L'Assistance Médicale à la Procréation (AMP), et plus particulièrement la Fécondation In Vitro (FIV), a permis à des millions de couples infertiles de réaliser leur désir parental. Cependant, l'impact de ces techniques sur la santé à long terme des enfants issus de PMA suscite des interrogations légitimes. Cet article vise à explorer les risques potentiels associés à la prématurité et à la FIV, en s'appuyant sur les données scientifiques actuelles et les recommandations des autorités médicales.
L'Essor de la PMA et la Nécessité d'une Évaluation Approfondie
Depuis la première naissance par FIV en France en 1978, le recours à cette technique n'a cessé de croître. En 2019, les naissances issues de FIV représentaient 3,6 % du total des naissances en France. Face à cette augmentation, il est impératif d'évaluer les conséquences potentielles de l'AMP sur la santé des enfants, en particulier en ce qui concerne la prématurité et les risques associés. Une étude s'est focalisée uniquement sur la FIV standard avec congélation embryonnaire, en excluant celles avec donneurs de gamètes.
Les Risques de la Prématurité Liés à la PMA
Les grossesses obtenues après FIV sont associées à un risque accru de prématurité et de faible poids de naissance. Ces risques sont en partie liés à l'infertilité elle-même, mais aussi à la plus grande fréquence de grossesses multiples résultant des transferts d'embryons. La prématurité est un facteur de risque majeur pour diverses complications néonatales, telles que des problèmes respiratoires, nutritionnels et digestifs.
Une étude a comparé les issues de grossesses simples chez des femmes fertiles, sub-fertiles et ayant eu recours à la PMA. Les résultats ont montré que les enfants nés de femmes sub-fertiles ou ayant bénéficié d'une PMA présentaient un risque significativement plus élevé de prématurité et de complications néonatales. Même après 35 semaines d'âge gestationnel, ces enfants restaient plus longtemps hospitalisés.
Impact de la FIV sur Divers Aspects de la Santé Infantile
Les études se sont penchées sur l'impact potentiel de la FIV sur différents aspects de la santé infantile, notamment :
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Cancers Pédiatriques
Les études sur le lien entre FIV et cancers pédiatriques sont mitigées. Certaines études n'ont pas révélé de différence significative dans l'incidence des leucémies et des tumeurs du système nerveux central entre les enfants conçus par FIV et ceux conçus naturellement. D'autres études ont suggéré une fréquence plus élevée de cancers en cas de FIV, particulièrement avec congélation embryonnaire. Une vaste étude est en cours en France pour approfondir cette question.
Troubles Cardiovasculaires
Des études ont soulevé des inquiétudes quant à un risque accru de troubles cardiovasculaires chez les enfants nés de FIV. Un stress oxydant induit sur les embryons lors des manipulations et des conditions de culture pourrait être une explication. Bien que les études disponibles présentent des limites, un risque modéré d'anomalies cardiovasculaires ne peut être exclu.
Troubles du Neurodéveloppement et du Comportement
Les études sur les troubles du neurodéveloppement (déficit intellectuel, troubles du spectre de l'autisme, difficultés d'apprentissage, hyperactivité, anxiété, etc.) sont contradictoires. Certaines études évoquent des modifications épigénétiques liées aux milieux de culture des embryons comme une explication possible. De plus, les risques accrus de grossesses multiples et de prématurité dans le cadre des PMA peuvent également contribuer à ces troubles. L'Académie Nationale de la Médecine conclut que la conception par FIV ou par ICSI ne semble pas avoir d’effet négatif sur le neurodéveloppement, hormis bien entendu les séquelles dues à la prématurité.
Fertilité
Certaines études suggèrent que les garçons nés d'une FIV avec ICSI pour pallier l'infertilité masculine d'origine génétique de leur père pourraient également être stériles. Cependant, aucune étude n'a démontré que les techniques d'AMP étaient délétères sur la fertilité des enfants ainsi conçus.
Anomalies Chromosomiques et Génétiques
Les anomalies chromosomiques ou génétiques sont plus fréquentes chez les hommes souffrant de troubles de la spermatogenèse. Dans les cas de FIV avec ICSI où le père est porteur d'une infertilité liée au syndrome de Klinefelter, les enfants nés peuvent présenter les mêmes caractéristiques génétiques et les mêmes troubles que leur père. Les résultats de certaines études montrent des taux élevés d'anomalies chromosomiques dans ces situations.
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Le Rôle des Facteurs Épigénétiques
Les traitements hormonaux de stimulation ovarienne, les conditions de culture des embryons in vitro et la congélation embryonnaire sont suspectés d'affecter les phénomènes épigénétiques, c'est-à-dire la manière dont est régulée l'expression des gènes. Ces modifications épigénétiques pourraient être à l'origine de certains troubles observés chez les enfants nés de FIV.
L'Importance d'un Suivi Accru et d'une Meilleure Information
Face aux incertitudes et aux résultats parfois contradictoires, il est essentiel d'accroître le suivi des enfants nés de FIV, jusqu'à un âge avancé. Il est également crucial de mieux documenter les procédures utilisées pour la conception, afin de mieux comprendre l'impact des conditions de culture et des méthodes de congélation-décongélation sur les événements épigénétiques.
L'Académie Nationale de Médecine plaide pour une meilleure information des personnes ayant recours à la FIV, tant sur l'absence de risque authentifié que sur les risques potentiels pour la santé à moyen et long terme des enfants. En cas d'apparition de troubles de la santé chez l'enfant, la prise en compte des conditions de conception pourrait conduire à une meilleure prise en charge. Par exemple, étant donné le risque cardiovasculaire, les parents pourraient être incités à informer leurs enfants, à mettre en place un suivi précoce et des habitudes hygiéno-diététiques appropriées.
AMP et Cancers Pédiatriques : Absence de Lien Établi
Les études publiées à ce jour n’ont pas trouvé de différence du taux de cancer chez les enfants conçus par FIV par rapport à ceux conçus naturellement. Une large étude est en cours en France pour mesurer la survenue de cancers chez les enfants conçus par FIV et spécifiquement pour étudier la différence entre les embryons issus d’un transfert d’embryons congelé ou frais.
"Bébés-Éprouvettes" : Aspects Psychologiques et Relationnels
D'un point de vue psychologique, les enfants nés par FIV sont souvent très désirés et issus d'un long combat contre l'infertilité. Bien que ces enfants puissent être surprotégés et plus investis par leurs parents, leur devenir psychologique ne semble pas différer significativement de celui des enfants conçus naturellement. Cependant, des études supplémentaires sont nécessaires pour évaluer le développement psychologique à long terme, en particulier pendant l'adolescence.
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