Les pilules contraceptives sont largement utilisées par les femmes comme moyen de prévenir les grossesses non planifiées. Cet article explore en détail le fonctionnement de ces pilules, les différents types disponibles, leurs avantages et inconvénients, ainsi que d'autres options contraceptives.
Qu'est-ce que la pilule contraceptive ?
Chaque mois, l’organisme féminin produit naturellement deux familles d’hormones en vue d’une grossesse : les œstrogènes, en première partie du cycle menstruel, et la progestérone, de l’ovulation jusqu’aux règles suivantes. Les contraceptifs oraux, communément appelés « pilules », contiennent des substances synthétiques qui imitent l’action de ces hormones naturelles. L’objectif principal de la pilule est d’empêcher une grossesse, soit en bloquant la libération d’un ovule par les ovaires, soit en entravant la fécondation et l’implantation d’un œuf fécondé.
Types de pilules contraceptives
Il existe principalement deux types de pilules contraceptives :
- Pilules œstroprogestatives (combinées) : Ces pilules contiennent à la fois un œstrogène et un progestatif. Elles sont les plus couramment prescrites.
- Pilules microprogestatives : Ces pilules contiennent uniquement un progestatif.
Les pilules combinées sont souvent classées par « générations », indiquant une évolution dans le dosage des hormones de synthèse. Plus la génération est récente, plus la pilule est faiblement dosée en hormones.
Comment fonctionnent les pilules contraceptives ?
Les pilules contraceptives agissent principalement de trois manières :
Lire aussi: Utilisation MycoHydralin®
- Inhibition de l'ovulation : Les hormones présentes dans la pilule peuvent empêcher les ovaires de libérer un ovule. Sans ovule, la fécondation ne peut pas avoir lieu.
- Modification de la glaire cervicale : La pilule peut épaissir la glaire cervicale, rendant difficile le passage des spermatozoïdes vers l'utérus.
- Altération de la muqueuse utérine : La pilule peut modifier la muqueuse utérine (endomètre), empêchant ainsi l'implantation d'un éventuel œuf fécondé.
Risques et effets secondaires potentiels
Bien que les pilules contraceptives soient généralement sûres, elles peuvent entraîner des effets secondaires chez certaines femmes.
Effets secondaires courants
Les effets secondaires courants incluent :
- Nausées
- Maux de tête
- Douleurs abdominales
- Saignements intermenstruels (spottings)
- Tension mammaire
- Troubles de l'humeur
Ces effets sont souvent légers et disparaissent généralement après quelques mois d'utilisation.
Risques cardiovasculaires
Les pilules combinées peuvent augmenter le risque de certaines maladies cardiovasculaires, telles que l'infarctus du myocarde et l'accident vasculaire cérébral (AVC), ainsi que la formation de caillots sanguins dans les veines (thrombose veineuse). Ce risque est particulièrement élevé chez les femmes qui fument. Il est donc fortement recommandé de ne pas fumer lors de la prise de la pilule. Les thromboses veineuses (phlébite ou embolie pulmonaire) sont plus fréquentes avec les pilules de 3ème et de 4ème génération qu’avec celles de 1ère et de 2ème génération. Ainsi il existe un doublement du risque d’embolie pulmonaire lors de l’utilisation des pilules combinées de 3ème ou 4ème génération par rapport à celles de 2ème génération.
Pilules contraceptives et cancers
Selon une expertise du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), menée en 2005 et actualisée en 2012, les pilules combinées pourraient entraîner une légère augmentation du risque de certains cancers :
Lire aussi: Modalités traitement mycoses vulvo-vaginales
- Cancer du sein : Une femme sous pilule combinée semble légèrement accroître son risque de cancer du sein, en particulier les jeunes femmes qui la prennent depuis peu et celles qui l’utilisent depuis 10 ans ou plus. Le risque revient à la normale 10 ans après avoir cessé de la prendre.
- Cancer du col de l'utérus : L’utilisation d’une pilule combinée à long terme, c’est-à-dire 5 ans ou plus, ferait augmenter le risque de cancer du col de l’utérus. Ce risque diminue au fil du temps après l’arrêt.
- Cancer du foie : L’utilisation à long terme de la pilule fait légèrement augmenter le risque d’un type de cancer du foie appelé carcinome hépatocellulaire chez les femmes dont le risque d’être atteintes d’une hépatite B est faible.
La pilule microprogestative peut elle aussi faire augmenter le risque de cancer du sein et de l’utérus.
Effets protecteurs contre certains cancers
Plusieurs études suggèrent que les femmes sous pilule combinée risqueraient moins d’être atteintes d’un cancer de l’ovaire ou de l’endomètre. Cet effet protecteur est retrouvé même chez des femmes n’ayant pris la pilule que pendant quelques années et se prolonge au-delà de la cinquantaine, âge auquel le cancer de l’endomètre commence à se manifester. Cet effet bénéfique se renforce avec la durée d’utilisation : une étude britannique indique que la prise d’une pilule pendant 5 ans réduirait de 25 % le risque d’avoir un cancer de l’endomètre avant 75 ans. Selon une grande étude épidémiologique américaine, plus la contraception orale dure longtemps, plus le bénéfice en termes de réduction des risques des cancers de l'ovaire et de l'endomètre est important. Cette étude montre qu'une contraception orale durant au moins 10 ans diminue le risque de cancer de l'ovaire de 40% par rapport à l'absence de contraception orale ou une utilisation de moins d'un an. D’autres études laissent entendre que la pilule pourrait également contribuer à réduire le risque de cancer colorectal.
Contre-indications
Les pilules combinées ne peuvent pas être utilisées par toutes les femmes. Les contre-indications concernent toutes les pilules combinées, quelle que soit leur génération.
Autres options contraceptives
La pilule n'est pas le seul moyen de contraception disponible. Il existe de nombreux autres moyens contraceptifs, hormonaux ou mécaniques, féminins comme masculins. Il est important de consulter un professionnel de santé pour déterminer la méthode la plus appropriée en fonction de vos besoins et de votre état de santé.
Contraception non hormonale
- Préservatifs (masculins et féminins) : Ils empêchent la rencontre entre les spermatozoïdes et l'ovule.
- Diaphragme : Il est placé dans le vagin pour bloquer l'entrée du sperme dans l'utérus.
- Stérilet au cuivre (DIU) : Il est inséré dans l'utérus et empêche la fécondation.
Contraception hormonale
- Implant contraceptif : Un petit bâtonnet inséré sous la peau du bras, libérant une hormone progestative.
- Patch contraceptif : Un timbre collé sur la peau, libérant des hormones.
- Anneau vaginal : Un anneau inséré dans le vagin, libérant des hormones.
- Injection contraceptive : Une injection d'hormones à intervalles réguliers.
Contraception d'urgence
La contraception d’urgence, également appelée "pilule du lendemain", permet de bloquer l’ovulation ou la retarder. L’utilisation de la contraception d’urgence hormonale doit rester exceptionnelle. Il existe deux types de contraception d’urgence :
Lire aussi: Détection de l'ovulation : méthodes et indices
- La pilule d'urgence hormonale, qui se présente sous la forme d’un comprimé unique à prendre le plus tôt possible après le rapport à risque et jusqu’à cinq jours après le rapport sexuel.
- Le dispositif intra-utérin (DIU) au cuivre (appelé aussi « stérilet ») qui peut être posé jusqu’à cinq jours après le rapport sexuel non ou mal protégé pour bloquer la fécondation et peut ensuite servir de moyen de contraception pendant cinq ans.
Comment choisir sa contraception ?
Une première demande contraceptive doit nécessiter une consultation dédiée avec un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme. Les centres de planification ou d'éducation familiale (CPEF) assurent aussi des consultations de contraception. Lors de la consultation médicale, un entretien préalable à la prescription est indispensable afin de comprendre les attentes de la patiente vis-à-vis de la contraception et un examen clinique permettra au médecin d’évaluer son état de santé. Il est recommandé qu’un bilan sanguin soit réalisé, en l’absence de risques identifiés, au moment de la mise en route de la contraception.
Contraception d’urgence hormonale : comment ça marche ?
L’hormone de synthèse (lévonorgestrel ou ulipristal acétate) présente dans la pilule d’urgence retarde l’ovulation. Si l’ovulation a déjà eu lieu, l’effet principal recherché en utilisant la contraception d’urgence ne fonctionnera pas. Plus la pilule d'urgence est prise vite, moins il y a de risque que l’ovulation se déclenche. En retardant l’ovulation, la contraception d’urgence empêche la rencontre entre l’ovule et le spermatozoïde déjà présent dans l’appareil génital féminin. Les spermatozoïdes survivent cinq jours.
L’utilisation de la pilule d’urgence n’est donc pas une méthode abortive. Même si l’ovulation est retardée, elle aura lieu. Il est donc possible de tomber enceinte au cours du même cycle. Continuer sa contraception et utiliser des préservatifs jusqu’aux prochaines règles sont donc indispensables pour éviter tout risque de grossesse non prévue.
Contraception d’urgence hormonale : comment l’utiliser ?
La contraception d’urgence hormonale se présente sous la forme d’un comprimé unique. Il en existe deux types, avec des délais d’efficacité différents : celui au lévonorgestrel et celui à l’ulipristal acétate.
- La pilule au lévonorgestrel : à prendre jusqu’à 72 heures (trois jours) après un rapport sexuel non ou mal protégé.
- La pilule à l’ulipristal acétate : à prendre jusqu’à 120 heures (cinq jours) après un rapport sexuel non ou mal protégé.
En cas de vomissements dans les trois heures suivant la prise du comprimé ou en cas de diarrhées dans les dix heures, il faut reprendre une contraception d’urgence.
Contraception d’urgence hormonale : qu’est-ce qui peut diminuer son efficacité ?
Des vomissements ou de fortes diarrhées dans les trois heures après la prise de la contraception d’urgence peuvent diminuer son efficacité. Prendre certains médicaments, comme ceux permettant de traiter l'épilepsie, la tuberculose ou le VIH, peut diminuer l’efficacité de la pilule d’urgence. Si vous prenez ces traitements, discutez-en avec un professionnel de santé. Prendre deux comprimés deux fois dans le même cycle, c’est-à-dire entre deux périodes de règles peut diminuer l’efficacité de la pilule d’urgence.
Contraception d’urgence hormonale : c’est quoi les inconvénients ?
Après la prise de la contraception d’urgence hormonale, on peut ressentir certains effets indésirables. Ces effets indésirables peuvent être :
- Nausées
- Maux de tête
- Douleurs abdominales
- Pertes légères de sang
- Retard ou avance de règles
- Tension dans les seins
- Troubles de l’humeur
Ces potentiels effets indésirables sont le plus souvent d’intensité modérée et disparaissent la plupart du temps sous 48 heures.
Contraception d’urgence hormonale : qui peut l’utiliser ?
La contraception hormonale peut être utilisée sans danger par la majorité des personnes, majeures ou mineures. Le lévonorgestrel et l’ulipristal acétate sont déconseillés :
- En cas d’allaitement.
- En cas d’intolérance au galactose, car les comprimés contiennent du lactose monohydraté.
L’ulipristal acétate n’est pas recommandé en cas d’insuffisance hépatique (foie) sévère ou d’asthme sévère insuffisamment contrôlé.
Contraception d’urgence hormonale : comment se la procurer et à quel prix ?
La contraception d’urgence hormonale est accessible pour toutes et tous, que l’on soit une femme, un homme ou un homme souhaitant s’en procurer pour sa partenaire. Selon les lieux et votre âge, vous pouvez vous la faire délivrer gratuitement ou vous la faire délivrer en pharmacie sans ordonnance, et elle est prise en charge à 100%, sans avance de frais.
Pour les mineures, la contraception d’urgence hormonale est anonyme, gratuite et sans ordonnance en pharmacie, à l’infirmerie scolaire, dans les centres de santé sexuelle et dans les Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD).
Pour les 18 ans et plus, la contraception d’urgence est disponible sans ordonnance en pharmacie et est remboursée à 100 % par l’Assurance Maladie sur présentation de la carte vitale ou carte d'AME ou d'une attestation de droits, ou gratuitement dans les centres de santé sexuelle et dans les Centres gratuits d'information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD).
Contraception d’urgence hormonale : faut-il poursuivre sa contraception habituelle ?
La prise d’une contraception d’urgence ne protège pas des grossesses imprévues lors des rapports sexuels suivants ! Il est donc recommandé de poursuivre sa contraception habituelle et d’utiliser des préservatifs jusqu’aux prochaines règles.
Contraception d’urgence hormonale : ça protège combien de temps ?
La contraception d’urgence hormonale ne protège que du rapport qui a eu lieu juste avant la prise du comprimé. Elle retarde l’ovulation, mais ne l’empêche pas. Tous les rapports sexuels après la prise du comprimé ne sont pas protégés. Il y a donc un risque de grossesse. Pour se protéger, il est nécessaire de continuer votre contraception habituelle et d’utiliser des préservatifs jusqu’aux prochaines règles.
Contraception d’urgence hormonale : comment vérifier que la prise de la pilule d’urgence a fonctionné ?
Il est conseillé de faire un test de grossesse deux à trois semaines après la prise de la contraception d’urgence pour vérifier qu’il n’y a pas de grossesse, même si des saignements ont eu lieu après la prise du comprimé.
Contraception d’urgence hormonale : et si je suis déjà enceinte ?
Il n’y a pas de risque de stérilité ni d’augmentation du risque de fausse couche spontanée ou de grossesse extra-utérine après la prise d’une contraception d’urgence hormonale. Si vous avez pris une contraception d’urgence à base de lévonorgestrel et que vous constatez que vous étiez déjà enceinte, il n’y a pas de risque de malformation du fœtus.
La pose de DIU (dispositif intra-utérin appelé aussi « stérilet ») au cuivre en urgence
Le dispositif intra-utérin (DIU) au cuivre est aussi appelé « stérilet ». C’est une contraception d’urgence efficace dans les cinq jours après le rapport à risque. Il se présente la plupart du temps sous la forme d’un « T ». Il mesure environ 3 cm de long. Il est en plastique avec un ou plusieurs manchons de cuivre.
DIU au cuivre en urgence : comment ça marche ?
Le DIU au cuivre a un effet spermicide, c’est-à-dire qu’il rend les spermatozoïdes inactifs. Il agit aussi sur la muqueuse utérine en empêchant qu’un ovule fécondé se fixe dans l’utérus. La pose d’un DIU au cuivre en urgence est considérée comme la méthode de contraception d'urgence la plus efficace en cas de rapport sexuel non ou mal protégé.
DIU au cuivre en urgence : comment est-il posé ?
Le DIU au cuivre peut être posé jusqu’à cinq jours après le rapport sexuel non ou mal protégé. Lors d’une première consultation, le professionnel de santé vous délivrera l’ordonnance du DIU. Lors de la 2e consultation, le professionnel de santé évaluera la profondeur, la forme et la sensibilité de l’utérus avec une tige souple graduée. Il posera ensuite le DIU dans l’utérus. Sa pose est très rapide, elle dure environ 2 minutes.
DIU au cuivre en urgence : c’est quoi les inconvénients ?
La pose du DIU peut entraîner de légères pertes de sang, des règles plus abondantes ou plus longues surtout les premiers mois, et des douleurs du bas-ventre pendant quelques jours.
DIU au cuivre en urgence : comment se le procurer et à quel prix ?
L’achat du DIU au cuivre se fait en pharmacie. Il coûte environ 30 euros. Il est remboursé à 65 % par l’Assurance Maladie. Les personnes de moins de 26 ans peuvent l’obtenir sans payer.
Et si la contraception d’urgence ne marche pas ?
La contraception d’urgence n’est pas fiable à 100 %. Si vous observez un retard de règles et qu’une grossesse a lieu, différentes options s’offrent à vous : si vous souhaitez poursuivre votre grossesse, vous pouvez consulter un professionnel de santé ; si vous ne souhaitez pas poursuivre votre grossesse, vous pouvez avoir recours à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) dans les délais légaux en France.
tags: #pilule #contraceptive #comment #ça #marche