de l’utérus. Les saignements de grossesse associés au placenta praevia surviennent généralement au cours du troisième trimestre de la grossesse. Ce saignement de grossesse peut être déclenché par des activités physiques, des rapports sexuels ou même les mouvements du bébé.

La position du placenta dans l’utérus est établie lors d’un contrôle échographique de routine qui intervient entre la 18e et la 20e semaine de grossesse. Si le placenta se trouve très bas lors du premier examen, d’autres échographies seront réalisées tout au long de la grossesse pour suivre l’évolution. Certaines femmes sont hospitalisées pour observation en cas de saignement une voire plusieurs fois pendant la grossesse si le placenta couvre en partie ou complètement l’orifice interne. Il est parfois nécessaire de donner des médicaments qui accélèrent la coagulation du sang pour arrêter le saignement.

Généralement, le placenta « remonte » à mesure que l’utérus grandit, permettant l’accouchement par voie basse. Mais si vers la fin de la grossesse, le placenta obstrue l’orifice en partie ou complètement, une césarienne s’impose. Si un placenta prævia partiel ou total est constaté, il faut éviter les rapports sexuels avec pénétration vers la fin de la grossesse pour réduire le risque de saignement.

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Hématome décidual et hématome rétroplacentaire

L’hématome décidual consiste en un décollement d’une portion de placenta de l’utérus, provoquant un saignement entre ces deux extrémités. L’hématome décidual survient lorsqu’une portion du bord du placenta se décolle de l’utérus, entrainant un saignement entre le placenta et l’utérus. Dans la plupart des cas, sous réserve de repos, l’évolution est favorable.

Le placenta abruptio, également appelé hématome rétroplacentaire, se produit lorsque le placenta se détache de la paroi de l'utérus avant l'accouchement. Les saignements associés au placenta abruptio sont généralement peu abondants et de couleur foncée, accompagnés de douleurs abdominales soudaines et très intenses. Dans ce cas, le sang est coloré en noir et les douleurs sont extrêmement vives. Difficile à diagnostiquer, cette complication très grave de la grossesse relève de l’urgence médicale et représente un danger tant pour la mère que pour l’enfant.

En fin de grossesse, l’apparition d’une hémorragie est une urgence médicale absolue. Les deux causes principales sont l’hématome rétroplacentaire (le placenta se détache partiellement ou totalement de l’utérus, provoquant une hémorragie et diminuant ou stoppant les échanges entre la mère et le fœtus) et le placenta prævia (le placenta est trop près du col de l’utérus, voire le recouvre). Ce sont deux complications graves de la grossesse, à la fois pour la mère et pour le fœtus, dont la prise en charge est urgente. L’hospitalisation est indispensable.

Fausse couche tardive

La fausse couche peut survenir durant les trois premiers mois de grossesse et parfois tellement tôt que la femme concernée ne savait même pas qu’elle était enceinte. Lorsque la grossesse est confirmée et que la fausse couche se déclare, des saignements plus abondants que ceux des règles forment le principal symptôme. Ils s’accompagnent de douleurs pelviennes plus ou moins intenses.

La fausse couche est le terme utilisé pour désigner l'interruption spontanée d'une grossesse avant la 22e semaine d'aménorrhée, période avant laquelle le fœtus peut survivre hors de l'utérus. Les fausses couches survenant avant la 14e semaine sont qualifiées de précoces et constituent la majorité des cas, tandis que celles intervenant entre la 14e et la 22e semaine sont considérées comme tardives.

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Les symptômes pouvant indiquer une fausse couche incluent : l’arrêt des signes habituels de grossesse, comme les nausées, vomissements ou tension mammaire ; des saignements vaginaux évidents, rouges, accompagnés de caillots et de débris tissulaires brunâtres ; des douleurs abdominales basses, similaires à des crampes ou des douleurs menstruelles et semblables à des contractions.

Le diagnostic de fausse couche est principalement établi par un examen gynécologique et confirmé par échographie, permettant de déterminer si l'expulsion du fœtus est complète ou incomplète. Dans le cas d'une expulsion complète et d'un examen clinique normal, aucun traitement spécifique n'est nécessaire, mais un suivi est recommandé. Pour une expulsion incomplète, le traitement varie en fonction de l'intensité des saignements et des symptômes. Si l'expulsion n'est pas totale mais que les saignements ne sont pas préoccupants, il est possible d'attendre 1 à 2 semaines pour une expulsion naturelle.

Grossesse extra-utérine

Plus rarement, des saignements peuvent être provoqués par une grossesse extra-utérine, lorsque l’œuf se développe dans l’une des trompes de Fallope ou contre l’ovaire, au lieu de l’utérus. Des saignements peu abondants, associés à de fortes douleurs, en forment les principaux symptômes. Si cette grossesse parvient à se développer pendant plusieurs semaines, elle ne peut cependant arriver à terme.

Dans environ 1 % des grossesses, l’œuf n’arrive pas jusqu’à l’utérus et se développe dans les trompes de Fallope, voire contre l’ovaire. C’est ce qu’on appelle une grossesse extra-utérine. Une grossesse extra-utérine peut se développer pendant plusieurs semaines mais ne pourra pas arriver à terme. Elle met la vie de la mère en danger, car en se développant le fœtus va rompre des vaisseaux sanguins des tissus où il s’est implanté, provoquant une hémorragie interne. C’est pourquoi la grossesse extra-utérine nécessite une surveillance rapprochée afin d’interrompre la grossesse en l’absence de fausse couche spontanée.

Une grossesse extra-utérine se produit lorsque l'embryon se fixe et croît en dehors de l'endroit habituel de gestation (habituellement dans une des trompes utérines, au lieu de la cavité utérine). Les signes de cette condition incluent : un retard menstruel ; des douleurs pelviennes unilatérales, généralement sourdes avec des pics de douleur aiguë ; un saignement de grossesse léger, de couleur sombre.

La détection d'une grossesse extra-utérine est considérée comme une situation d'urgence. L'examen gynécologique initial peut suggérer cette condition, confirmée par : une échographie pelvienne, qui révèle l'absence de grossesse dans l'utérus et peut indiquer une masse sur une trompe utérine ; une analyse sanguine des niveaux de l'hormone bêta hCG, qui seront élevés en cas de grossesse active. La prise en charge médicale du saignement de grossesse doit être immédiate pour prévenir des complications graves, comme la rupture tubaire.

Môle hydatiforme

Très rare en France (une à trois grossesses sur 1000), mais plus fréquente en Asie, la môle hydatiforme est une grossesse sans embryon (ou avec un embryon qui ne peut se développer), et au cours de laquelle les cellules du placenta forme une tumeur. Leur cause est inconnue. Les symptômes de grossesse sont généralement exacerbés et l’utérus est trop volumineux par rapport au stade de la grossesse. Les saignements vaginaux sont rouges ou noirâtres et augmentent au fur et à mesure de la grossesse.

La grossesse môlaire caractérisée par une môle hydatiforme est un phénomène rare dans les pays occidentaux. Une môle hydatiforme se forme à partir d'une prolifération non cancéreuse des cellules trophoblastiques. Ces dernières constituent la couche externe de l'œuf peu après la fécondation et sont essentielles à la formation du placenta. Cette condition se présente généralement sans embryon ou, dans de rares cas, avec un embryon présentant un développement anormal.

Les symptômes incluent des saignements vaginaux et des manifestations de grossesse particulièrement exacerbées, comme des vomissements et une tension mammaire accentuée. Lors de l'examen gynécologique, un utérus anormalement agrandi par rapport à l'âge gestationnel peut indiquer une môle hydatiforme. L'échographie révèle un aspect floconneux de l'utérus et peut montrer la présence de kystes ovariens. Un niveau élevé de l'hormone hCG dans le sang est également un indicateur. La prise en charge médicale comprend l'aspiration du contenu utérin, suivie d'une analyse histopathologique pour confirmer le diagnostic.

Infections et irritations

Les infections du col de l'utérus (cervicite) ou de l'utérus lui-même peuvent entraîner un saignement de grossesse. Les infections sexuellement transmissibles comme la chlamydiose ou la gonorrhée peuvent se manifester par des saignements légers, des pertes vaginales anormales ou des douleurs lors des rapports sexuels. Elles peuvent causer des complications graves pour la mère et le bébé. En cas de saignements anormaux pendant la grossesse, il est essentiel de consulter un médecin pour écarter toute infection.

De plus, certains saignements légers ou taches de sang dans les sous-vêtements peuvent résulter de l'irritation du col de l'utérus. Cela peut être dû à un rapport sexuel ou à un examen gynécologique, en raison de l'augmentation de la vascularisation du col de l'utérus. Ce saignement de grossesse est généralement bénin et se résorbe rapidement. Petit saignement après un rapport sexuel, également appelé « saignement post-coïtal ». Il arrive que le col de l’utérus saigne facilement au cours d’une grossesse et il n’est pas rare d’avoir un petit saignement ou un écoulement contenant du sang après un rapport avec pénétration. L’écoulement peut être mêlé de liquide brun le lendemain du rapport. Vous n’avez aucune raison de vous alarmer.

Autres causes possibles

D’autres causes sans gravité peuvent justifier des pertes de sang chez la future maman au cours du deuxième ou troisième trimestre. Durant la grossesse, le col de l’utérus est plus sensible et les saignements sont plus fréquents qu’en temps normal. Parmi les causes les plus courantes de saignements vaginaux et sans gravité chez les femmes enceintes, on retrouve : un rapport sexuel, un toucher vaginal lors d’une consultation gynécologique, un léger décollement du placenta dû à l’utérus qui s’étire, un polype utérin ou un fibrome qui saigne au niveau du col. Rassurez-vous, ces pertes de sang sont légères et ne comportent aucun risque pour la grossesse et le fœtus. Néanmoins, en cas de polype ou de fibrome, il est conseillé de consulter votre médecin avant de tomber enceinte. Lors de cette consultation prénatale, votre gynécologue s’assurera que votre pathologie n’aura aucun impact sur votre grossesse.

Il peut y avoir plusieurs causes à un saignement entre la 12e et la 22e semaine : Saignement d’origine infectieuse. Il est la plupart du temps causé par une infection bactérienne dans le vagin ou sur le col de l’utérus, et généralement accompagné d’écoulements abondants et/ou malodorants. Traitement par antibiotiques. Si vous constatez des changements dans vos écoulements (quantité, aspect, odeur), signalez-le systématiquement à votre sage-femme. Saignement causé par un polype utérin. Il s’agit dans la majorité des cas d’une tumeur bénigne localisée au niveau du col de l’utérus. Il s’avère parfois nécessaire de l’enlever. C’est une simple intervention chirurgicale. Modifications cellulaires. Rare chez la femme enceinte, un saignement du col de l’utérus peut être le signe d’un cancer. Ce cancer peut être traité. Un traitement est possible même en cas de grossesse mais il doit être adapté en fonction de l’avancement de la grossesse.

Que faire en cas de pertes de sang durant la grossesse ?

Si de légers saignements en début de grossesse sont plutôt fréquents et bénins, des pertes de sang plus importantes ou survenant plus tard dans la grossesse doivent vous alerter et vous amener à consulter un médecin. En cas de saignements vaginaux durant la grossesse, avec ou sans symptômes associés et quel que soit le trimestre, la première chose à faire est de contacter votre sage-femme ou votre gynécologue obstétricien rapidement. Votre professionnel de santé procédera à un examen gynécologique et à une échographie afin de déterminer si vos saignements sont bénins ou non. Une prise de sang pourra également vous être prescrite.

Si les saignements sont bénins, tout devrait rentrer dans l’ordre avec un peu de repos. En revanche, en cas d’hémorragie ou si le médecin diagnostique une cause mettant en danger votre santé ou celle du bébé, une hospitalisation en urgence pourra être nécessaire. Dans certaines situations, comme en cas d’hématome rétro-placentaire ou de décollement placentaire important, une césarienne devra être effectuée en urgence par l’équipe médicale.

Il est crucial de réaliser un bilan médical comprenant un examen gynécologique, une échographie et éventuellement des analyses sanguines dans les plus brefs délais. Vous pourrez également vérifier qu’il n’y a pas de problèmes liés à la toxoplasmose pendant la grossesse ou encore de protéinuries pendant la grossesse.

Consultez en urgence dans les cas suivants : si vous présentez des saignements génitaux abondants accompagnés de malaise, si, en âge de procréer, vous avez un retard de règles associé à des saignements vaginaux, avec ou sans expulsion de tissus brunâtres, ainsi que des douleurs pelviennes ; si vous saignez et que vous ressentez de la fièvre. En cas de doute concernant un quelconque saignement de grossesse, n'hésitez pas à consulter votre médecin traitant, un médecin généraliste ou un gynécologue.

Quand faut-il s’inquiéter ?

Lors d’une grossesse, certains symptômes doivent vous alerter : des douleurs intenses dans le bas-ventre accompagnent vos pertes de sang, des saignements vaginaux abondants, de couleur rouge vif et/ou accompagnés de caillots de sang, des vertiges, des nausées ou des baisses de tension. Si vous êtes dans l’une de ces situations, cela peut être le signe de : une fausse couche, une lyse d’un jumeau (perte d’un embryon en cas de grossesse multiple), un décollement majeur de placenta, une grossesse extra-utérine, un placenta prævia, un hématome rétro-placentaire, une grossesse molaire. Rendez-vous aux urgences ou contactez votre gynécologue sans tarder.

Signes d'alerte

  • Saignements légers, de couleur rose ou brunâtre, qui ne s'accompagnent pas de douleurs sévères, peuvent être considérés comme sans gravité.
  • Face à des saignements importants, souvent similaires à ceux d'une période menstruelle normale, ou si les saignements durent plusieurs jours, il est crucial de chercher une aide médicale sans délai.
  • Un saignement de grossesse accompagné de fortes douleurs abdominales ou de contractions nécessite une consultation immédiate.
  • Des saignements en conjonction avec d'autres signes inquiétants comme des vertiges, de la faiblesse, une perte de liquide amniotique, de la fièvre, ou une diminution des mouvements fœtaux, exigent une consultation médicale urgente.

Petit mémento « En cas de saignement »

Les saignements en début de grossesse sont fréquents, mais ne signalent pas forcément un problème. Il arrive qu’aucune cause ne soit trouvée au saignement. Il n’y a rien que vous puissiez faire pour éviter les saignements. Soyez attentive à la couleur ! un saignement frais est de couleur rouge clair à légèrement foncé. une couleur brunâtre est le signe que le saignement a eu lieu et qu’il n’est plus en cours. Soyez attentive à l’abondance du saignement ! un saignement est jugé abondant si la serviette hygiénique est imbibée au bout d’une heure ou si le sang contient des caillots. Si vous avez un saignement mineur, mais que par ailleurs vous vous sentez bien, inutile de vous précipiter aux urgences. Attendez le lendemain et prenez contact avec votre gynécologue/sage-femme pour obtenir des conseils. Si vous avez un des symptômes suivants, rendez-vous immédiatement aux urgences gynécologiques ou générales : si vous saignez - peu importe la quantité - et que vous avez de fortes douleurs au ventre, que ce soit sur un côté ou au bas-ventre ; si vous saignez, peu ou beaucoup, et que vous avez la sensation que votre état général s’est dégradé : sensation morbide, vertiges, fatigue voire épuisement ; vous avez un saignement en cours et la serviette hygiénique est imbibée au bout d’une heure ou le sang contient des caillots.

Prévention des pertes de sang pendant la grossesse

Il est malheureusement impossible de prévenir tous les saignements de grossesse, car certaines causes échappent à notre contrôle. Cependant, il est crucial d'adopter certaines mesures pour réduire les risques de complications concernant le saignement de grossesse.

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