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Comprendre, Traiter et Prévenir les Coliques chez le Cheval

Si le cheval impressionne par sa puissance et sa constitution, il n’en demeure pas moins un animal sensible. Les coliques, désignant les douleurs abdominales chez le cheval, représentent une urgence fréquente en médecine vétérinaire équine et constituent la première cause de mortalité chez ces animaux. Bien que redoutées, la majorité des cas (environ 90%) peuvent être gérés avec succès grâce à une intervention rapide et appropriée. Cet article vise à explorer en profondeur les causes, les symptômes, les traitements et les mesures préventives liés aux coliques chez le cheval.

Définition et Importance des Coliques

Le terme « colique » ne désigne pas une maladie spécifique, mais plutôt un syndrome caractérisé par une douleur d’origine abdominale. Cette douleur peut avoir diverses origines, principalement digestives, mais aussi extra-digestives. Il est donc crucial de comprendre que la colique est une manifestation douloureuse avec des symptômes variés en fonction du cheval et de son seuil de tolérance à la douleur.

Les coliques sont la première cause de mortalité chez les chevaux et représentent une urgence fréquente pour les vétérinaires. Une intervention rapide et appropriée est essentielle pour assurer la santé et le bien-être de l’animal.

Reconnaître les Signes de Coliques

La reconnaissance précoce des signes de colique est essentielle pour une intervention rapide et efficace. Les symptômes peuvent varier en intensité, allant de légers signes d’inconfort à des douleurs sévères. Il est important de noter qu'il existe une classification en 5 stades d’intensité de la douleur lors des coliques du cheval. Au premier stade, le cheval ou la jument ne présente ni douleur, ni symptômes.

Signes courants de coliques :

  • Abattement et léthargie : Le cheval reste plus couché que la normale et refuse de manger.
  • Inconfort abdominal : Le cheval se regarde les flancs, gratte le sol, se roule de façon violente et/ou répétée.
  • Manque d'appétit : Refus de manger.
  • État de dépression sévère.
  • Fréquence cardiaque : Augmentation (tachycardie) proportionnellement à la douleur.
  • État des muqueuses : Congestives (couleur rose foncé), liserées voire violacées en cas d’état de choc du cheval.
  • Bruits intestinaux : Diminués voire absents, ils sont audibles par auscultation abdominale à l’aide d’un stéthoscope.
  • Déshydratation : Plus ou moins avancée en cas de coliques sévères.
  • Sudation excessive : Souvent observée, elle est une réponse physiologique au stress et à la douleur.
  • Respiration rapide (tachypnée) : Liée à l'activation du système nerveux autonome en réponse à la douleur et au stress.
  • Absence ou diminution des bruits intestinaux : Peut indiquer une stase intestinale ou une obstruction.

Causes des Coliques

De nombreux facteurs peuvent déclencher une colique, et il est souvent difficile d’en déterminer la cause exacte. La principale raison de la forte sensibilité des chevaux aux coliques est due à la longueur et à la sensibilité de leur appareil digestif. Celui-ci se compose d’un estomac de petite taille, d’un très long intestin grêle et d’un gros intestin très volumineux. Les coliques peuvent être classées en plusieurs catégories selon leur origine.

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Causes digestives :

  • Alimentation : Un changement soudain dans l’alimentation ou une ingestion excessive de nourriture peuvent causer des coliques.
  • Bouchons : Accumulation de nourriture non digérée, de sable ou de terre dans les intestins, créant un blocage.
  • Déplacements intestinaux : Les intestins se déplacent de leur position normale, entraînant des entorses, des torsions partielles ou complètes.
  • Torsions (volvulus) : Rotations complètes d'une partie de l'intestin, entraînant une obstruction totale et un arrêt de la circulation sanguine.
  • Coliques gazeuses : Accumulation de gaz dans les intestins, provoquant une distension douloureuse due à une fermentation excessive des aliments.
  • Impaction de l’iléon : Accumulation de particules alimentaires dans l’iléon (partie terminale de l’intestin grêle) formant un bouchon.
  • Hernie inguinale : Une partie de l’intestin va passer au travers d’un des anneaux inguinaux (par lequel passent les cordons des testicules) et rester coincé.
  • Foramen épiploïque : L’intestin vient se coincer dans un petit orifice à l’intérieur de l’abdomen.
  • Iléus paralytique : Paralysie de l’intestin (occlusion intestinale sans obstruction physique).
  • Impaction : Surcharge alimentaire du colon. Une trop grande quantité d’aliment sec s’accumule, formant un bouchon.
  • Déplacement du colon à gauche : Le colon va se déplacer vers la gauche et se coincer entre la rate et la paroi abdominale gauche. Parfois, le colon peut même remonter jusqu’à l’espace situé entre le rein gauche et la rate.
  • Déplacement du colon à droite : Le colon va se déplacer et se retrouver entre le caecum et la paroi abdominale droite.
  • Volvulus du gros colon : torsion du gros colon sur lui-même. Cette colique est la plus grave et la plus fulgurante.
  • Blocage de la vidange rectale : le cheval n’arrive pas à évacuer les crottins.
  • Ulcères gastriques : Fréquents, ils forment une catégorie de coliques un peu à part, souvent peu intenses mais récidivantes.

Causes non digestives :

  • Contractions pendant la gestation : Peuvent provoquer des douleurs abdominales chez les juments gravides.
  • Fourbure ou myosite : Peuvent provoquer des douleurs intenses et être interprétées à tort comme des coliques.
  • Problèmes cardiovasculaires : Hémorragie interne ou infarctus peuvent provoquer des douleurs abdominales aiguës.
  • Problèmes hépatiques : Intoxication ou insuffisance hépatique peuvent provoquer des douleurs abdominales et d’autres symptômes systémiques.
  • Inflammations ou infections des reins : Peuvent provoquer des douleurs sévères dans l'abdomen, souvent confondues avec des coliques digestives.
  • Calculs urinaires : Peuvent provoquer des douleurs sévères dans l'abdomen, souvent confondues avec des coliques digestives.

Diagnostic des Coliques

Lorsqu’un cheval présente des signes de colique, il est primordial de prévenir au plus vite un vétérinaire pour établir un diagnostic rapide et estimer la gravité des coliques. Le vétérinaire procédera à un examen clinique complet, comprenant :

  • Anamnèse : Le vétérinaire vous interrogera sur les causes possibles des coliques et sur les conditions générales de vie de l’animal.
  • Observation : Le vétérinaire peut vouloir observer votre cheval dans son box, car certains chevaux ne présentent pas de symptômes lorsqu’ils sont tenus par leur propriétaire.
  • Examen physique : Mesure de la température, du pouls, de la respiration et auscultation des quatre cadrans au niveau du flanc avec un stéthoscope à la recherche de bruits intestinaux anormaux.
  • Sondage naso-gastrique : Insertion d'un tube en plastique par les narines du cheval pour effectuer une vidange de l'estomac si nécessaire.
  • Palpation transrectale : Examen de palpation transrectal qui, bien qu’il ne puisse accéder à seulement 30 à 40 % de l'intestin, lui fournira des informations précieuses sur la cause des coliques.
  • Ponction abdominale (paracentèse) : Prélèvement d'un échantillon de liquide péritonéal pour analyse.
  • Analyses sanguines : Pour déterminer l’urgence de la situation et la nécessité d’une opération.
  • Échographie : Peut compléter la palpation transrectale, en confirmant un déplacement du colon, en évaluant la distension et la motilité de l’intestin grêle du cheval.

Traitement des Coliques

Le traitement des coliques dépend de la gravité et de la cause de la douleur abdominale. Seul votre vétérinaire pourra diagnostiquer et déterminer le traitement adéquat.

Traitement médical :

  • Antalgiques : Pour soulager la douleur. Votre vétérinaire pourra utiliser des anti-inflammatoires.
  • Antispasmodiques : Pour apaiser le transit. Des antispasmodiques ainsi que des anti-inflammatoires non stéroïdiens seront administrés pour apaiser le transit et diminuer la douleur. Si celle-ci est importante, de la morphine peut également être administrée.
  • Fluidothérapie : Pour corriger la déshydratation. La déshydratation étant une conséquence des coliques, il peut arriver que votre vétérinaire perfuse votre cheval.
  • Laxatifs : Pour faciliter l’évacuation des matières fécales. Dans la plupart des cas, le vétérinaire administre aussi de la paraffine dans l’estomac du cheval via le sondage nasogastrique.
  • Prokinétiques : Pour stimuler la motilité intestinale.

Traitement chirurgical :

Dans certains cas, une intervention chirurgicale peut être nécessaire, notamment en cas de torsion intestinale, de déplacement sévère ou de blocage non résolu par un traitement médical.

Premiers secours en attendant le vétérinaire :

  • Retirer tout accès à la nourriture : Ou mettez un panier de jeune. Il faut empêcher le cheval de manger, car dès qu’il va se sentir mieux, il va se précipiter sur tout ce qui peut se manger dans un réflexe pour se soulager et cela va réenclencher et aggraver les coliques.
  • Faire marcher votre cheval en main : Si l’animal l’accepte, le faire marcher doucement pour lui changer les idées et lui éviter de trop se rouler. Souvent, le fait de marcher d’un bon pas soulage le cheval, mais parfois c’est le contraire et cela aggrave la douleur.
  • Rester à ses côtés pour le rassurer et le surveiller.
  • Ne pas administrer d’huile : Ne donnez pas d’huile à votre cheval, pour aider à passer. Votre vétérinaire peut pratiquer cet acte car il en a les compétences.
  • Ne pas mettre le cheval en liberté : Ne mettez pas votre cheval dans un paddock ou dans le manège en liberté.

Prévention des Coliques

Bien qu’il ne soit pas possible de supprimer complètement le risque de colique, plusieurs mesures préventives peuvent être mises en place afin de diminuer ce risque.

Gestion de l’alimentation :

  • Fourrage de qualité : Il va être essentiel que votre cheval ait à sa disposition du fourrage en grande quantité et de bonne qualité. En effet le foin et/ou l’herbe vont être à l’origine de la bonne santé digestive de votre cheval.
  • Durée minimale d’ingestion : Respecter une durée minimale d’ingestion de 5 heures par jour avec au minimum 4 à 5 kg de foin par jour, si possible dans un filet à foin.
  • Fractionner la ration : Fractionner la ration en plusieurs petits repas dans la journée.
  • Eau à volonté : Donner de l’eau à volonté, pas trop froide et de façon non brutale.
  • Transition alimentaire : Respecter une transition alimentaire sur une semaine en mélangeant le nouvel aliment avec l’ancien.
  • Proscrire le blé : Proscrire le blé qui favorise une forte fermentation.
  • Assurer une bonne conservation des aliments.
  • Éviter les excès d'aliments concentrés : N’abusez pas des aliments concentrés : donnez-les en petites quantités réparties au cours de la journée (en au moins trois repas). Rappelez-vous que le cheval doit toujours être nourri en commençant par le foin, puis avec les aliments concentrés.
  • Ne pas laisser le cheval sans manger : Par ailleurs, ne laissez pas votre cheval sans manger pendant plus de quatre à six heures.

Gestion du mode de vie :

  • Exercice régulier : En effet, plus un cheval est confiné au box, plus le risque d’apparition de coliques est élevé. En conséquence, des sorties régulières au pré sont recommandées. Votre cheval n’est pas fait pour rester dans son box : faites le bouger aussi régulièrement que possible.
  • Routine stable : Par ailleurs, essayez d’offrir chaque jour à votre cheval la même routine ; et évitez lui les changements soudains, surtout s’il se trouve temporairement dans une écurie étrangère.
  • Réduire le stress : Réduisez lui au maximum les situations stressantes : évitez les longs trajets en remorque et trop de participations à des tournois au cours d'une saison… Et surtout, offrez-lui suffisamment d'espace et d'exercice !
  • Soins dentaires réguliers : De plus, pour assurer une bonne assimilation des aliments, il est important de procéder régulièrement à des soins dentaires de votre équidé. Il est également particulièrement important de faire vérifier régulièrement les dents de votre cheval.

Suivi vétérinaire :

  • Gestion des parasites intestinaux : La gestion des parasites intestinaux est bien évidemment primordiale. Suivez les recommandations de votre vétérinaire pour la gestion du parasitisme de votre cheval.
  • Compléments alimentaires : Pour les chevaux coliquards chez qui ces mesures ne suffisent pas, il existe des compléments pour soutenir et stimuler le transit.
  • Surveillance des crottins : Visuellement, les excréments de votre cheval fournissent à eux seuls des informations sur sa bonne santé digestive et l’assimilation de la nourriture dans ses intestins. Les crottins doivent être bien compacts, lisses, brillants, de couleur marron et sans odeur désagréable. Des morceaux de plus de 2 centimètres de long indiquent que le cheval n'absorbe pas sa nourriture correctement : vérifiez alors ses dents !

Flore intestinale :

  • Probiotiques et prébiotiques : Au quotidien, en plus d’une alimentation saine et équilibrée, vous pouvez complémenter votre cheval en probiotiques et prébiotiques pour soutenir et nourrir la flore intestinale saprophyte de votre animal.
  • Éviter les antibiotiques : En cas d’antibiothérapie, de diarrhées ou de problèmes de dénutrition, les coliques peuvent rapidement survenir. En effet, chaque cheval possède sa propre flore intestinale obtenue à sa naissance. Il faut savoir que, sans cette flore intestinale saprophyte, les prébiotiques et probiotiques ne pourront pas avoir d’action.

Anatomie de l’Abdomen du Cheval

Comprendre l’anatomie de l’abdomen du cheval est essentiel pour identifier et traiter les coliques efficacement.

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Les organes digestifs :

  • Estomac : Situé à gauche de la cavité abdominale, juste derrière le diaphragme, il a une capacité relativement petite (8 à 15 litres).
  • Intestin grêle : Très long (plus de 20 mètres), il occupe une grande partie de l’abdomen et est divisé en trois segments principaux : le duodénum, le jéjunum et l’iléon.
  • Cæcum : Grande chambre de fermentation d’environ 40 litres, située sur le côté droit de la cavité abdominale.
  • Gros intestin : Occupant les trois quarts de la cavité abdominale avec un volume moyen de 150 litres, il s’étend sur toute la longueur de l’abdomen.

Particularités anatomiques :

  • Longueur intestinale : Pouvant atteindre 30 mètres, ce qui augmente les risques de bouchons et de torsions.
  • Incapacité à régurgiter : Rend la prévention des coliques encore plus cruciale.
  • Petite taille de l’estomac : Nécessite une alimentation continue en petites quantités.

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