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Parvovirus B19 chez le nourrisson : symptômes, risques et traitements

Le parvovirus B19 est un virus courant qui affecte principalement les enfants et les jeunes adultes. Responsable de l’érythème infectieux, également appelé « cinquième maladie », cette infection généralement bénigne peut entraîner des complications lorsqu’elle survient pendant la grossesse. Il est donc essentiel de connaître les symptômes, les modes de transmission et les risques liés au parvovirus B19 pendant la grossesse pour protéger la femme enceinte et son bébé.

Qu'est-ce que le Parvovirus B19?

Le parvovirus B19 est un petit virus à ADN monocaténaire découvert en 1975. Il est particulièrement connu pour sa capacité à infecter les cellules humaines, en particulier les précurseurs des globules rouges (érythrocytes), qui sont les cellules sanguines chargées du transport de l'oxygène. Ce virus est strictement humain.

Plus connu sous le nom de « cinquième maladie », mais aussi appelé « mégalérythème épidémique » ou encore « érythème infectieux », le parvovirus est une maladie bénigne se caractérisant par des symptômes grippaux suivis d’une éruption cutanée. Touchant majoritairement les enfants, cette pathologie est causée par un virus appelé « parvovirus humain B19 ».

La cinquième maladie, également appelée érythème infectieux, est une infection virale causée par le parvovirus humain B19. Elle a été désignée cinquième maladie, car sur le plan historique, elle a été la 5e maladie infantile infectieuse caractérisée par une éruption cutanée à recevoir un nom. Cette infection virale se retrouve partout dans le monde, mais plus souvent dans les pays tempérés. Les épidémies sont saisonnières et la plupart d'entre elles apparaissent en hiver et au printemps.

Transmission du parvovirus B19

Le parvovirus B19 se transmet principalement par les sécrétions respiratoires (salive, toux, éternuements), mais aussi par contact direct avec des objets contaminés. Les enfants en milieu scolaire et les professionnels de la petite enfance constituent les populations les plus exposées. Les femmes enceintes travaillant dans ces milieux doivent être particulièrement vigilantes face au parvovirus B19. Au cours de la grossesse, le virus est également transmis verticalement de la mère au fœtus.

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La maladie se transmet par contamination dans l’air lorsque le malade tousse, éternue ou postillonne, ou par contact avec des objets souillés par la personne infectée. Le virus peut également être transmis par transfusion sanguine ou par voie placentaire de la mère à l’enfant pendant la grossesse. Les enfants de 5 ans à 15 ans sont particulièrement touchés, mais le virus peut également infecter les adultes. La majorité d’entre eux sont généralement immunisés par la maladie depuis leur plus jeune âge.

Comme la plupart des maladies virales, l’érythème infectieux se transmet principalement par les gouttelettes respiratoires expulsées lorsqu'une personne infectée tousse ou éternue. Mais la 5e maladie peut aussi être contractée en touchant les mains d’une personne infectée ou un objet qu’elle a manipulé, puis en se touchant les yeux, le nez ou la bouche.

Si vous avez été en contact avec le virus, vous ne contracterez pas nécessairement l'infection. Lorsque des symptômes se manifestent, leur apparition a lieu environ 4 jours à 14 jours après qu'une personne ait été infectée par le virus.

Symptômes du parvovirus B19

Les manifestations cliniques du virus vont différer en fonction de l’âge du patient. Chez l’enfant, l’infection se manifeste le plus souvent par une éruption cutanée localisée au niveau des joues (érythème), donnant un aspect de "joues giflées". Celle-ci est parfois accompagnée de fièvre modérée et d’une fatigue importante. Chez l’adulte, les symptômes sont souvent plus discrets ou atypiques : douleurs articulaires, fatigue, maux de tête, fièvre légère. Dans près de 20 à 25 % des cas, l’infection peut être totalement asymptomatique, ce qui rend le diagnostic difficile chez la femme enceinte.

L'infection est souvent peu symptomatique ou asymptomatique, passant ainsi inaperçue. Toutefois, dans certains cas, des signes cliniques peuvent apparaître après une période d'incubation variant entre 4 et 21 jours.

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Le premier symptôme de la cinquième maladie est habituellement une légère éruption cutanée qui ressemble à la marque qu'une claque aurait laissée sur la joue. Des plaques rouges dont le motif évoque de la dentelle recouvrent ensuite les bras, les jambes, l'abdomen et le dos. L'éruption cutanée se produit parmi 75 % des enfants et 50 % des adultes.

Voici les symptômes de l’érythème :

  • Le symptôme propre à cette maladie est l’apparition des éruptions rouges au niveau du visage.
  • De la fièvre, jusqu’à 38,9 degrés.
  • Des maux de tête.
  • Le nez bouché.
  • Un écoulement nasal.
  • Des nausées.
  • Dans certains cas, la diarrhée.

Chez l’adulte, un gonflement des articulations peut apparaître dans 70 % des cas, plus fréquemment chez les femmes, au niveau des mains, des poignées, des chevilles, ou encore des genoux.

Distinction avec d'autres infections virales

Il est parfois difficile de distinguer le parvovirus B19 d’autres infections comme la grippe ou le cytomégalovirus (CMV) en raison d’une symptomatologie similaire : fatigue, douleurs musculaires, fièvre. Toutefois, l’éruption cutanée typique chez l’enfant ou les douleurs articulaires chez l’adulte (arthropathie) peuvent aider le praticien à orienter son diagnostic. En cas de suspicion chez la femme enceinte, une analyse sanguine spécifique (sérologie) permet de confirmer - ou non - l’infection : la sérologie des anticorps spécifiques IgG et IgM. En effet, les IgM vont apparaître au moment de l’infection elle-même et persister 2 à 3 mois, tandis que les IgG seront présents à vie. Cet examen permet donc de savoir si la femme enceinte a déjà été immunisée. Environ 60 % des femmes sont immunisées contre ce virus avant leur grossesse.

Risques du parvovirus B19 pendant la grossesse

Oui, le parvovirus B19 peut être dangereux pour les femmes enceintes, en particulier s’il est contracté au cours du premier ou du deuxième trimestre de grossesse. Ce virus, responsable de la cinquième maladie chez l’enfant (souvent bénigne, avec éruption rouge sur les joues), peut, chez la femme enceinte, traverser le placenta et infecter le fœtus. Le risque principal est que le virus attaque les cellules qui produisent les globules rouges, ce qui peut entraîner une anémie fœtale sévère, voire, dans de rares cas, une hydrops fœtalis (œdème généralisé du fœtus) ou une fausse couche.

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Lorsqu’une femme enceinte est infectée par le parvovirus B19, l’infection peut traverser le placenta et atteindre le fœtus. Le risque de transmission de la mère à l’enfant oscille entre 17 et 33 %. Le virus peut alors perturber la production des globules rouges chez le fœtus, entraînant une anémie fœtale sévère, voire une hydropisie fœtale (accumulation anormale de liquide), qui peut conduire à une fausse couche ou à un accouchement prématuré. C’est la raison pour laquelle la contamination par le parvovirus B19 pendant la grossesse fait l’objet d’une vigilance médicale accrue.

Les risques dépendent du stade de la grossesse au moment de la contamination par le virus. L’infection pendant le premier ou le deuxième trimestre peut entraîner :

  • une anémie fœtale sévère ;
  • une hydropisie fœtale ;
  • un risque de fausse couche ;
  • un accouchement prématuré…

Le troisième trimestre présente généralement un risque moins important, car le système sanguin du fœtus est plus mature. Si l’infection est détectée, un suivi échographique rapproché est mis en place pour surveiller l’état de santé du bébé.

L'infection qui se déclare durant une grossesse peut entraîner une anémie grave pour le fœtus. La possibilité d'une telle infection est toutefois très faible. Les femmes enceintes courent un léger risque d'avortement spontané, surtout au cours du 1er trimestre.

Importance de relativiser les risques

Cependant, il est important de relativiser :

  • La transmission fœtale est rare (environ 30 % des cas de contamination maternelle).
  • Et parmi ces cas, la majorité des fœtus n’auront aucune séquelle ou ne développeront aucune complication grave.
  • Le risque est surtout important avant 20 semaines d’aménorrhée.

Diagnostic du parvovirus B19

Un simple examen clinique permet généralement de poser le diagnostic. Toutefois, lorsque cela concerne une personne à risque de complications comme les femmes enceintes ou les personnes immunodéprimées (atteints par le Virus de l’Immunodéficience Humaine (VIH) par exemple) ou souffrant d’anémie, une prise de sang est nécessaire pour confirmer le diagnostic.

En l’absence d’immunodépression, le diagnostic repose principalement sur la sérologie, réalisée à partir d'une prise de sang. On y recherche des anticorps spécifiques de type IgM (indiquant une infection récente) et IgG (indiquant une immunité durable). Les IgM peuvent persister pendant plusieurs mois, tandis que les IgG offrent une protection à vie contre une réinfection. Chez les patients immunodéprimés, une PCR (réaction en chaîne par polymérase) peut être nécessaire. Cette technique permet de détecter directement le génome viral dans le sang, notamment pendant la phase virémique (la première phase de l’infection).

Traitement du parvovirus B19

Il n’existe actuellement pas de vaccin ni de traitement antiviral spécifique contre le parvovirus B19. Le traitement se limite souvent à soulager les symptômes et non à soigner cette maladie virale. Par ailleurs, en cas de douleurs articulaires, de fièvre, ou encore de maux de tête, le médecin pourra prescrire du paracétamol, ou de l’ibuprofène, en fonction de l’âge du patient. Des antihistaminiques peuvent également être prescrits pour calmer les démangeaisons si elles sont intenses. Si vous ou votre enfant présentez des symptômes sévères qui nécessitent une hospitalisation, consultez un médecin en urgence. Un traitement plus spécifique sera nécessaire.

Actuellement, il n'existe pas de traitement antiviral spécifique contre le parvovirus B19. En l’absence de complication aucun traitement n’est nécessaire. Le traitement est principalement symptomatique lorsque des complications surviennent :

  • Anémie sévère : Des transfusions de culots globulaires peuvent être nécessaires, notamment chez les patients présentant des anomalies constitutionnelles des globules rouges.
  • Anémie chronique chez les immunodéprimés : Des cures d’immunoglobulines polyvalentes peuvent être administrées pour pallier la déficience immunitaire et éliminer le virus. Ces traitements peuvent également être utilisés pour réduire la virémie et corriger l'anémie.
  • Suivi de la grossesse : Lorsqu’une femme enceinte est infectée, un suivi rapproché avec échographies et, éventuellement, des transfusions intra-utérines peuvent être nécessaires si des signes d'anémie fœtale grave ou d’anasarque apparaissent.

Prévention du parvovirus B19

La prévention repose principalement sur les mesures d’hygiène :

  • pratiquer un lavage fréquent des mains ;
  • éviter le contact étroit avec des personnes malades ;
  • désinfecter régulièrement les surfaces susceptibles d’être contaminées…

Pour les femmes non immunisées travaillant auprès d’enfants, des aménagements professionnels peuvent être envisagés en cas d’épidémie.

Comme pour toute infection virale, la prévention de l’érythème infectieux passe avant tout par une bonne hygiène des mains. Pensez donc à vous les laver soigneusement et régulièrement. En cas de contamination, essayez aussi d’éviter au maximum les contacts avec la personne infectée et désinfectez les objets qu’elle a pu toucher.

Il n'existe pas de vaccin contre la cinquième maladie.

Suivi de grossesse en cas d'infection

En cas d’infection confirmée pendant la grossesse, un suivi par échographie fœtale est recommandé toutes les 1 à 2 semaines pendant 8 à 12 semaines pour détecter d’éventuels signes d’hydropisie ou d’anémie. En cas de complications fœtales graves, une transfusion intra-utérine peut être proposée dans certains centres spécialisés.

La présence d’IgM chez une femme enceinte ne permet pas de prédire l'atteinte fœtale, mais elle justifie un suivi échographique rapproché. En cas de complications fœtales, l’ADN viral pourra être détecté dans le sang fœtal (à partir de la 17e semaine d’aménorrhée), dans l’ascite fœtale ou dans le liquide amniotique (examens effectués uniquement dans des laboratoires agréés).

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