Hélène de Fougerolles, actrice française reconnue, a marqué le cinéma et la télévision par son talent et sa présence singulière. Son parcours, loin d'être un long fleuve tranquille, est jalonné d'expériences riches et parfois douloureuses qui ont forgé la femme et l'artiste qu'elle est aujourd'hui.
Une vocation précoce
Née le 25 février 1973 à Vannes, dans le Morbihan, Hélène Christine Marie Rigoine, deviendra plus tard Hélène de Fougerolles. Son enfance est marquée par le divorce de ses parents lorsqu'elle a 3 ans. Bien qu'elle ait brièvement envisagé une carrière dans l'esthétique après un CAP, Hélène sent très jeune que sa voie est ailleurs : le cinéma. À 15 ans, elle quitte sa Bretagne natale pour Paris, où elle s'inscrit à des cours d'art dramatique.
Débuts prometteurs au cinéma et à la télévision
En 1992, elle décroche son premier rôle au cinéma dans Le Mari de Léon, de Jean-Pierre Mocky. Sa carrière prend rapidement son envol, avec des rôles dans des films tels que Le Péril jeune de Cédric Klapisch et La Reine Margot. Elle a joué au cinéma sous la direction de Klapisch, Rivette, Chéreau notamment. Parallèlement, elle multiplie les apparitions à la télévision, devenant par exemple l'héroïne de la série Sam sur TF1. Dans nos régions, elle a tourné en Aveyron dans le remake de "Fanfan la tulipe". Elle a également endossé de nombreux rôles pour la télévision. Récemment, elle a tourné « C’est le métier qui rentre », avec Diane Kurys, la réalisatrice de Diabolo Menthe, où Sylvie Testud, l’actrice principale, joue son propre rôle. Parmi ses partenaires, il y avait Josiane Balasko, Zabou Breitman, Fred Testot.
Vie privée : Amours et maternité
Dans sa vie professionnelle ainsi que personnelle, Hélène est une femme très épanouie. Hélène de Fougerolles a partagé sa vie avec plusieurs personnalités, dont Marc Simoncini (fondateur de Meetic) et Antoine Arnault (fils de Bernard Arnault). Elle a été mariée au producteur Éric Hubert de 1997 à 2004, avec qui elle a eu une fille, Shana, née en 2003. Elle se sent bien dans sa vie et se dit comme étant une maman très protectrice.
Les épreuves de la vie : Dépression et troubles de l'autisme de sa fille
Derrière son image de femme épanouie, Hélène de Fougerolles a traversé des moments difficiles. Elle révèle avoir souffert de dépression et avoir même fait une tentative de suicide il y a une vingtaine d'années. Elle explique comment, durant sa jeunesse, elle a a traversé une période vraiment difficile alors qu'elle débutait tout juste sa carrière : "Je suis plus seule que jamais. […] Je me noie. C'est trop grand, trop violent pour moi. Je suis larguée". Elle a raconté ce qu'elle a eu en tête en regardant par la fenêtre de son studio : "Si je saute, ça ne devrait pas durer trop longtemps et, vu la hauteur […] je ne devrais pas me louper". La jeune femme perdra alors connaissance, avant d'être prise en charge à l'hôpital.
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L'actrice a également dû faire face aux troubles du spectre autistique (TSA) de sa fille Shana, diagnostiqués tardivement. Elle a raconté les difficultés à accepter les troubles du spectre autistique (TSA) de sa fille Shana, en raison d'une mauvaise prise en charge par des médecins et psychologues qui ont considéré qu'elle était une "mauvaise mère" responsable des troubles de son enfant. Elle déplore ce manque de connaissance des TSA de la part de certains "spécialistes" qui restent bloqués sur une approche psychanalytique des TSA. "Il y en a des formidables comme Christophe André. Mais j'ai rencontré beaucoup de personnes qui ont été mal enseignées, parce que dans cette profession de psy, que ce soit pédo-psy, psychiatres et psychologues, beaucoup considèrent que l'autisme est le résultat d'une maltraitance maternelle. Je crois que c'est Freud et Bruno Bettelheim qui ont parlé de ça au départ et ça a été ensuite repris comme une vérité", déplore Hélène de Fougerolles. Or, dit-elle, "aujourd'hui, on sait que c'est neurologique et génétique et pas du tout psychiatrique". En conséquence, l'actrice a "entendu pendant dix ans" qu'elle était "une mauvaise mère" et que si sa fille était autiste, c'était sa faute. "Sincèrement, dès que vous voyez une maman d'un enfant autiste, dites lui 'ce n'est pas de ta faute'", appelle-t-elle sur Europe 1.
Aujourd'hui âgée de 17 ans, Shana est une jeune fille épanouie, et Hélène de Fougerolles s'est engagée à sensibiliser le public à l'autisme et à défendre une meilleure prise en charge des personnes atteintes de TSA. Pour Shana et pour tous les autres enfants dans le même cas, l'actrice a également créé la même année une structure d'accueil spécialisée, en partenariat avec l'Institut des Parons, la Maison de Shana. "Ce projet s'inscrit dans le réseau 'Les maisons de Vincent' d'Hélène Médigue, agréées par l'État. Il s'agit de créer des petites structures adaptées, et en agroécologie. Les personnes cultivent et vont ensuite vendre ce qu'elles ont produit", indiquait-t-elle à La Provence.
T'inquiète pas, maman, ça va aller : Un livre témoignage bouleversant
En février 2021, Hélène de Fougerolles publie T'inquiète pas, maman, ça va aller (éditions Fayard), un témoignage poignant dans lequel elle se livre sur son enfance, ses difficultés personnelles et le parcours de sa fille Shana. Elle a écrit son histoire pour se délester d'un secret et de ce qu'elle s'infligeais.
Dans cet ouvrage, elle évoque notamment son enfance difficile, marquée par l'alcoolisme de son oncle et l'instabilité de sa mère. Son père, représentant en vin, est un Rigoine de Fougerolles. Sa mère, une Redon Saumay de Laval, attachée de presse dans le milieu nautique. Hélène a 3 ans quand ses parents divorcent. "Maman a toujours tout recommencé de zéro avec ma sœur et moi sous le bras". Elle a vécu une enfance marquée par des déménagements, des changements d’écoles et de beaux-pères, ballottée d’un phalanstère de babas cools du côté de La Garenne-Colombes à la cabane d’un Robinson Crusoé en Guadeloupe. Quand elle devait se remettre à flot, elle nous laissait chez ma grand-mère, à Vannes, où vit aussi le grand méchant loup, un oncle alcoolique qui se soulage les poings sur mère-grand. L’enfer durera trois ans et demi.
Elle revient également sur ses propres luttes contre la dépression et les troubles du comportement alimentaire. Elle explique comment, durant sa jeunesse, elle a a traversé une période vraiment difficile alors qu'elle débutait tout juste sa carrière : "Je suis plus seule que jamais. […] Je me noie. C'est trop grand, trop violent pour moi. Je suis larguée". La jeune femme perdra alors connaissance, avant d'être prise en charge à l'hôpital.
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Surtout, elle raconte avec émotion son parcours de mère face à l'autisme de sa fille, dénonçant les idées reçues et le manque de soutien aux familles.
Hypnose et nouveau départ
Après avoir quitté la série Balthazar diffusée sur TF1 en décembre 2020, Hélène de Fougerolles a signé son grand retour sur la chaîne en 2023 en rejoignant la mini-série Les Disparus de la Forêt Noire.
Hélène de Fougerolles s'est tournée vers l'hypnose pour surmonter ses propres difficultés et aider les autres. Elle a suivi une formation en hypnose humaniste et exerce désormais comme praticienne. "J’étais devenue parano au point de ne plus oser sortir de chez moi, je m’apprêtais à me faire hospitaliser. C’est sur les conseils d’une amie que je suis allée voir un hypnothérapeute", raconte Hélène. Elle fait des séances pour ses amis et leurs connaissances, sur les tournages aussi, mais n’a aucune intention d’arrêter sa carrière d’actrice pour ce second métier.
En 2020, elle quitte Paris pour s'installer dans le Lubéron, où elle souhaite créer un lieu de vie adapté aux besoins de sa fille Shana. Elle va vivre dans une maison entre Aix et Avignon. C’est aussi là qu’elle s’apprête à créer un lieu de vie qui sera adapté aux particularités de Shana. Pour concevoir et mener à bien ce projet, sa rencontre avec Hélène Médigue a été fondamentale. C’est à elle que l’on doit les fameuses Maisons de Vincent, fondées pour son frère autiste, afin de réunir des mondes différents.
Une artiste aux multiples facettes
Outre sa carrière d'actrice, Hélène de Fougerolles est passionnée par la photographie et la peinture. J’aime faire de la photo, des portraits de copains comédiens. Et je peins. Faute d’avoir fait les Arts Déco, je m’étais inscrite pendant trois ans au Beaux Arts. C’est le figuratif qui m’intéresse, mais je ne suis pas spécialement douée et cela devient de l’art naïf ! J’aime voyager seule avec mes pinceaux. Ses œuvres reflètent sa sensibilité et son regard sur le monde.
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