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Les Lions, la Ménagerie et la Moralité Publique : Une Histoire de la Domestication au Muséum National d'Histoire Naturelle

Introduction

Au cœur de la Révolution française, le Muséum national d’Histoire Naturelle émerge comme un lieu d’exposition d’images de la Nature, contribuant à élever la moralité publique. La ménagerie du Muséum est conçue pour démontrer comment un traitement bienveillant, la sociabilité et une liberté relative peuvent améliorer la nature animale, encourageant ainsi les citoyens à mieux se comporter les uns envers les autres. Cependant, la théorie et la pratique divergent souvent, et les conclusions tirées par le public sont difficiles à contrôler. Cet article se concentre sur les lions de la ménagerie, les discours variés et parfois contradictoires qui les entourent, et les projets humains qui en découlent.

Le Muséum National d’Histoire Naturelle : Un Projet de Civilisation

Le Muséum national d’Histoire Naturelle, succédant à l’ancien Jardin du Roi, s’engage dans une entreprise de « civilisation des spécimens et des citoyens ». Cette institution se voit confier un rôle particulier pendant la Révolution, alors que d’autres établissements royaux sont fermés. La conservation et l’augmentation des collections d’histoire naturelle, l’acclimatation, la domestication, la reproduction et la distribution de plantes et d’animaux utiles, ainsi que la présentation méthodique d’images de la Nature, confèrent au Muséum une légitimité sociale. Les naturalistes mettent en avant le caractère non élitiste de leur travail.

La Ménagerie : Entre Idéaux et Réalités

La ménagerie du Muséum d’histoire naturelle, bien que documentée, suscite des questions quant à la signification des animaux qu’elle abrite. Les animaux « féroces » comme les léopards et les ours polaires posent problème, car il est difficile de les intégrer dans les programmes d’acclimatation et de reproduction pour le bien public. De plus, le spectacle de ces animaux confinés dans des cages ne semble pas propice à l’élévation de la moralité publique. L’idée même d’un jardin zoologique entre en contradiction avec les idéaux révolutionnaires, l’ancienne ménagerie royale de Versailles étant perçue comme une institution ostentatoire et coûteuse.

Les Lions : Symboles Politiques et Objets de Curiosité

Alors que Lacepède suggère qu’une ménagerie moderne pourrait se passer de lions, le public, le gardien des animaux féroces et le gouvernement souhaitent leur présence. Les lions sont considérés comme des symboles de l’éminence politique et de la portée mondiale de la France.

Bernardin de Saint-Pierre et l’Importance des Animaux Vivants

À l’automne 1792, Bernardin de Saint-Pierre, nouvel Intendant du Jardin des Plantes, visite l’ancienne ménagerie royale à Versailles. Il observe le lion, qui a un chien pour compagnon, et est frappé par leur amitié. Pour Bernardin, cette relation est « l’un des plus touchants spectacles que la nature puisse offrir aux spéculations d’un philosophe ». Il y voit une preuve de l’influence de la société sur le caractère sauvage.

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Bernardin propose d’installer une ménagerie au Jardin des Plantes, insistant sur la nécessité d’étudier les « goûts, les instincts et les passions » des animaux vivants. Il estime qu’il est préférable de voir des animaux bien traités plutôt que des spécimens morts.

La Civilisation des Spécimens et des Citoyens

La maîtrise ou la « civilisation » des animaux du jardin zoologique est essentielle, car nombre d’entre eux peuvent infliger des blessures graves. Il est donc important de les apprivoiser pour la sécurité des animaux et des hommes qui s’en occupent. De plus, le Muséum doit éduquer les citoyens, car certains visiteurs maltraitent les animaux. Le Muséum doit également encadrer les gardiens d’animaux, qui ont souvent travaillé comme montreurs de bêtes.

Félix Cassal : Le Gardien des Animaux Féroces

J.-C. Mordant Delaunay, le bibliothécaire adjoint du Muséum, est chargé de superviser la ménagerie. Il rappelle aux professeurs/administrateurs l’importance d’accorder de l’attention aux besoins du jardin zoologique, car il s’agit de la partie du Muséum qui intéresse le plus le public. Félix Cassal, « le gardien des animaux féroces », joue également un rôle important dans la formulation des significations qui ressortent de la ménagerie.

Le Lion de Versailles et l’Influence de Buffon

Le premier lion du Muséum est celui que Bernardin de Saint-Pierre a vu à Versailles. Transféré au Muséum en avril 1794, ce lion, accompagné de son chien, attire l’attention de Georges Toscan, le premier bibliothécaire du Muséum. Toscan, ami de la nature, s’oppose à la cruauté envers les animaux et à l’esclavage. Il croit que la contemplation des harmonies de la nature est la voie vers le progrès moral et que l’amélioration du traitement des animaux conduira à de meilleures relations entre les hommes.

Toscan reprend l’idée de Buffon selon laquelle la bienveillance est suffisante pour domestiquer les animaux. Il décrit le lion comme un être simple, généreux et sociable, et observe son amitié avec le chien.

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Les Défis de la Ménagerie et les Transformations du Jardin

La ménagerie est confrontée à des défis tels que les nouvelles acquisitions, les pertes dues à la mort et les variations du contexte politique et économique. Les aménagements de fortune sont progressivement remplacés par des éléments de « la ménagerie nouvelle ». Dès l’été 1803, les journalistes font l’éloge de la « métamorphose étonnante » du terrain rattaché au Muséum, transformé en un lieu charmant avec des chemins et des parcs pittoresques où se trouvent des animaux exotiques.

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